Le Pont Saint-Jean

Le pont Saint-Jean est un magnifique ouvrage de 7 arches qui, depuis la fin du XIXe siècle, unit les rives gauche et droite de l'Adour, les Oristois aux Sibusates, le pays d'Orthe au Marensin.

Le 8 décembre 1878 une séance extraordinaire du Conseil municipal vote la construction d’un pont sur l’Adour reliant Orist et Saubusse. Ce projet devait être financé en partie par l’État. Il a pu aboutir grâce à la générosité d'Eugénie Desjobert, riche veuve qui se retira à la maison Betbeder à Saubusse en 1860, qui fit don de 400.000 francs or, une somme importante à l'époque.

On peut observer de la rive les initiales E.D entourées d’une couronne de lauriers en hommage à la bienfaitrice. La construction en a été confiée à un ingénieur né à Longwy, Émile Aubé (1854-1931) qui mourut à Capbreton. Ce bel ouvrage en pierre sera baptisé Pont Saint-Jean, mais il est couramment appelé pont Eugénie Desjobert.

Le choix de son emplacement et les indemnités d’expropriation inhérents à la création de la route d’Orist ont été à l’origine de chaudes polémiques.

Une plaque commémorative du 18 juillet 1982 rappelle le centenaire de sa construction, qui fut fêté avec éclat en présence de Monsieur le Préfet des Landes. Afin d'éprouver la solidité du pont avant son inauguration, on fit traverser deux attelages de bœufs tirant des charrettes lourdement chargées.

Pont Saint-Jean - 1885

Avant la construction du pont, le passage entre Saubusse et Orist s’effectuait au moyen d’un bac. Les cales d’embarquement se trouvaient :

> Côté Saubusse : face au Château Bellepeyre
> Côté Orist : sur la berge où l’on aperçoit une plage de sable lorsque les eaux sont basses.

Sur la commune d'Orist, reste encore la maison du passeur, en zone inondable. Le rez-de-chaussée était une étable et l'on accédait à l’habitation par un escalier extérieur. Deux bacs permettaient l’aller et retour d’une rive à l’autre.

Dès la Préhistoire, l’Adour a été traversé de différentes façons : on passait le fleuve agrippé au col d’un animal docile, sur des radeaux, sur des embarcations creusées dans des troncs d’arbres (chêne vert). Ensuite le bac, puis les ponts...

Avant 1790, le passage se payait en grains. Le 12 février 1882, le pont suspendu du Vimport construit en 1853 est fermé pour réparations. C’est l’outillage du bac de Saubusse, devenu disponible par la construction du pont Saint-Jean, qui sera utilisé pour effectuer le passage « gratuit » pendant la période des travaux.