« Nous portons les germes d’un modèle nouveau. Nous traçons une autre voie. Cette voie est dictée par l’impératif écologique. Nous sommes les descendant.es de tous les combats humanistes, féministes, écologistes et progressistes. Nous sommes de gauche. Nous sommes écologistes. » Déclaration du Mans décembre 2017
Du mouvement naîtra le changement ! C’est la devise que nous avons choisie en créant Génération.s. Depuis 3 ans, depuis la pelouse de Reuilly, quels que soient nos parcours, nous y sommes réunis pour faire bouger la politique, innover, redonner l’espoir et tracer ensemble un avenir désirable, écologique, social et démocratique.
Le monde est en pleine mutation. Nous vivons la fin d’un cycle et sommes à l’orée d’une période inédite où l’humanité doit se confronter à son propre destin. Pour la 1ère fois, liée à son empreinte sur la planète, elle doit affronter les causes et les conséquences de ce qu’elle a engendré au travers d’un modèle de développement qui a épuisé simultanément les êtres et les ressources, modifié dangereusement les équilibres naturels, déréglé le climat, exploité le vivant et singulièrement toujours les plus démunis. Ce modèle dans lequel se cumulent les inégalités, environnementales, sociales et sanitaires pèse sur les épaules des mêmes, toujours, victimes de la course effrénée au profit, source du néolibéralisme mondialisé, productiviste et mortifère. Face aux résistances des peuples, la défense des privilèges se traduit par des réponses autoritaires et toujours plus de répression policière.
Nous sommes entrés dans l’anthropocène. L’action politique doit en prendre la mesure.
Depuis 2017, le paysage politique a été bouleversé. La place des partis est remise en cause par l’émergence d’une société civile spontanée, plus ou moins organisée, nombreuse et déterminée. La colère sociale atteint des niveaux inégalés sous le coup des provocations de Macron et ses gouvernements, de l’injustice et la violence des mesures prises et des perspectives d’une crise économique dont on ne sait même plus qualifier l’ampleur. La crise sanitaire a fait exploser la crédibilité des fondements idéologiques des néolibéraux contraints d’admettre, pour un temps, la nécessité des services publics et la vacuité de l’orthodoxie budgétaire. Elle remet à l’ordre du jour l’utilité sociale du travail « réel » et renforce la prise de conscience des enjeux environnementaux sur la santé. Elle conduit à reconnaître le rôle essentiel de régulateur social de l’État et des collectivités locales. La jeunesse, légitimement inquiète par la succession des crises et l’aggravation de l’état de la planète, exhorte à l’action. L’écologie politique est devenue une force majeure, l’injonction à agir une priorité populaire et citoyenne qui embrasse les valeurs fondamentales de la gauche et invite à la reformulation des enjeux, des moyens et du projet. Le moment est venu.
La recomposition politique à l’œuvre est immense
Pour affronter efficacement la réaction, la démagogie, la surenchère sécuritaire et xénophobe, la menace autoritaire, nous devons entrer de plain-pied dans la phase de recomposition active pour affirmer et faire vivre nos valeurs, haut et fort. La force de notre singularité nous invite à nous dépasser pour diffuser notre message au-delà de nous-mêmes. Consciente du risque statique, chaque formation, de LFI à LREM ou au RN, annonce sa mue. Nous l’avions anticipé. Les avancées et ruptures historiques n’ont jamais été le fruit d’un mouvement unique mais le résultat de convergences diverses ayant pris conscience de la nécessité de trouver les moyens d’agir par-delà les structures existantes. L’affirmation de la convergence des combats pour l’écologie, la justice sociale et la démocratie répond à l’urgence du 21e siècle.
L’émergence d’une écologie de gouvernement
Avec Génération.s nous avons engagé la construction de la « maison commune » en passant par l’invention de la « culture commune », fertilisation croisée des approches écologistes, socialistes et plus largement citoyennes. Nous avons ciselé une vision d’avenir, des valeurs, une éthique, une force militante dont nous pouvons être fier.es. Nous portons des mesures concrètes, puissantes comme le revenu universel, potentiel outil de transformation du travail, de la protection sociale et des modes de production.
Avec les forces citoyennes, nous devons contribuer à l’émergence d’une écologie de gouvernement ancrée dans les valeurs de la gauche pour poursuivre le combat, et démontrer que l’égalité et le progrès social, l’exigence de justice et de liberté passent inexorablement par un autre modèle de développement, un autre rapport à la nature, aux ressources et aux limites planétaires, un autre mode de vie, une autre conception de la démocratie qui intègre les générations à venir et l’interdépendance de l’ensemble des peuples, la transition vers une 6ème République.
