C’est sur la rive Est de la rade de Lorient, dans la commune de Locmiquélic, que se dessine la parcelle du projet du musée. À la pointe sud en bordure du rivage et longée par une route, elle regarde vers la côte, l’île St-Michel et le port de commerce. Elle s’étire le long de la rade tout en descendant vers la pointe, ce qui guide notre regard vers le rivage légèrement en contre-bas.
Tout d’abord, pour s’adapter aux différentes caractéristiques du site, notre intention de départ a été d’organiser notre projet autour des arbres. Nous avons pour cela décomposé le projet en trois parties distinctes s’articulant autour de ces éléments naturels. Sur le point culminant, nous avons placer la bibliothèque afin de créer un appel vertical visible depuis les alentours. Elle est reliée par un passage extérieur couvert, tout en longueur, menant à la partie la plus importante du programme : les expositions. Cet assemblage vient prendre attache parallèlement à la rue pour avoir une posture affirmée mais également pour accentuer la perspective de la rue guidant vers la pointe. Ainsi, en plus de s’adapter à la disposition des arbres, nous avons voulu utiliser ce cadrage vers la pointe et offrir une progression continue avec la pente naturelle du site.
Au nord du terrain, développée sur trois niveaux, la bibliothèque offre ainsi une vue panoramique, rythmée par des panneaux de bois filtrant la lumière. Le rez-de-chaussée est réservé, côté rue, à l’accueil de la bibliothèque, et l’atelier et le logement d’artiste, orientés au nord-ouest, regardent vers le port de commerce.
Ensuite, la figure du musée se poursuit par le passage extérieur suivant la pente naturelle du terrain pour rejoindre la partie du musée. Les espaces qui y sont regroupés sont le résultat de l’addition des différents éléments du programme. L’administration, la logistique, l’exposition temporaire, la cafétéria et la salle de conférence se disposent sur le terrain en fonction des utilités de chacun des programmes ; certains sont orientés vers la baie, d’autres étirés vers le port de commerce, ou bien fermé à la rue. Cette disposition fait également en sorte de créer une intériorité afin de lier les programmes entre eux.
L’exposition permanente étant un espace prenant une part importante dans le projet, vient se poser sur les blocs du rez-de- chaussée pour se surélever et offrir des cadrages sur le paysage. Ce volume, percé en son centre, vient couvrir les espaces du premier niveau et permet d’articuler les éléments entre eux en fabriquant un espace pour l‘accueil et la boutique, dans l’axe principal du projet.
Par ailleurs, nous remarquons que tous ces espaces regardent principalement vers le port industriel et la baie de la rade. Cependant, le projet aborde un aspect droit et fermé côté rue. En effet, la paroi et son décroché servent de guide vers l'entrée du site. Cette disposition permet d'accueillir les activités du programme ayant besoin de peu de lumière (la logistique).
Pour accéder au site, il faut donc longer la rue en suivant la pente du terrain. Que nous soyons en montée ou en descente, la figure du projet dessine une entrée évidente et intuitive pour le visiteur qui est guidé vers un long passage couvert rythmé par une série de poteaux. Si l’on remonte ce passage, on accède à la bibliothèque qui se trouve en haut du site. Mais si l’on se laisse guider par la pente, nous arrivons dans la partie basse du projet accueillant les espaces d’expositions. Nous entrons alors dans un grand hall accueillant l’escalier principal qui permet d’accéder à l’exposition permanente, occupant la quasi-totalité de l’étage. Une fois redescendu par ce même escalier, nous sommes dirigés vers l’exposition temporaire. À la sortie de celle-ci, nous pouvons accéder à la cafétéria et à la salle de conférence se trouvant sur notre droite. Pour terminer la visite, nous revenons dans ce grand hall où nous pouvons passer par la boutique du musée avant de ressortir par le passage couvert nous ramenant vers l’extérieur.
Si l’on s’intéresse aux façades de la bibliothèque, celles-ci sont séquencées par des séries de panneaux verticaux orientés stratégiquement de façon à venir casser les rayons du soleil qui pourraient venir perturber les lecteurs. De ce fait, la façade nord est plus ouverte sur l’extérieur et dispose de moins de panneaux. On retrouve également ce même système dans l’exposition permanente sur les façades nord et sud. Nous avons également mis en place des dispositifs de lumières zénithales dans les salles d’expositions, ceux-ci s’installant dans le prolongement des panneaux afin de rythmer la visite. La lumière est captée par les panneaux qui dépasse du toit et se propage le long du murs.
Concernant le hall d’accueil, celui-ci est l’articulation principale du projet : c’est ici que communiquent les différents espaces du programme. Sa double hauteur permet de créer des vues traversantes et plongeantes. Pour arriver à cet espace l’entrée du musée se fait de manière transitoire. Tout d’abord, nous somme seulement abrités par le passage extérieur. Ensuite, nous arrivons sous le bâtiment qui nous mène à l’intérieur. C’est après avoir franchi le seuil et l’accueil que nous découvrons toute la spatialité intérieure du hall et sa grande auteur sous plafond. Par son orientation sur le site, le projet vient s’ouvrir de différentes manières sur le paysage environnant. Tout d’abord, la façade hermétique de la logistique vient contraster avec le passage couvert se développant le long de la rue. Ce dernier vient créer un cadrage sur les arbres entre la dalle du sol et le toit. Les poteaux viennent ainsi s’ajouter à la verticalité des arbres. Au niveau supérieur, les façades pleines orientées est et ouest sont habillées d’une longue fenêtre en bandeau créant un cadrage horizontal sur les différents paysages du site. Ces deux façades discrètes entrent en rupture avec celles du nord et du sud qui elles, s’ouvrent sur toute leur longueur par une série de panneaux venant cette fois-ci séquencer le paysage. Nous avons ainsi une transparence qui se crée sur toute la largeur du bloc.
Enfin, concernant la structure du projet, les murs des volumes positionnés au premier niveau forment la structure porteuse. L’exposition permanente à l’étage s’organise sur un plan libre et les poteaux portent le tout suivant une trame de 4,8m x 4,8m. Cette trame de poteaux se poursuit dans la bibliothèque et dans le passage couvert également, mais les poteaux y sont plus fin. Par conséquent, nous avons choisi pour la structure porteuse du béton brut avec des murs intérieurs en béton plus clair. Les panneaux régulant les entrées de lumière sont en bois.