Episode XX - Un Noël, des Noëls

De vendredi à mardi, 21-25 décembre

La période de Noël vient de se finir, un moment riche en histoires à raconter ! Je crois que j'ai eu droit à la plus grande densité de cérémonies religieuses de toute ma vie, les Noëls à l'église se sont alignés les uns derrière les autres. Ajoutons à tout cela quelques invitations à venir manger à gauche à droite, une bonne dose de travail et plusieurs coupures de courants/wifi, et ça donne des fêtes de fin d'année assez détonantes.

En fait, je crois que je n'ai simplement pas réalisé que c'était Noël. Tout est si différent ici. L'ambiance de fin d'année n'est pas la même, pas de neige, et une température beaucoup trop élevée. La célébration de Noël est complétement concentrée sur l'aspect religieux, on ne s'offre pas de cadeaux, il n'y a pas de décorations dans les maisons. Alors oui, le message à l'église est bel et bien le même que celui en Suisse, mais écouter les saynètes en malagasy, ça fait prendre un peu de recul... Enfin surtout, chose toute bête, on ne fête rien le soir. La véritable célébration du Noël à Madagascar, c'est le culte du 25 décembre le matin, qui se termine par un repas de midi souvent en famille.

Bref, j'ai encore de la peine à déterminer si j'ai adoré voir mes élèves danser et chanter lors de ces nombreux Noëls, où si ces fêtes m'ont fait d'autant plus prendre conscience de ma différence culturelle avec les gens du village. Alors dans le doute, je vous sert ce que j'ai de plus objectif, les photos.

Episode XIX - Histoire d'un aller et d'un retour

De samedi à lundi, 15-17 décembre

Pour cet avant-dernier week-end de l'Avent, le programme est un peu spécial. Tania fête son anniversaire chez elle, à Tamatave, sur la côte est. L'occasion est donc parfaite pour quitter la région de Tana et partir explorer Madagascar un peu plus loin que mes Hautes-Terres habituelles. Après trois mois passé sur une île, je vais enfin voir la mer !

Le trajet prend un certain temps. Il faut se réveiller à 4h00, se rendre à Tana pour pouvoir sauter dans le taxi-brousse des 8h00. A priori, je devrais arriver vers 16h00 à Tamatave...

La route est bien entendu déjà une aventure en soi, qui me fait découvrir moult nouveaux paysages. Les maisons de briques laissent peu à peu place aux maisons de bois, au fur et à mesure que l'on progresse vers l'océan indien et ses forêts tropicales. Les arbres fruitiers s'alignent : litchis, bananiers, cocotiers, arbres du voyageur....

Vers 12h00, ça sent le roussi. Pause forcée due à un problème de moteur. On pousse le taxi-brousse, et tout semble repartir comme prévu...pour le moment.

J'en profite pour vous présenter Mickaël, tatoueur à Tamatave, avec qui j'ai causé une bonne partie du trajet.

A 15h00, c'est le drame. Un fusible pète, le taxi-brousse est complétement immobilisé jusqu'à l'arrivée d'un mécanicien, qui mettra 2h30 à arriver. La fin du trajet se fait de nuit, j'arrive finalement à Tamatave un peu après 20h00, juste à temps pour la fête d'anniversaire de Tania !

Là, c'est "la petite cabane", la maison de Tania, dans la cour du lycée Thomas Bevan. Un très bel endroit, bien fleuri, avec de nombreux petits geckos qui grimpent partout aux murs !

Mais pour le montagnard malagasy que je suis en train de devenir, le climat tropical me parait beaucoup trop chaud et humide. Je me réjouis déjà de retrouver l'air sec du centre de Mada :)

Bon, en même temps il faut aussi avouer que j'ai réussi à venir visiter la plus grande cité côtière de Mada le premier jour de la saison des pluies... On se fait bien rincer, certaines rues deviennent vite impraticables. C'est promis, la prochaine fois je m'adapterai tout de suite aux coutumes locales et je me baladerai direct en sandales. Là, en chaussures, je galère littéralement.

Tamatave, ou Toamasina en malagasy, c'est la deuxième plus grande ville de Madagascar. Tout me donne cependant l'impression d'être mieux organisé qu'à Tana : il y a moins d'embouteillages, les rues sont (un peu) plus propres. Mais le petit plus, c'est surtout la mer !

Grâce à Tania, je rencontre de nombreuses personnes vivant ici, expats ou Malagasy. Chaque repas se prend dans une nouvelle maison, et de mon côté j'ai l'impression de découvrir la ville sous un angle assez authentique.

Episode XVIII - L'insolite par l'image

Semaine du 3 au 10 décembre

1) Y'a des jours où on se lève en pensant que l'on commence à connaître Madagascar.

2) Y'a d'autres jours où on se lève en croyant que cette journée ressemblera à la précédente.

3) Y'a surtout beaucoup de journées qui nous rappellent que les deux articles ci-dessus sont faux.

Alors aujourd'hui je veux vous partager quelques anecdotes un brin improbables que j'ai pu vivre ces derniers temps. Et puis on le sait bien, quand les mots font défaut, place aux photos !

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Un babyfoot dans la brousse. Déjà, le cadre de cette journée du jeudi 29 novembre a son petit côté original. J'ai appris le jour précédant que nous ne donnions pas de cours ce jour-là. Ah bon. Non, en fait on va vivre un culte avec des enseignants de toute la région, dans une immense église FJKM au beau milieu de la brousse (immense=trois étages de mezzanines). Voilà voilà. Et à la fin, petit repas sympa avec la délégation d'Imerikasine...et surtout match pour digérer ! Mais pas de n'importe quel sport. On déniche au détour de la route, creusé dans la falaise et à ciel ouvert, un espace pour quelques terrains de babyfoot. Et c'est parti !

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Chaud chaud chaud. Les paysans locaux pratiquent l'art du feu de brousse. Ça veut dire qu'ils brûlent tout, parce que forcément tout repousse plus vite après. Alors on peut être d'accord ou pas avec cette manière de procéder, mais il y a en tout cas une chose de sûre : leurs feux, qui s'étalent parfois sur plusieurs hectares, se sont pas du tout maîtrisés. Un jour, l'un d'eux a fini sa course à 50m du jardin de mes voisins. Juste assez proche pour qu'une colonne de pompiers s'organise dans le quartier.

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C'est l'Avent ! Et comme partout ailleurs dans le monde, les gens s'affairent à acheter les décorations et autres chocolats de Noël. Là-dessous, c'est au centre de Tana. Les sapins poussent comme des champignons, les plus customisés d'entre eux arborent même de la neige artificielle ! Si on oublie qu'il fait 35°C à l'ombre, on pourrait presque y croire.

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Aussi improbable que touchant. Samedi 1er décembre, tous les Suisses de Mada sont invités par l'ambassadeur à venir fêter la St-Nicolas à Tana. En plus des expats, l'ambassade a aussi ouvert ses portes aux enfants d'un quartier défavorisé, ainsi qu'à une organisation pour des jeunes handicapés. Le Saint-Nicolas distribue ses cadeaux, et le regard de bien des enfants s'illumine, quel que soit sa couleur de peau. Un beau geste de notre représentation suisse, et une très belle journée passée dans l'ombre bienfaisante de cocotiers (déguisés en sapin de Noël pour l'occasion).

