POUR LA VICTOIRE DE LA GAUCHE EN 2027

Restaurer l’image des partis politiques pour regagner la confiance :

Des partis proches des citoyens, des partis partenaires,

des partis qui entendent, des partis qui agissent !



Nous sommes dans un cycle politique déterminant. Les élections municipales sont passées, les élections présidentielles et les probables élections législatives de 2027 approchent. Si la gauche a réussi, ici et là, unie ou séparée, à conserver ou gagner des villes, il est une évidence aujourd’hui pour nous, rien ne permet d’envisager, pour la gauche, une victoire certaine lors des prochaines présidentielles : L’extrême droite reste le grand favori.

Nous, partis politiques, avons un rôle important à jouer. Il nous faut reconnaître que nous peinons, à gauche, à séduire au-delà des cercles militants, particulièrement dans les zones rurales ou périurbaines. Il nous est difficile, d’une part, de convaincre les indécis, mais aussi, en tant que partis, de susciter parfois l’adhésion de militants qui, pourtant, partagent l’essentiel de nos idées.

Ces constats doivent nous interroger. Nous devons engager une transformation profonde de nos partis pour les rendre plus attractifs et convaincants.

Repensons collectivement le rôle de nos partis, leur fonctionnement ainsi que la manière d’envisager les partenariats ou alliances avec les partis qui nous sont proches. Montrons que, malgré nos divergences parfois, nous sommes prêts à travailler et à gouverner ensemble. Mais il nous faut aussi anticiper ce que pourraient être nos combats communs en contexte minoritaire : préparons-nous aussi à entrer en résistance collectivement, prenons cette éventualité au sérieux.

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Nous l’avons vu lors des élections municipales, les listes “sans étiquette” ou dites « citoyennes » se sont multipliées, et cela, par opposition aux autres listes sans doute perçues par certains comme des listes “partisanes”. À cela, s’ajoutait souvent, l’idée apparemment valorisante que des listes incluaient un nombre important de candidats « issus de la société civile ». Ce phénomène peut s’étendre à d’autres scrutins.

Il arrive même que des ”citoyens”, peu convaincus par les partis, se constituent en association dont les prérogatives sont finalement, à peu de choses près, les mêmes que celles des partis politiques dont ils dénoncent le fonctionnement. On constate que dès lors que ces associations ont localement un poids significatif, elles tombent assez vite dans les mêmes travers que ceux qu’elles dénoncent et qui a motivé leurs créations (enjeux de “places”, négociations…). L’avantage de ces associations par rapport à un parti politique réside sans doute dans le fait qu’étant indépendantes d’un organe national centralisé, elles ne sont jamais contraintes de céder localement pour des enjeux stratégiques nationaux.

Plutôt que de voir se multiplier les associations ne devrait-on pas, nous, partis politiques, évoluer ?

Opposer l’adhérent d’un parti à une personnalité issu de la société civile n’a littéralement aucun sens : Nous, adhérents d’un parti, serions-nous de fait sortis de la sphère citoyenne ? Ne serions-nous plus « issus de la société civile » ? Comment sommes-nous alors perçus ? Que se cache-t-il derrière cela ?

Les éléments de langage « citoyens » ou « société civile » ne sont pas que du marketing, ils correspondent à une perception réelle qu’il nous faut faire évoluer. Notons cependant que les partis politiques ne sont pas non plus totalement mis au ban : il arrive que pour justifier d’un engagement, un « citoyen issu de la société civile » prenne soin de préciser qu’il n’est pas « encarté » mais qu’il se sent proche de tel ou tel parti. Notons qu’il n’en cite rarement qu’un seul. Cela illustre que les partis peuvent parfois renvoyer une image sectaire et que leur cloisonnement est un frein. En revanche, cela montre que les partis parviennent tout de même à servir de garanties en termes de valeurs. C’est déjà ça !

