Source : https://www.officedecatechese.qc.ca/sens/questions/2016/201609_Pape.html
« La paix, un fil d’espérance qui relie la terre et le ciel, un mot si simple, et en même temps difficile. Paix veut dire Pardon qui, fruit de la conversion et de la prière, naît de l’intérieur et, au nom de Dieu, rend possible de guérir les blessures du passé. Paix signifie Accueil, disponibilité au dialogue, dépassement des fermetures, qui ne sont pas des stratégies de sécurité, mais des ponts sur le vide. Paix veut dire Collaboration, échange vivant et concret avec l’autre, qui est un don et non un problème, un frère avec qui chercher à construire un monde meilleur. Paix signifie Éducation : un appel à apprendre chaque jour l’art difficile de la communion, à acquérir la culture de la rencontre, en purifiant la conscience de toute tentation de violence et de raidissement, contraires au nom de Dieu et à la dignité de l’homme. »
Extrait du discours du pape François à Assise. 20 septembre 2016.
Tiré de La Croix
Amis prêtez l’oreille,
Écoutez la plus grande des merveilles !
Avez-vous entendu la glace fondre ?
Qui vient annoncer les torrents féconds
C’est la saison de Pâques
Où Dieu fait toutes choses nouvelles
Avez-vous entendu les oiseaux ?
Qui viennent annoncer les beaux jours
C’est la saison de l’amour
Où nous pourrons enfin puiser l’eauvive
Avez-vous entendu la montée de la sève ?
Qui vient mystérieusement irriguer notre vie intérieure
C’est la saison du cœur à cœur
Où Dieu relève Adam et Ève
Avez-vous entendu un bourgeon éclore ?
Qui vient mystérieusement révéler la vie
C’en est fini du règne de la mort,
Car nous accueillons le Dieu des victoires
Avez-vous entendu les fleurs germer ?
Qui viennent amener une touche de beauté
C’est la saison de la gratuité de la création
Où Dieu se révèle généreux dans son action
Avez-vous entendu la Bonne Nouvelle
Qui vient annoncer l’aurore
C’est la saison du relèvement
Printemps du Dieu Sauveur
D’où jaillit la vie éternelle
Bonne vie nouvelle !
Bonne proclamation de la Résurrection !
Louis-Philippe Provost, prêtre.
Si vous êtes comme moi, vous souhaitez sûrement être heureux, joyeux et épanoui; tout cela grâce à Dieu et à son amour pour nous. C’est très vrai et très bien de pouvoir s’attendre à cela, car Dieu est Amour et bonté. Cependant, comment pouvons-nous concilier avec cette réalité l’expérience de la souffrance où Jésus dit : « si quelqu’un veut me suivre qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive »? Je pense que la Parole de saint Paul quand il nous invite à être des coopérateurs de Dieu (1 Co 3, 9) vient nous donner une clé de lecture devant les croix que nous portons comme chrétiens à la suite du Christ et devant celle de l’humanité.
Le merveilleux temps du carême qui nous prépare à Pâques : la grande fête de la Résurrection du Christ est un temps favorable pour redécouvrir cet aspect d’être coopérateurs de l’œuvre du salut. Évidemment, la manière première de participer à l’œuvre de Dieu c’est dans la prière et l’action. Dans notre prière nous sommes unis à Dieu et cela se reflète dans nos actions de tous les jours où nous témoignons de la présence du Dieu vivant dans notre monde. La souffrance devrait aussi devenir prière pour être en communion avec Dieu et elle est aussi action de sauver le monde avec le Christ si elle est offerte dans cette intention au Christ.
Quel est le fondement de ma participation à l’œuvre de Dieu lorsque je souffre? C’est que notre baptême nous a fait entrer dans l’Église qui est le corps du Christ. Jésus en est la tête et nous sommes les membres de son corps comme nous l’explique saint Paul au chapitre 12 de la 1re lettre aux Corinthiens. L’Apôtre va même jusqu’à affirmer : « qu’il achève en son corps ce qu’il manque aux souffrances du Christ » (cf., Col 1, 24). Cette affirmation très forte vient nous faire réaliser que tout baptisé est tellement uni au Christ et à son sacrifice rédempteur qu’il a cette opportunité par ses souffrances à sauver le monde avec le Christ. Je trouve cela très concret, un chrétien ne devrait jamais manquer une occasion de participer à l’œuvre du salut.
Permettez-moi une parenthèse pour aborder la réalité épineuse de ce que le système de santé du Québec appelle « l’aide médical à mourir ». J’espère que vous me pardonnerez, mais c’est un sujet important qui touche la souffrance en fin de vie. Vous serez peut-être interpelés par le personnel soignant un jour qui vous demandera : voulez-vous l’aide médical à mourir ? Puisque nous sommes disciples de Jésus, nous sommes invités à répondre négativement à cette question. Le chrétien demandera la grâce de répondre, non, à cette question et la grâce d’attendre le temps de Dieu. Pour la raison que j’invoque plus haut : chaque instant de notre vie, spécialement la souffrance, est une participation à l’œuvre rédemptrice du Christ. Cependant, le chrétien peut demander d’avoir droit au soin palliatif qui est un accompagnement adapté et une médication adaptée qui aide à prévenir la douleur jusqu’à la fin de la vie. Je sais que certaines personnes ne seront pas d’accord avec cela, mais l’aide médicale à mourir (l’Euthanasie de son vrai nom) n’est pas souhaitable pour un chrétien, car il est invité à ce que toute sa vie du début à la fin naturelle soit coopération à l’œuvre de Dieu.
Je prie chaque jour pour que Dieu donne force et le courage aux personnes souffrantes dans notre monde, spécialement les personnes malades. Je demande à Dieu de déverser d’abondantes grâces sur eux.
Je souhaite de tout cœur que nous recherchions tous ensemble ce qui sera un chemin sûr vers la patrie céleste. Je reconnais que c’est dur de souffrir, nous souffrons tous (physiquement, psychologiquement, affectivement) un jour ou l’autre. C’est pour cela que nous devons développer une union au Christ dès aujourd’hui pour être capables d’avoir la grâce de vivre cette union jusqu’au bout.
Le carême est un temps favorable pour vivre cet entraînement spirituel, car dans le jeune, l’aumône et la prière nous coopérons à l’œuvre de Dieu. C’est un temps où nous acceptons de ne pas rechercher seulement notre volonté propre pour nous disposer à laisser Dieu agir en nous et chez nos frères et sœurs. Celui qui aime cherche toujours des moyens de le manifester à l’être aimé. Demandons à Dieu d’entrer dans un chemin de liberté et d’amour qui nous fera être dans la joie en aimant et demandons aussi la grâce pour que tous les chrétiens sachent transformer toutes souffrances en amour de Dieu et du prochain.
Louis-Philippe Provost, ptre.
