En partant de France, il y a deux principales solutions pour se rendre au Mali : par le Maroc ou par l'Algérie. Bien que ne connaissant pas ce second parcours, il est à déconseillé, sécurité oblige.
Je vais vous présenter ici mon trajet (effectué en octobre 2009) via l'Espagne, le Maroc, la Mauritanie pour arriver dans ce magnifique pays qu'est le Mali. Vous pourrez télécharger mes fichiers GPS utilisable notamment sur les GPS Garmin, Google Earth, etc.
PREPARATION
(l'évite-galère ou toujours prévoir le pire pour partir tranquille, prévoir aussi, pour gagner du temps)
- vaccins pour le Mali : fièvre jaune (obligatoire), thyfus. Si vous prévoyez un séjour prolongé en milieu à risque, ajouter les hépatites et la rage. Un traitement anti-palludéen (voir avec votre médecin traitant) est obligatoire. Difficile de conseiller tel ou tel médicament mais une fois choisi, il faut s'y tenir !
- côté véhicule, prévoir une roue de secours complète, un filtre à air neuf, un filtre à huile neuf, du scotch (pour protéger les phares du sable en période de tempêtes), enfin tout le petit matériel de base de réparation mécanique (y compris une lampe à leds...). Vérifier auprès de votre assureur que vous êtes bien couvert (sauf sur la Mauritanie où il faudra s'assurer sur place). Demander le permis de conduire international auprès de la préfecture, c'est gratuit et vous pourrez le présenter (en cas de rétention, vous aurez toujours votre permis...).
- partir avec une vidange et une révision faites en mentionnant au garagiste que vous vous rendez en pays chaud.
- deux jerricanes non transparent de carburant représentant au total à peu près la capacité de votre réservoir.
- quelques bouteilles d'eau.
- des fiches de police en quantité suffisante (50). télécharger un modèle (word)
- un visa pour le Mali, peut être demandé directement sur le site web de l'ambassade, c'est assez rapide, inutile de passer par un intermédiaire. En cas de besoin très urgent, il suffit de se présenter à l'Ambassade à Paris directement et de demander un visa express (il vous en coutera environ 20 euros de plus et moins d'une heure d'attente). Pas besoin de visa pour le Maroc. Pour la Mauritanie, c'est un peu plus compliqué (voir plus loin).
- tous vos papiers utiles (carte d'identité, passeport, carnet de vaccin, permis de conduire, carte verte d'assurance, carte grise, justificatifs divers) et leur copie (en dehors des frontières, quand demandé, présentez les copies aux policiers). Conseil : scannez tous les documents et mettez les fichiers sur un compte internet type google documents ou gmail ou hotmail ou yahoomail. En cas de pertes ou vol, il vous sera toujours possible de trouver un cybercafé pour les imprimer. Si vous emportez des médicaments, n'oubliez pas de prendre les ordonnances avec vous.
Pour le Maroc, il est possible de préparer les fiches de douane à l'avance (notamment la demande d'admission temporaire des moyens de transport, la fiche d'entrée et la fiche de sortie), rendez-vous sur le site web de l'ambassade du Maroc en France pour les télécharger.
- quelques photo d'identité (pour la demande de visa Mauritanien à Rabat).
- le billet de traversée du détroit de Gibraltar (soit sur internet, soit directement dans la ville portuaire, prendre l'Aller-Retour est plus rentable en général que l'Aller simple).
- des devises (coupures de 50 euros), et quelques dirhams pour le Maroc. Pour le Mali, il y a des distributeurs de CFA à Bamako.
LA FRANCE
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Alternative à ce qui va suivre : prendre le bateau à Sète pour arriver directement à Tanger (évite la route et la fatigue en Espagne).
Dans mon livre, je présente toutes les anecdotes de mon trajet en voiture qui a permis de transporter la yole jusqu'à Bamako. Voici une photo de mon départ un mercredi soir depuis mon club d'aviron à Limoges :
Note : en février 2013, j'ai cassé la voiture... elle aura bien vécu avec ce trajet vers le Mali et retour...
L'ESPAGNE
J'ai choisi l'option "Ouest" pour éviter Madrid (les autoroutes qui longent le Portugal). Peu de circulation, juste un petit bouchon à Séville dans le Sud mais rien de bien grave. Les 1000 km ont été absorbés d'une traite.
