Saubusse

Lové dans une courbe de l’Adour, à deux pas des plages et de Dax, Saubusse distille une séduction hors du temps. Cette station thermale, dotée d’un espace naturel protégé avec ses barthes, cultive ses traditions et ses légendes toute en développant son potentiel en matière de tourisme vert. Visite guidée.

Le froufrou d’un vent léger frémit dans les feuillages denses qui longent l’Adour. A Saubusse, sur l’imposant pont Saint-Jean qui traverse le fleuve depuis 1840, la rouille grignote les vestiges bleutés d’une peinture d’un autre temps. A 23 kilomètres des plages et a 15 kilomètres de Dax, ce village de 1100 habitants concentre les charmes puissants de l’intérieur des Landes. Côté nature, niché au creux des barthes encore cultivées, il diffuse la force de son camaïeu de vert. Ces plaines marécageuses, parsemées de forêts de chênes et ponctuées de mares et de canaux abritent aigrettes, cigognes ou hérons. Elles ont été classées Natura 2000 par l’Europe pour mieux garantir la préservation de leur diversité biologique et la valorisation de ce patrimoine naturel.Ici, l’hiver, la chasse au canard bat son plein et les chasseurs se retrouvent dans les tonnes, des cabanes enterrées au bord de l’eau. Certains dressent encore leur jument pour approcher leurs proies sans les effaroucher. La pêche a la pibale s’étire de novembre a mars, celle de l’alose au printemps.

Un port sur l’Adour en projet

Au XVIIIeme siècle, les deux tiers des habitants étaient mariniers, propriétaires de galupes ou de gabares, ces barques à fond plat sur lesquelles les marchandises remontaient l’Adour jusqu’à Bayonne. Aujourd’hui, sur l’ancien chemin de halage, la promenade à pied ou en vélo se prolonge sur 10 kilomètres dans ce décor de nature en liberté. Dans quelques années, il devrait être de nouveau possible d’y naviguer.

Cherchez la femme

Côté vieilles pierres, le village a gardé quelques demeures seigneuriales restaurées. Entre autres, à la porte des barthes, la maison Bellepeyre (XVIIe™) flanquée d’une tour qui domine le fleuve. Et la maison Betbeder (XVIIIe™) dans laquelle s’est installée de 1832 à 1880 Eugénie Desjobert. Un étonnant personnage qui marque le village de son empreinte • elle finança la construction du pont, fit creuser le puits sur la place du village, construire le lavoir . Et puis, la nature et l’histoire constituent des ferments de choix pour donner naissance à la légende. Le village recelé cette fameuse Pierrelongue, qui serait une pierre antique ou « druidique » dotée de pouvoirs magiques. Seuls les superstitieux croient bien sûr qu’il suffirait de la coucher pour faire venir la pluie. Compte tenu de la meteo capricieuse de l’été, il n’est pas forcément utile de tenter l’expérience…

Un article sur Saubusse (La vie économique, août 2011)

Une fois n’est pas coutume. La quasi-totalité des experts s’accordent à dire que le nom de ce très joli village pataugeant dans l’Adour, aurait comme signification, issue du latin, terre à sureau.

Vieux bourg pittoresque, dont les façades urbaines de pierres patinées par les siècles regardent le fleuve de près, Saubusse est posé sur la rive droite de l’Adour.

Situé à une quinzaine de kilomètres de Dax, passage obligé pour les gabarres transportant des marchandises vers Bayonne, ce fut un port prospère des siècles durant.

L’église Saint Jean de Saubusse a été bâtie après le XIIIème siècle et certains aspects laissent penser qu’elle a subi des modifications jusqu’au XVème siècle. Son architecture un peu particulière, due probablement à un principe défensif et à un besoin de consolidation, lui donne un certain charme. La nef de trois travées a été voûtée en deux périodes.

Les voûtes des deux premières sont de simples croisées quadripartites. La troisième a reçu un voûtement plus complexe avec des liernes et des tierçons et les clefs de voûtes. Comme dans le Béarn ou certains endroits du pays basque, la nef est occupée sur 3 cotés par une belle tribune de bois posée sur des colonnes de pierres. Deux chapelles latérales de dimensions différentes se font face sur la troisième travée. Le clocher massif avec son toit en bâtière est identique à plusieurs édifices du pays d’Orthe.

Les trois baies de l’abside sont fermées de vitraux de Dragand pouvant dater de 1880.

L’église a été restaurée avec goût dans les années soixante.

Les bords de l’Adour à Saubusse pourraient s’appeler les bords de la petite Loire. La belle propriété Betbeder, aurait mérité le titre de château pour son histoire et sa beauté. Bellepeyre, porte bien son nom et Villa Stings d’un baptême récent mais d’une conception très ancienne s’ajoute au paysage des beautés des bords de l’Adour.

Sibusates, conservez votre patrimoine, ne dites pas aux vendeurs de bétons que vous êtes au paradis. Les pieds dans l’eau de celle qui peut encore vous nourrir, la tête au soleil de celui qui pourra longtemps vous réchauffer, ceci n’a pas de prix.

Daniel Marthe

Extrait du foie Gras en toque Blanche