En commençant, donnons-nous un peu de temps pour avoir une petite réflexion sur le temps. La première réalité comme croyant quand on analyse le temps, c’est de réaliser que Dieu existe depuis toujours. Il n’a pas de commencement, « Il est » l’éternel présent. La deuxième réalité, c’est de réaliser que la terre existe. Depuis combien de temps la terre existe ? Disons, des centaines de milliers d’années. La troisième réalité c’est que l’homme et la femme existent. Depuis combien de temps l’homme est-il sur terre ? Disons, des milliers d’années. Dieu n’a pas créé le temps, c’est l’homme qui a discerné dans l’univers un mouvement : la terre tourne, les astres aussi. Alors le temps est la mesure du mouvement. L’homme en est venu à calculer le temps : les journées, les heures, les minutes, les secondes. Et bien sûr les années. Le temps nous angoisse un peu, nous vieillissons tous d’une journée chaque jour, l’adage latin « tempus fugit » nous dit que le temps file. Mais, en même temps, le temps est relatif, puisque si nous regardons du côté de Dieu, il y a l’éternité : Dieu est un éternel présent. Donc, nous constatons qu’il y a un mystère d’Amour qui nous dépasse, un mystère d’Amour qui a créé le monde et nous venons de ce mystère d’Amour. Dans la foi catholique, nous professons que l’homme et la femme sont le centre de la création et que Dieu a créé le monde afin de nous donner un environnement pour s’épanouir, nous avons la mission de prendre soin de notre environnement. Alors, dans notre être, il y a un désir qui nous orient vers cet Amour éternel d’où nous venons, nous aspirons à retourner vers Dieu. C’est extraordinaire, car Dieu, dans son éternité, pense à toi et à moi. Il a voulu dans son plan d’Amour que nous existions. Nous pouvons alors prendre conscience que chaque année nous est donnée pour entrer toujours plus dans ce mystère d’amour éternel. Nous avons le temps de découvrir ce Dieu d’Amour et en même temps, l’Amour nous presse, car le temps file. Nous n’avons qu’aujourd’hui pour aimer. Dans l’histoire de notre terre, il y a deux moments charnières : il y a évidemment son commencement et aussi l’apparition de l’homme et la femme sur celle-ci. Des moments exceptionnels voulus de Dieu. Celui-ci a voulu partager son Amour, un Amour créateur qui fait que nous existons. Cependant, ce n’était pas suffisant pour Dieu, dans son Amour infini, Il a voulu que son propre fils devienne l’un de nous, pour nous faire entrer pleinement dans le mystère de l’Amour infini. Comme nous l’ont annoncé les prophètes, Dieu veut se faire proche de son peuple et il se dit par sa Parole.« Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire que, Fils unique plein de grâce et de vérité, Il tient du Père » (Jn 1, 14). Jamais personne n’aurait imaginé ce grand déploiement de l’Amour de Dieu pour l’humanité. Dieu a carrément déroulé le tapis rouge pour nous. Grâce à la naissance Jésus, nous qui sommes dans le temps, nous devenons participants de la nature divine. Nous avons accès à la plénitude de l’amour. Nous ne réaliserons jamais assez comme c’est grand ! Dieu de son éternité se fait petit enfant, en son Fils, Il vient habiter notre temps. Cela veut dire que l’homme et la femme sont promis à un avenir radieux qui est d’être avec Dieu dans l’éternité. Alors chaque année devient une occasion d’aimer. Qui peut se venté d’avoir aimé parfaitement pendant l’année que nous venons de passé ? Mais, c’est du passé, maintenant, nous nous tournons vers la nouvelle année. Nous faisons un acte de foi et d’espérance en disant aux autres : bonne et heureuse année ! Est-ce qu’elle sera parfaite la nouvelle année ? Elle ne sera surement pas parfaite, mais puisque nous pouvons être orientés vers le mystère de l’éternel amour de Dieu, elle sera bonne et heureuse. La question est de savoir comment aborder la nouvelle année. Il me semble que la clé est dans la recherche du bonheur de l’autre : qui est de rechercher ce qui rend l’autre heureux. Qu’est-ce qui rend ma famille heureuse ? Mais également, qu’est-ce qui rend les autres heureux ? L’autre différent de moi que je côtoie au travail, ou que je croise, ici et là, ou dans la rue. Rappelons-nous que Dieu a pensé chaque personne dans son infinie bonté. Ce serait merveilleux de se demander à chaque personne que nous rencontrons ce qui pourrait les rendre heureux. Quand je dis l’autre, c’est l’autre proche et l’autre différent de moi, mais c’est aussi l’autre avec un grand A. Rechercher le bonheur de l’autre, c’est aussi rechercher le bonheur de Dieu : qu’est-ce que je peux faire qui rend le Bon Dieu heureux ? Cela commence dans chacun de nos cœurs, si je cherche le bonheur de l’autre, il n’est pas possible de promouvoir la guerre. Prions pour la conversion des chefs d’État pris dans des conflits inhumains, il me semble que de pensée aux enfants et aux familles suffirait d’arrêter ces conflits absurdes. En cette nouvelle année, mon esprit se tourne vers Marie, la mère de Dieu que nous fêtons aujourd’hui, est qui a su dire oui pour que l’amour éternel et infini s’incarne dans notre monde. Marie a d’abord, avec saint Joseph, cherché le bonheur de tout un peuple en accueillant le messie et cela a fait le bonheur de Dieu qui a pu grâce à eux réaliser son plan d’Amour. Aujourd’hui, comme humanité, nous bénéficions pleinement de ce oui à l’Amour. Comment ne pas penser aussi à Jésus, qui en accomplissant sa mission de Fils de Dieu venu pour nous sauver, même dans l’adversité a aussi dit oui au plan d’Amour de son Père pour que notre joie soit totale et pour notre bonheur éternel. Mon bilan de l’année est simple, c’est une Action de grâce, pour tous ces petits oui à la paix et tous ces petits oui, dits au cours de l’année, pour que l’amour de Dieu grandisse dans notre monde meurtri. Si l’on pouvait voir tous les oui à l’Amour, nous serions éblouis par une lumière extraordinaire. Une lumière que nous pourrons contempler un jour dans l’éternité. Je vous souhaite une bonne année, bonne parce que vécu avec notre Bon Dieu, ce sera une bonne année où l’amour éternel s’incarnera, grâce à Dieu, dans notre vécu temporel.
Louis-Philippe Provost, prêtre.
En se fiant au dictionnaire le Petit Robert, l’espoir est une réalité qui se rattache à l’espérance. Cela nous montre qu’il y a un lien, mais permettez-moi d’ajouter qu’il y a aussi une différence. L’espoir est plutôt terrestre, par exemple : j’ai l’espoir que la guerre prenne fin. De son côté, l’espérance oriente le croyant vers le ciel, par exemple : j’espère un jour aller au ciel. Il y a, également, une forme d’espoir, selon une analyse psychologique, qui peut être néfaste pour l’être humain : on parle d’un espoir qui s’apparente à une pensée magique ou une pensée positive. Par exemple en disant le fameux « ça va bien aller » ou en disant « bonne chance ».
Un slogan est inutile s’il n’est pas accompagné d’une action concrète. L’être humain doit être en marche pour garder la tête hors de l’eau. L’important c’est d’être dans l’action, nous devons faire des plans et ne pas stagner. Il est intéressant de réaliser que nous avons cette capacité psychologique et naturelle de faire un plan devant une difficulté, cela nous sauve. Au contraire, l’inaction serait bien néfaste pour nous. Quand nous disons « bonne chance» à un étudiant, nous devrions d’abord lui demander : est-ce que tu as bien étudié ? Si oui, nous pourrions alors lui dire « bon succès ».
Il y a une Parole de saint Paul qui m’a toujours remué intérieurement, c’est lorsqu’il dit : « si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes ». Intérieurement, cela me disait, mais non ! C’est que saint Paul fait la distinction entre ce qui serait un vain espoir, comme une pensée magique et un beau slogan vide de substance. Il dit tout de suite après : « mais non ! Le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, le premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis ». Voilà ce qui est notre espérance, c’est une réalité dynamique qui nous met en marche et qui a transformé le monde et qui a la capacité de transformer notre vie personnelle.
La résurrection me transforme : j’étais mort et maintenant, je suis vivant ! La résurrection du Christ est une invitation à vivre pour le ciel et à rechercher les réalités d’en haut en toutes choses. La résurrection produit dans notre vie de l’espérance et non pas de l’espoir vaporeux. Nous pouvons dire « ça va bien aller »en y ajoutant « parce que notre Dieu est vivant, il a vaincu la mort et le mal ». Notre Seigneur nous donnera la force d’aller de l’avant dans l’adversité. « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu ». S’il est rattaché à l’espérance alors l’espoir peut devenir une bonne chose comme nous le montre le psalmiste : « je mets mon espoir dans le Seigneur, car je suis sûr de son Amour ». Jésus est ressuscité pour toi et moi : voilà une réalité vivante qui change tout.
Donc,nous voyons l’importance d’être en mouvement. La foi c’est dynamique et l’espérance, c’est la foi en mouvement qui chemine vers un devenir. Saint Jacques dit dans sa lettre : « montre-moi ta foi qui n’agit pas, moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai ma foi ». La foi en la résurrection transforme tout, l’espérance vient à bout de tout, le cœur enflammé d’Amour du Seigneur peut tout !