Episode XVII - Au fil des cours

Semaines du 19 novembre au 2 décembre

Les jours se succèdent, les habitudes commencent à se prendre. Mais cela ne signifie pas du tout qu'une routine s'installe, loin de là. La vie malagasy sait toujours rajouter une petite touche sakay (=pimentée) à mon quotidien.

Du côté du cours de physique pour les 4e, l'électrostatique a laissé place à la chimie. Premier job : leur introduire la notion d'atomes. Sauf que je réalise à quel point, en Suisse, on baigne dans un milieu scientifique. Au moment de parler d'atomes, tout le monde - ou presque - a déjà vu un "C'est pas sorcier" dans lequel est présentée la structure d'un atome. Mais ici, que nenni ! Lorsque je leur dis que la matière est en fait composée de minuscules particules, et qu'entre elles c'est le vide, ils me regardent tous d'un air assez incrédule...

Le programme prévoit de citer quelques atomes, leur faire un dessin, et puis de passer illico aux molécules et aux réactions chimiques, équations bilans à l'appui. Mais ça ne me convainc pas du tout, mais alors pas du tout du tout ! Pour bien approcher la notion d'atomes et se familiariser avec, il me semble indispensable de voir un tableau périodique des éléments. Mais bien sûr, ici il n'y en a aucun. Qu'importe, l'activité semble très intéressante, on va s'en créer un ! Et comme mes élèves adorent dessiner, mais qu'ils n'ont aucun cours pour laisser le champ libre à leur imagination artistique, on va aborder tout ça de manière un peu originale.

Ni une ni deux, je sors des feuilles de couleurs, montre un exemple de tableau périodique sur mon ordinateur, et donne carte blanche à mes p'tits jeunes pour qu'ils me décorent le mieux possible ces cases du tableau. Le résultat est plutôt impressionnant, les élèves se sont donnés à fond, quand on affiche le résultat au mur on se croirait devant une bien jolie oeuvre d'art ! L'utile a été joint à l'agréable, quand je présenterai ce que signifie numéro atomique les jours suivants, les élèves écouteront d'une oreille très très attentive : on est en train de parler de leur tableau ! Je crois qu'ils en sont déjà très fiers.

Et de mon côté, ce qui me fait le plus plaisir, c'est que Meja vient vers moi en me disant qu'il comprend enfin le cours qu'il donne depuis 8 ans. Il gagne une nouvelle approche du sujet, et décide déjà d'adapter son cours pour l'année prochaine. Ce genre d'informations me donne l'impression d'être utile, ce qui est d'autant plus précieux quand on enseigne toute la semaine à des jeunes dont la langue maternelle n'est pas le français. Au pire, si eux ne comprennent pas complétement mon cours, les élèves de l'année prochaine en auront un légèrement remasterisé.

Le fameux tableau, affiché au fond de la classe

Et à côté de tout ça ? Les cours de maths se déroulent de manière un peu plus conventionnelle. Pour les 5e, nous sommes en train de voir les notions de PPCM et de PGCD, de nombres premiers. Ça me semble assez poussé pour leur âge, mais il faut tout de même que je respecte un minimum le programme. Un jour, ils auront un examen national sur ces sujets-là, alors je ne veux pas non plus faire n'importe quoi. Je suis la ligne directrice que me donnent les anciens cahiers de cours de Meja et Mamy, j'adapte simplement le rythme en fonction de la compréhension des élèves. Mais il n'empêche que les questionnements affluent toujours : Qu'est-il vraiment important de transmettre ? Quels outils du cours sont vraiment capitaux, quelle partie de la logique mathématique faut-il leur montrer, jusqu'où développer les preuves ? C'est tellement plus facile pour eux comme pour moi de leur donner des recettes toutes faites pour calculer rapidement le PPCM de deux nombres... Mais est-ce vraiment pertinent ??


Scène assez quotidienne. Quand je réalise que mes élèves ne suivent plus le cours (3 heures de maths d'affilée, c'est parfois long...), je change à un cours de malagasy/français. Là, les élèves m'apprennent le nom des fruits et légumes. Ils sont si heureux d'apprendre quelque chose au professeur ! Et de mon côté, je progresse tsikelikely (=petit à petit).

Le Malagasy

Depuis que je suis arrivé à Mada, j'apprends le malagasy. Depuis que je suis ici, je voulais vous parler de cette langue incroyablement imprononçable qui constitue mon défi de tous les jours. En fait, j'ai presque l'impression que le suédois, c'est chillou/facile à côté... Mais comme je suis dans un village où peu de gens parlent français, je n'ai pas d'autre choix que d'acquérir les bases, et l'immersion fait que je me débrouille déjà pas trop trop mal.

Ce qui rend la langue plutôt ardue à apprendre, c'est qu'elle ne s'écrit pas du tout comme elle se prononce. La moitié des voyelles des mots sont muettes (mais pas aphones!), et sont réduites à un simple murmure. Exemple : pour demander combien coûtent les tomates, on dit "Hoatrinona ny voatabia ?". Et on le prononce... "Ohatinnnn(a) ni foutabi ?". Simple comme bonjour*.


*=Manao ahoana. Qui se prononce par ailleurs "manaone" 😊

Mme Listine, prof de malagasy et d'histoire-géo, dans la salle des maîtres du collège

Episode XVI - Objectif : Nems

Dimanche 25 novembre

L'immersion culturelle ne s'arrête pas, même après 2 mois passés sur l'Île Rouge. Aujourd'hui, toute l'équipe des enseignants est invitée chez Rina et Miasa pour un après-midi culinaire, création et dégustation de nems et de mofo amin'ny anana, petits beignets de légumes. Une occasion aussi pour entrer dans une maison bien d'ici, avec un feu de bois, des murs en brique et un petit balcon qui tient on ne sait trop comment.

Pour l'anecdote, au moment de rouler les nems, je réalise que la pâte est moisie. Tsy misy olana ! Pas de problème. "Tout est purifié dans l'huile qui bout" me répond Meja. Et effectivement, je ne suis pas (encore) tombé malade.

Episode XV - On fonce

Semaine du 12 au 18 novembre

Nouvelle semaine, la première enfin complète, sans jour férié ou élections présidentielles. Bref, du condensé de découvertes, je comprends le programme lourd qui m'attend pour cette année : j'enseigne souvent de 7h00 du mat' à 16h30 non-stop, et au moment de rentrer chez soi le soir, il faut parfois encore préparer les cours du lendemain. Bon, en même temps je n'étais pas venu ici pour me tourner les pouces...

Cette semaine, c'est aussi le moment où je remarque que le temps est un grand maître et qu'il règle bien des choses. Les cours se passent de mieux en mieux, j'apprends à connaître mes élèves et eux à me comprendre. Tout tend à s'améliorer, le bilan est plutôt à la positive attitude. Certes, j'ai dû prendre quelques devants. A la suite d'un cours mardi, où je me suis retrouvé seul devant une classe de 5e qui paraissait ne pas trop comprendre la différence entre poids et masse, je décide de clarifier avec Mamy et Miedza qui peut m'accompagner quand. C'est en effet beaucoup plus pratique d'avoir un enseignant malagasy avec moi, qui peut traduire les passages délicats de mon cours et faciliter le contact avec tous ces jeunes. Et accessoirement aussi partager nos expériences et notre savoir-faire, c'est surtout pour ça que je suis ici.