Pourquoi opposer alors les candidats « issus de la société civile » aux candidats membres de partis politiques ? S’il s’agit de mettre en avant, pour en faire bénéficier le collectif, des compétences acquises par un militant d’association ou autre professionnel, alors oui, cela est cohérent et évident. Mais les adhérents des partis sont pour beaucoup également militants d’associations et possèdent aussi des expériences variées (nous ne parlons pas ici de quelques personnalités qui se seraient construites uniquement au sein d’un parti depuis le plus jeune âge, sans expérience professionnelle, ni même expérience associative. Il leur appartient d’interroger leur engagement, mais sont-ils si nombreux ?).

Reconnaissons que le label « issu de la société civile » accolé à un candidat garantit davantage aux électeurs que celui-ci est mobilisé pour ses compétences et non par le fait qu’il pourrait-être imposé par un parti politique sans autre raison. Les partis politiques doivent collectivement prendre conscience de l’image dégradante subie par tous leurs candidats lorsqu’ici où là, ils imposent quelqu’un, parfois à l’encontre des choix locaux. Cela ne concerne heureusement qu’une petite partie des candidats mais cela contribue à dégrader l’image globale des partis.

De la même façon, il nous faut prendre conscience de l’image que nous renvoyons au terme d’accords de dernière minute, les “fusions techniques” de listes par exemple, trop peu souvent fondées sur un contenu programmatique, élaborés dans l’urgence. Ce type d’accords ouvre la porte, ensuite, à des analyses destructrices pour l’ensemble de la gauche. Lorsque des partis politiques font le choix de partir seuls lors d’un premier tour, ce choix doit être assumé et il ne saurait se justifier que par l’idée d’évaluer des forces en vue du scrutin suivant. Sinon, chaque parti peut appliquer cette même logique au scrutin suivant. Nous tournerons en rond et il nous sera difficile de gagner. Chercher à rejouer en permanence les rapports de force est destructeur dans un contexte où, même réunis, les partis de gauche peinent à réunir un tiers des électeurs. Or, pour les élections présidentielles, il nous faudra, à gauche, non seulement accéder au second tour mais aussi gagner ce second tour. Cette réalité nous oblige à une pensée et une stratégie collective.

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Nous, partis politiques devrions également nous interroger sur nos actions, la diversité de nos actions, ainsi que la façon dont elles sont parfois perçues par les françaises et les français. En effet, au-delà de notre volonté de promouvoir et défendre des valeurs et un programme, nous devons sans doute repolitiser le débat. Il nous faut faire renaître le goût du débat politique de fond en recréant les conditions du débat : l’écoute, la tolérance et le respect. Assumons aussi que le débat peut nous faire évoluer. La gauche est souvent caricaturée et son programme de moins en moins compris.

Les médias mainstream montrent l’image d’une gauche dépassée et d’une extrême droite qui prend le dessus. Est-ce réel ? Quoi qu’il en soit, il est temps que la gauche prenne en compte, dans ses actions, la réalité du contexte médiatique actuel. Car, c'est une évidence pour nous, si les propositions de la gauche étaient mieux comprises, et si, lorsqu’elle était au pouvoir elle engageait réellement la politique de rupture attendue et promise, la gauche l’emporterait haut la main : Qui pourrait être opposé à la redistribution des richesses ? qui s’opposerait à l’idée de justice sociale ou fiscale ? qui ne souhaite pas de politiques de résilience tout en connaissant la réalité des évolutions du climat ?

Il est fondamental que nous, militants, allions davantage à la rencontre de celles et ceux qui ne croient plus en la politique, de celles et ceux qui tombent dans les pièges simplistes tendus par des grands médias qui ne font que défendre leurs propres intérêts. Il est impératif que nous sortions de l’entre-soi, que nous passions du temps avec celles et ceux qui ne pensent pas nécessairement comme nous, celles et ceux dont les préoccupations premières ne sont pas toujours les nôtres. Il nous faut ce temps pour les comprendre, pour qu’ils nous comprennent, pour mieux les convaincre, pour mieux nous convaincre, pour nous faire évoluer collectivement. Prenons-nous suffisamment de temps pour cela aujourd’hui ? organisons-nous ces moments de rencontre ? Il semble qu’il y a là l’un des points faibles de nos actions même si certains de nos partis arrivent mieux que d’autres, il faut le reconnaître, à rester connectés aux gens.