Comment s’en convaincre, c’est en regardant ce que les saints et les saintes ont accompli au nom de leur foi et de leur espérance en acte. Je pense d’abord à Marie-Madeleine qui court annoncer la Bonne Nouvelle : vivre l’expérience de rencontrer Jésus ressuscité l’a profondément transformée. Je pense à saint Paul qui après avoir rencontré Jésus ressuscité sur le chemin de Damas est passé du persécuteur de l’Église à l’apôtre des nations qui annonce l’Évangileau nom du Christ. Je pense à saint Vincent de Paul qui a agi de manière très dynamique devant la pauvreté de son époque en France. Je pense à saint Philippe Néry qui propose un chemin de foi aux nombreux jeunes qui traînaientdans les rues de Romeet cela finit par redynamiser spirituellement la ville de Rome. Je pense à Marie de l’Incarnation qui traverse l’océan parce qu’un Dieu vivant l’habite et l’invite à aller fonder un couvent dans le Nouveau Monde. Je pense à François de Laval qui marchait des centaines de kilomètres, même en raquette pendant l’hiver, pour visiter les familles et les villages. Je pense à Mère Thérèsa de Calcutta qui a écouté une voix intérieure qui l’invitait à prendre soin des mourants qui gisaient dans les rues en Inde. Je pense aussi à Jean-Paul II qui a fortement élevéla voix contre le communisme et on lui attribue, grâce à ses paroles qui révélaient la splendeur de la vérité,une grande influence dans la chute du mur de Berlin. La liste pourrait se continuer presque à l’infini. Tous ces témoins ont agi parce que la résurrection du Christ a transformé leur vie, ils ont rencontré un Dieu vivant qui les a mis en marche.
L’espérance que donne la foi en la résurrection : c’est aussi pour toi et moi qui avançons « bonan malan » au fil du quotidien, c’est aussi pour ceux qui repoussent leur limite et qui font de leur mieux pour faire naître une civilisation d’amour, c’est également une énergie insoupçonnée, puisée dans une expérience spirituelle, pour aller plus loin dans l’amour de Dieu et du prochain. Que notre foi en la résurrection nous donne une espérance toujours nouvelle qui puise justement son dynamisme dans le mystère pascal d’un Dieu vivant qui nous permet d’aller toujours plus loin dans l’amour.
Louis-Philippe Provost, prêtre.
Il y a plusieurs années quand on me parlait de la vie cachée de Jésus à Nazareth, cela m’énervait un peu. Je ne trouvais pas la vie cachée de Jésus bien concrète et je me demandais ce que cette réalité pouvait apporter dans ma vie de croyant. Il me semblait avoir beaucoup plus à retenir des miracles, des paraboles et des évènements de la vie de Jésus que nous rapportent les Évangiles.
Évidemment, les 30 ans (je prends ce chiffre de manière symbolique) de Jésus à Nazareth sont loin de faire de l’ombre à tous les récits évangéliques. Au contraire, cela se complète et nous pourrions dire que le plan de Dieu était bien établi, car chaque détail est pensé d’avance. Jésus devait aller à l’école de la vie à Nazareth pendant 30 ans pour ensuite vivre son ministère public pendant 3 ans, ce qui fut un temps relativement court. Mais, que s’est-il passé à Nazareth ? Nous n’en savons pas grand-chose, cependant nous pouvons en déduire quelques réalités. Jésus a vécu une vie normale de garçon juif de son époque et ensuite, de jeune adulte. Après le recouvrement de Jésus au temple, Il retournait à Nazareth et était soumis à ses parents. Nous pouvons en déduire qu’Il a appris l’obéissance. Aussi, le même récit nous dit qu’il grandissait en taille et en sagesse. Je n’entrerai pas dans le débat de la prescience divine ou pas; mais on peut dire que Jésus prend conscience petit à petit de sa mission de Fils de Dieu. Il n’a pas fait de projet matrimonial, car toute sa vie était centrée sur sa mission. À Nazareth, Jésus apprend le métier de Charpentier, c’était le métier de son père adoptif Joseph. Il ne faut pas oublier le rôle de Marie dans l’éducation de Jésus. Les parents de Jésus étaient quand même bien : la Sainte Vierge et saint Joseph !
La vie de Nazareth est finalement très concrète (je me suis enfin convertie pour aimer la vie cachée de Jésus à Nazareth) : c’est la vie de tous les jours, la sueur, le labeur, les joies et les peines quotidiennes. Non seulement Jésus s’est fait homme, mais il a partagé pleinement notre vie de tous les jours. Comme le dit saint Paul, « il a été semblable à nous en toute chose à l’exception du péché », car il venait justement libérer l’humanité du mal. Il est intéressant de réaliser que le péché ne fait pas partie de la nature humaine. Dieu ne nous a pas créé pécheur, c’est venu après. L’idéal de Nazareth nous permet de vivre notre quotidien avec Jésus, Marie et Joseph. Jésus le Sauveur se relève dans notre vie quotidienne : Il nous relève, Il nous redonne le goût de vivre et Il nous aide à travailler simplement pour la gloire de Dieu. Serait-il pour cela que c’est recommandé à ceux qui ont des emplois de bureau ou des emplois très peu physiques de faire un peu de travail manuel dans la semaine ? La prochaine fois que vous ferez des travaux manuels, vous pouvez penser à notre Seigneur Jésus et à la vie de Nazareth.
La prière et le travail sont au cœur de la vie de Nazareth. Quelle grâce nous avons de pouvoir travailler comme Jésus le faisait ou de faire les tâches ménagères comme Marie le faisait ! Sans oublier notre bon saint Joseph qui est le saint patron des travailleurs !Nazareth c’est l’école de la vie. Voilà pourquoi Charles de Foucauld en a fait son idéal. Celui-ci cherchait la dernière place pour être avec les plus pauvres, les gens simples, les ouvriers et pendant les dernières années de sa vie avec les Touaregs du désert du Sahara. Frère Charles avait fait de Nazareth son idéal de vie, pour rechercher à beaucoup aimer Dieu en accomplissant de simples tâches manuelles au quotidien, tout comme Jésus l’a fait durant ses nombreuses années à Nazareth. Jésus sera appelé Jésus de Nazareth et les premiers chrétiens étaient appelés les Nazaréens. Frère Charles était bien heureux de se faire appeler « nazaréen » par les musulmans qui désignaient de cette façon les chrétiens.
Il peut arriver que nous pensions que Dieu se révèle dans le sensationnel, dans les miracles, dans les consolations, c’est vrai, cela arrive parfois, mais Dieu se révèle surtout dans la simplicité de la vie et dans le devoir d’état fait avec le plus d’amour possible. Dernièrement, je lisais le bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant Jésus et une affirmation m’a donné du courage, il disait que nous sommes sanctifiés par notre devoir d’état. Ce qui veut dire qu’en accomplissant les choses que nous devons faire Dieu nous donne de grandes grâces. Cette réalité nous aide à continuer à faire de notre mieux en réalisant que nous ne devenons pas saints en ayant des consolations spirituelles ou des extases, mais dans la fidélité, dans les contradictions de l’humanité, dans les efforts et surtout dans l’humilité des choses simples. Thérèse de l’Enfant Jésus a tellement raison en disant que ramasser une petite épingle avec amour peut sauver des âmes. Voilà, ce que Charles de Foucauld nous enseigne dans son choix d’idéal de vie. Même le ratio de la vie de Jésus nous indique l’importance de la vie cachée : 30 ans à Nazareth et 3 ans de ministère public. Dieu nous donne des grâces et après on souhaite retrouver ces grâces, mais Dieu invite ensuite à la vraie foi, dans la vie simple de Nazareth. La clef de l’abandon se trouve là. À la suite de frère Charles, demandons la grâce de dire :« Mon Père je m’abandonne à toi... »
Pour grandir en taille, c’est peut-être trop tard, mais demandons à Dieu de grandir en sagesse avec lui.
Nazareth, c’est notre vie normale. Nazareth, c’est le travail jour après jour. Nazareth, c’est l’obéissance au patron ou au supérieur (au parent pour les enfants). Nazareth, c’est l’amour dans les petites choses. Nazareth, c’est Dieu avec nous. Nazareth, c’est le don de soi jusqu’à la Croix. Nazareth, c’est l’espérance de ressusciter un jour avec le Christ.
Ensemble mes amis vivons découvrons et vivons notre Nazareth !
Pour beaucoup de croyants, il est devenu presque naturel de faire des actes de foi. Ils viennent à la messe pour rencontrer Dieu, tout bonnement ! C’est merveilleux de voir la foi de nombreux fidèles qui ont pris l’habitude de se tourner vers Dieu avec une grande simplicité. D’autres personnes n’ont pas cette chance d’avoir reçu le don de la foi, il voit la foi catholique comme quelque chose de bien obscur. D’une certaine manière, ils ont raison, parce que, ce qui nous paraît une évidence renferme sa part d’obscurité. La foi est adhésion et certitude, mais en même temps elle est recherche et questionnement. Si quelqu’un venait vous dire : « j’ai tout compris de Dieu ». Vous diriez sûrement qu’il a perdu la raison et vous auriez raison. Le plus grand des théologiens n’oserait jamais penser cela. Car, même si nous savons beaucoup de vérités sur Dieu, puisqu’Il est infini; Il reste toujours insaisissable. Nous pouvons dire avec le prophète Isaïe : « vraiment tu es un Dieu qui se cache, Dieu d’Israël, Sauveur » (Is 45, 15).