Les journées s'alignent ensuite et ne se ressemblent pas. J'aime vraiment beaucoup enseigner, trouver des manières claires de montrer que (x^a)^b n'est pas égal à x^(a^b), sentir les élèves comprendre, faire rouler un bouchon de stylo métallique avec une équerre électrisée pour montrer les phénomènes d'influence. En physique, j'ai déjà fini le programme d'électrostatique, avec deux semaines d'avance. Après concertation avec Miedza, qui me répond simplement "C'est toi le prof, tu fais ce que tu veux", je décide de leur montrer une belle application de ce domaine : la physique des orages. Je regarde un C'est pas sorcier sur le sujet, et le transforme en un cours compréhensible pour mes élèves. Et puis bon, comme c'est un cours "bonus", je le fais sans écrire de pavés au tableau, mais sous la forme d'une bande dessinée. Je crois que le cours passe bien, reste que Miedza vient vers moi à la fin avec un grand sourire : "Tu sais qu'au village, une personne sur quatre croit encore que les éclairs viennent des sorcières qui lancent des sorts ?" Héhé, je n'avais pas vu ça sous cet angle là... Heureusement que j'ai été engagé comme prof de sciences, ça justifie le fait de se frotter aux croyances populaires.

Le cours d'électrostatique

A côté des cours, cette semaine apporte aussi son lot d'ambiance de profs. Mercredi, on a le culte des enseignants, comme chaque deuxième mercredi du mois. On se rend chez Tsiri, le stagiaire de l'IFRP (l'équivalent de la HEP locale), qui habite à quelques 7 kilomètres d'Imerikasine. Une occasion pour se balader dans la brousse avoisinante, observer des caméléons et baobabs dans leur environnement naturel, plaisanter, s'apprendre mutuellement des jeux de mots...et voir passer mon premier train à Mada ! Tsiri nous accueille merveilleusement bien, après la cérémonie nous buvons un petit café et du lait de zébu accompagnés de petits fours malagasy, les "cuissedames" et les "mofoball". J'entame ensuite mon premier cours de français pour les enseignants ; à côté du fameux ban scout "agalagalasi" déjà célèbre dans toute la brousse (un bon moyen pour rompre la timidité), on entonne aussi "Une flamme en moi", qui permet d'apprendre efficacement les jours de la semaine !

De gauche à droite : Miasa, Tsiri, Listin, Rojo, Denise, Ioly, Miedza, Mamy et Iery

Episode XIV - Un week-end pour souffler

Samedi-dimanche, 10-11 novembre

Cette première semaine de cours me laisse quantité de questions. De quoi mijoter ce week-end. Comment modifier mon cours pour le rendre plus interactif ? Dois-je encore plus adapter mon langage, à quel point est-ce que mes élèves me comprennent ? Comment faire pour déterminer leur niveau actuel ? Ai-je le droit de parler de "force" avec les 5e ? Est-ce que je peux écrire une expression algébrique bourrée de x pour les 4e ?

Beaucoup d'interrogations qui me travaillent. J'essaie de faire la part des choses, avoir un état d'esprit un minimum analytique, cibler les problèmes un à un, déterminer les moyens que j'ai pour les résoudre. Pour l'instant, j'ai juste l'impression d'avoir reçu un sac de défis auxquels se confronter : débrouille-toi. Je comprends que je n'arriverai pas à tout comprendre en une seule semaine, je vais avoir besoin de laisser décanter mes découvertes. A priori, pas de recette miracle sous la main.

Heureusement, ce week-end n'est pas juste un gros débriefing de la semaine écoulée. C'est surtout un moment tranquille, qui me laisse entrapercevoir une belle ambiance de profs en devenir. Dimanche à midi par exemple, je suis invité à dîner chez mon collègue Miedza, qui m'a préparé un petit plat typique malagasy de derrière les fagots. Je rencontre Johnny, son ami d'enfance venu de Tana, et nous commençons à parler de tout et de rien, de politique, démocratie, études, sciences, environnement. Le repas fini, ils sortent la guitare, et on chante...les Champs-Elysées ! Décidément, Joe Dassin a marqué l'Afrique. On continue sur la variété française, ils connaissent de nombreuses chansons de Cabrel, Sardou... Le contact passe très très bien. Mais le paroxysme, c'est quand ils demandent à chanter du Goldman ! Je sors le chansonnier scout, l'ordi et la 4G, et c'est parti pour le karaoké ! La fin de la journée passe à toute vitesse, et le soir arrive, annonçant un apéro mémorable, les premières THB entre collègues agrémentées de pistaches locales. Un régal !

Episode XIII - Maths, physique, chimie

Du lundi au vendredi, 5-9 novembre

Les salles de classe ont été rangées, les emplois du temps distribués. L'administratif est derrière nous, c'est le moment d'entrer dans le vif du sujet : l'enseignement.

Je donne les cours de mathématiques et de physique-chimie aux classes de 4e et 5e années, soit les tranches d'âge officielles des 13 et 14 ans. Mais première constatation, les âges véritables de mes élèves varient plutôt entre 10 et 17 ans, ce qui crée immanquablement un peu d'hétéroclicité dans la salle.

Je suis ici d'un côté pour appuyer les enseignants du collège dans leur travail, mais aussi pour utiliser ma formation en maths pour échanger avec eux et revisiter en quelque sorte l'approche de la science. Et comme je dois aussi commencer par briser la glace avec des élèves pour l'instant très timides, je sors direct un gros joker de ma manche et passe ma première journée de cours à faire des découpages de rubans de Möbius et divers autres "tours de magie" mathématiques. Les élèves ouvrent de grands yeux, les autres profs sont très enthousiastes et me demandent déjà comment ils peuvent reproduire ce genre d'activité dans leur classe. Tout commence plutôt bien. Surtout que de mon côté, je me sens à nouveau dans mon élément, j'enchaîne avec les cours de physique-chimie, explique l'électrostatique à grands renforts de stylos électrisés aux chiffons. Je crée des pendules à induction avec des morceaux de ficelle et de l'aluminium issu d'emballage de chocolat. La passion des sciences se combine agréablement bien avec les moyens du bord, et l'imagination travaille fort.

Les élèves de ma classe de 4e, au moment d'apprendre leur nom 😊

Seulement voilà, la réalité finit souvent par nous ramener sur Terre. Il y a un programme à tenir, et je dois aborder de la théorie frontale au tableau noir. Et c'est là que ça se complique. Je n'ai absolument aucune idée du niveau des élèves. Je ne sais pas par quoi commencer, la matière à couvrir pour certains cours n'est parfois pas claire du tout. Pour ma classe de 5e par exemple, le planning en géométrie prévoit d'aborder le sujet des "distances". Vaste programme... Les interactions avec tous ces jeunes dans la salle sont aussi assez limitées. Leur français est plutôt embryonnaire, mon malagasy encore plus, et ils n'osent en fait simplement pas s'exprimer de peur que je ne les juge.