Nous proposons de valider le principe d’engager Génération.s dans la fondation avec l’ensemble des mouvements écologistes, d’un nouveau mouvement de la gauche réinventée, la maison commune de l’écologie, sociale, solidaire, populaire et démocratique.
La stratégie 2020 – 2022 - Feuille de route
La mission de Génération.s, dès sa création a résidé dans la constitution d’un grand parti progressiste, pierre angulaire de changements systémiques tant attendus. La stratégie stabilisée début 2020 contient 3 phases : rédaction du projet de société, constitution du pôle des forces écologistes et sociales, puis recherche d’une coalition large pour 2022. La 1ère a été validée par le vote militant, la 2è devra l’être par la Convention et la 3è s’ouvrira après l’été 2021.
En adéquation avec notre stratégie et en écho à l’appel au dépassement lancé par EELV lors de son congrès 2019, le processus d’échange et de rapprochement est engagé. Initialement lieu informel de dialogue et d’échange, le pôle des forces écologistes rassemble les formations qui partagent le projet d’avenir pour une société écologique, sociale et démocratique. Le poids de Génération.s y garantit l’ancrage des valeurs à gauche. C’est en grandissant et se structurant que ce pôle pourra peser, créer un nouveau souffle et répondre aux attentes de renouveau du peuple de gauche qui ne se retrouve plus dans les formations historiques, ne se déplace plus pour voter. À l’instar des organisations de jeunesse qui ont brillamment ouvert la voie et formalisé la plateforme « Résilience commune », il nous revient de créer la force commune pour l’alternative qui pèsera concrètement dans les mois qui viennent. C’est en son sein que se discuteront les enjeux partagés et naîtront les décisions communes, que Génération.s pourra déployer sa singularité et ses valeurs. C’est autour de ce “noyau de préfiguration” que s’ébauchera l’organisation de la grande force politique pour la construction d’un programme commun écologique, social et démocratique en vue de la candidature unique à la présidentielle et aux législatives.
La constitution du pôle des forces écologistes et sociales matérialisé par un appel lancé en commun cet été « pour des Régions écologistes, solidaires et démocratiques » a ouvert l’étape de sa construction dans les territoires.
La construction d’une majorité capable de transformer les projets en acte
Œuvrer à l’unité, comme nous l’avons toujours fait collectivement implique d’organiser le processus unitaire. Les élections municipales l’ont démontré, la victoire est possible dès lors que les mouvements écologistes, de gauche et citoyens sont réunis. Aujourd’hui nous devons regarder au-delà des prochaines échéances électorales, comment amener toute la société vers un nouveau système politique répondant aux aspirations pour une écologie sociale qui, à l’instar des syndicats et associations, en fasse un combat populaire, ouvrier, de proximité vers l’avènement de jours meilleurs. « Pour sortir du système néolibéral et productiviste, conjuguer urgence sociale et climatique, on a vu qu’il y a plus de sujets qui nous rassemblent que de sujets qui nous divisent » Philippe Martinez oct. 2020.
À l’issue des élections régionales et départementales, dont le calendrier est incertain, le pôle des forces écologistes et sociales mettra en place une gouvernance politique intégrée des structures fondatrices, sorte de “Conseil” de l'écologie sociale. En phase de préfiguration, ce pilotage n’impliquera pas la disparition des différentes structures mais la subordination pour la préparation des échéances nationales, à une direction collégiale et équilibrée.
Les objectifs stratégiques prioritaires
La dynamique ainsi créée a pour objectif de fédérer l’arc humaniste autour de valeurs partagées, émancipation sociale, protection du vivant, réinvention des libertés individuelles et collectives, renouveau démocratique par la rupture avec le productivisme et la réduction des inégalités. Les candidatures pour la présidentielle quel que soit le mode de désignation, devront, pour être retenues au sein du pôle des forces écologistes et sociales, reconnaître intégralement un projet commun, écologiste et de gauche. Au terme de cette construction à l’été 2021 il sera possible d’évoquer avec les partis classiques, les mouvements et associations de la société civile la constitution d’une coalition pour 2022.
Pour Génération.s l’achèvement de ce dépassement devra necessairement se concrétiser par la consultation des adhérent.es pour la création d’un nouveau parti, la maison commune, fondée sur l’écologie sociale qui constituera le socle du champ progressiste pour les décennies à venir.