Cheminer avec le Dieu caché, voilà notre réalité. Jésus nous avait préparé au clair-obscur de la foi, en disant : « heureux celui qui croit sans avoir vu » (Jn 20, 29). Depuis que Jésus est remonté vers son Père à l’Ascension, nous sommes dans l’ère de la foi, mais nous ne sommes pas seuls, comme baptisés, nous avons reçu l’Esprit-Saint. Ce dernier éclaire notre intelligence pour nous permettre de rencontrer le Dieu vivant. Cependant, tout cela se passe dans la foi. J’aimerais avec vous analyser un peu l’acte de foi qui nous paraît si facile, néanmoins c’est bien d’essayer de comprendre ce qui se passe en nous quand nous adhérons à l’Être de Dieu.
Dans notre vie, nous avons entendu des vérités sur Dieu, à travers l’Église. Pour la plupart, nous avons fait notre catéchèse quand nous étions petits. Nous avons appris des prières par cœur, comme le Credo qui est le je crois en Dieu. Et nous avons fait à partir de ces vérités des actes de foi. En fait, nous pouvons dire que Dieu nous a donné une grâce pour avoir le don de la foi, à partir de ce que nous avons entendu et lu sur Dieu .La foi vient de la prédication nous dit saint Paul. On pourrait ajouter qu’elle vient aussi de ce que nous avons vu et lu : comme voir la beauté de la liturgie et en lisant la Bible qui est la Parole de Dieu. Nous avons peut-être aussi lu bien d’autres livres intéressants qui nous parlent de Dieu. Accueil de la Bonne Nouvelle est la première étape de notre acte de foi qui nous rappelle que nous devons à notre tour, comme baptisés, continuer à annoncer la Bonne Nouvelle du salut pour que d’autres croient en Dieu. Saint Jean de la Croix appelle cela les surfaces argentées qui sont toute vérité précieuse que nous transmet l’Église.
Ensuite, la deuxième étape c’est que notre intelligence reçoive toutes ces vérités, elle se demande si cela a du bon sens. Notre intelligence est habituée d’analyser les choses comme : deux plus deux égale quatre. Cependant, pour les vérités sur Dieu notre intelligence peut-être bien embêtée. Il y a du raisonnable, mais en même temps, Dieu la plonge dans l’obscurité. Celle-ci doit s’abandonner et faire confiance, faire confiance à quoi ou à qui ? Faire confiance au témoignage qu’elle a reçu d’un autre, soit d’un prêtre ou d’un baptisé qui vit son appel inhérent à son baptême d’annoncer la Bonne Nouvelle. Ce témoignage c’est l’Église qui le donne en annonçant la Parole de Dieu. Si vous m’avez suivi jusque là, c’est que votre intelligence est à l’œuvre en vous disant : où va-t-il nous amener ?
Allons maintenant à l’âme, la troisième étape de l’acte de foi, se passe dans notre âme qui a la capacité d’être en contact avec Dieu. La foi s’appuie sur l’intelligence, mais la dépasse pour aller à Dieu. Jean de la Croix nous dit que la foi nous permet d’aller à l’or de la substance, ce qui se cache derrière les surfaces argentées. Il utilise l’image, en parlant de la foi, d’une échelle secrète qui nous permet d’aller au-delà des choses, des mots et des concepts. Par exemple, quand on dit le Credo, l’objet de notre foi n’est pas la formule qui est la surface argentée, mais l’objet de notre foi c’est Dieu lui-même, c’est l’être de Dieu qui est l’or de la substance. La foi nous dévoile ce que notre intelligence ne pouvait pas affirmer rationnellement puisque le mystère de Dieu la plonge dans l’obscurité. Dieu qui est infini dépassera toujours notre capacité humaine de le comprendre. Le Dieu Trinité est un océan dans lequel nous pouvons plonger par la foi.
Je pense que la catéchèse de l’Église s’est longtemps faite en étant basée seulement sur l’enseignement de vérités, la foi était vue comme une doctrine à apprendre par cœur. En oubliant que la foi est un don de Dieu et une expérience de rencontre avec le Dieu vivant. C’est une rencontre avec le Dieu caché qui se laisse trouver par la foi. Nous avons tellement voulu mettre Dieu dans une boîte en disant si tu veux croire en Dieu c’est cela, alors si tu ne comprends pas, c’est que tu es niaiseux. Cependant en disant que la foi est obscurité pour l’intelligence on comprend mieux qu’il faut accompagner les personnes qui sont plus nombreuses à croire qu’on pense. Ils sont juste confrontés à l’obscurité de la foi. Ils ont besoin de vivre des expériences de Dieu pour s’ouvrir tranquillement.
J’aime dire aux jeunes adultes qui viennent faire leur parcours de catéchèse:« je ne m’attends pas à ce que tu crois à tout cela du jour au lendemain et que tu deviennes un spécialiste sur Dieu, mais que tu aies d’abord une ouverture pour y croire ». Pour l’instant, nous utilisons dans mes paroisses le parcours Alpha (qui est une forme d’introduction à la foi chrétienne dynamique et interactive) suivi de catéchèses plus spécifiques. Le parcours Alpha est excellent pour faire vivre aux jeunes adultes une expérience de Dieu qui permet tranquillement à leur intelligence d’adhérer à la vérité chrétienne et avec la grâce de Dieu de vivre quelque chose au niveau de la foi.
Analyser la foi, c’est fascinant et en même temps déconcertant. Si l’on récapitule, en premier lieu, nos sens entendent ou voient une vérité de foi. Ensuite, notre intelligence nous aide à faire un acte de foi, en disent cela c’est Dieu. Et notre âme grâce au don de la foi goûte à la présence de Dieu. Notre vie de croyant est une recherche du Dieu vivant dans notre monde, en disant : j’ai vu Dieu, j’ai rencontré Dieu. Cela n’est pas si simple pour tous les êtres humains. Les vérités de foi mettent l’intelligence dans l’obscurité, car celle-ci est faite pour des raisonnements logiques. Nous réalisons que grâce à la foi nous allons au-delà des choses : nous pourrions dire que dans la foi nous vivons une rencontre avec Dieu qui se dévoile à nous et nous sommes éblouis pas la lumière de Dieu. Nous disons alors que nous l’avons rencontré ou que nous avons passé du temps avec Lui dans la prière. En allant plus loin, nous pouvons affirmer qu’il suffit de faire un acte de foi pour rencontrer le Dieu vivant dans la prière.
Pour terminer, je pense au bienheureux Carlo Acutis qui disait que nous avons beaucoup plus de chance qu’il y a 2000 ans parce que nous avons seulement à nous rendre à une église tout près de chez nous pour aller à la rencontre de Jésus. Nous sommes très privilégiés, contrairement à certains endroits qui ont la messe une fois par an, ou quelquefois dans l’année. Nous avons le sacrement de la foi à porter de main. Pendant la messe, à la consécration, le pain et le vin deviennent le corps et le sang du Christ, c’est notre foi qui nous fait réaliser la présence substantielle du corps et du sang de Jésus alors que nos sens voient du pain et du vin. Prenons conscience de la grandeur de notre acte de foi qui fait confiance dans les Paroles de Jésus que l’Église reprend en célébrant l’Eucharistie : « Prenez et mangez-en tous : ceci est mon corps livrer pour vous […] ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés ».
Louis-Philippe Provost, ptre.
Chers confrères prêtres, responsables de paroisses, et personnes engagées dans la mission de l’Église,
À travers mon mandat de responsable de la pastorale des vocations, en ce temps où nous nous laissons inspirer par le dimanche de Bon Pasteur qui aura lieu le 8 mai, je souhaite vous adresser cette lettre pour que nous puissions ensemble nous soutenir dans la mission que porte l’Église d’engendrer de nouvelles vocations. En relisant mon histoire, je réalise que si je suis prêtre aujourd’hui c’est parce que j’ai rencontré des prêtres et de nombreuses personnes qui ont pu m’inspirer afin de répondre à cet appel de Dieu qui me dépasse totalement, mais qui s’est présenté à moi, dès le début, comme un chemin de bonheur.