Dans ce contexte, difficile d'avoir des retours et de savoir si on est en train de perdre toute la classe dans nos explications. Je réalise à quel point c'est pratique de pouvoir s'exprimer et aussi d'être compris dans notre langue maternelle. L'apport des élèves dans un cours est tellement important ! Pour le moment, impossible de rebondir sur leur réaction. Heureusement que mes collègues Miedza ou Mamy sont régulièrement présents pour traduire et compléter mes propos ! Et je l'avoue, j'ai aussi l'impression d'être amputé d'un outil pédagogique ô combien efficace : les jeux de mots...

Photo des élèves du collège pour le calendrier de l'année !


Je reste néanmoins optimiste. Il va me falloir apprendre à parler plus simplement, exprimer des notions complexes avec des mots basiques. Le challenge est séduisant, je pense que dans quelques mois j'aurai déjà beaucoup appris sur la manière optimale d'organiser et d'anticiper un cours ! Ne reste plus qu'à faire confiance à l'universalité des sciences.

Fin d'après-midi. Petit tour à l'épicerie du village pour acheter des mofo gasy, les petits pains de riz traditionnels malagasy.

Episode XII - C'est la rentrée!

Mardi et mercredi, 30 et 31 octobre

Pour la toute première fois depuis mon arrivée, j'entends la sonnerie du collège retentir. Ça y est, cinq semaines jour pour jour après mon départ de Suisse, l'année est lancée ! Les lieux ont pris vie, ça crie de partout, une foule d'enfants est rassemblée devant le portail. Ils sont âgés entre 5 et 15 ans, et semblent ravis de retrouver l'école. La plupart ont dû travailler durant toutes les vacances, le plus souvent dans les carrières de la région, afin de pouvoir payer les frais de cette année à venir ; l'écolage principalement, mais aussi le matériel nécessaire pour une année digne de ce nom.

Avec une petite heure de retard, la cérémonie d'ouverture commence soudain. Les écoliers sont rangés par classe, se mettent au garde-à-vous. On monte le drapeau, ils chantent l'hymne national malagasy. Oui oui, promis, je vais aussi l'apprendre. Mais pour l'instant le seul mot que je comprends c'est "Madagasikara"... S'ensuit un moment de recueillement à l'église, et on enchaîne avec les nettoyages des salles de classe. Pas encore de cours pour le moment, on garde ça pour le mercredi !


Le lendemain matin, je dois donner deux cours de deux heures. La physique-chimie aux 4e (~14 ans), et les maths aux 5e (~13 ans). J'ai prévu des petites activités de présentation et une intro toute scientifique. Il ne reste plus qu'à briser la barrière de la langue ! Mais quand j'arrive au collège, c'est la panique à bord. Les emplois du temps n'ont pas encore été distribués, il reste à nettoyer les murs, et répéter les chants pour la chorale du culte de dimanche. Bref, mes cours semblent tout destinés à être reportés à plus tard. Bon bon bon, les mots d'ordre sont toujours les mêmes : lâcher prise, s'adapter, ne pas se poser trop de questions. Il me faut tout de même me présenter, alors je passe entre les classes, improvise des activités qui tiennent dans un timing beaucoup plus limité. Les jeunes sont très accueillants, mais ne parlent décidément que vraiment peu français. Au moins la prise de contact a été établie, plus que 40 prénoms malagasy à savoir le plus rapidement possible 👌🏻

Comme le veut une tradition intercontinentale, il n'y a pas de cours le mercredi après-midi. Et jeudi, c'est la Toussaint. Pour l'instant ça va, on ne peut pas dire que la rentrée commence sur les chapeaux de roues... C'est du coup le moment idéal pour faire une sorte de pendaison de crémaillère avec l'équipe des profs. C'est officiel, avec 6 chaises, 3 verres, 7 tasses et une petite cuillère, on peut inviter 10 personnes chez soi.

Le Point

Avant que l'école ne batte son plein, il est temps de se poser trois minutes pour que je vous présente la réalité de la vie sur l'Île Rouge. Soyons directs, depuis que je suis arrivé à Madagascar il pleut des anecdotes. Peut-être que je n'aurais pas dû appeler ce blog les péripéties malgaches...

Certaines aventures font sourire mais pour d'autres c'est, disons, plus compliqué. Ces événements-là nous rappellent simplement qu'ici plus qu'ailleurs, un problème léger pourrait vite avoir de nombreuses conséquences. Je vous donne des exemples :

  • Deuxième semaine à Tana, je me fais arrêter par la police en pleine nuit. Rien de bien méchant, mais je dois rester 15 minutes avec une série de fusils d'assaut braqués sur moi. La zen-attitude, ça s'apprend vite.
  • Moins de douze heures plus tard, ma carte bancaire reste bloquée dans un automate. Heureusement, je peux la récupérer au guichet d'à-côté.
  • Arrivé à Imerikasine, dans ma première maison, le fils du pasteur - victime d'une intoxication alimentaire - vomit au beau milieu de ma chambre. J'échappe de peu à devoir faire un sympathique lavage intégral de toutes mes affaires.
  • A la même période, j'ai quelques soucis d'extrait de casier judiciaire, qui n'arrive pas à temps pour ma demande de prolongation de visa. Je m'attends à être renvoyé de l'île, mais finalement l'administration valide tout de même mon dossier, malgré un document manquant.
  • Un soir, la colline d'Imerikasine est en proie à un joli déluge d'éclairs. Sauf que l'un d'eux tombe dans mon jardin, et m'électrocute dans ma nouvelle maison. Tout est normal.
  • Plus récemment, la vitre de mon natel malagasy s'est fendue pour une raison obscure. Et la notion de garantie est quelque chose d'un peu plus trouble ici...
  • En allant réparer ce fameux natel à Tana, je fais pour la première fois connaissance avec les pickpockets. On me vide mes poches en entrant dans un taxi-be, je me retourne, saisi un bras...et retrouve miraculeusement mon porte-monnaie sous un siège. Il ne manque rien, le mystère demeure.
  • La dernière aventure date d'hier soir, avec ma plomberie qui m'a lâché. Mais quand le seul lavabo de la maison est bouché, on comprend vite comment démonter et remonter les tuyaux qu'il y a dessous !

Chaque matin, je me réveille donc en ne sachant pas trop quelles surprises cette nouvelle journée me réserve. Et à côté de ces aventures qui défilent à toute vitesse, qui nous font parfois perdre un peu pieds, il y a une réalité de tous les jours haute en couleur. Les sourires des Malgaches, leur accueil, les échanges que je peux avoir avec les autres enseignants contrastent avec la rude réalité du quotidien. J'apprends des choses que j'aurai préféré ne jamais connaître, la misère et la pauvreté font partie des discussions autour de chaque café.

Il y a tant de choses à assimiler que certaines journées semblent bien longues, même en l'absence de tout programme. Il y a des hauts et des bas, on vit à 200%, et on se pose une question qui semble ici tellement existentielle : qu'est-ce que je peux apporter à ce village, autrement qu'un sourire de plus ?

Un p'tit sirop au coucher de soleil : la récompense d'une journée riche en aventures.

