Locomotive Pinguely 030, N°3 en gare de St Valérien
Un p’tit train s’en va dans campagne… Saint Valérien ! Saint Valérien ! 5 minutes d’arrêt ! C’est ce que l’on pouvait entendre quatre, puis huit fois par jour du côté de la route de Chéroy à la sortie du village, entre 1901 et 1948. En effet, un chemin de fer reliant Sens à Égreville, a desservi Saint Valérien pendant la première moitié du XXème siècle. La gare était située à la sortie du village à la place de l’actuel bâtiment des Bureaux de la coopérative
Un p’tit train s’en va dans campagne… LE TACOT
➕ L'histoire intégrale du petit train : 80 pages publiées par l' Association pour l'Aménagement Harmonieux des Vallées de l'Orvanne et du Lunain (AHVOL)
1895
Sous la conduite de M. DELAJON, Maire, une subvention sera votée pour la construction du chemin de fer de Sens à Égreville
1897
En décembre, le conseil est saisi d’un changement du tracé entre deux propriétés et la gare sera construite près du carrefour des routes de Sens à Nemours et de Domats à Voulx.
Le petit train en Gâtinais : Lire la publication de l’AHVOL ► mettre un picto + à lire
Le conseil demande un arrêt à Fontaines sur le tracé de la voie entre Saint-Valérien et Brannay.
1898
La proposition d’emplacement de la gare est estimée trop éloignée des premières habitations du village (300 m). Cela entraînera des inconvénients pour les marchands et clients venant au marché sous la halle au centre du village. L’administration aura le dernier mot et fixera l’emplacement des gares de Dollot- Vallery-Lixy et Saint-Valérien…et le conseil votera le principe d’un emprunt pour les réalisations envisagées.
1900
Un terrain de M. de RAINCOURT sera utilisé pour la voie du chemin de fer.
1901
Un passage à niveau est prévu aux Martinières pour le chemin de fer. Le conseil demande la modification des tarifs et surtout l’amélioration des horaires les jours de marché de Saint-Valérien et Chéroy et aussi le lundi (marché de Sens). On demande le passage de 3 trains par jour avec retour vers 4 ou 5 heures le soir.
1902
Demande est faite d’un train supplémentaire en dédoublant, avec la machine de secours, le train du soir. Vœu pour le passage à Saint-Valérien de la ligne de chemin de fer de Montereau à Laroche.
Voeu pour le passage de la ligne de Montereau à Laroche par St Valérien
1905
Le conseil refuse l’implantation d’un arrêt facultatif aux Loges (commune de Brannay) sur la ligne de chemin de fer. Demande de rétablissement du passage du train de Sens à Montereau « le seul qui n’oblige pas les voyageurs à attendre 3 heures à Moret pour avoir la correspondance ».
1907
Ligne Sens Nogent sur Seine
1909
Refus de modifier les horaires des trains comme le demandent les municipalités de Brannay et de Jouy
1910
Le conseil demande le maintien du train du lundi matin indispensable (ou du moins très utile) pour assurer les correspondances de Paris et Laroche aux enfants se rendant aux écoles de Sens, aux ouvriers, cultivateurs, commerçants allant à Sens pour y travailler ou s’approvisionner et demande un train supplémentaire pour le service postal.
Un projet de ligne de chemin de fer a été déposé allant de Tonnerre à Sens en passant par Chablis-Auxerre-Aillant-Piffonds.
Le conseil suggère que cette ligne serait plus économique à construire si elle reliait Piffonds à Saint-Valérien avant d’aller sur Sens car le terrain est plus plat et que peu d’ouvrages d’art seraient à édifier.
Considérant que le commerce de Piffonds avec la région de Saint-Valérien est considérable par suite des importants échanges de fruits, de bois, de céréales et produits de ferme qui se font chaque année entre les deux régions…
Considérant que l’industrie fromagère de Saint-Valérien s’approvisionne d’une importante quantité de lait dans toute la contrée agricole de Saint-Valérien et Piffonds…
Considérant que la ligne de Piffonds ,Saint-Valérien aurait l’avantage de desservir les établissements industriels les plus importants de la région : scierie de Domats, tuileries de Villebougis et Brannay, sablière de Brannay, laiterie de St Valérien…
Considérant que le marché de Saint-Valérien est le plus important de la contrée, que la gare de St Valérien fait le plus de trafic de la ligne de Sens à Égreville, qu’elle est la plus centrale de cette ligne… »
Le conseil exprime le vœu que la ligne projetée se construise de Piffonds à Saint-Valérien en passant par Vernoy ou Savigny-Domats et La Belliole et s’engage financièrement si le projet est retenu « dans la mesure de ses moyens ».
1911
Projet de chemin de fer de Tonnerre à Sens
1913
Le conseil refuse l’augmentation des tarifs du chemin de fer.