Bien que le bonheur soit présent dans notre cheminement de foi, nous n’avons pas besoin d’analyser longtemps notre réalité sociale pour réaliser qu’il n’est pas évident pour un jeune qui a la foi de se projeter dans une vocation spécifique que ce soit le mariage, la vie consacrée ou la prêtrise. Il y a des hauts et des bas inévitables, tant dans nos vies personnelles qu’en Église et en société. Depuis plusieurs années, nous sommes dans un grand changement qui nous invite à aller vers autre chose. Un passage au désert qui nous laisse espérer une grande fécondité, qui nous laisse espérer un mystère pascal.
En participant au congrès annuel des responsables de la pastorale des vocations du Québec (l’ARDPV) en octobre 2021, j’ai été saisi par l’interpellation à promouvoir une culture de l’appel : on parle de l’appel au sens large. La promotion des vocations implique de faire route avec les jeunes de notre époque et de se laisser interpeler par eux (il n’est pas exclu que ce soit aussi des moins jeunes qui se présente à nous, nous sortons souvent du cadre 18-35 ans). Lors de ce congrès, nous avons eu la chance de passer une soirée avec des jeunes et d’écouter leur expérience d’appel. Ce fut très ressourçant de les écouter nous parler de leur engagement en Église. Dans ce sens, la culture de l’appel, c’est de donner des outils aux jeunes pour qu’ils écoutent cette voix bienveillante du Seigneur qui souhaite parler au cœur de ceux qu’Il appelle.
À l’image du jeune Samuel, dans la Bible, qui au conseil du prêtre Élie arrive à dire : « Parle Seigneur ton Serviteur écoute ! »Le témoignage de personnes de valeurs demeure tellement important chez les jeunes générations; eux qui rêvent d’authenticité et d’épanouissement. En ce sens, tous les fidèles ont un rôle à jouer dans la culture de l’appel. Je continue à croire que la paroisse et les mouvements d’Église peuvent être des lieux de cheminements significatifs où le Seigneur appelle encore, aujourd’hui, des ouvriers à sa moisson.
Il y a une quinzaine d’années, j’ai moi-même pu vivre cet appel au cœur de la vie paroissiale à Coaticook ou j’ai côtoyé des prêtres, des stagiaires (futurs prêtres) et des paroissiens priants et engagés qui m’ont donné le goût de m’impliquer en paroisse et même par la suite, d’y consacrer toute ma vie. Je réalise, maintenant, l’importance de ce terreau fertile et favorable où j’ai pu cheminer à mon rythme.
En février dernier, a eu lieu au Vatican un symposium intitulé : Pour une théologie fondamentale du sacerdoce. Le discours de clôture du pape[1] est un petit bijou que je recommande à mes confrères prêtres et à tous les fidèles. Le pape parle surtout du mystère de la proximité, en identifiant quatre proximités (pour les savoir, jetez-y un petit coup d’œil). Entre autres, il parle de la proximité avec le peuple de Dieu. Souvent dans mon ministère, je me sens un peu débordé, il y a tant de choses à faire comme la pastorale habituelle et les tâches administratives. Comment vivre cette mystique de la proximité avec le peuple dont nous parle le pape François dans le no 270 de La Joie de l’Évangile ? J’ai toujours la même prière qui m’habite quand j’arrive dans un nouveau milieu : « Seigneur envoie-moi des jeunes » ! Certains diront que j’ai peut-être été chanceux, ou que d’autres milieux que je n’ai pas connus sont moins évidents au niveau de la présence des jeunes, cependant le Seigneur a toujours répondu positivement à ma prière. Ce mystère de la proximité invite à aller à la rencontre des jeunes et des familles. La tâche est si immense, mais le temps nous manque, je pense qu’il suffit de faire nos petits pas quotidien, de peut-être s’intéresser à un jeune ou à une famille à la fois pour commencer. Je suis impressionné par les nombreuses jeunes familles qui fréquentent les assemblées dominicales dans les paroisses de la région de Sherbrooke. C’est pour moi un motif d’Action de grâce.
Dans la promotion vocationnelle, nous avons mis l’insistance cette année sur la vocation à la prêtrise, avec une affiche pour le dimanche du Bon Pasteur. Il serait bien d’en parler lors de nos célébrations du 8 mai pour la mettre en valeur. Sur l’affiche, le but a été de mettre en avant plan les ordonnés de 2019 avec un autre prêtre que nous avons ajouté pour avoir une présence de sagesse. Nous souhaitons faire un cycle au trois ans : l’année prochaine, ce sera une affiche pour la vie consacrée et dans deux ans pour la vocation du mariage. Dans le cadre de la pastorale des vocations, nous souhaitons aussi faire une journée avec de jeunes adultes et une journée familiale chaque année si cela est possible et réaliste. En plus d’autres projets et activités.
La quête spéciale de ce dimanche 8 mai pour l’Office diocésain des vocations est également un outil important dans notre diocèse pour continuer à promouvoir la pastorale des vocations, je vous remercie d’avance pour la grande générosité habituelle des communautés paroissiales.
En tant que responsable de la pastorale des vocations, je souhaite encourager tous les milieux à être proactifs, en ce qui concerne le rôle de tous les baptisés, dans la promotion de la culture de l’appel et de la pastorale des vocations. Afin qu’ensemble nous puissions, grâce à l’espérance qui nous habite, continuer à croire en un avenir rempli de promesses de bonheur.
Louis-Philippe Provost, prêtre, responsable de la pastorale des vocations.
[1]Lien électronique pour le discours de clôture du pape : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2022/february/documents/20220217-simposio-teologia-sacerdozio.html
9. L’anamnèse : « Nous annonçons ta mort, nous proclamons ta résurrection »
Au cours de la prière eucharistique, après le récit de l’Institution et la consécration, toute l’assemblée s’unit dans une grande acclamation appelée anamnèse. Ce mot vient du grec : ana (de bas en haut) et mnèsis (action de se souvenir). Mais, bien que la dimension du souvenir fasse partie du mouvement de l’anamnèse, elle n’en est pas la seule composante. Par cette acclamation, nous sommes dans un triple rapport au temps :
*Le passé : nous faisons mémoire de l’événement unique de la mort et de la résurrection du Christ.
*Le présent : nous reconnaissons que cet événement s’actualise encore aujourd’hui et qu’il donne un sens à notre vie.
*Le futur : comme la mort et la résurrection du Christ ouvrent à un avenir pas encore pleinement accompli, nous exprimons avec confiance notre attente de ce plein accomplissement.
La nouvelle traduction du Missel Romain propose quatre formules pour l’anamnèse. Dans la traduction latine, elles commencent toutes par MysteriumFidei, (mystère de la foi). Nous remarquerons quelques modifications aux formules que nous connaissions. Ainsi, pour la première acclamation, nous dirons désormais : Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. Cette modification provient du souci d’être fidèle au texte biblique qui est à la source de l’acclamation (Cor 11,23-26) et au texte latin qui est à la base de toutes les traductions.
Il sera important de porter attention à cette modification et aux autres nouvelles formules proposées pour l’anamnèse, pour continuer à en faire une acclamation qui monte vers le Christ, d’un même cœur et d’une même voix.
Marijke Desmet
10.« Les invités au repas des noces de l’Agneau »
L’invitation à la communion est maintenant ainsi formulée : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève les péchés du monde. Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau. » Nous étions habitués à l’inversion des deux phrases et surtout à la formule « Heureux les invités au repas du Seigneur. » Comment expliquer ce changement?
Dans l’édition originale latine, l’ordre des phrases est bien tel qu’on le trouve maintenant; voilà la première raison.
La seconde est beaucoup plus importante. « Les invités au repas du Seigneur » ne rend pas exactement le sens du texte original et pouvait se comprendre comme signifiant : heureux sommes-nous, nous qui participons à cette eucharistie. Or, le texte original suggère bien davantage. En effet, la phrase originale est une citation de l’Apocalypse, (19, 9). Il s’agit d’une « foule immense dans le ciel », celle du rassemblement des élus avec l’Agneau immolé et vainqueur. Les noces dont il est question ce sont celle du Christ avec l’humanité dans le Royaume de Dieu à la fin des temps et de l’histoire.
Oui, « heureux les invités au repas des noces de l’Agneau. » Quand nous communions à la messe, cette béatitude s’adresse à nous comme participants à la célébration et comme invités avec cette foule immense aux noces de l’Agneau. Notre joie est déjà un avant-goût du repas dans le royaume de Dieu. C’est ainsi que nos eucharisties nous projettent vers l’avenir, car nous annonçons la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne.
Gaëtan Baillargeon, prêtre du diocèse de Sherbrooke.
