Même si , quelque part, on s'en tamponne un peu...
Immortalisation céleste
Vous allez peut être me prendre pour un vieux chnock, Mais cela m’a marqué, et mon choix de matériel à certainement été influencé par cet instant-là.
J’ai eu l’occasion lors d’une nuit des Etoiles Lorraine, en 2003 je crois, de pouvoir côtoyer un Monsieur d’une quarantaine d’années faisant de l’astrophotographie.
Vous me direz oui et alors ???
Eh bien, cette personne, malgré l’avènement du numérique d’une croissance exponentielle depuis 1991, faisait ses clichés sans ordinateur, sans informatisation sur sa monture, juste avec un moteur, un appareil photo à pellicule argentique, et un carton.
Sans cesse, il effectuait un rituel millimétré : regarder sa montre ; mettre le carton sur l’ouverture du télescope, regarder dans la petite lunette, recentrer, attendre que les vibrations s’estompent, ôter le carton, etc… Je peux vous affirmer que le spectacle est impressionnant, et je me suis demandé combien de fois il avait répété ces gestes : des minutes et des heures durant, avec un résultat seulement disponible au développement qu’il faisait lui-même d’après ce que j’ai entendu dire lors de ses conversations.
Trop occupé à le regarder faire pour avoir l’idée d’aller parler avec lui, j’écoutais d’une oreille les réponses aux questions du public curieux passant par-là sur le procédé qu’il employait.
En arrière-plan, et avant cette gymnastique, il y a tout un préparatif : choix de la pellicule, mise en station rigoureuse, appréciation des conditions climatiques, observation des pollutions diverses provenant des villes… J’avais loupé ces préparatifs et ai donc cherché plus tard dans les bouquins des informations sur ce procédé : verdict simple, c’est en forgeant que l’on devient forgeron.
Certes je suis passé au numérique, non pas par oisiveté, mais simplement parce que les émulsions ont changé, et que le résultat n’est plus au rendez-vous, parait-il.
C’est plus facile c’est certain .On jongle avec les ISO, des temps de poses divers, et le résultat des acquisitions brutes est instantané : on s’autocorrige rapidement en tâtonnant, le matériel nous aide à choisir rapidement le réglage optimal. Plus de carton, on sait empiler plusieurs clichés .
Le développement est dorénavant fait sur les Logiciels dédiés à la photographie, même apprentissage : on tâtonne, teste diverses corrections, et au fil de l’eau acquière des reflex et un œil de plus en plus critique.
J’ai tenu tout de même à conserver un matériel sans trop de fioritures électroniques. Une monture simple et robuste, motorisée, une lunette en parallèle d’un télescope de diamètre correct. En y songeant, je ne fais que cloner le matériel que cet inconnu, j’ai simplement remis au goût du jour avec de nouveaux capteurs.
Régulièrement, un coup d’œil dans la Lunette pour recentrer, et hop une autre pose. Vous me parlerez de photo plus pointue, avec un autoguidage impossible avec une monture motorisée comme celle-là ? Eh bien Rien n’empêche d’utiliser un autoguidage avec une telle monture. Un système d’Autoguidage ne fait que remplacer l’œil et le pouce d’un utilisateur appuyant sur les boutons de la raquette de commande. Il suffit simplement de raccorder une prise sur les pistes des boutons de la Raquette pour pouvoir y relier le câble de pilotage. Le système d’autoguidage, s’il est bien réglé, corrigera les dérives en conséquence, de la même manière qu’il le ferait avec un GoTo.
La modification sera faite un jour, et la raquette saura accueillir une interface telle que celle-là, le jour où je déciderai de faire ma feignasse et ne plus le faire à la main.
Ah la Technologie !!!
Parlons du Goto, Franchement c’est fabuleux.