Episode XI - Dix enseignants et un visa

Semaine du 22 au 28 octobre

Les choses sérieuses commencent, ce lundi on a la rentrée des enseignants. Mais pas de gros stress : on ne se voit que les après-midi. Nous élaborons le programme, décidons de quand placer les vacances. On passe aussi en revue la charte de l'école, et définissons les buts et objectifs de cette année scolaire... Avec un collège à cette échelle (10 enseignants, 250 élèves), j'ai pas mal l'impression de me retrouver parmi une équipe de chefs scouts. Tant mieux, terrain connu.

Miedza, mon collègue prof de maths-physique, cherchant désespérément un créneau pour son cours d'info.


Cette semaine un peu allégée est également l'occasion de poursuivre ma demande de visa. Récapitulons. Pour vivre une année à Madagascar, il faut demander avant de partir un visa transformable. Puis, une fois sur place, le transformer en une demande de visa longue durée, et ainsi obtenir le récépissé de la demande. Il ne reste alors plus qu'à chercher le visa longue durée dans les trois mois, et encore recevoir la carte de résident... Pour l'instant j'en suis à l'étape n°2 !

Ces deux journées passées à la capitale me donnent néanmoins la possibilité de rencontrer Jean-Daniel, le coordinateur du projet, ainsi que Tania. Une bonne occasion pour faire le point, échanger nos expériences précoces et réaliser que l'on est pas tout seul à vivre ce plongeon dans l'inconnu !

Samedi 27 octobre. Première prise de contact avec quelques uns de mes futurs élèves, lors d'une activité de l'école du dimanche au Relax garden d'Imerikasine.

Episode X - Double Jubilé

Dimanche 21 octobre

Je n'ai rien dit, 3h30 ce n'était pas si long pour un culte malgache. J'ai pu m'en apercevoir au cours de cette splendide journée très très ensoleillée du 21 octobre, qui signifiait ici la clôture d'un double jubilé : les 200 ans de l'arrivée de la confession protestante à Mada et les 50 ans de l’Église FJKM. Aujourd'hui s'achève ainsi une année pleine de festivités en tous genres, et il faut finir en beauté avec une cérémonie de taille.

Pour ma part, tout commence dans ma petite demeure d'Imerikasine, quand le pasteur me téléphone à 5h du mat' pour me demander s'il peut avoir les clefs de chez lui... Ah d'accord, il n'a pas de doubles, j'avais les seules clefs du presbytère du village. Il débarque chez moi une dizaine de minutes plus tard, je crois que je dois encore avoir la tête dans mes rêves. Mais direct, il m'explique qu'il va participer à la cérémonie du jubilé, le bus part d'Imerikasine dans un petit quart d'heure, et ma présence serait plus que souhaitée. Bien bien, je ne comprends pas trop ce qui m'arrive, et je me retrouve accompagné de toute une délégation de villageois sur la route pour Mahamasina, le stade international de foot (et de pétanque) de Tana. On se trouve des places dans un gradin, et puis le culte commence. Il est présidé par les hautes instances de la FJKM, ainsi que par l'ancien président malgache - et candidat pour les présidentielles 2018 - Marc Ravalomanana. Du beau monde entouré d'une foule de plus de 30'000 personnes venues des quatre coins de l'île ! Autant dire que quand ça chante, ça chante... Une atmosphère quelques peu électrique, des gradins qui se soulèvent, 5 heures d'ambiance garanties !!

Episode IX - Nouveau Départ

Du lundi au samedi, 15-20 octobre

J'ai reçu des nouvelles, ma maison sera tout prochainement habitable ! Top :) Il reste juste encore quelques détails à régler, à commencer par donner un bon coup de poutze dedans. La directrice réunit l'équipe des enseignants déjà présents à Imerikasine, et tous viennent me donner un coup de main dans cette première tâche. On panosse le sol, lave les murs, enlève les toiles d'araignées. Ça blague à tout va, si l'ambiance au collège et comme celle qu'il y a en ce lundi matin, ça promet une année riche en fous rires !

L'électricien passe le soir même, refait tout le câblage durant la nuit. Le lendemain matin, tout est nickel, les interrupteurs marchent, les lampes ont été posées. Plus qu'un défi, meubler ces grandes pièces vides ! Et c'est là que ça se corse : pour aller en ville, il faut marcher 30 minutes, prendre un taxi-brousse durant une petite heure, sauter dans un bus urbain (les fameux taxi-be) pour rejoindre les marchés de Tana. Et évidemment, impossible de se balader dans la capitale avec un gros sac à dos, pour cause de sécurité. Je vais donc passer les jours restants de la semaine à faire des allers-retours à la ville, et ramener au compte-goute casseroles, vaisselle, plaque électrique, draps de lit, oreillers... J'essaie de décorer les pièces avec ce qui me passe sous la main, me débrouille pour créer des rangements avec du matériel facilement transportable. Il me faut encore attendre jusqu'à vendredi pour avoir la touche finale de la maison, les toilettes qui ont mis un peu de temps à arriver. Mais maintenant c'est bon, j'ai mon vrai chez moi !

L'équipe d'enseignants au taquet pour la grande poutze !
Création de l'étendage
On creuse le foyer de la poubelle...
La cuisine
La salle à manger / bureau
La douche (toujours sans eau courante) et les toilettes, fraichement construites
Last but not least, la chambre et sa moustiquaire

Le Temps

Cette semaine écoulée a été l'occasion de m'habituer à la vie "à la malgache", et en particulier au rythme des journées en pleine brousse. Ici, le stress n'existe simplement pas. La notion de temps est quelque chose de flou, les secondes semblent s'écouler différemment qu'ailleurs. La journée commence tôt, le soleil se lève à 5h30. Les gens flânent déjà dans les ruelles du village, s'affairent à une tâche ou à une autre. Mais quand on se rencontre, on prend le temps de se saluer, de se demander des nouvelles. Même si on ne parle pas la même langue. Et si par hasard on veut demander une information à quelqu'un, on ne se téléphone pas, on habite juste à côté... Alors on passe dire bonjour, et oh, surprise, un café nous attend ! On cause, on apprend plein de choses. Parce que ça semble être ça, la communication malgache : s'assoir autour d'une table et apprendre tout sur tout le monde. Et soudain, la nuit tombe. Il est 18h30, et je n'ai pas fait la moitié des choses prévues aujourd'hui. Tant pis, la journée a été riche, les échanges nombreux, et il y a tant d'autres journées en perspective...

Episode VIII - Premier culte malgache

Dimanche 14 octobre

On est dimanche, c'est aujourd'hui que je suis présenté devant tous les villageois lors du culte. Mais aujourd'hui c'est un peu particulier : on fête les descendants. Tous les natifs d'Imerikasine reviennent dans le village de leur enfance pour se retrouver en famille et faire une offrande à la Paroisse. La grande église est bondée, environ 500 personnes sont venues assister à la cérémonie religieuse.

Le culte est long. 3h30 pour être précis. On chante, on prie, on chante, on reprie. La prédication, entièrement en malgache, semble très engagée. Le temps passe. La directrice, assise à côté de moi, essaie de m'expliquer ce qui se dit, me traduit quelques chants, quelques mots de ce que le pasteur raconte avec toujours autant d'entrain. Il y a une, puis deux, puis trois collectes, chaque fois agrémentée de chants, de danse. Et les gens chantent, croyez-moi...les voix des 500 chrétiens remplissent l'église, la musique sort à plein tube des hauts-parleurs, l'ambiance est décidément à la fête !