La retraite de carême est une tradition dans l’Église catholique. Il est bon de prendre un temps avec Dieu et se mettre « en retrait », se mettre un peu à l’écart de nos occupations ordinaires ne serait-ce qu’environ une heure pendant trois jours (le mardi 29 mars à 19h, le mercredi30 mars à 19h et le vendredi1er avril à 18h30 ; à l’église St-Philippe de Windsor). Prendre un temps afin de remercier Dieu pour son amour dans notre vie et lui confier tout ce que nous vivons.
Le thème de la retraite de ce carême sera : « Accueillir le don de Dieu ! » La question est de savoir ce qu’impliquent notre baptême et l’immense don qui en découle. Il y aura une thématique pour chaque jour.
La thématique du premier jour sera : « Accueillir l’Amour de Dieu ». La reconnaissance que Dieu nous aime tels que nous sommes est une expérience importante pour le chrétien. Peui mporte où nous en sommes dans l’accueil de l’amour inconditionnel que Dieu porte sur chacun de nous, ce sera une belle occasion d’y réfléchir.
La thématique du deuxième jour sera : « Accueillir la miséricorde de Dieu ». Une belle occasion pour comprendre, un peu plus, ce qu’implique la miséricorde de Dieu dans notre vie. Dieu est un père qui nous attend à bras ouvert. Lors de cette journée, après environ 30 min de prédication, nous vivrons un beau temps de célébration du pardon de 30 minet ceux qui le désirent pourront vivre une rencontre individuelle dans le sacrement du pardon.
La thématique du troisième jour sera : « Accueillir notre appel à la mission ». Comme baptisé, nous sommes tous missionnaires. Le pape Françoise disait en 2013 que nous sommes tous disciples-missionnaires : pas seulement disciples ou missionnaires, mais les deux ensembles. Nous verrons ce qu’implique dans notre baptême cette affirmation du pape François et nous découvrirons comment saint Paul est pour nous un modèle de missionnaire. Suivi de la messe et d’un temps d’Action de grâce avec exposition du saint sacrement.
J’aurais le privilège d’animer cette retraite. Ce sont des sujets qui me tiennent vraiment à cœur. Je pense que nous pouvons être fiers d’être baptisés et d’être des témoins de Jésus-Christ dans le monde d’aujourd’hui. Aussi, en 2017-2018, j’ai eu le privilège de former un petit groupe de jeunes adultes baptisés dans le but de vivre des expériences de missions au Québec et ensuite d’écrire mon essai de maitrise sur ce sujet. C’est riche de ces expériences et de ma vie de foi que je vous partagerai mes réflexions sur les sujets choisis. Au plaisir de peut-être vous voir lors de cette retraite, vous êtes tous les bienvenus !
Louis-Philippe Provost, ptre.
Cher frère,
Il s’est écoulé près d’un mois depuis le début de la guerre en Ukraine, qui cause chaque jour plus de souffrances à cette population martyre, et qui menace également la paix mondiale. L’Église, en cette heure sombre, est fortement appelée à intercéder auprès du Prince de la paix et à se faire proche de ceux qui paient dans leur chair les conséquences du conflit. Je suis en ce sens reconnaissant à tous ceux qui, avec grande générosité, répondent à mes appels à la prière, au jeûne, à la charité.
À présent, accueillant aussi de nombreuses demandes du Peuple de Dieu, je désire confier, de manière spéciale, les nations en conflit à la Vierge. Comme je l’ai dit dimanche à la fin de la prière de l’Angélus, le 25 mars, Solennité de l’Annonciation, j’entends accomplir un Acte solennel de consécration de l’humanité, et particulièrement de la Russie et de l’Ukraine, au cœur immaculé de Marie. Puisqu’il convient de se disposer à invoquer la paix en étant renouvelé par le pardon de Dieu, cela se fera dans le contexte d’une Célébration pénitentielle qui aura lieu dans la Basilique Saint Pierre à 17h00, heure de Rome. L’Acte de consécration est prévu vers 18h30.
Il se veut être un geste de l’Église universelle qui, en ce moment dramatique, porte à Dieu, par sa Mère et notre Mère, le cri de douleur de tous ceux qui souffrent et implorent la fin de la violence, et qui confie l’avenir de l’humanité à la Reine de la paix. Je vous invite donc à vous unir à cet Acte, en convoquant, dans la journée du vendredi 25 mars, les prêtres, les religieux et les autres fidèles à la prière communautaire dans les lieux sacrés, afin que le saint Peuple de Dieu fasse monter vers sa Mère la supplique, unanime et pressante. Je vous transmets, pour ce faire, le texte de prière de consécration appropriée, afin que vous puissiez la réciter, au cours de cette journée, en union fraternelle.
Je vous remercie pour l’accueil et la collaboration. Je vous bénis de tout cœur, ainsi que les fidèles confiés à vos soins pastoraux. Que Jésus vous protège et que la Sainte Vierge vous garde. Priez pour moi.
Fraternellement.
De Saint Jean de Latran, le 21 mars 2022
François
Ô Marie, Mère de Dieu et notre Mère, en cette heure de tribulation nous avons recours à toi. Tu es Mère, tu nous aimes et tu nous connais : rien de tout ce à quoi nous tenons ne t’est caché. Mère de miséricorde, nous avons tant de fois fait l’expérience de ta tendresse providentielle, de ta présence qui ramène la paix, car tu nous guides toujours vers Jésus, Prince de la paix.
Mais nous avons perdu le chemin de la paix. Nous avons oublié la leçon des tragédies du siècle passé, le sacrifice de millions de morts des guerres mondiales. Nous avons enfreint les engagements pris en tant que Communauté des Nations et nous sommes en train de trahir les rêves de paix des peuples, et les espérances des jeunes. Nous sommes tombés malades d’avidité, nous nous sommes enfermés dans des intérêts nationalistes, nous nous sommes laissés dessécher par l’indifférence et paralyser par l’égoïsme. Nous avons préféré ignorer Dieu, vivre avec nos faussetés, nourrir l’agressivité, supprimer des vies et accumuler des armes, en oubliant que nous sommes les gardiens de notre prochain et de la maison commune. Nous avons mutilé par la guerre le jardin de la Terre, nous avons blessé par le péché le cœur de notre Père qui nous veut frères et sœurs. Nous sommes devenus indifférents à tous et à tout, sauf à nous-mêmes. Et avec honte nous disons : pardonne-nous, Seigneur !
Dans la misère du péché, dans nos fatigues et nos fragilités, dans le mystère d’iniquité du mal et de la guerre, toi, Mère sainte, tu nous rappelles que Dieu ne nous abandonne pas et qu’il continue à nous regarder avec amour, désireux de nous pardonner et de nous relever. C’est Lui qui t’a donnée à nous et qui a fait de ton Cœur immaculé un refuge pour l’Église et pour l’humanité. Par bonté divine, tu es avec nous, et tu nous conduis avec tendresse, même dans les tournants les plus resserrés de l’histoire.
Nous recourons donc à toi, nous frappons à la porte de ton Cœur, nous, tes chers enfants qu’en tout temps tu ne te lasses pas de visiter et d’inviter à la conversion. En cette heure sombre, viens nous secourir et nous consoler. Répète à chacun d’entre nous : “Ne suis-je pas ici, moi qui suis ta Mère?” Tu sais comment défaire les nœuds de notre cœur et de notre temps. Nous mettons notre confiance en toi. Nous sommes certains que tu ne méprises pas nos supplications et que tu viens à notre aide, en particulier au moment de l’épreuve.
C’est ce que tu as fait à Cana de Galilée, quand tu as hâté l’heure de l’intervention de Jésus et as introduit son premier signe dans le monde. Quand la fête était devenue triste, tu lui as dit : « Ils n’ont pas de vin » (Jn 2, 3). Répète-le encore à Dieu, ô Mère, car aujourd’hui nous avons épuisé le vin de l’espérance, la joie s’est dissipée, la fraternité s’est édulcorée. Nous avons perdu l’humanité, nous avons gâché la paix. Nous sommes devenus capables de toute violence et de toute destruction. Nous avons un besoin urgent de ton intervention maternelle.
Reçois donc, ô Mère, notre supplique.
Toi, étoile de la mer, ne nous laisse pas sombrer dans la tempête de la guerre.
Toi, arche de la nouvelle alliance, inspire des projets et des voies de réconciliation.
Toi, “terre du Ciel”, ramène la concorde de Dieu dans le monde.
Éteins la haine, apaise la vengeance, enseigne-nous le pardon.
Libère-nous de la guerre, préserve le monde de la menace nucléaire.