Mais pour cela, il faut avoir pratiqué un peu avant. On pense souvent que ce type d’accessoire pallie au fait que l’on ne connaisse pas le ciel. Sorti de boite, il y a toute une farandole de réglages à faire avant la mise sous tension. Moins sur les montures Altazimutale que sur les montures équatoriales, où il faut une mise en station rigoureuse pour que cela fonctionne convenablement.
L’étalonnage se fait sur les étoiles. Je vous laisse deviner sur quoi vous allez étalonner votre monture si vous ne connaissez pas vos constellations et les étoiles Jalons
Donc si on ne sait ni mettre correctement le télescope en place, ni confirmer à la monture que ce qu’elle pointe est la bonne étoile, on se retrouve avec un matériel incapable de faire un boulot autre que compenser grossièrement la rotation terrestre.
Sans vouloir faire peur, imaginez que vous achetiez votre premier télescope, un joli newton avec monture Goto, avec lequel vous rêvez de faire des Photos majestueuses en deux coups d’appareil numérique. Vous allez vite déchanter.
Un conseil : Chaque chose en son temps. Rapprochez-vous d’un club, ou d’un amateur, et documentez-vous. Essayez d’avoir un tube optique le plus aligné possible à installer sur la monture. Puis entrainez-vous à assembler la monture sans Goto, juste avec les molettes.
Au bout de quelques soirées, vous saurez pointer les objets manuellement, aurez dégrossi les angles de la monture, et pourrez aligner proprement votre matériel sur l’étoile Polaire. Vous serez prêts à installer le Goto sur votre instrument quand le seul mouvement que vous aurez à toucher sera celui de compensation de la rotation terrestre, une fois l’objet à observer centré dans l’oculaire.
Et là vous gouterez au confort de cette belle invention en pointant assez rapidement des objets célestes. Si vous faites cela dans cet ordre, vous passerez plus de temps à observer qu’à bidouiller des réglages. Surtout si vous décidez de vous lancer dans la photographie un peu plus tard.
Ressenti
Ce qu’apporte une association ? Beaucoup de choses ! Observer ensemble, faire profiter de son expérience ou de ses déboires, permettre aux personnes curieuses ou motivées mais indécises sur les choix de matériel, ayant des interrogations, ou des idées reçues de faire de bons choix en se basant sur une expérience qu’ils peuvent se faire avec le matériel à disposition. Aider les Astronomes amateurs ayant déjà un instrument à l’apprivoiser ou solutionner en groupe les petits problèmes pouvant vite être pénalisants, tout comme je les ai vécu à mes débuts. Voilà à quoi sert une association, à Avancer
De belles rencontres également, la communication pour l’association s’étendant petit à petit sur le territoire Haut-Saônois, on rencontre d’autres AstrAms, avec qui on partage de temps en temps une bonne soirée et avec qui on discute sur les réseaux d’information.
Je suis encore très loin de tout savoir, où d’avoir tout vu. J’apprends encore, à mon rythme, et au fil des soirées que je passe à observer, rechercher ensuite des informations sur les objets qui ont piqué ma curiosité. J’avouerais d’ailleurs que cela me suit depuis longtemps. J’ai toujours eu du mal à ingurgiter des informations en masse quand cela ne me suscitait pas d’intérêt concret. Je vous laisse imaginer ma scolarité, et j’y ai survécu plutôt bien.
Et si je devais faire le bilan de cette opération de sauvetage ? Chronophage !! mais extrêmement bonne. Le fait de creuser pour solutionner les problèmes, régler cet instrument avec les amis AstrAm, reprendre en groupe un outil dépérissant et en faire à nouveau un spot dont la qualité du ciel est préservée malgré la proximité urbaine, est une expérience riche, où le partage, l’expérience, et l’auto formation sont de mise.
C’est plaisant, gratifiant, et j’éprouve, comme tous les autres je pense, une certaine fierté à ce que ce lieu retrouve ses fonctions.
