Habiter la limite. La limite entre le GR et le camping. L’habitat insolite vient s’installer sur cette limite en perçant la haie. Parmi les mobile-homes, lodges, caravanes, camping-cars ou tentes, son aspect extérieur dessine une forme simple, cubique, neutre, dépourvu des extras des autres habitats du camping (différentes couleurs, matérialités ou encore formes). Nous pouvons donc nous interroger par rapport à cette apparence simple : quel est son aspect insolite ?
D’une part, les ouvertures de l’habitat créent une vue traversante, liant le camping au chemin de randonnée. Ces échanges visuels permettent d’apercevoir davantage le camping depuis le GR34. L’implantation de l’habitat efface donc la limite fabriquée par la haie, haute et dense.
D’autre part, l’objectif est la création d’un espace pour recevoir deux personnes (souvent randonneurs ou cyclistes) pour une ou deux nuitée-s ainsi que d’offrir un espace abrité et chaud pour dormir, avec un accès à l’eau et de quoi se faire à manger. Cet espace doit donc être habilité au va-et-vient, au changement des occupants.
Ainsi, l’idée de cette habitation est de reprendre le principe du feu de camp, de convivialité autour du repas, de se regrouper, de dormir autour. Ici, un réchaud est placé au centre d’un espace intérieur. D’une façon générale, l’habitat est divisé en trois parties : un bloc sanitaire, une partie centrale, libre, et une partie banquette faisant office de rangements. Pour dormir, les occupants peuvent dérouler leur matelas de bivouac autour du réchaud, comme dans une tente ou pour une nuit à la belle étoile. Autrement, des matelas sont mis à disposition dans les rangements, prêts à être déroulés.
Enfin, lorsque l’hébergement est inoccupé, il peut être totalement fermé par les volets. Il apparaît comme une intriguante boîte en bois dans le paysage.
Cette habitation insolite est donc à la limite entre le privé et le public (passants ou occupants), entre l’intérieur et l’extérieur (ouvert ou fermé), entre l’espace vie et l’espace eau, entre le feu de camp et l’espace couvert.