SAVOISY, un bel exemple de résistance
Le monument du maquis de SAVOISY élevé en pleine campagne
Un bel exemple de résistance a été donné par Émile LAPORTE, dans la France occupée durant la seconde guerre mondiale. Le fermier de la Ferme de Tout le Monde à Savoisy, isolée en bordure de la forêt du Jailly, a risqué sa vie, celle de sa famille et de ses biens en abritant, dès la fin 1940, des soldats français qui voulaient regagner la zone libre, puis en 1942 des réfractaires au S.T.O. (service de travail obligatoire) résistants, cultivateurs, maquisards, qui vont créer le noyau de départ du maquis de Savoisy, sous la responsabilité de Henri LAPORTE, le fils d'Émile.
Début 1944, après le premier parachutage, les alentours de la ferme sont retenus pour l'implantation d'un maquis, le PC avec son groupe de liaison et reconnaissance s'installera dans une bergerie désaffectée enfouie dans les bois entre Étais et Touillon.
À Montbard, la résistance s'était aussi organisée. Suite au débarquement, en juin 1944, le commandement départemental F.F.I. (forces françaises intérieures) donne l'ordre au groupe de prendre le maquis, mais vu la faiblesse de l'armement et les difficultés d'installation et de ravitaillement, une vingtaine d'hommes seulement rejoignait le maquis de Savoisy dont le lieutenant MOUETTE prend le commandement. Pour être plus opérationnel, le groupe de déplace vers Vaugimois mais la situation idéale est Montbard, proche du PC de commandement de la résistance du capitaine Léon FEBWAY alias NANCY, dans l'infirmerie de l'usine L.M.A. (qui contrôle les groupes de toute la région) jusqu'au 19 août 1944, date à laquelle la ville est déclarée place forte par les Allemands, encerclée et isolée. Le PC prend le maquis et l'installe au Hameau de la Mairie avec un groupe de liaison à Savoisy.
Le dispositif reste en place jusqu'au 8 septembre 1944, date de la libération de Montbard, où une grande partie du maquis fait mouvement pour assurer la mise en place des nouvelles administrations.
Allocution prononcée par J. TRUCHOT, ancien résistant, Président de Rhin & Danube Montbard en 2003 face au Monument du Maquis de Savoisy
LE MAQUIS DE SAVOISY
Dès 1940, la ferme des LAPORTE abrite des soldats français qui veulent regagner la France libre.
Fin 1942, ce sont des réfractaires au S.T.O. et quelques résistants qui trouvent là un planque. Ils sont une dizaine. Ils ont le statut de cultivateurs-maquisards.
Au milieu des années 43, 115 résistants sont dénombrés. C'est à cette époque que Madame GAND, infirmière des usines L.M.A. et responsable du groupe des femmes du secteur de Montbard, établi une liaison par l'intermédiaire de Mademoiselle Jeanne COROT (tante Jeanne) avec le groupe Mouette de Savoisy.
Jusqu'au 6 juin 1944, l'ordre est donné aux résistants de prendre le maquis. C'est une trentaine d'hommes, sous la conduite de Mouette qui s'organisent dans une bergerie isolée. Puis l'effectif augmente régulièrement et le maquis s'installe dans un bois proche de la ferme du Bois Monsieur. Fin juillet, ils seront 60, au 20 août 156 ; après le 20 août, ils ne sont plus recensés car les armes font défaut.
A partir du 20 août 1944, avec l'apport des armes du parachutage du Bois Monsieur, tous les maquisards sont correctement équipés.
L'action la plus spectaculaire eut lieu le 7 septembre où la section du lieutenant CRUZ, au cours d'un accrochage avec une importante patrouille ennemie, réussit à se replier en tuant 10 ennemis sans perdre un seul homme.
Il faut noter que s'il n'y a eu aucune victime du côté des résistants au cours des opérations menées dans le secteur de Montbard (renseignement - sabotage de la voie ferrée - coupure des ponts, de la ligne électrique haute tension alimentant les usines L.M.A. - coupure des routes au passage des convois allemands - destruction des lignes téléphoniques...etc, cela est dû aux préparations minutieuses des opérations et l'extrême sagesse de ses responsables.
Le 8 septembre 1944, le groupe du maquis de Savoisy, augmenté d'une cinquantaine de résistants de Montbard, participe à la libération de la ville.
Le plus grand nombre étaient très jeunes, de 17 à 25 ans ; une grande partie de ces jeunes étaient des réfractaires au S.T.O.
Sans vouloir minimiser la valeur de l'engagement de cette jeunesse, il faut particulièrement souligner le mérite des personnes mûres, le plus souvent chefs de famille, qui acceptaient de risquer leur vie et leur patrimoine en s'engageant dans la résistance. Le plus bel exemple a été donné par le Père LAPORTE, fermier de la ferme de Tout le Monde qui a risqué sa vie, celle de sa famille et de ses biens.
Le 10 septembre 1944, 92 résistants s'engageront dans la Première Armée française pour la durée de la guerre et participeront ainsi à la libération totale de la France et à l'occupation en Allemagne. Cinq seront tués pendant la campagne d'Alsace, ce sont :
le lieutenant CHARLOT du groupe de Buffon
l'adjudant-chef GRENOT du groupe de Touillon
le soldat SORIA du groupe de Montbard
le soldat SURLEY du groupe de Montbard
le soldat DUVERGER qui avait rejoint le maquis Henri Camp.
Il n'y eut qu'un seul déporté : Pierre ROUSSELET, aucune perte en hommes, trois personnes supprimées..
PHOTOS COMMÉMORATION LIBÉRATION DE MONTBARD
Mairie de Savoisy – Février 2024
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