Soudain, le pasteur Salomon me jette un regard en coin. C'est bon, j'ai compris, c'est maintenant à moi de me lever. Je monte sur l'estrade, et essaie de ne pas trop me soucier de cette foule d'yeux qui me dévisagent attentivement. Il dit quelques mots en malgache, et les gens applaudissent. Bon, pour l'instant je n'ai pas encore fait grand chose d'autre que d'avoir eu le culot de parcourir des milliers de kilomètres pour m'installer dans un pays à la culture complétement différente de la mienne, mais apparemment les malgaches apprécient le geste. Et de mon côté je suis heureux d'être arrivé dans un pays où l'accueil a une place si importante. Maintenant que les villageois savent que je ne suis pas un touriste de passage, mais bien un vazaha venu enseigner au collège, les sourires des gens que je croise sont d'autant plus grands et chaleureux !

L'intérieur de l'église d'Imerikasine

Episode VII - Le Grand Lâcher

Du mardi au samedi, 9-13 octobre

Ça y est, j'y suis ! Ça a tardé un peu, mais je suis bel et bien arrivé à Imerikasine, le village où je vais enseigner véritablement pour la première fois, et accessoirement passer le reste de mon année. En matière d'aventures, j'ai été servi. Une introduction à la vie de campagne malgache qui commence sur du lourd ! Mais ne nous égarons pas trop, commençons peut-être par le début.

Tout commence mardi, quand le pasteur du village doit venir me chercher à Tana. Bon, je n'ai pas réussi à le joindre par téléphone de toute la journée du lundi, et je n'ai donc absolument aucune idée à quelle heure il passe. Je me lève à 6h30, prépare mes affaire. A 7h30 je suis prêt au départ...quand j'apprends qu'il ne viendra finalement qu'à 14h00, problème de programme oblige. Bon bon bon, ok, pas de panique, je profite encore de cette dernière matinée à Tana, me fais un petit resto sympa. Je rentre à 14h00, et apprends qu'il ne viendra qu'à 15h00. Je commence à me demander si je vais véritablement partir aujourd'hui, quand à 15h00 pile un magnifique 4x4 Toyota fait son apparition devant la maison d'hôte. On charge les bagages, et c'est zou direction l'inconnu et l'au-delà !

Arrivée à Imerikasine

En chemin, le pasteur me dresse un tableau un peu mitigé de mon futur lieu de résidence : ma maison a été cambriolée, tous les objets d'une quelconque valeur ont été dérobés. Les lampes se sont volatilisées, les interrupteurs arrachés pour être revendus, même les toilettes ont disparu ! Bref, je devrai vivre les prochains jours dans la maison "de vacances" du pasteur, tant que la mienne ne sera pas remise en état.

Les lieux ne sont pas franchement accueillants. La maison n'a plus été habitée depuis plusieurs années, le sol est sale, les rideaux et les tapis bourrés de poussière. Je m'interroge sur le nombre de puces de lit qui ont élu domicile là où je vais dormir. Et comme je ne suis pas chez moi, difficile de réarranger tout, faire le tri, déplacer les meubles pour se faire son cocon douillet. J'ai l'impression d'être enfermé au beau milieu d'un environnement plutôt hostile. J'ai de nouveau l'impression d'être "de passage", pas possible de sortir toute ses affaires et de s'étaler comme on le ferait dans sa maison. Et pour couronner le tout, le village n'a plus d'eau courante, le monde politique ayant délibérément abandonné tout intérêt de développement pour les milieux ruraux.

Les deux premières journées sont rudes, il faut s'habituer aux personnes qui m'entourent, aux enfants qui me regardent passer dans la rue avec de grands yeux. Heureusement, je peux compter sur l'appui de la directrice du collège, qui parle relativement bien français, et qui me fait visiter le village et ses alentours tout en m'apprenant le malgache. Et peu à peu, on prend ses réflexes, je comprends qu'il n'y a pas de poubelles dans le village, mais qu'il faut brûler soi-même ses ordures ménagères. J'apprends aussi à qui demander ces si précieux bidons d'eau, qui servent à tout. Je découvre que oui, c'est possible de se laver avec un simple seau d'eau...

La vie paraît ici beaucoup plus simple. Le luxe et le confort sont définitivement restés à Tana, mais l'expérience me parait valoir la chandelle. Plus qu'à espérer que je puisse bientôt emménager dans mon vrai chez moi.

La vue depuis ma future maison
La maison du pasteur
L'église du village
A gauche, ma salle de bain ! Le seau, c'est la douche + la chasse d'eau Au dessus, c'est la cuisine
La directrice Mme Denise, et sa famille
Petite ballade dans la brousse avoisinante

Episode VI - Une Préparation pour la suite

Du vendredi au lundi, 5-8 octobre

Les nouvelles ont encore changé, je pars finalement m'installer à Imerikasine mardi prochain. La rentrée des classes se rapproche, et suite à de nombreuses discussions avec des profs à la formation, plusieurs idées d'activités commencent à me trotter dans la tête... J'ai néanmoins besoin d'acquérir un peu de matériel que je ne trouverai plus une fois au village, et je passe donc cette fin de semaine à vagabonder dans les marchés en quête de papier coloré, kraft et autres stylos. Bon, soyons honnête, je profite aussi de l'occasion pour visiter les quelques sites qu'il me reste à découvrir à Tana, le lac Anosy et le rova d'Abohimanga surtout. On prend aussi le temps d'explorer la capitale dans ses recoins moins connus, d'aller boire des verres dans des lieux alternatifs et voir des films à l'institut français.

Aux abords du lac Anosy
Le Rova d'Abohimanga
Grands escaliers de Tana
Is'Art Gallery

Episode V - Un Peu de Formation

Du lundi au jeudi, 1er - 4 octobre

Finis la petite acclimatation à Tana et Madagascar, on passe aux choses sérieuses ! Cette semaine à lieu une formation continue mise sur pieds par la FJKM avec l'aide du DM : il s'agit de former les enseignants Malgaches en cours de route, afin de palier à leur manque de formation initiale. Ici, les enseignants se lancent en effet dans leur métier droit après le bac... Un peu de recul s'impose parfois, et c'est pourquoi de nombreux collèges à travers Madagascar ont envoyé un de leurs enseignants à la capitale, dans le but qu'il forme lui-même ses collègues dès son retour.

Plusieurs thématiques sont abordées, notamment la gestion des classes et l'apprentissage par les communautés de pratique. Un groupe de formateurs commence par théoriser ces notions, puis les profs présentent leur manière de faire dans leur école. Les échanges sont intéressants...mais une grande partie des discussions a lieu en malgache. Je peine un peu à suivre, mais trouve mon compte dans les explications qu'on nous donne lors des repas, les formateurs parlant eux bien français.