Un projet de société écologiste, social et démocratique
“La décroissance de l'économie fondée sur la valeur d'échange a déjà lieu et s'accentuera. La question est seulement de savoir si elle va prendre la forme d'une crise catastrophique subie ou celle d'un choix de société auto-organisée”
Ecologica, André Gorz 2007
Pour gagner en 2022, la priorité est de proposer un programme commun écologiste et social, à même de fédérer l’ensemble de la société, qui redonne espoir et confiance. Le projet doit induire une rupture radicale avec le néolibéralisme, prendre en compte les limites planétaires, en finir avec les inégalités et renouer avec une démocratie approfondie tout en garantissant protection, émancipation et mieux vivre pour tou.tes. Génération.s dispose des premiers éléments de son projet de société.
A. La construction d’une société libérée du capitalisme et du productivisme qui remet l’économie à sa juste place, au service de la société, passe par le découplage du salariat et du travail et de nouvelles façons de protéger les plus précaires. La remise en cause du PIB, la refonte du système financier, la réforme du droit de propriété et des modes de gestion des entreprises sont nécessaires.
B. Une réduction majeure des inégalités afin que chacun.e dispose d'un pouvoir de vivre dans la dignité passe par la réforme fondamentale de la fiscalité, une contribution nette des plus riches, la lutte contre les paradis fiscaux, la mise en place d’un revenu universel, la taxation des robots, une protection sociale de haut niveau et des services publics de qualité.
C. La satisfaction des besoins réels des êtres humains dans le respect de la nature et du vivant, de l’égalité. Le droit à une bonne santé et des moyens conséquents pour le système de santé, une alimentation saine, un air respirable, un logement décent doit profiter à tout le monde. L’accumulation sans fin des biens doit céder la place au partage.
D. Le respect des générations futures dans toutes les décisions prises aujourd’hui pour que le long terme l’emporte sur le profit. La reconnaissance du crime d’écocide, des droits de la nature, la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre sont incontournables pour garantir la poursuite de la vie humaine sur terre.
E. L’émancipation par l’éducation et la fin des discriminations passent par une éducation nationale renouvelée, dotée de moyens. La culture et l’éducation populaire sont prioritaires pour réduire les inégalités sociales, les combats féministes, antiracistes, LGBTQI+, laïques nécessaires pour lutter contre les discriminations et favoriser l’appartenance à une collectivité humaine solidaire, où les situations de handicap cessent aussi d’être excluantes.
F. La priorité à la gestion collective et publique des biens communs et des infrastructures indispensables devra sortir du secteur marchand des pans entiers de l’économie : eau, énergie, gares, aéroports, routes et autoroutes, mais aussi fleuves et rivières, forêts. De même la revalorisation des services publics comme patrimoine intangible.
G. L’indépendance dans l’interdépendance des territoires et des Etats afin que la coopération l’emporte sur la compétition passe par l’arrêt des restrictions financières imposées aux collectivités locales. Au plan international la rénovation des instances multilatérales et la transformation du rôle de l’Europe doivent être au cœur d’une stratégie géopolitique pour la paix.
H. Une démocratie renouvelée donne toute leur place aux citoyen.nes. La 6è République passera à un régime parlementaire pour en finir avec les concentrations du pouvoir. Le rétablissement de la confiance entre la population et les forces de l'ordre est une condition à la recrédibilisation de la vie démocratique et la paix civile. La laïcité telle que définie dans la loi de 1905 et les valeurs républicaines doivent être plus que jamais au coeur des politiques menées.
La maison commune qui donne toute sa place à la démocratie
Lors de la création de Génération.s des principes forts ont été annoncés dans nos statuts en matière de fonctionnement. Force est de constater que des objectifs à la réalité, la distance est encore grande. La déception aussi. Les principes qui devront structurer la maison commune et s’appliquer à Génération.s sont clairs. L’exemplarité de notre fonctionnement n’est pas négociable.
La place et le respect des adhérent.es dans les prises de décisions doivent être au cœur des fondamentaux à tous les niveaux. Le principe de l’élection, libre et non faussée, la désignation des membres, structures, candidat.es doit être transparente, la cooptation exclue.
La mise en place d’une Agora donnant une large place à l’expression et aux propositions des militant.es, à l’instauration d’un débat fécond est une priorité. La pandémie a permis le développement d’outils qui favorisent l’émergence d’une démocratie numérique mature et permet la participation directe pour sortir de la seule démocratie représentative au profit d’une démocratie organisée et vivante.
L’information est un devoir. Elle doit circuler régulièrement à tous les niveaux, les décisions prises par les instances être communiquées systématiquement à tout.es. Le cumul des mandats internes et externes doit être limité pour favoriser la répartition des tâches et des responsabilités sur le plus grand nombre. Plaider pour une démocratie vivante dans la société implique de commencer par la mettre en œuvre entre nous. La coordination et le collectif national s'engagent sur ces points.
