Période 1 :
Rentrée
Écolier dans la lune
À l’école des nuages
On découvre des pays
Où nul n’est jamais parti
Pas même les enfants sages.
Le soleil avec la pluie
L’orage avec l’accalmie
La météorologie
Bouscule le temps
Les visages
Et les couleurs de nos cris
Dans la cour des éclaircies.
Les oiseaux n’ont pas d’histoires
Les arbres n’ont pas d’ennuis
À l’école des nuages
Aucun enfant n’est puni
Les rêves tournent les pages
Aucune leçon ne t’ennuie
C’est l’école des nuages
Elle t’ouvre sur la vie.
Alain Boudet
Chanson d’automne
Les hirondelles sont parties.
Le brin d’herbe a froid sur les toits ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon bûcheron, coupe du bois.
Les hirondelles sont parties.
L’air est dur, le logis est bon ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon charbonnier, fais du charbon.
Les hirondelles sont parties.
L’été fuit à pas inégaux ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon fagotier, fais des fagots.
Victor Hugo
Mon école
Mon école est pleine d'images,
Pleine de fleurs et d'animaux,
Mon école est pleine de mots
Que l'on voit s'échapper des pages,
Pleine d'avions, de paysages,
De trains qui glissent tout là-bas
Où nous attendent les visages
Des amis qu'on ne connaît pas.
Mon école est pleine de lettres,
Pleine de chiffres qui s'en vont
Grimper du plancher au plafond
Puis s'envolent par les fenêtres,
Pleine de jacinthes, d'œillets,
Pleine de haricots qu'on sème ;
Ils fleurissent chaque semaine
Dans un pot et dans nos cahiers.
Ma classe est pleine de problèmes
Gentils ou coquins quelquefois,
De chansons, de poèmes,
Dont on aime la jolie voix
Pleine de contes et de rêves,
Blancs ou rouges, jaunes ou verts,
De bateaux voguant sur la mer
Quand une brise les soulève.
Pierre GAMARRA
Période 2 :
11 novembre Imaginaire Émerveiller
Soulevons la paille
Regardons la neige
Écrivons des lettres
Attendons des ordres
Fumons la pipe
En songeant à l’amour
Les gabions sont là
Regardons la rose
La fontaine n’a pas tari
Pas plus que l’or de la paille ne s’est terni
Regardons l’abeille
Et ne songeons pas à l’avenir
Regardons nos mains
Qui sont la neige
La rose et l’abeille
Ainsi que l’avenir
Guillaume Apollinaire, Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)
Le secret
Sur le chemin près du bois
J’ai trouvé tout un trésor
Une coquille de noix
Une sauterelle en or
Un arc-en-ciel qu’était mort.
A personne je n’ai rien dit
Dans ma main je les ai pris
Et je l’ai tenue fermée
Fermée jusqu’à l’étrangler
Du lundi au samedi.
Le dimanche l’ai rouverte
Mais il n’y avait plus rien
Et j’ai raconté au chien
Couché dans sa niche verte
Comme j’avais du chagrin.
Il m’a dit sans aboyer:
“Cette nuit, tu vas rêver.”
La nuit, il faisait si noir
Que j’ai cru à une histoire
Et que tout était perdu.
Mais d’un seul coup j’ai bien vu
Un navire dans le ciel
Traîné par une sauterelle
Sur des vagues d’arc-en-ciel!
René De Obaldia
Le dernier sapin
Ils sont presque tous partis
Les grands sapins de la forêt
Beaux et fiers ils ont compris
Qu’on allait les emporter.
Les fêtes de Noël sont là,
Toutes les rues sont illuminées,
Et les verts sapins savent déjà
Que des guirlandes ils seront parés.
Il rêvait souvent le dernier sapin,
Qu’il deviendrait le plus grand,
Le plus haut parmi les siens,
Le plus robuste à tous les vents.