Episode IV - Une Parenthèse Endémique

Dimanche 30 septembre

Cette journée dominicale est synonyme de chill. On prend un petit moment pour souffler un peu, faire le point sur tout ce que l'on a appris de Madagascar et de sa culture. Et l'après-midi, je pars avec Tania, Rija et son fils au Croc'Farm, une ferme à crocodiles à proximité d'Ivato, dans le nord d'Antananarivo. A côté des crocos s'alignent toutes sortes d'espèces d'oiseaux colorés, caméléons stylés et autres animaux plus ou moins endémiques que l'on peut trouver dans le coin. Une belle occasion pour ressortir le reflex !

Episode III - Un Regard vers le Futur

Samedi 29 septembre

Gare aux clichés ! Surtout que depuis notre arrivée à Tana, les Malgaches n'ont pas cessé de me surprendre. Déjà, je m'attendais à découvrir une culture très africaine, un peu semblable au Togo. Mais rien du tout ! Le pays est en fait beaucoup plus typé asiatique, que ce soit dans la cuisine locale, ou la langue. Et puis bon, difficile de ranger les habitants de Madagascar dans une boîte alors que l'île voit coexister pas moins de 18 ethnies distinctes, toutes radicalement différentes les unes des autres... Ce qui n'arrange pas beaucoup la politique locale, soit dit en passant. Mais bref, Mada fait quand même officiellement partie du continent africain, et l'acronyme CCA (ça, c'est l'Afrique) y trouve de temps en temps merveilleusement bien sa place.

J'ai pu notamment le constater au niveau de la communication : à mon arrivée à Tana, je demande comment s'organise le début des cours, quand est-ce que je dois rejoindre mon petit village d'Imerikasine. La rentrée scolaire devrait a priori être le 5 novembre, mais personne ne semble vraiment être au courant, on se renvoie la balle parmi, on me donne plusieurs autres dates possibles... Je dois finalement attendre une réunion de la commission des envoyés de la FJKM pour rencontrer Dadah, le très sympathique directeur d'un lycée voisin, qui me dit tout droit : "A Mada, le meilleur moyen d'avoir l'info est de la chercher sur place." Il me propose alors de partir visiter le village avec lui, ce samedi 29 septembre. Tant mieux, ça me fait plaisir de pouvoir faire un tour là où je vais habiter cette année !

Sur la route d'Imerikasine

En chemin, Dadah m'explique tout. Mais genre vraiment tout, des tabous locaux aux règles de la circulation malgache, en passant par la politique nationale et les arrêts de taxi-brousse. Après deux heures d'embouteillage et 30 minutes de piste, on découvre le village d'Imerikasine. Il est perché à 1'500m d'altitude, sur une colline surplombant Tana. Le panorama est grandiose, les prairies et cultures en terrasses magnifiques. J'ai directement un coup de coeur pour la région ! On visite le collège, je rencontre la directrice (qui devait a priori être en vacances, mais bon, on va pas poser trop de questions...). J'apprends que j'aurai les classes de 4e et 5e (13-14-15 ans), et que la rentrée aura finalement lieu le mardi 30 octobre.

Visiblement, le village est au courant que j'arrive bientôt. Cela fait plusieurs années que l'école à demandé à avoir un vazaha (=un blanc) parlant couramment le français pour y faire des cours "d'immersion culturelle francophone", et dynamiser l'enseignement des maths et de la physique. Ce sentiment d'être attendu me rassure beaucoup, j'ai l'impression d'être déjà un peu chez moi, de ne pas arriver "comme un cheveux dans la soupe". Mais en contrepartie, le message est clair : les habitants d'Imerikasine ne parlent que très peu le français, et un minimum de compréhension du malgache me semble plutôt capital. Il va falloir s'y mettre !

Un aperçu de ma future maison... Mais je n'ai pas pu entrer dedans, personne n'avait les clefs

Episode II - L'Effervescence de Tananarive

Du mercredi au vendredi, 26-27-28 septembre

Vue depuis la chambre d'hôte

Mercredi, réveil au taquet, on a tout à découvrir ! Le déjeuner est sur place, mais nous bougeons rapidement en direction du siège de la FJKM, en bas des grands escaliers de Tana. Nous y rencontrons l'administration de l'Eglise, en particuliers les responsables des envoyés. On s'inscrit à l'ambassade suisse, et nous nous achetons une carte sim locale. C'est tout bon, on a de la 4G !

La matinée passe vite, et notre premier repas malgache nous attend : beaucoup de riz, beaucoup de viande. Mais où sont les légumes ?? Au moins c'est clair, on sait ce qu'on va manger ces prochains temps ! Mais après le dîner, nous comprenons vite que du côté de la FJKM, le programme de la journée est déjà terminé. L'adaptation culturelle va se faire de manière assez autonome. Je pars donc avec Tania faire un tour de la ville basse. On prend rapidement nos marques, je sors le polaroid, et c'est partis pour profiter de la ville et de ses multiples secrets !

Premier repas malgache
L'église catholique, depuis le quartier des ambassades
Le cinéma de l'institut français
La rue de l'indépendance

Les jours suivants, c'est le même programme : des petites réunions entre lesquelles nous avons l'occasion d'explorer la ville. Jeudi matin en particuliers, nous partons à l'ascension de la ville haute. Notre itinéraire passe par la cathédrale, emprunte un chemin balcon qui offre un magnifique panorama sur la ville, et le lac Anosy en contrebas.

Un petit café et quelques viewpoints plus loin, nous arrivons au Rova, le palais de la reine. On se laisse alors tenter par une visite guidée, menée par un passionné qui nous raconte l'histoire de la capitale, et de Madagascar, agrémentée de moult anecdotes. Quelques points qui m'ont tout spécialement marqués :

  • Le nom "Madagascar" n'est pas malgache, mais trouverait en fait ses origines en Malaisie, île avec laquelle elle partagerait de grandes ressemblances culturelles. Malgré la distance les séparant...
  • Les couleurs du drapeau malgache (rouge, vert, blanc) provient d'une feuille, dont la forme ressemble à celle de l'île.
  • Les malgaches sont d'excellents marins. Leurs maisons traditionnelles représentent un bateau inversé (avec des cornes de zébus en plus).
  • Le système monarchique malgache était matriarcal, signifiant qu'une fille avait la priorité sur son frère dans l'ordre de succession au trône. Ceci expliquerait la grande égalité homme-femme qu'il y a actuellement à Madagascar.
  • Les araignées dorées ne sont pas dangereuses pour l'homme. Elles sont impressionnantes certes, mais constituent le meilleur anti-moustique (et par conséquent, anti-malaria) que l'on puisse trouver.

Pour la descente depuis le palais, c'est tout un périple. Il s'agit d'emprunter un immense escalier sur le flanc de la colline. Le chemin ressemble étrangement à un sentier de montagne, les marches sont taillées dans le rocher, çà et là apparaissent des palmiers et de la végétation éparse. Quelques ruisseaux jaillissent du sol, un peu plus loin une famille fait sa lessive. C'est difficile à réaliser, nous sommes bel et bien au plein coeur de Tana !