Sécurité : des rumeurs circulent sur l'existence de pirates de la route, parfois déguisés en policiers. Par la route de l'Ouest, rien à signaler. J'ai évité les arrêts en rase campagne.
LE MAROC
Embarquement à Algésiras, direction Ceuta de l'autre côté du détroit. Traversée rapide et on se retrouve en territoire... Espagnol ! Le port est petit, le passage de la frontière rapide. Sans doute une bien meilleure solution que le port de Tanger où le traffic est important et les contrôles sans doute plus poussés.
A la frontière Marocaine, on peut se faire aider par les "bonnes volontés" qui se présentent pour remplir les papiers (deux checkpoints administratifs, un checkpoint policier au moins). Attention : ne jamais laisser son véhicule sans une surveillance !
Une fois la frontière passée, si c'est le soir, il y a un hotel IBIS à quelques kilomètres, pas trop cher et très bien tenu, accès WIFI compris (Fnideq).
Autoroutes jusqu'à Agadir (via Rabat, Casablanca, Marrakech <- récent). On trouve des aires d'autoroute type occidentales où l'on peut manger, s'approvisionner, c'est parfait. Il y a des péages, à régler en dirham.
On peut aussi vouloir longer la côte atlantique par les routes "touristiques" mais c'est moins rapide.
Attention : nombreux contrôles de vitesse. Tarifs des amendes sont onéreux bien que négociables. Le mieux est de respecter scrupuleusement les limitations indiquées (ou en vigueur), quite à se faire doubler constamment.
Prévoir un arrêt d'une journée à Rabat pour obtenir le visa de passage de la Mauritanie (en octobre 2009, ce n'était plus utile mais depuis les choses ont encore changé, il convient de se renseigner précisemment sur ce point essentiel, source de grosses galères).
A Agadir, nombreux hotels de toutes sortes, certains avec WIFI gratuit. Pour manger à un prix très bas et correctement, rendez-vous sur la place des taxis à proximité du souk. Eviter les quartiers touristiques.
Essayer de trouver d'autres véhicules pour faire caravane.
LE MAROC (Sahara Occidental)
En quittant Agadir, c'est l'au-revoir définitif aux autoroutes. La route devient très vite de style départementale puis ce sont d'immenses lignes droites à travers le désert du Sahara occidental. Le traffic routier est de plus en plus faible. Une station service tous les 200 à 300 kilomètres. Faire le plein de ses jerricanes ici car les prix sont très bas.
Les checkpoints sont nombreux. S'arrêter complètement au panneau Attention Police (même si à 100m du policier !) puis s'avancer doucement. Se ranger et couper le moteur (c'est le mieux pour montrer que vous n'êtes ni pressé ni arrogant, rester naturel, préparer sa fiche de police et attendre qu'on vienne vous voir). Prévoir des petits cadeaux (sauf aux gendarmes marocains !!!), genre petits échantillons de parfums, etc.
A l'entrée du Sahara Occidental , arrêt conseillé au camping le Roi Bédouin (après 3 km de pistes en tôle ondulée pas trop pénibles) : superbe endroit, cuisine et sanitaires impécables, possibilité d'être accueillis sous tente marocaine (réservation par email possible).
Le lendemain, arrêt nocturne soit au complexe routier Barbas (à 90km avant la frontière Mauritanienne) soit à la frontière elle-même. J'ai réservé une chambre par téléphone à Barbas, l'établissement est très bien tenu, dernière station service, faire le plein que d'un jerricane sur deux (mettre en évidence dans le coffre celui qui est vide avant celui qui est plein, et ce, pour montrer au gendarme mauritanien que vous n'avez plus de réserve, vous évitera une ponction... normalement, il ne poursuivra pas la fouille, inch'Allah !).
S'il n'est pas possible de rejoindre Barbas, possibilité de s'arrêter notamment dans la ville de Daklha.
Sécurité : éviter de rouler la nuit, notamment à cause des animaux et des accidents.
En cas de tempête de sable, protéger ses phares. Lors des arrêts la nuit, mettre l'arrière du véhicule contre le vent pour éviter l'ensemblement du moteur.