Reine du Rosaire, réveille en nous le besoin de prier et d’aimer.
Reine de la famille humaine, montre aux peuples la voie de la fraternité.
Reine de la paix, obtiens la paix pour le monde.
Que tes pleurs, ô Mère, émeuvent nos cœurs endurcis. Que les larmes que tu as versées pour nous fassent refleurir cette vallée que notre haine a asséchée. Et, alors que ne se tait le bruit des armes, que ta prière nous dispose à la paix. Que tes mains maternelles caressent ceux qui souffrent et qui fuient sous le poids des bombes. Que ton étreinte maternelle console ceux qui sont contraints de quitter leurs maisons et leur pays. Que ton Coeur affligé nous entraîne à la compassion et nous pousse à ouvrir les portes et à prendre soin de l’humanité blessée et rejetée.
Sainte Mère de Dieu, lorsque tu étais sous la croix, Jésus, en voyant le disciple à tes côtés, t’a dit : « Voici ton fils » (Jn 19, 26). Il t’a ainsi confié chacun d’entre nous. Puis au disciple, à chacun de nous, il a dit : « Voici ta mère » (v. 27). Mère, nous désirons t’accueillir maintenant dans notre vie et dans notre histoire. En cette heure, l’humanité, épuisée et bouleversée, est sous la croix avec toi. Et elle a besoin de se confier à toi, de se consacrer au Christ à travers toi. Le peuple ukrainien et le peuple russe, qui te vénèrent avec amour, recourent à toi, tandis que ton Cœur bat pour eux et pour tous les peuples fauchés par la guerre, la faim, l’injustice et la misère.
Mère de Dieu et notre Mère, nous confions et consacrons solennellement à ton Cœur immaculé nous-mêmes, l’Église et l’humanité tout entière, en particulier la Russie et l’Ukraine. Accueille cet acte que nous accomplissons avec confiance et amour, fais que cesse la guerre, assure au monde la paix. Le “oui” qui a jailli de ton Cœur a ouvert les portes de l’histoire au Prince de la paix ; nous espérons que la paix viendra encore par ton Cœur. Nous te consacrons l’avenir de toute la famille humaine, les nécessités et les attentes des peuples, les angoisses et les espérances du monde.
Qu’à travers toi, la Miséricorde divine se déverse sur la terre et que la douce palpitation de la paix recommence à rythmer nos journées. Femme du “oui”, sur qui l’Esprit Saint est descendu, ramène parmi nous l’harmonie de Dieu. Désaltère l’aridité de nos cœurs, toi qui es “source vive d’espérance”. Tu as tissé l’humanité de Jésus, fais de nous des artisans de communion. Tu as marché sur nos routes, guide nous sur les chemins de la paix. Amen.
Je voudrais aborder brièvement la figure de Moïse qui est très importante pour nous dans notre préparation à Pâques. Je m’inspire du livre de Jésus de Nazareth : volume 1. Du baptême dans le Jourdain à la Transfiguration, de Benoît XVI. Les trois livres Jésus de Nazareth sont un véritable trésor pour méditer les Évangiles. Le pape émérite nous présente les Évangiles avec une grande simplicité et une très belle profondeur.
Quand on parle de la fête de la Pâque, il y a dans la Bible, le livre de l’Exode qui plonge le peuple de Dieu dans les racines de sa libération. Ce livre capital nous présente la marche des Hébreux dans le désert qui ont été guidés par Moïse pour sortir de l’esclavage en Égypte. L’Exode fait partie des cinq premiers livres de la Bible que l’on appelle le Pentateuque. Il y a aussi la Genèse, les Nombres, le Lévitique et le Deutéronome. Le Deutéronome a un caractère particulier et intéressant, il veut offrir au peuple juif une spiritualité de la Loi et non pas juste des commandements à respecter. À la fin de ce livre, Moïse dit que le Seigneur suscitera à son peuple un prophète tel que lui, un prophète tel qu’il n’en a jamais eu.
Moïse a été selon le Pentateuque le plus grand des prophètes. Avant d’aller plus loin nous devons comprendre c’est qu’est un prophète selon la Bible. Quand l’on entend le mot prophète, qu’est-ce qui nous vient à l’idée ?Il y a pour nous aujourd’hui, et il y avait pour le peuple d’Israël, le grand danger de confondre le prophète avec un devin qui prédit l’avenir avec des rituels païens. Donc, si le prophète n’est pas un devin, il nous faut aller chercher ailleurs ce qui qualifie le prophète.
Tout d’abord, Moïse avait la mission de guider le peuple de Dieu, donc de toujours le ramener à adorer un Dieu unique. C’est pour cela que le grand péché était toujours l’idolâtrie et les pratiques proscrites par Dieu : comme tout ce qui est divination, magie, nécromancie, etc. Qu’est-ce qui motivait le peuple de Dieu et motive encore aujourd’hui des personnes à aller vers ce genre de pratiques ? C’est souvent l’insécurité de l’avenir. Qu’est-ce qui va nous arriver ? L’avenir nous fait peur et il y a le danger de vouloir tout savoir. C’est là qu’entrent en scène les tentations à la facilité, il y a de nombreux faux prophètes qui veulent dire l’avenir pour répondre à cette insécurité et souvent le but est de se remplir les poches de manière malveillante.
Alors qu’est-ce qui différencie le vrai prophète ?Moïse nous en donne la réponse : ce qui devient décisif, nous dit Benoit XVI, c’est que Moïse a parlé à Dieu comme avec un ami. Il a eu dans l’intimité avec Dieu, le don de la Loi ;les 10 commandements. Nous avons là un critère de discernement très, très, fort, je dirais même puissant : toute religion qui ne m’amène pas à aimer Dieu comme un ami est fausse et peut être très malsaine. Nous pouvons réaliser que seule la foi chrétienne (dans une certaine mesure aussi le judaïsme, l’Islam et certaines religions issus des trois grandes religions monothéistes puisque les fidèles de ces religions adorent le vrai Dieu), cependant seule la foi chrétienne, nous amène à une relation personnelle d’amitié avec le Fils de Dieu qui comme deuxième personne de la Trinité a voulu prendre notre humanité.
Grâce à cette relation privilégiée avec Dieu, Moïse a pu guider le peuple de Dieu vers son exode qui était de quitter l’Égypte, de quitter le péché, de quitter les faux dieux et d’éviter toutes les abominations comme les pratiques divinatoires. Moïse a guidé le peuple vers la terre promise, mais cela n’a pas empêché Israël de continuer à avoir soif de salut, de souhaiter être sauvé, même si les Hébreux ont historiquement été sauvés de Pharaons. Il y a un autre salut plus profond que chaque être humain attend.
Le salut que Dieu nous offre est une réponse à la question : qu’est-ce qui va m’arriver ? Nous pouvons conclure à la lecture des Évangiles que le seul qui peut être présenté comme le nouveau Moïse c’est Jésus-Christ. Notre Seigneur vient répondre à cette soif profonde de l’être humain et Il guide l’humanité vers la Jérusalem céleste qui est le ciel nouveau et la terre nouvelle où il n’y aura plus de souffrance. Jésus répond de manière parfaite au critère de ce prophète qui doit venir.
Dans son intimité avec Dieu, Moïse avait vu Dieu de dos, en étant caché dans le creux d’un rocher : c’est autour de cette expérience de Moïse que vient la fameuse sentence de la Bible : nul ne peut voir Dieu sans mourir. Il y avait toujours un voile pour Moïse et cela même s’il était le messager de Dieu. Avec Jésus le voile se déchire (même lorsque Jésus meurt sur la croix le voile du Sanctuaire se déchire nous dit l’Évangile de Matthieu) le Fils Lui à vu le Père face à face, grâce à son intimité avec le Père, il est le prophète par excellence dont nous avions besoin. Bien sûr, il est le Fils de David comme nous l’annonçons à Noël, mais Il est pleinement le nouveau Moïse qui nous apporte le salut total comme nous l’annonçons à Pâques. Le carême est une marche au désert où nous suivons le nouveau Moïse qui va donner sa vie pour nous et il est aussi un exode de nos fausses sécurités pour aller vers un salut total qui est la mort et la résurrection. Nous avons à quitter notre Égypte pour retrouver la liberté des fils et des filles de Dieu. La Pâque est notre fête baptismale par excellence qui nous replonge dans les grâces de notre baptême.