Vue plongeante sur le lac Anosy
Dédale d'escaliers sous le Rova
La cathédrale de Tana
Procession de deudeuches
Panorama sur la ville intermédiaire, depuis le Rova
Le palais de la reine
Quelques spécimens d'araignée dorée

Premières Impressions de Tana

Antananarivo, ou Tana, c'est la cité des milles guerriers. Ou du moins c'est ce que veut dire son nom. Pour ma part, j'ai plutôt l'impression d'être arrivé dans la cité des milles odeurs, et des milles couleurs. Les maisons sont souvent peintes de rouge, d'orange, de bleu. Sur les marchés, les légumes sont fièrement exposés, à côté des poissons, crabes, pièces de viande et autres grenouilles. C'est étonnamment propre. Il y a bien de temps en temps une décharge à ciel ouvert, dont émane une odeur peu réjouissante, mais les Malgaches donnent l'air d'avoir leur fierté, ils balaient souvent devant leur étal et mettent en valeur leur stand. Sur la route, les taxis des années 30 se bousculent. Les Deux Chevaux se partagent le bitume avec les 4L, dans une symphonie de klaxons et d'odeur de gaz d'échappement customisés à l'essence frelatée.

Mais Tana, c'est aussi une ville immense. 3 millions d'habitants sont répartis sur les 87 km2 de la capitale. Et pourtant, pas un seul gratte-ciel, que des petites maisons sur un seul étage, à perte de vue. On dirait un village de campagne, répliqué un milliard de fois (au moins). Et la sécurité va avec la taille. Les sorties le soir se font à nos risques et périls, il vaut mieux être de retour à la tombée de la nuit (donc à 18h00). Durant le jour, ce sont les pickpockets qui font la loi. On se balade mains dans les poches, on évite de sortir son téléphone en pleine rue. Et surtout, on reste en permanence vigilant, que ce soit au beau milieu d'un marché surpeuplé ou dans une ruelle a priori déserte. Cet état d'alerte nous pompe une bonne partie de notre énergie quotidienne, et le repos du soir est toujours le bienvenu !

Episode I - Le Voyage

Mardi 25 septembre

Habituellement, les voyages en avion, c'est déjà une aventure en soi ; il manque facilement une valise à l'arrivée, ou alors une correspondance a forcément été ratée. Mais pour ce coup, grosse surprise, tout se passe normalement ! Notre Airbus A320 part bien de Genève avec une petite demie-heure de retard, mais nous avons suffisamment de marge à Paris pour prendre celui direction Tana. Tant pis, je m'étais préparé psychologiquement pour rien :) Le vol est même très agréable. Se réveiller tôt le matin pour prendre l'avion, c'est pratique au moment de faire la sieste ! On survole Paris, les Dolomites, Venise, la Grèce... L'Europe laisse peu à peu place à un continent africain beaucoup plus mystérieux. Les heures passent, on quitte maintenant la côte somalienne, en bas c'est l'océan indien. Madagascar se dessine gentiment sur les cartes de bord, puis on amorce la descente sur Tana, plongée dans la nuit.

Les contrôles à la sortie de l'avion sont longs. Les bagages tardent à arriver, juste de quoi faire monter un peu l'adrénaline. A la sortie de l'aéroport, on rencontre Arilala et Rija, membres de la FJKM chargés de notre accueil. Leur présence n'empêche pas une foule de jeunes de venir nous demander de porter nos valises, mais au moins on n'a qu'à suivre nos nouveaux guides jusqu'au taxi, sans avoir trop à réfléchir. On file ensuite de l'aéroport d'Ivato jusqu'à Tana. La conduite est plutôt sportive, les appels de phares s'enchaînent, on dépasse des camions dans des petites ruelles, on slalome entre les chiens errants... Bref, on ne comprend pas trop ce qui nous arrive, mais soudain nous sommes devant une maison d'hôte proche du quartier chinois, où nous aurons notre chambre pour ces prochains jours. On fait rapidement le tour des lieux. L'endroit est propre, nos chambres sont bien meublées, et avec du goût. Rija nous a apporté quelques très bonnes bananes, histoire de nous mettre directement dans le contexte ! On discute un peu, mais rapidement c'est le sommeil qui gagne, on aura le temps de comprendre où on est demain.


Venise vue du ciel

Episode 0 - Les Préparatifs

Lundi 24 septembre 2018

L'heure du grand départ s'apprête à sonner... Plus qu'une soirée, une courte nuit, et ce sera l'envol tôt demain matin. Mes bagages sont fin prêts, et normalement je n'ai rien oublié. Enfin, j'espère... Cela fait depuis ce matin que je tourne dans la maison, vérifie chaque armoire, pour être sûr de ne pas avoir oublié le détail qu'il ne fallait surtout pas oublier. Bref, je réalise une fois de plus que mettre la moitié de sa chambre dans deux valises de 23kg, ça prend du temps et ça demande une petite organisation. Mais au moins, ça c'est fait.

Je peux gentiment commencer à m'interroger sur ce qui m'attend ces prochains jours. Demain, on se retrouve assez tôt avec Tania, qui part aussi enseigner une année à Madagascar. Notre avion décolle de Genève à 7h20, et on atterrit à Paris une bonne heure plus tard. Après 2h de correspondance, c'est go pour Antananarivo, plus communément appelée Tana, la capitale malgache. Nous y passerons la première semaine, dans le but de s'inscrire auprès de l'ambassade, de rencontrer quelques personnes de la FJKM (l'association qui nous accueille), et de se préparer pour notre séjour en dehors de la capitale. Suivront alors deux semaines de formation, toujours à Tana, avec des enseignants venant des quatre coins de l'île.

A priori, ce n'est que vers mi-octobre que je me rendrai à Imerikasine, où se trouve le lycée dans lequel je vais enseigner. On commencera par deux semaines de "rentrée des enseignants", à discuter du programme et à faire connaissance. La rentrée scolaire, avec les élèves, n'aura donc lieu que le 5 novembre. Ce retard dans le programme scolaire est du à l'épidémie de peste de l'année dernière, qui a décalé les examens de bac en septembre, et ainsi forcé la reprise en novembre.

J'ai donc une idée générale de ce qui m'attend à Madagascar, mais concrètement je ne sais pas trop dans quoi je me lance... Le fait de ne pas connaître le pays où je vais, ni sa culture, me donne une légère sensation de vertige. Je dois aussi faire preuve de pas mal de lâcher prise : je ne sais par exemple toujours pas où je vais loger à Imerikasine. Mais bon, on ne va quand même pas commencer à stresser pour ça :) Et le côté aventure de ce voyage a le mérite de rendre la perspective du départ d'autant plus palpitante !

Je ne suis pas sûr de réaliser que demain soir je dors à plusieurs milliers de kilomètres de ma ville natale, mais au moins je crois être prêt sur les plans plus logistiques. Et je me réjouis énormément d'avoir déjà moult péripéties à raconter ici dans quelques jours !

Bienvenue !

Je suis ravi que tu viennes t'aventurer sur ce site/blog des Péripéties malgaches ! Mon but à travers ce dernier est de pouvoir t'embarquer dans mon expérience un peu folle de vivre et d'enseigner une année de l'autre côté du globe 😊 J'espère pouvoir trouver le temps de publier un petit mot, une nouvelle ou une anecdote croustillante au moins une fois par semaine. N'hésite pas à revenir ici régulièrement pour checker tout ça !

J'espère que tu prendras plaisir à lire mes posts, et te souhaite d'ores et déjà une excellente lecture !

Alexis

© Charles Dalang