LE CONTEXTE DE LA GUERRE D'ESPAGNE:
International: nous sommes dix-huit ans après la fin de la guerre 14-18. Le traité de Versailles aura pour conséquence d'exacerber le nationalisme d'extreme-droite en Allemagne. A l'est, c'est la révolution soviétique qui suscite l'espoir chez les travailleurs mais la crainte du côté de la bourgeoisie. En Allemagne le mouvement spartakiste est noyé dans le sang. Par la suite les "démocraties occidentales" laisseront lâchement les coudées libres aux forces fascistes dans lesquelles elles voient un rempart contre le bolchévisme: " Plutôt Hitler que le Front Populaire!". Silence sur la guerre d' Ethiopie (1935-1936), capitulation de Munich (1938).
En Espagne: le 14 avril 1931, la seconde République est proclamée; c'est la fin de de la dictature de Miguel Primo de Rivera et de la monarchie. Le pays fut gouverné pendant deux ans par une coalition de centre gauche dirigée par Azana. Mais le gouvernement ne put répondre aux attentes populaires et en 1933, c'est la droite qui arriva au pouvoir avec notamment la CEDA de Gil-Robles et la Phalange de José Antonio Primo de Rivera (fils du précédent), et les monarchistes de Calvo Sotelo. Lesquels ne répondirent pas non plus aux attentes et suite à des scandales financiers, en février 1936, le Front Populaire remporte les élections législatives. Le programme était avancé mais nullement révolutionnaire (pas de nationalisations banque ni des terres). Mais c'était encore trop pour la droite qui entretient un climat de violence et organise un coup d'état lequel se produira le 17 juillet.
En France, les élections de mai-juin 1936 qui porteront le Front populaire au pouvoir, sont marquées par cet affrontement.
Le docteur Michaud candidat soutenu par les Croix de Feu est candidat à Lorient. Son affiche est révélatrice des sentiments de l'extrème-droite. Il obtient 4037 voix; c'est le candidat de la SFIO, L'Herveder qui est réélu avec 8407 suffrages.
Source: exposition réalisée par le Conseil Général du Morbihan: "Le Morbihan entre deux guerres". Ouvrage en vente aux Archives Départementales, 80 rue des Vénètes, Vannes.
Dès le début de la guerre civile, le gouvernement Blum issu du Front Populaire s'était cantonné comme les britanniques dans une attitude dite de "non intervention" qui, s'inscrivait dans un cadre de complaisance envers les puissances fascistes. Mais préoccupé par les conséquences inévitables pour notre pays, il a fait en sorte d'élaborer une politique d'accueil des réfugiés. Les premières instructions gouvernementales sont indubitablement inspirées par des soucis humanitaires bien que l'accent soit mis sur un retour rapide des espagnols. Des locaux sont réquisitionnés, des crédits alloués. Les courriers que nous présentons attestent de cette attitude quelque peu contradictoire.
Mais peu à peu, le gouvernement, sensible aux pressions intérieures et extérieures s'oriente vers une attitude plus restrictive. Alors que les réfugiés se font de plus en plus nombreux, des départements sont interdits aux espagnols (notamment la région parisienne); la Bretagne et la Normandie sont classées "zone d'accueil de deuxième urgence".
Méfiance, ambivalence de sentiments, partage entre des traditions humanitaires et une politique de plus en plus répressive .... la France a été dépassée par les évènements alors même que ceux-ci étaient malheureusement prévisibles.
Le gouvernement Daladier, très marqué par son anti-communisme, n'est guère favorable aux réfugiés qui pour nombre d'entre eux sont favorables à la République
Le ministre de l'intérieur, Albert Sarrault, invite les préfets à obtenir le retour massif des réfugiés et il écrit : "Les raisons d'humanité qui nous ont amenés à accueillir en France les réfugiés qui pensaient courir un danger grave perdent beaucoup de leurs valeurs... Vous voudrez bien sans retard procéder à la mise en route vers Hendaye de tous les enfants orphelins ou non, les adultes devant être regroupés à Barcares ou Rieucros"