A l’appel nationale du Collectif Droits des Femmes, des manifestants se rassemblent contre les violences sexistes et sexuelles, devant le Palais de Justice à Grasse. Cette mobilisation est organisée par le Collectif Nous Toutes 06. En soutien la CGT 06, s’est jointe au mouvement.
Publié le 12 janvier 2024
“C’est la première fois qu’une manifestation féministe se déroule à Grasse” annonce fièrement Alexia, la pilote départementale du collectif Nous Toutes 06. Photo de Vadim Milliex et Célia Réunif
“Gérard Depardieu rend fière la France”. Ces propos tenus par Emmanuel Marcon dans une interview pour C à vous, le 20 décembre dernier, alors que l’acteur est mis en examen depuis 2020 pour viol et agression sexuelle, ont créé la polémique. En réaction, le collectif Nous Toutes 06 a appelé à "se retrouver plus motivé.es que jamais ce jeudi à 12h30 pour dire non aux violences sexistes et sexuelles et pour dénoncer le comportement odieux de notre gouvernement en soutenant un agresseur et violeur accusé du monde du cinéma”.
Il y a une semaine, la CGT relayait l’annonce de ce rassemblement. Aujourd’hui, ils sont une quarantaine à avoir fait le déplacement devant le tribunal judiciaire de Grasse.
“Sexisme partout, justice nulle part”
De nombreux slogans féministes sont scandés par les manifestants en colère devant ce lieu symbolique. Leur objectif ? Dénoncer les défaillances du système judiciaire. Assis sur les marches, René*, magistrat de 56 ans, est sorti de son bureau pour montrer son soutien à la cause féministe. En 15 ans de fonction, il admet que ce sont les dossiers qu’il a traités, qui ont forgé sa sensibilité, sans pouvoir rentrer dans les détails, du fait de son devoir de réserve. Il conviendra à demi-mot que “la justice sera toujours en retard”. Ce retard n’est pas acceptable pour Murielle qui a perdu sa fille, victime d’un féminicide : “ 4 ans et demi à attendre que justice soit rendu pour ma fille assassinée (...) Dès que je sortais la tête de l’eau, le dossier ressurgissait... ça m’a empêché de me reconstruire “.
Les mesures gouvernementales ne sont pas assez adaptées, comme la formation des policiers pour améliorer l’accueil de ces femmes mis en place depuis 2021, pour ces manifestants. “C’est insuffisant ! (...) On observe encore des témoignages de personnes, pour qui leur plainte n’a pas été accepté et a été dévalorisé.” explique Alexia du collectif Nous Toutes 06. Elle soumet l’idée d’une création d’un tribunal spécialisée dans les affaires de violences sexistes et sexuelles. Depuis le 5 octobre dernier, une nouvelle mesure a été adaptée : les médecins peuvent prendre la plainte des victimes à l’Hôpital.
* Nom modifié pour préserver son anonymat