Il n’y aura plus d’hiver blanc,
Quand la neige entièrement le recouvrait,
Quand il jouait au soleil, gaiement
Car on va le prendre à sa forêt.
Il sait maintenant ce qu’il va faire,
Poser dans un salon à la grande cheminée,
Couvert de boules et lumières
Où personne ne saura qu’il était le dernier.
M. Truchi
Période 3 :
Bonne année Hiver
Bonne année
Voici la nouvelle année
Souriante, enrubannée,
Qui pour notre destinée,
Par le ciel nous est donnée :
C’est à minuit qu’elle est née.
Les ans naissent à minuit :
L’un arrive, l’autre fuit.
Nouvel an ! Joie et bonheur !
Pourquoi ne suis-je sonneur
De cloches, carillonneur,
Pour mieux dire à tout le monde
À ceux qui voguent sur l’onde
Ou qui rient dans leurs maisons,
Tous les vœux que nous faisons
Pour eux, pour toute la Terre
Pour mes amis les enfants
Pour les chasseurs de panthères
Et les dompteurs d’éléphants.
Tristan Derème (1889-1941)
– Hé ! Bonjour monsieur l’Hiver !
Ça faisait longtemps…
Bienvenu sur notre terre,
Magicien tout blanc.
– Les montagnes t’espéraient ;
Les sapins pleuraient ;
Les marmottes s’indignaient ;
Reviendra-t-il jamais ?
– Mes patins s’ennuyaient ;
Mes petits skis aussi ;
On était tous inquiets ;
Reviendra-t-il jamais ?
– Hé ! Bonjour monsieur l’Hiver !
Ça faisait longtemps …
Bienvenu sur notre Terre,
Magicien tout blanc.
Patrick Bousquet
Période 4 :
Futur
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations» (1856)
De notre temps
Quand notre ciel se fermera
Ce soir
Quand notre ciel se résoudra
Ce soir
Quand les cimes de notre ciel
Se rejoindront
Ma maison aura un toit
Ce soir
Il fera clair dans ma maison
Quelle maison est ma maison
Une maison d’un peu partout
De tous de n’importe qui
Mais les plus douces de mes maisons
Ce soir
Seront celles de mes amis.
Paul Eluard,
« de notre temps », Dignes de vivre
Personnages
C’est une fille au port altier, traits délicats,
L’œil pâle et vert, le nez droit, une longue tresse
Que serrent des rubans ; cette belle princesse
Baigne dans la lumière, immortelle Bianca.
Quel âge peut avoir la douce demoiselle
Au visage si pur, douze ou treize ans, à peine ?
Sera-t-elle une femme un peu froide, hautaine,
Bien loin de cette enfant à la grâce irréelle ?
Songe-t-elle à l’amour, à l’homme qui l’attend,
Riche Condottiere, illustre commandant,
Chevalier qui fera peut-être son bonheur ?
Rêvant du mariage et de ce jour béni,
Elle voit gambader de joyeux bambinis,
Dont résonnent déjà les rires et les pleurs.
Jean-Paul Labaisse, mai 2021
La Belle Princesse, portrait de Bianca Sforza, dessin sur vélin, 33 x 24 cm, collection particulière
Portrait de Galeazzo Sanseverino, futur mari de Bianca Sforza, musée de Naples
La Belle Princesse est un dessin de petit format, à la craie et à l’encre, réalisé sur une feuille de vélin, attribué récemment à Léonard de Vinci (contesté cependant par plusieurs experts).
Il représente Bianca Sforza, la fille illégitime de Ludovic le More, duc de Milan. Elle avait 13 ans, en 1495, quand elle posa pour ce portrait devant Léonard de Vinci.
Elle épousa un an plus tard Galeazzo Sanseverino, condottière, maître des armées, considéré comme le meilleur écuyer de sa génération.
Bianca devait décéder en 1497, quelques mois plus tard, à l’âge de 15 ans… Bien que morte très jeune, Léonard de Vinci la fait accéder à l’immortalité…
Période 5