Rester à l’avant-garde de la recomposition politique
Après 3 années de transition, plus que jamais dominées par l’instabilité du monde, l’ambition pour Génération.s est de rester à l’avant-garde de la recomposition politique qui désigne de plus en plus clairement l’écologie sociale comme force majeure de rassemblement à gauche. Pour tenir notre promesse initiale d’une formation politique à la hauteur des enjeux du 21e siècle, le temps du dépassement s’ouvre maintenant. Nous voulons en être les acteur.es et les garant.es.
Soumises aux mêmes aléas, d’autres forces fleurissent en Europe et dans le monde pour affirmer la convergence des luttes écologistes, sociales et démocratiques. De belles personnes, souvent jeunes et féminines, émergent pour porter une parole claire, une empathie bienveillante et une authenticité qui permettent de retrouver la confiance. La sincérité des convictions redonne espoir et se traduit dans les urnes. La rupture avec l’ancien monde et la reconquête des abstentionnistes passent autant par l’énoncé du projet et des idées que par l’attitude, le respect des individus et des processus, la capacité à s’appuyer sur l’intelligence collective, l'honnêteté. La promesse de Génération.s d’une démocratie vivante doit être réaffirmée et constituer une valeur intangible. La sincérité s’évalue dans les actes plus que dans les discours.
L’abstention porte un message clair : Les Français.es ne se contenteront plus de mots. La parole et les actes sont plus que jamais soumis à l’épreuve de la cohérence, sur le terrain comme les réseaux sociaux. Nous entrons dans une phase de reconquête où la confiance est aussi déterminante que le projet. Nous porterons nos valeurs et rassemblerons la gauche autour de l’écologie sociale. C’est en traçant une nouvelle voie, en créant le mouvement que nous interpellerons les citoyen.nes.
Plus que jamais, le temps est venu de faire ce que l’on dit et ne pas laisser les populistes, la droite et l’extrême droite instrumentaliser la misère provoquée par les crises, répandre la violence, s’emparer de la parole publique et tenter, avec l’appui des plus riches, de préempter le débat politique. Dénoncer sans cesse l’hystérisation du débat, la stigmatisation des faibles et les provocations orchestrées par Macron. En s’appuyant sur nos valeurs communes nous construirons un rassemblement puissant.
L’écologie est en passe de constituer une nouvelle centralité culturelle. En tant que débouché politique elle doit se renforcer, prouver l’efficience et la solidité de ses options par l’action. Dans ce contexte, la force de Génération.s doit permettre et garantir la création d’une écologie de gouvernement mature, sociale et démocratique, innovante et prête à affronter le rendez-vous majeur de 2022 et tous ses risques. La France aura alors tout pour incarner à son tour, l’espoir et les lumières de ce siècle décisif. Nous voulons pouvoir dire que nous y aurons contribué humblement, plus rassemblé.es et determiné.es que jamais.
Vers le nouveau parti de l’écologie sociale - CALENDRIER
Décembre 2020 > Validation de la participation de Génération.s au pôle des formations écologistes, première étape du dépassement vers un parti de l’écologie sociale
Janvier 2021 - Mars 2021
> Campagnes unitaires pour la conquête des régions et départements
> Rédaction du projet commun écologiste, mise en place de commissions thématiques, participation des adhérent.es, associations, société civile, etc.
> Élaboration du processus de désignation du/de la candidat.e pour la présidentielle
Avril 2021 - Juin 2021
> Mise en place d’une gouvernance politique intégrée (Conseil de l'Écologie Sociale) dont les composantes restent distinctes et partagent une direction collégiale et équilibrée chargée de proposer le cadre et l'organisation du nouveau parti de l’écologie sociale
Juillet 2021
> Consultation extraordinaire des adhérent.es de Génération.s pour l’adoption du projet commun, du processus de désignation des candidat.es et la création du nouveau parti de l’écologie sociale
Septembre 2021 - novembre 2021
> Désignation du/de la candidat.e de l’écologie sociale à l’élection présidentielle
> Recherche des conditions politiques pour une coalition avec la gauche et les Insoumis
> Transformation du projet commun en plateforme présidentielle
> Accord politique sur les élections législatives avec les partenaires de la coalition
Décembre 2021 : Congrès de fondation du nouveau parti de l’écologie sociale
Avril - Juin 2022 : Élections présidentielle et législatives
-:-:-:-:-:-:-