Appel pour un numéro thématique : "formation en alternance et numérique"

Les technologies numériques… nouvelles opportunités pour l’apprentissage en alternance ?

Appel à contribution pour numéro thématique - Texte de cadrage

Coordination du no : Christophe Gremion et Sephora Boucenna


Le paysage de la formation professionnelle traduit un souci des formateurs et des gestionnaires de formation de professionnalisation, tant des acteurs que des métiers (Roquet, 2012), identifiable au développement de dispositifs d’alternance susceptibles de rapprocher les enjeux du monde du travail avec ceux de la formation (Lebeaume & Zaid, 2015; Merhan, Ronveau, & Vanhulle, 2007). Ces ingénieries sont régulièrement construites autour d’une articulation mécanique des temps et des espaces, sans prise en compte prioritaire du processus d’apprentissage. Pourtant, l’alternance constitue une opportunité de mieux articuler les situations de travail au processus d’apprentissage tel que l’envisage, par exemple, la didactique professionnelle (Maubant, 2013; Maubant & Roger, 2014; Mayen, 2007).

Les technologies offrent de nouvelles possibilités d’utilisations des situations professionnelles comme matériau didactique, principalement par l’exploitation des traces numériques qu’elles permettent de récolter. Ces photos, vidéos, enregistrements divers permettent de vivre ou de revivre une expérience avec un regard nouveau, une attention focalisée sur d’autres dimensions et une décentration facilitée. Elles sont aussi l’occasion de se replonger dans un vécu passé pour en prendre conscience et le « réfléchir » au sens de Vermersch (1989). Ces traces sont des leviers performants pour soutenir l’analyse du travail qui propose à l’apprenti d’observer et d’évaluer des situations emblématiques (Pastré, 2011), la référentialisation (Figari, 1994) qui permet la création de référentiels d’évaluation par les formateurs mais aussi par les apprenants, la renormalisation (Lussi Borer & Muller, 2014; Schwartz, 2007) qui contribue au développement du style professionnel, l’autoévaluation qui soutient la posture réflexive (Campanale, 2007; Gremion, 2016; Saussez & Allal, 2007), l’apprentissage en situation (Maubant, 2013) qui permet à l’apprenti d’analyser sa propre action et d’identifier les ressources mobilisables pour développer son agir professionnel.

Si une grande partie des dispositifs traduisent de forts enjeux de socialisation (de conformisation ou de normalisation) des sujets qui en constituent la cible, d’autres traduisent des enjeux de développement professionnel (Donnay & Charlier, 2008) où la professionnalisation est un processus dont les auteurs sont les professionnels eux-mêmes, se saisissant d’opportunités diverses pour monter en compétence et en pouvoir d’agir.

Cet appel à communication poursuit le projet de réunir des recherches et des descriptions de dispositifs dans lesquels le numérique sert l’alternance en invitant les auteurs à interroger :

  • La nature du médium utilisé et le rôle qu’il endosse dans le dispositif
  • La nature du dispositif (démarche de formation /accompagnement, démarche de recherche, outil collaboratif, …) et les enjeux poursuivis par celui-ci
  • La nature et les effets des processus visant les apprentissages
  • Les temporalités mobilisées par le dispositif ou le médium
  • La nature et les auteurs (et/ou représentants) des normes convoquées

Les auteurs sont invités à partager, autour de ces cinq questions, les réflexions / résultats que suscite un tel exercice.


Une proposition d'article (environ 300 mots) est à envoyer à c.gremion@ gmail.com et sephora.boucenna@unamur.be d'ici fin juin 2019.


Les textes définitifs, attendus au 15 novembre 2019, peuvent être des articles scientifiques en lien avec des travaux de recherches ou des articles professionnels relatant des analyses de pratiques ou des expériences d’intégration pédagogique des technologies. Dans les deux cas, la soumission d'un article long (max. 7'500 mots) ou d'un article court (max. 2'000 mots) est possible. Les auteurs respecteront la ligne éditoriale disponible ici https://www.revue-auptic.com/soumettre-un-article/consignes-aux-auteurs.



Références provisoiresCampanale, F. (2007). Analyse réflexive et autoévaluation dans la formation des enseignants: quelles relations ? In A. Jorro (Éd.), Evaluation et développement professionnel (p. 55-75). Paris: L’Harmattan.Donnay, J., & Charlier, E. (2008). Apprendre par l'analyse de pratiques. Initiation au compagnonage réflexif. Namur: Pressses universitaires de Namur Figari, G. (1994). Evaluer: quel référentiel ? Bruxelles: De Boeck.Gremion, C. (2016). Influence de l’autoévaluation et de l’accompagnement sur la réflexivité des futurs enseignants. Formation et pratiques d’enseignement en questions. Revue des HEP de Suisse romande et du Tessin, (21), 259-286.Lebeaume, J., & Zaid, A. (2015). Vers une caractérisation de la formation du CFA ingénieurs 2000. Essai d’objectivation du modèle de l’alternance. In A. Zaid & J. Lebeaume (Éd.), La formation d’indénieurs en alternance: rythmes et temporalité vécus (p. 167-184). Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion.Lussi Borer, V., & Muller, A. (2014). Exploiter le potentiel des processus de renormalisation en formation à l’enseignement. Activités, 11(2). https://doi.org/10.4000/activites.967Maubant, P. (2013). Apprendre en situations: un analyseur de la professionnalisation dans les métiers adressés à autrui. Québec: Presses de l’Université du Québec.Maubant, P., & Roger, L. (2014). L’alternance en formation, une figure de la pédagogie. Education et francophonie, 42(1), 10-21.Mayen, P. (2007). Passer du principe d’alternance à l’usage de l’expérience en situation de travail comme moyen de formation et de professionnalisation. Raisons éducatives, 83–100.Merhan, F., Ronveau, C., & Vanhulle, S. (Éd.). (2007). Alternances en formation. Bruxelles: DeBoeck.Pastré, P. (2011). La didactique professionnelle. Approche anthropologique du développement chez les adultes. Paris: PUF.Roquet, P. (2012). La mise en objet de la professionnalisation: une réflexion articulée autour de trois niveaux d’activités formatives et professionnelles. In D. Demazière, P. Roquet, & R. Wittorski (Éd.), La professionnalisation mise en objet (p. 17-29). Paris: L’Harmattan.Saussez, F., & Allal, L. (2007). Réfléchir sur sa pratique : le rôle de l’autoévaluation? Mesure et évaluation en éducation, 30(1), 97-124.Schwartz, Y. (2007). Un bref aperçu de l’histoire culturelle du concept d’activité. Activités, 04(4-2). https://doi.org/10.4000/activites.1728Vermersch, P. (1989). Comment faites vous? L'accés aux connaissances inconscientes de l'opérateur est-il possible ? In P. Goguelin (Ed.), Psychologie du travail : nouveaux enjeux, développement de l'homme au travail et développement des organisations (pp. 958-964). Issy-les-Moulineaux: Editions d'applications psychotechniques.Wittorski, R. (2018). L'accompagnement et l'analyse des pratiques professionnelles : une professionnalisation croisées des individus, des activités et des organisarions. In S. Boucenna, E. Charlier, A. Perréard-Vité, & R. Wittorski (Eds.), L'accompagnement et l'analyse des pratiques professionnelles : des vecteurs de professionnalisation (pp. 202). Toulouse - France: Octares.