La victoire en 2027 se fera avec l’ensemble des citoyens.

Certes nous, partis politiques, organisons ou participons à des marches pour le climat, d’autres pour défendre ceci ou pour dénoncer cela, nous organisons des conférences sur l’eau, des débats sur l’immigration ou des tables rondes sur d’autres thématiques, mais à qui nous adressons-nous ? qui vient ? Il est facile de constater que ce sont, à quelques exceptions près, les mêmes personnes que l’on retrouve à chaque fois, les thématiques varient, les participants restent sensiblement les mêmes. Les évènements organisés séparément par les partis semblent davantage organiser des transferts de militants au sein des partis de gauche que d’élargir le socle total de militants de gauche.  Il semble que nous ayons atteint les limites d’une forme de mobilisation.

L’entre-soi ne suffira pas pour faire gagner la gauche en 2027.

Alors nous, comme d’autres, dans d’autres contextes, avons tenté d’élargir, d’agrandir le cercle de militants, tenté d’impliquer davantage de monde en organisant des temps « citoyens » mais là aussi, comme le soulignent Manon Loisel et Nicolas Rio (« Pour en finir avec la démocratie participative »), il semble que des limites ont été atteintes et que ces temps n’ont fait que déplacer ou remodeler un peu l’entre-soi. Car se sont finalement encore les mêmes que l’on retrouve, actifs, sur ces temps dits « citoyens ». Ceux qui viennent sont ceux qui souhaitent s’exprimer, mais comment écouter ceux qui ne viennent pas, comment entendre ceux qui ne parlent pas mais qui subissent comme tout le monde les choix politiques ? L’appellation « atelier citoyen » qui était amenée, à la base pour séduire, pour attirer, a maintenant, semble-t-il, un effet repoussant pour certains…

De quoi nous interroger.

Évidemment, les mobilisations permettent parfois de montrer à une catégorie de personnes visée qu’elles sont soutenues. Il faut maintenir les temps de débats et de tables rondes car ils sont utiles dans le cadre de formation des militants, de formations d’élus, ou même pour des citoyens désireux d’en savoir plus. En revanche, il faut avoir conscience qu’alors, la montée en expertise des militants impliqués risque, si elle n’est pas accompagnée de pédagogie, de creuser les écarts de connaissances et donc de les déconnecter davantage des aspirations des citoyens « ordinaires » pour lesquels ces sujets ne sont pas les premiers centres d’intérêts. Cela risque même de développer chez des militants une forme d’intolérance envers ceux qui ont des comportements qui leur semble tellement éloignés de ce pour quoi ils militent, que les militants n’arriveront plus à convaincre ou à militer sans braquer, sans se braquer. Un décalage trop important de connaissances, pourrait développer chez des militants des discours ou argumentaires tellement spécialisés, techniques et exigeants, qu’ils pourraient devenir inaudibles, inaccessibles ou pire, repoussants. Il nous faudrait développer des argumentaires progressifs et comprendre pourquoi les gens agissent comme ils le font avant de penser pouvoir faire évoluer les pratiques, nos pratiques. Il nous faut, non seulement être capable d’adapter nos discours à tous les niveaux d’expertise sur les sujets clés, mais aussi construire avec les citoyens de nouvelles propositions. Que ce soit sur des questions de justice sociale ou fiscale ou sur des questions de résilience climatique l’adhésion populaire viendra de la co-construction et d’une compréhension partagée des enjeux. Pour que l’idée d’un Etat réellement démocratique redevienne crédible, c’est d’abord à l’échelle de nos partis que nous devons mettre en place et pratiquer le renouveau démocratique.

 

Redonnons du sens à la démocratie.


Clarice CELLI & Guillaume CORNU (Co-référents Génération.s Isère)

Les militants Génération.s Isère

Juillet 2026

isere@generation-s.fr