Le plus marquant pour moi : J’avais acquis au fil des mois un peu d’expérience pour animer les soirées d’exposés ou travaux pratiques, tu recherches dans tes documents, conçoit ton support, ton déroulement d’animation, et te prépare aux questions. En soirée publique, tout est différent : les personnes changent, n’ont pas le même regard ni les mêmes questions, on ne peut pas expliquer systématiquement une chose à un enfant avec les mêmes mots que l’on emploie avec un adulte. Tu ne sais pas qui viendra. Les avis de sorties sont publiés dans les journaux et sur les réseaux de communication, ensuite c’est le flou total. Mais c’est génial.
L’un des jolis souvenirs que je garde est un grand-père, venu avec son gendre et ses deux petits-enfants.
Il a dû vivre depuis sa naissance plus de 1000 lunaisons, mais a été tellement ému lorsque pour la première fois, et malgré sa vue qu’il disait faible, il a pu voir la surface de la Lune avec autant de détails que l’on avait du mal à lui faire quitter l’escabeau menant à l’Oculaire.il s’est régalé a observer le secteur de Sinus Iridium, et les Monts Jura. Je suis sûr que maintenant, quand il lève le nez vers Elle, il la regarde autrement.
Vu le nombre de personnes venues à l’oculaire depuis la création de l’association, j’espère que notre structure a pu permettre à ces observateurs occasionnels d’appréhender différemment les choses et la valeur qu’à la petite planète qui nous héberge. J’espère aussi qu’elle continuera dans ce sens, comme aujourd’hui.
La terre est le berceau de l'Humanité, mais on ne passe pas sa vie dans un berceau.
Constantin Tsiolkovski Scientifique (1857 - 1935)
Utilité
Mais franchement, A quoi ça sert, l’Astronomie ???
Tout dépend de ce que l’on en attend.
L’Astronomie, c’est un gros carton avec des ouvrages traitant de tout, des Math, de l’Histoire, de la Physique, Chimie, Biologie, Géologie, Météorologie, Cartographie, Optique, Mécanique et j’en passe. Tous ces bouquins peuvent être lus seuls, ou mis en relations les uns avec les autres. Chaque volume à ses chapitres, que l’on peut lire avec plus ou moins d’intérêt. C’est au choix, selon l’attente de l’observateur.
J’aime découvrir et mettre en relation les choses qu’il y a sur Terre avec ce qu’il y a plus loin.
Découvrir une Pouponnière d’étoiles dans la constellation d’Orion ou de l’Aigle par exemple, comprendre les phénomènes météorologiques sur Mars et Vénus, les deux planètes les plus proches de la Terre, sur pas mal de points d’ailleurs. Essayer de cerner la mécanique qui a permis à cet Univers de se mettre en place et être ce qu’il est à l’instant T, observer une étoiles jeune, ou une mourante. Pouvoir observer ce que sa mort engendrerait, en observant celles déjà éteintes, comme dans la Lyre, où une étoile a éjecté la matière transmuée en son cœur durant des milliards d’années, et ce qu’elle saurait faire naitre plus tard…
Observer une Planète telle que Jupiter, et revenir sur sa découverte faite il y a plus de 400 ans avec une petite lunette astronomique, celle-là même qui allait devenir la mère de toutes les lunettes performantes de maintenant, moi qui n’aimait pas l’histoire étant gosse, me voici en train de courir après ces anecdotes .
Remarquer aussi que sa grande tache rouge s’amenuise depuis quelques années, phénomène météo étonnant, et détecter les Lunes Galiléennes autour.
On fait un petit crochet par la Mythologie, pour découvrir d’où viennent les noms, et on se plonge dans les histoires de dieux et déesses pris dans des histoires fabuleuses.
L’Astronomie est un épanouissement. Au rythme que l’on veut, elle permet de répondre aux questions de la personne qui s’y intéresse sur son passé, présent et futur, et sur le pourquoi d’une petite planète ayant pour singularité d’accueillir une étincelle rare appelée Vie dans cette vaste étendue qu’est le Cosmos.
On en viendrait presque à aborder la Théologie...