La régulation d'une population animale est décidée à partir du moment où l'on estime qu'il y a une surpopulation et/ou que ces animaux deviennent nuisibles pour l'homme. En effet, l'objectif de l'homme a toujours été principalement de protéger son mode de vie au détriment du reste des populations animales. Une espèce animale accusée de faire du mal aux cultures ou de répandre des maladies, par exemple, sera drastiquement "régulée".
Cependant, nous allons le voir, la régulation devrait déjà naturellement s'effectuer grâce à plusieurs procédés.
L'équilibre de l'éco-système et la place du rat sauvage
La sélection naturelle chez le rat sauvage
Le terme suppose que les individus d'une espèce cherchent à s'améliorer pour répondre aux exigences et aux difficultés de leur mode de vie.
De génération en génération, les individus vont ainsi s'adapter et les plus faibles mourront. Pour ce faire, les individus les plus aptes à la survie atteindront l'âge de la maturité sexuelle et pourront ainsi se reproduire pour transmettre leurs traits génétiques à leur descendance.
Chez le rat, la maturité sexuelle est atteinte tôt: entre 6 et 8 semaines environ.
Le poids est aussi une donnée fondamentale, certaines études effectuées sur des rats de laboratoire tendant à prouver qu'une femelle de 60 grammes enregistrerait 90% d'échecs dans la reproduction. Si le taux de mortalité ou de mortinatalité ne semblent pas liés au poids, le nombre de bébés par portées pourrait avoir un lien avec ce dernier.
Une femelle jeune de petit gabarit ferrait donc moins de bébés qu'une femelle adulte qui a terminé sa croissance et obtenu son poids de forme. Les bébés du rat sont nidicoles: ils naissent nus, aveugles et sourds, complètement dépendants de leur mère. Une mortalité importante peut donc s'exprimer sur les portées: par exemple le seul décès de la mère entraînera souvent le décès de toute sa progéniture.
La prédation du rat sauvage
Si le rat se reproduit tôt, c'est pour la simple raison qu'il meurt vite. En effet, à peine 5% des rats sauvages atteignent leur première année de vie. Cette mortalité n'est pas seulement due aux prédateurs: en effet, une étude menée par Calhoun (1963) a démontré que le rat sauvage ne vivrait qu'entre 10 et 18,3 mois même dans environnement aux vivres abondantes et aux prédateurs absents. Dans la course à la survie, le rat a privilégié le nombre plutôt que la longévité individuelle.
La prédation représente cependant un nombre important de morts chez le rat sauvage: l'alimentation d'une espèce de rapaces a été observée et s'est révélé composée à 41% de rongeurs. Un unique renard consommerait en moyenne 8000 rongeurs en une seule année ! Le rat sauvage fait indéniablement partie d'un cycle naturel et sert à la survie de bons nombres d'animaux. Rapaces, renards, fouines, reptiles, chats sauvages... Même les loups mangent des rats ! C'est la raison pour laquelle l'homme se sent aujourd'hui dans l'obligation de réguler le rat sauvage: ses prédateurs sont de moins en moins nombreux et l'équilibre est rompu.
Et cela sans compter la prédation exercée par les animaux domestiques tels que le chien ou le chat... et par l'homme lui-même bien sûr.
Une forme de "régulation naturelle" chez le rat sauvage
Contrairement à l'idée reçue, le rat ne se reproduit pas à outrance et sans commune mesure. Une colonie de rats contrôle ses naissances en fonction des paramètres environnementaux tels que la place ou la nourriture disponibles. Mieux encore: il semblerait que, même en présence d'hébergements suffisants et d'une nourriture abondante, la croissance d'une population donnée se stabilise au bout d'un certain point.
Pourquoi, alors, régule t-on les populations de rats sauvages ?
On l'a vu, le rat sauvage contrôle lui-même sa population, ainsi que son environnement (par le biais de phénomènes extérieurs comme une vague de froid, un pénurie de nourriture ou encore les prédateurs, par exemple). Cependant, cela reste insuffisant aux yeux de l'homme qui voit des rats partout et en bien plus grand nombre qu'il ne le sont en réalité. Rappelons ici la légende d'un rat par habitant à New-York: il n'y aurait en réalité que 2 millions de rats pour plus de 8 millions d'habitants ! La vision du rat choque, s'incruste dans les mémoires et tend à faire penser aux hommes à une multitude grouillante qui n'existe que dans leurs esprits.
Pour réguler, commençons par éviter le gaspillage pour ne pas fournir une trop grande quantité de nourriture au rat. Nous l'avons vu, ce dernier limite sa reproduction lorsque les vivres ne sont pas suffisantes !
Pourquoi réguler les populations de rats sauvages ne fonctionne pas ?
On a beau les tuer, les piéger, les coller... Utiliser les méthodes les plus barbares sorties de l'imaginaire humain... Les rats sont là, près de nous. Sans eux, l'humanité ploierait l'échine sous l’étendue de ses déchets.
La régulation telle que la pratique l'homme ne peut pas avoir d'effets sur le long terme. D'une part, après un empoisonnement (selon l'ampleur de la réduction de la population d'origine), le rétablissement de ladite population à sa valeur d'origine ne prendra qu'entre 15 à 44 mois.
Réguler par la destruction d'individus ne ferra que laisser plus de place et plus de vivres pour les individus restants dans la colonie qui augmenteront alors leur taux de reproduction jusqu'à ce que la colonie ait retrouvé sa taille d'origine !
Des solutions de régulation naturelles ou non létales et durables existent !