au gré de l'inspiration
Pourquoi poèmes de mon temps? J'aurai pu dire ''écrits du temps présent ou du moment présent'', car l'inspiration me vient soudainement par un événement qui me touche directement, mais également par un fait divers , hélas presque trop souvent dramatique.
Mon répertoire est très varié, il m'arrive parfois de m'égarer dans des récits imaginaires, parfois classique mais pas trop. Lisez et noyez vous dans cette modeste fantaisie.
Ma vie
Ma vie, j'ai connu plein de choses et plein de choses que je n'ai pas connu
Espoir
Au delà de chaque nuage
Un peu de bleu en cage
Et derrière l'infortune
Un petit bout de lune
La maison de mon enfance
La maison de mon enfance
Semblait à mes yeux immense
Un arbre trônait dans la cour
Des gosses en faisait le tour
En courant sans rompre
Telle une aiguille de montre
Et quand la tête tournait
Soudain s'arrêtaient
S’asseyant ventre à terre
Pour un repos éphémère
Aujourd'hui pleine de vide
Et couverte de rides
Les cris couverts par le silence
De la maison de mon enfance
un peu de vrai un peu imaginé
Quand j'étais matelot
Elle apparut
L'inconnue
Dans ce train
Bondé de marins
Sa joue collait la glace
Reflétant sa face
Et ses yeux noirs
Sans fard
Fixait le paysage
Plein d'images
Je la badait
Elle souriait
Le train s'arrêta
Elle se leva
Puis disparut
un retour de perm
Le temps passe
Déjà soixante dix ans
Tant d'instant et tant de temps
Que j'erre sur terre
Été,automne, hiver
Printemps fleuri
Et cœur hardi
Poète, camelot
Ou porteur d'eau
Toujours en avant
Face et contre vent
un peu moi, j'avoue, et beaucoup d'autres
Le mouroir (l'Ehpad)
Dans un amas de loques
Un tas de breloques
Au fond d'un tiroir
Attendent le départ
Il y a une vieille tocante
Prête pour la brocante
Qui marque la même heure
A toutes les heures
Un encrier, du papier
Et une lettre arrêtée
Aussi un poète dans l'errance
Et sans espérance
Son crayon est muet
Et sa muse à l'arrêt
Prêt pour le voyage
On tourne la dernière page
La maison du mouroir
Est au fond du couloir
pas toujours vrai,mais...
Femme
Cette femme est fleur
Tant de candeur
Et tant de charme
Sa meilleure arme
Tu es femme et tu es fleur
Tu ris, tu pleures
Tu fleuris tu péris
Comme l'iris
Qui éclot et clôt
Dans un triste pot
Et meurs ta corolle
Comme une parole
Emportée par le vent
Et par le temps
pour les femmes
Les fiancés de la rue
Dans la rue de la vertu
Je les ai aperçu
Dans une épaisse brume
Les fiancés du bitume
S'enlacent et s'embrassent
Face à la populace
Les cheveux sont poisseux
Les pieds sont crasseux
Les bras dessinés et blessés
Leur peau burinée et brûlée
Le matelas et l'oreiller
Le goudron sous leur pied
Leur spectacle sur toile
Le plafond aux étoiles
C'est la rue, sans plus
je les ai vraiment vu, s'enlaçant