À la mi‑septembre 2025, le groupe s’est retrouvé pour une série de randonnées organisées par Joseph, dont la préparation attentive nous a permis de découvrir la presqu’île de Crozon dans toute sa diversité. Située au cœur du Parc naturel régional d’Armorique , cette presqu’île est un véritable joyau du Finistère, façonné par l’océan, le vent et le temps. Ses paysages contrastés — falaises abruptes, landes colorées, criques secrètes, longues plages de sable et forêts littorales — offrent un terrain de marche exceptionnel où chaque détour révèle un nouveau panorama.
Le groupe a été hébergé au village de vacances APAS‑BTP, situé à l’extrémité de la presqu’île, au‑dessus de l’anse de Pen Hir, avec une vue directe sur la mer d’Iroise et les falaises environnantes. Le centre se trouve à une centaine de mètres de la plage de Veryac’h, une plage calme proche des célèbres Tas de Pois, réserve d’oiseaux marins.
14/09/2025 – Deux randonnées
La randonnée du matin suivait le tracé Crozon – Veryac’h – Saint‑Julien.
La première étape était la plage du Veryac’h, une plage sauvage de Camaret‑sur‑Mer réputée pour son cadre spectaculaire, entre falaises, sable et rochers, avec une vue directe sur la Pointe de Pen Hir considérée comme l’un des plus beaux panoramas de Bretagne, puis passait à proximité de la Fontaine-lavoir du Priou (ou Piriou), reconstruite vers 1900. Située près de la plage de Lam Saoz, elle se trouvait autrefois dans un environnement rural dépourvu d’habitations.
La dernière étape menait au village de Lannilien, à l’intérieur des terres. On y trouve la chapelle Saint‑Julien qui, selon plusieurs sources, devrait en réalité porter le nom de Saint Sulien ou Saint Sulian, un moine gallois du VIᵉ siècle. Le nom aurait été francisé par l’Église pour remplacer les saints locaux par des saints romains. La chapelle date de 1666, comme l’indique la date portée sur l’édifice. Pendant la Révolution française, elle servit d’abri aux prêtres réfractaires. Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que l’école était réquisitionnée par les Allemands, certains cours auraient été donnés dans des lieux comme cette chapelle.
Le retour de cette randonnée est effectué par le sentier côtier sur le haut des falaises avec de superbes vues sur la pointe de Pen-Hir.
La randonnée de l’après‑midi menait à la pointe de Pen Hir. Le tracé passait par les alignements de Lagatjar , l’un des ensembles mégalithiques majeurs de la presqu’île. Datés du Néolithique récent et classés Monument historique depuis 1883, ils comptaient autrefois près de 600 menhirs selon les inventaires anciens. Aujourd’hui, environ 65 à 84 pierres subsistent, disposées en trois files sur près de 200 mètres.
L’itinéraire continue vers la pointe du Toulinguet sur laquelle se trouve un sémaphore. Après avoir longé la plage de Pen-hat, on remonte vers les batteries de Kerbonn, le Musée‑Mémorial de la Bataille de l’Atlantique retrace l’histoire du combat naval de 1939‑1945. On y découvre une collection d’objets maritimes et militaires, dont plusieurs ancres anciennes.
La randonnée se termine par la pointe de Pen Hir, ou se trouve également le Monument aux Bretons de la France libre, dit « Croix de Pen Hir ».
Et pour terminer : un apéro bien mérité…
15/09/2025 – Crozon – Cap de la Chèvre
La boucle Crozon – Cap de Chèvre, d’un peu plus de 14 km, emprunte en grande partie le GR34, alternant falaises, criques et landes. Elle passe à proximité du sémaphore du Cap de la Chèvre, une installation de surveillance maritime située à l’extrémité sud de la presqu’île. Ce poste de la Marine nationale surveille le trafic maritime, assure la sécurité en mer, communique avec les navires et signale les situations d’urgence. Il fait partie du réseau sémaphorique français qui couvre tout le littoral.
Non loin du sémaphore se trouve le Mémorial de l’Aéronautique Navale (pas de photos dans l’album).
Le circuit longe la baie de Douarnenez du haut des plus hautes falaises de la presqu’île de Crozon (prés de 100m) jusqu’à l’île vierge qui aujourd’hui est interdite d’accès.
Le pique-nique a eu lieu dans le village de Saint Hernot à coté de la chapelle.
La boucle traverse ensuite le village de Menesguen, connu pour son architecture traditionnelle et continuer par le sentier côtier face à l’océan.
Au retour, certains se sont arrêté au dolmen de Rostudel . Décrit dès le XIXᵉ siècle, c’est un dolmen simple du Néolithique, constitué d’une dalle de couverture de 3,50 m soutenue par trois orthostates. Il est considéré comme le dolmen le mieux conservé et sans doute le plus célèbre de la presqu’île de Crozon.
16/9/2025 – randonnée Crozon – l’Aber puis Locronan et Sainte-Marie du Ménez-Hom
Boucle littorale : Rozan – Aber – Guern – Raguénez permet de découvrir la géologie, le patrimoine maritime et les paysages de la baie de Douarnenez. Elle débute au site géologique de Rozan, où les schistes et quartzites plissés offrent une lecture spectaculaire de l’orogenèse hercynienne. Le chemin rejoint ensuite l’ancien four à chaux, vestige du XIXᵉ siècle lié à la production de chaux, avant de gagner l’île de l’Aber, accessible uniquement à marée basse et voir son fort type 1846 à l’extrémité de l’île. La randonnée se poursuit par le sentier côtier jusqu’à la pointe du Guern, belvédère naturel sur un littoral découpé de criques et de roches dures sculptées par l’érosion. La boucle se conclut avec la traversée de quelques villages anciens. Un itinéraire complet mêlant géologie, patrimoine et panoramas marins.
