Didier JACQUES — Parcours, gestes et personnages
Didier JACQUES découvre la création en expérimentant. Ses premières approches passent par la gravure et l’aquarelle, mais c’est dans la liberté du faire qu’il apprend vraiment. Avant de se consacrer pleinement à la peinture, il travaille quelques années en ébénisterie, puis dans le médico-social. Ce long parcours professionnel, marqué par le partage de pratiques artistiques, nourrit profondément sa vision de la création : un espace d’équilibre, d’expression et de rencontres.
Depuis toujours, Didier JACQUES ressent le besoin de produire des formes, d’inventer, d’adapter, de chercher des solutions plastiques. Il y a une vingtaine d’années, il décide d’assumer cette nécessité comme un engagement artistique à part entière. Son rapport à la peinture évolue depuis par cycles et métamorphoses, porté par les lieux qu’il habite et les outils qu’il découvre. L’installation dans un véritable atelier lui permet de passer au très grand format, d’explorer la verticalité et d’affirmer un langage visuel singulier : des personnages colorés, aux contours noirs épais, où la couleur, la matière et le trait s’équilibrent dans une tension vibrante.
Ses influences sont multiples et souvent indirectes. C’est une culture visuelle issue du quotidien, populaire, qui l’a d’abord nourri. Il découvre l’art urbain et la bande dessinée : une esthétique accessible, directe, énergique — Keith Haring, Jean-Michel Basquiat. Plus tard, la Figuration libre, Robert Combas, Hervé Di Rosa, mais aussi l’art moderne et l’expressionnisme abstrait, jalonnent son parcours de regard. Plus récemment, il s’intéresse au travail d’Ernest Pignon-Ernest, de Pierre Soulages ou de Sylvain Corentin, qui accompagnent son imaginaire. Pourtant, Didier JACQUES reste un artiste d’atelier, un explorateur solitaire, qui fabrique son univers à distance des courants, des réseaux et des galeries.
Aujourd’hui, Didier JACQUES peint et découpe de grandes planches de bois massif. Le bois est pour lui un matériau vivant, accessible. Chaque planche devient une figure debout, un être à échelle humaine qui dialogue avec le spectateur. Le dessin, la découpe et la peinture s’y enchaînent : d’abord la craie, puis le trait noir, la couleur, le blanc, et enfin ces lignes de points lumineux qui rythment la surface. Ces points évoquent à la fois la couture, le lien, la vibration, le mouvement musical.
Il utilise de la peinture de bâtiment, dense, couvrante, directe. Les teintes sont franches, les contrastes forts, la lumière omniprésente. Les aplats se combinent à la texture du bois, et l’ensemble respire une énergie à la fois simple et profonde, ancrée dans le réel.
Ses œuvres dialoguent entre elles, se répondent dans la maison-atelier qu’il habite aujourd’hui à L’Orbrie, en lisière de forêt. Là, dans un lieu à la fois intime et ouvert sur la nature, il peint, découpe, observe. Son travail n’est pas figé : il avance lentement, librement, au rythme du quotidien, comme une suite de présences en transformation.
« Peut-être qu’aujourd’hui, dit Didier JACQUES, la peinture est simplement un moyen de faire exister ces personnages. »
Des présences debout, lumineuses, à taille humaine, des visages qui nous regardent et continuent de nous parler, longtemps après.
Contact : didierjacques6@gmail.com