1914
10 avril Le Conseil renouvelle sa demande de faire passer la ligne de chemin de fer de Laroche à Montereau (voie de dédoublement) par Saint-Valérien….
1919
Le conseil demande le rétablissement de 2 trains quotidiens en chaque sens : Il argumente :
Les trains de la ligne locale ne permettent plus la correspondance avec la ligne du PLM (le train du soir en particulier part de Sens à 17 h alors que le train omnibus venant de Paris n’arrive qu’à 18h07 et celui de Lyon à 18h 41.
Un grand retard se produit dans la distribution des lettres ; c’est ainsi qu’une lettre arrivant à Sens après h ne parvient au bureau de Saint-Valérien que le lendemain à 18 h et ne peut en conséquence être distribuée que le lendemain matin, de telle sorte que la réponse faite immédiatement ne part de Saint-Valérien que le 4ème jour au matin.
La Commune est le siège d’un important marché agricole se tenant le vendredi à 14 h. Le seul train qui existe ce jour-là arrive maintenant en gare à 11 h heure à laquelle il est impossible de faire correspondre l’ouverture du marché. Et aucun train ne permet le retour des commerçants chez eux puisque le seul train passe à 13h43, heure à laquelle le marché ne fait que commencer.
Ainsi le conseil délibère :
« Le conseil déclare s’étonner d’autant plus de la continuation de cette restriction, que la compagnie locale a, par suite de la démobilisation graduelle des classes, recouvré presque tout son personnel. Il demande en conséquence qu’il soit rétabli de toute urgence, en attendant le retour à la situation d’avant-guerre, au moins 2 trains journaliers dans chaque direction. Il demande que le train allant sur Sens, le matin, soit avancé de quelques minutes pour permettre d’assurer la correspondance du train de Paris, ce que le battement actuel d’un quart d’heure n’assure pas toujours…que le train revenant de Sens ne parte que vers midi donnant aux voyageurs la facilité de le reprendre, après avoir fait leurs commissions en ville. Ce train aurait, en outre, l’avantage d’amener les commerçants se rendant aux marchés de Saint-Valérien et Chéroy alors que le train partant à Sens le soir ne quitte cette ville que vers 19 h assurant la correspondance avec les trains du PLM. »
1924
Considérant que depuis la guerre, l’horaire de la ligne Sens-Égreville ne rend pas les services qu’on en pouvait espérer, le conseil « réclame instamment la mise en marche d’une voiture automotrice dès que les premiers essais de la ligne Joigny-Auxerre seront terminés.
1929
29.03.29 Devant le projet pour raisons d’économies présenté par le conseil général de supprimer l’un des 3 trains de la ligne Sens-Égreville, le conseil refuse énergiquement considérant que » la suppression causerait une grosse gêne aux ouvriers et gens modestes de nos campagnes qui ne peuvent se rendre à Sens que par le train et se verraient obligés de passer à la ville la journée entière alors que quelques heures leur suffisent très souvent, considérant que le service postal serait modifié, que le déficit d’exploitation de la ligne, s’il existe, ne saurait être invoqué en la circonstance puisque les lignes d’autobus sont subventionnées par le département et ne lui rapportent rien, que l’entretien des routes à grand trafic est lui-même de plus en plus onéreux pour les budgets départementaux et communaux et sert surtout aux classes aisées.
1938
La suppression de la ligne de chemin de fer d’intérêt local est soumise au conseil municipal. Le conseil demande le maintien de cette ligne et qu’elle soit » exploitée de façon plus rationnelle ». Il vote le principe d’une « légère participation basée sur le nombre d’habitants, sur l’éloignement ou le rapprochement de la gare, sur l’importance du trafic et, vu le sacrifice, qu’il est disposé à s’accorder pour les travaux de la voirie, il demande au conseil général de tenir compte de sa volonté bien nette de voir la ligne maintenue ».
1947
Crainte d’une nouvelle annonce de fermeture du chemin de fer. Le conseil argumente pour le maintien (utilisation par 15 communes , intérêt public- service des messageries- marchés- liaisons avec Sens et donc Paris ou ailleurs.).
Le chemin de fer cessera son exploitation le 31.12.48
1949
Refus d’acquérir la bascule de la gare mise en vente par l’administration des domaines.
Les terrains d’assiette de la ligne de chemin de fer sont acquis à 1 franc le m² dans l’état ou ils se trouvent.
1952
On relève la cession à la Commune par le Département de l’ensemble de la plateforme de la voie ferrée de Sens à Égreville sur le territoire communal (1 franc le m²) « les parcelles acquises resteront propriétés de la Commune à charge à celle-ci d’en demander le regroupement au cours du remembrement souhaité par le conseil ».