Dans l’après-midi le groupe a visité Locronan petit village de caractère datant de l’époque renaissance. La visite a débutée par l’église saint Ronan sur la place centrale, c’est continuée jusqu’à la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle et sa fontaine saint Eutrope. On est ensuite remonté vers la place centrale pour voir la librairie celtique et déguster du kouingn amann. Au retour arrêt à la chapelle de Sainte-Marie du Ménez-Hom et ses trois retables baroques du maître-autel et des deux autels latéraux sud et nord, avec leurs boiseries, le tout datant du début du XVIIIe siècle (1703 et 1710) puis en route, dans une cidrerie pour dégustation.
17/09/2025 Boucle littorale : Pointe des Espagnols
La randonnée débute au fort de la Fraternité dominant l’entrée de la rade, avant de longer les falaises qui offrent une vue saisissante sur l’îlot des Capucins et son fort, chef‑d’œuvre d’architecture militaire du XIXᵉ siècle. Le chemin passe ensuite près du four de la Fraternité ancien four à chaux dont le nom viendrait de l’association ouvrière qui l’exploitait au XIXᵉ siècle, une “fraternité” de carriers et de brûleurs de chaux travaillant en coopérative, pratique assez répandue dans la région à cette époque. L’itinéraire poursuit vers la Fontaine du Stiff et son lavoir, témoins de la vie quotidienne avant l’arrivée de l’eau courante, puis rejoint les anciennes batteries d’artillerie creusées dans la falaise du Fort de Cornouaille qui surveillaient le goulet de la rade de Brest. Le sentier se poursuit ensuite ver la pointe des Espagnols , spectaculaire belvédère sur la rade de Brest et lieu chargé d’histoire depuis le siège de 1594.
Pique-nique sur la plage de Trez-rouz.
L ‘après-midi après une démonstration de fabrication de kouign amann, nous sommes descendu visiter la cité portuaire de Camaret‑sur‑Mer, où le port offre un contraste vivant entre activité maritime actuelle et mémoire du passé. Le cimetière de bateaux alignant coques de bois échouées, rappelle l’époque de la pêche hauturière et des langoustiers. À proximité se dresse la chapelle Notre‑Dame de Rocamadour, édifice emblématique du port, marquée par les ex‑voto marins et les traces d’incendies successifs. A proximité de la chapelle se trouve la tour Vauban construite de 1693 à 1696 faisant partie des défenses du port de Brest. La boucle remonte ensuite vers le fort du Petit Gouin, position stratégique contrôlant l’accès à Camaret, avant de rejoindre le centre de Camaret.
La randonnée débute à saint Fiacre et rejoint par la grève le village de Rostellec avec son cimetière de bateaux de Rostellec, où les coques de bois échouées rappellent l’époque des langoustiers . Le chemin remonte ensuite vers les villages de Saint Driec et saint Fiacre ou l’on trouve la chapelle Saint‑Fiacre et sa fontaine, discrète dans son écrin de verdure. C’est sur le bord de la grève de saint Fiacre que le groupe a dégusté les huîtres locales directement sur son site de production.
Le midi, on a pique-niqué sur le port du Fret donnant sur la rade de Brest.
L’après-midi, on s’est rendu à Landevennec avec un arrêt pour voir le cimetière de bateaux ou sont remisés les anciens bâtiments militaires avant d’être envoyés à la ferraille. On est ensuite descendu aux village ou l’on trouve l’un des plus anciens sites monastiques de Bretagne. Plus loin, le sentier atteint le sillon des Anglais, remarquable site géologique offrant une lecture claire de la structure allongée du cordon rocheux et une vue dégagée sur l’Aulne maritime. Au retour, on a fait un détour par le pont de Térénez. Le parcours propose également un beau point de vue sur le moulin à marée du Folgoat, témoin de l’ingéniosité hydraulique d’autrefois et la chapelle du Folgoat au milieu de la forêt.
19/09/2025 – Crozon – Pointe de Dinan, Menhirs de Lostmarc’h , Morgat, Grottes marines
La randonnée débute à la plage de Goulien en direction de la pointe de Dinan, l’un des sites les plus spectaculaires de la presqu’île. On y découvre d’emblée le “Château de Dinan”, une immense arche naturelle sculptée dans le grès armoricain, dont la silhouette évoque les ruines d’une forteresse dominant la mer. Le sentier se poursuit ensuite vers Lostmarc’h, en alternant passages en hauteur et descentes vers les plages à marée basse, où l’on observe les strates rocheuses, les chaos de blocs et les jeux de lumière sur le sable mouillé. Sur les hauteurs, le parcours traverse la lande et longe plusieurs menhirs isolés, dressés face à l’océan. Ces pierres, vestiges d’un ancien ensemble mégalithique, ponctuent le paysage et marquent l’approche du secteur de Lostmarc’h et de son éperon barré vestige d’un ancien camp retranché dans lequel les celtes venaient se réfugier en cas de danger il y a environ 2500 ans.
L’après-midi, on se retrouve à Morgat pour une croisière qui permet la découverte des grottes marines . Creusées dans les falaises du sud de la presqu’île, ces cavités sont réputées pour leurs couleurs changeantes, leurs parois sculptées et leurs salles aux noms évocateurs (grottes de l’autel, de l’église, sainte Marine). Certaines présentent des reflets verts ou bleutés dus aux minéraux, d’autres révèlent des arches, des colonnes ou des couloirs façonnés par les vagues.
Photos:
Patricia
Marie-France
Bernard