LA MAURITANIE
La traversée de la frontière Marocaine peut être très longue. Ne manifester aucun signe d'impatience. Il y a plusieurs checkpoints administratifs à passer, des fouilles à subir (rester attentif lors de la fouille pour éviter les vols éventuels). Attendre un camion mauritanien ou un habitué avant de quitter la zone douanière marocaine, car il s'agit de franchir 3 kilomètres de no man's land où il est facile de s'ensabler (coût d'une assistance "locale" : 300 euros...). Ne vous fiez pas à mon tracé GPS, il était parfaitement valable en 2009 et peut juste servir de secours au cas où vous n'auriez aucun véhicule à suivre (ce qui fût mon cas à mon retour).
Après le passage de la zone, attendre à la frontière le bon vouloir du premier douanier... et se laisser guider... plusieurs contrôles à passer, notamment le passe-avant pour le véhicule, et l'assurance obligatoire (peut être prise à la frontière ou mieux à quelques kilomètres plus loin, prenez suffisamment de jours pour couvrir votre retour). N'hésitez pas à convertir vos euros en monnaie locale, le change peut être intéressant à la frontière. Attention : ne pas trop en prendre car il est interdit de sortir la devise locale du pays (gardez toutes les factures de vos achats !).
La route jusqu'à Nouakchott est tout à fait acceptable. Si possible, aller dans la capitale directement. Je suis arrivé la nuit sans difficulté. Plusieurs bonnes auberges (Menata, etc) et restaurants dans la ville.
En sortant de la capitale, ne pas accepter de payer une taxe communale (prétexter que vous n'avez plus d'ouguiyas) qui n'est dûe que par les camions.
Direction le Mali, par la fameuse route de l'espoir, plein Est ! Faites le plein de vos jerricanes.
La route de l'espoir est comme une départementale peu ou pas entretenue. En octobre 2009, 200 à 300 kilomètres étaient jonchés de trous plus ou moins importants. Risques de casser les roues. Cette conduite demande un effort de concentration permanent. Ajoutons à cela, la traversée de nombreux animaux, les piétons, les ralentisseurs, etc. Continuer à pratiquer la civilité aux checkpoints : arrêt complet et coupure du moteur, préparation de la fiche de police, un petit cadeau (parfums, presse écrite, etc). Attention : en période de saison des pluies, les routes peuvent être coupées (ce qui n'est pas le cas en octobre) et déviées.
Quelques hotels mais rien de bien fameux.
Ne pas hésiter à s'arrêter devant un vendeur de pain (il porte en général les pains sur une planche placée sur sa tête) : pas cher et trop bon !
Températures extérieures en octobre : 40°C.
LE MALI
En obliquant vers le sud à Ayun El Altrous, la frontière Mauritanienne n'est pas loin (Gogui), facile à passer (arrêtez vous quand même pour faire tamponner les papiers de douane, sinon ce sera amende au retour !), comme la frontière Malienne (juste un entretient à passer avec un gendarme). Ne surtout pas oublier de s'arrêter à Nioro du Sahel pour les déclarations douanières puis policières. Toujours pareil, se garer correctement dans la caserne et pas juste devant l'entrée du batiment... montrer que vous n'êtes pas pressé. Décontraction sans tomber dans la rigolade vous assurera un passage rapide.
Puis direction Bamako ! La route a été construite par les français, il y a quelques péages (pas chers, mais gardez les reçus, ils vous seront demandés au dernier péage, perdus, il faudra payer).
Peu de contrôles ensuite, juste des bidons que des habitants ou des policiers déplaçent pour vous laisser passer.
Avant l'arrivée à Bamako, ultime checkpoint.
Attention : dans la capitale, respectez le code de la route local sinon vous serez immanquablement sifflé par un policier en faction... de toute façon, en tant que toubab, vous serez sifflé... Si le policier vous siffle alors que vous êtes déjà passé devant lui (donc vous ne le voyez plus devant vous), vous n'êtes pas tenu de vous arrêter, en théorie.
Une bonne auberge : Djamila (quartier du fleuve, côté Ministère de la Culture).
Ne pas oublier de passer à l'Ambassade de Mauritanie pour faire une demande de visa de transit (si le retour se fait aussi par la route), une journée de délai, tarif raisonnable.
LES TRACES GPS GARMIN (Limoges jusqu'à Bamako, puis retour)
Voici la liste des fichiers GPS que vous pouvez télécharger :
ceci sont des fichiers au format .gdb et .gpx (pour le retour)
Nota : le trajet Marrakech-Agadir a beaucoup changé, depuis 2010, l'autoroute est ouvert.
TRAJET ALLER (octobre 2009)
TRAJET RETOUR (novembre 2009)