Animer un atelier de philosophie demande à l'enseignant d'apporter des changements dans sa posture d'enseignant. En effet, celui-ci doit adopter une pédagogie qui est centrée davantage sur le questionnement.
Le questionnement est la pierre angulaire de la philosophie pour enfants puisque nous réfléchissons ensemble à des sujets donnés. L'enseignant se doit donc d'être à l'aise dans cette pédagogie. Bien que nous posons des dizaines de questions par jour à nos élèves, celles-ci sont particulières. Dans les différentes matières que nous enseignons au cours de l'année, les savoirs sont prescrits et ne laissent pas placent à interprétation. Il n'existe pas plusieurs manières d'effectuer une multiplication, et les règles d'accord entre le sujet et le verbe sont toujours les mêmes. Cela permet donc à l'enseignant d'avoir une vision globale des compétences et des connaissances qui seront acquises par leurs élèves, ce qui est un avantage.
Or, les savoirs ne sont pas prescrits ni définis lorsque nous faisons de la philosophie pour enfants. Car, comme les mentionnent Gagnon et Maihot-Paquette, les concepts abordés contiennent la plupart du temps plusieurs définitions distinctes. Il n'est donc pas chose facile que d'émettre une seule définition (Gagnon, Mailhot-Paquette, 2022, p. 9). Par contre, il peut parfois être utile de présenter la ou les définitions de certains concepts. Cela peut, entre autre, alimenter la discussion et relancer les échanges lorsque celles-ci s'essoufflent.
Lors d'ateliers philosophiques, le rôle de l'enseignant est d'accompagner les élèves lors de leurs réflexions sur divers concepts. L'enseignant ne doit pas diriger les discussions et les réponses des élèves vers une réponse qui est attendue.
Dans ces ateliers, l'enseignant n'est plus le seul détenteur du savoir. Il est un co-chercheur. Il réfléchit avec les élèves pour qu'ensemble, ils trouvent une définition ou arrivent à un consensus sur un sujet donné. Puis, le rôle de l'enseignant est de faciliter les échanges. Il aide les élèves à réfléchir en posant des questions permettant de préciser leur pensée, mais aussi de relancer les discussions. Finalement, celui-ci se doit d'instaurer un climat favorisant les échanges et donc le respect de l'opinion de tout un chacun.
Un aspect important présent lors des discussions philosophiques est l'égalité de tous. Comme mentionné plus haut, l'enseignant n'est pas le seul détenteur du savoir. Tout comme lui, les élèves peuvent aussi donner des réponses justes et véridiques. En ce sens, l'enseignant ne doit pas craindre de ne pas connaître une réponse sur un sujet donné ou à l'une des questions des élèves.
L'un des buts des ateliers philosophiques, est de se questionner ensemble pour que l'on trouve une réponse commune. Il peut donc exister plusieurs réponses pour une même question. Toutefois, même si plusieurs réponses existent, celles teintées de préjugées et portant atteintes à la Charte des droits et libertés ne sont pas acceptables, et donc proscrites (Gouvernement du Québec, 2024, p.14).
Finalement, l'enseignant se doit d'être neutre et impartial.