Jésus comme Prophète parfait amène un enseignement nouveau, ce qui choquait les scribes et les pharisiens. Benoît XVI fait remarquer, dans son livre, que Jésus ne correspondait à aucune école rabbinique de son temps, il est le prophète qui parle avec autorité, car il est le prophète par excellence qui apporte le salut à l’humanité. Devant le témoignage du Fils de Dieu qui nous révèle l’intimité de l’amour du Père, nous pouvons avoir confiance en Dieu et une confiance renouvelée en l’avenir. Laissons nous interpeler par ces Paroles de saint Paul : « Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ». Nous pourrions ajouter ni la crise sanitaire, ni la guerre ne nous séparera de l’amour de Dieu.
Jésus nous aide à quitter toutes nos fausses sécurités, les faux-semblants qui veulent contrôler notre liberté. Qui m’a vu a vu le Père dit Jésus à Philippe : comme disciples de Jésus, nous sommes pleinement impliqués dans cette relation d’amitié avec Dieu, nous avons ce lien privilégié pour être en communion avec le Père par notre baptême qui nous a faits enfants de Dieu.
Et nous m’avons plus peur, car nous avançons avec confiance vers la révélation et la glorification des Fils de Dieu selon les mots de saint Paul. En cette marche vers Pâques, prenons conscience que notre baptême est la plus belle chose qui nous soit arrivée dans notre vie. Alors mes amis, nous aussi prophétisons par notre amitié avec Dieu !
Louis-Philippe Provost, ptre.
Le mot vertu semble appartenir à un passé lointain où on mettait peut-être plus d’importance sur la manière de faire les actions en vue du bien que sur l’amour gratuit de Dieu. J’ai été étonné de voir qu’à notre époque contemporaine dans l’accompagnement de jeunes qui ont vécu des difficultés, les travailleurs sociaux parlent de l’importance d’une bonne routine qui les aidera à atteindre leur but qui est une meilleure qualité de vie. Donc, il est nécessaire d’avoir de bonnes habitudes pour réussir à être épanoui et équilibré dans notre vie. Les vertus seraient alors ce qui nous aident à acquérir de bonnes habitudes au fil de nos efforts et de nos expériences de vie positives. « Les vertus sont une disposition permanente à vouloir le bien » (André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie).
Dans la vie spirituelle, le Bien qui est Dieu demeure toujours notre objectif principal et le but ultime de notre vie est de devenir de meilleures personnes en vue du Bien par excellence. Évidemment avec l’aide de Dieu, mais aussi en faisant des actions qui peuvent nous aider à atteindre cet objectif. Il faut tout de même spécifier que les vertus dites théologales (la foi, l’espérance et la charité) sont données directement par Dieu. Cependant, quand on parle d’une personne vertueuse, ce sont des vertus acquises qu’on veut parler. Comme les fameuses vertus cardinales : la force, la justice, la tempérance et la prudence. Aussi, je pense que nos caractères et ce que nous sommes comme personne peuvent nous aider à acquérir plus facilement certaines vertus.
Il y a un ascenseur où j’habite. Je suis tellement habitué d’aller à la cuisine (je ne sais pas si c’est une bonne habitude, mais la sortie est aussi au même étage),que quand j’embarque dans l’ascenseur, il m’arrive d’appuyer sur le bouton spontanément, si bien que, parfois, je fais un détour puisque je ne voulais pas aller à cet étage. Rappelez-vous comment, à l’occasion, on va directement à un endroit en se disant en cours de route, ce n’est pas là que je voulais aller, mais la plupart du temps c’est une bonne chose. Ainsi en est-il des bonnes habitudes que nous avons acquises au cours de notre vie, cela nous sert très bien. Il est vrai que Dieu se donne à nous gratuitement et inconditionnellement, mais pour l’accueillir, il est très important de s’y disposer. Ce sera le défi de toute notre vie: comment se disposer à mieux accueillir Dieu ? Si nous voulons être en forme, cela prend de bons exercices et du temps qu’on consacre à cette fin. C’est la même chose si nous voulons être uni à Dieu dans notre quotidien, ça prend de bons exercices spirituels et du temps à y consacrer.
Les vertus seront toujours actuelles, peu importe le nom qu’on donnera à cette réalité : parce que c’est la réalité concrète de notre vie qui implique un travaille sur nous même en vue d’une bonne cause qu’elle soit humaine ou spirituelle. J’ai entendu dire que pour prendre une bonne habitude, l’être humain aurait en moyenne besoin de 21 jours. Cependant comme on le dit, une bonne habitude c’est si vite perdu et une mauvaise habitude, c’est si vite pris ou repris. Il est capital de réaliser que si nous voulons prendre de bonnes habitudes, ce n’est pas parce que nous sommes masochistes ou que nous nous pensons meilleur que les autres, mais c’est parce que cela porte du fruit. Nous devenons un arbre bien entretenu avec de bonnes racines, dans une bonne terre, qui porte beaucoup de bons fruits comme l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi : c’est l’énumération que fait saint Paul dans la lettre au Galate en parlant des fruits de l’Esprit.
Le carême est un temps favorable pour prendre un recul sur notre agir. La vie est une autoroute qui roule à toute vitesse et parfois, nous n’arrivons pas trop à bien réfléchir et l’on se concentre juste sur ce qu’il faut faire. Je nous suggère de prendre une route de campagne pour apprécier le paysage de notre vécu quotidien et pour avoir de belles prises de conscience. Le but n’est peut-être pas de faire plus, mais plutôt de faire mieux : qu’est-ce qui va m’aider pour être plus proche de notre Seigneur Jésus-Christ ? Parfois, on peut trouver que le chemin est long et pénible, on peut trouver que nous sommes loin des objectifs que nous souhaitons acquérir. Dernièrement, le Seigneur m’a permis de voir qu’il y avait dans ma vie des manières de faire qui sont bonnes : si nous analysons notre vie, nous remarquerons que nous avons beaucoup de positif. Personnelle, cela m’a encouragé à continuer la route pour me dire : qu’est-ce qui m’aiderait et que je pourrais améliorer avec l’aide de Dieu pour arriver à porter de meilleurs fruits dans ma vie ?
Si nous voulons vraiment être heureux, cela prend un équilibre de vie qui nous permet de continuer le chemin, même si nous traversons des bouts difficiles, nous aurons toujours un bon élan qui nous permettra d’aller plus loin en avant. La vie est un pèlerinage où nous avançons petit pas par petit pas en vue de découvrir Dieu caché dans toutes les réalités de notre vie. Souvent, c’est le petit pas qui permet de voir mieux que Dieu est là tout proche. Demandons à Dieu de faire fructifier les efforts que nous déployons au quotidien pour le rencontrer et l’aimer toujours plus.
Louis-Philippe Provost, ptre.
Il y a eu certains théologiens qui se sont questionnés à savoir si les démons avaient la foi. Il y en a qui n’ont pas grand-chose à faire, ce n’est pas de leur faute. Mais parfois, il y a des questions un peu drôles en apparence qui peuvent nous amener plus loin.
La première question à nous poser est de déterminer : c’est quoi la foi ? La foi est une vertu théologale qui est un don de Dieu. Une vertu normalement cela s’acquiert, comme avoir la patience de tout lire ce qu’on a commencé, surtout les textes des curés. Les vertus théologales sont dans une classe à part, elles sont infuses dirons-nous, puisqu’elles sont données par Dieu directement, nous ne pouvons pas les acquérir par nos propres forces, mais nous pouvons nous y disposer par différentes pratiques. Par exemple, saint Paul dit que la foi nait de la prédication qui est l’actualisation de la Parole de Dieu. La foi nait de la prière aussi, de la charité et du témoignage. La foi manifeste une relation avec Dieu. Une relation qui idéalement est agape qui veut dire une relation tendant vers un amour désintéressé.
En terme théologique, nous allons parler de la foi ayant trois facettes : confiance, adhésion et certitude.
Dans le chapitre un de l’Évangile de Marc, il y a un esprit mauvais qui interpelle Jésus en disant : je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. Ce n’est pas une prière, mais une affirmation très réaliste venant d’un esprit mauvais. Jésus l’interpelle vivement en disant: tais-toi ! Parce qu’il appartient seulement aux enfants bien-aimés de Dieu de confesser qui est son Fils. Il appartient aux fils et aux filles de Dieu de dire que Jésus est l’envoyer du Père, dans la foi :la foi dans sa profondeur et sa richesse et cela dans la charité vécue, car sans amour comme le dit saint Paul tout est comme une cymbale retentissante. Quand nous verrons Dieu, il ne restera que la charité dit aussi l’apôtre.
Nous avons toute la vie pour approfondir notre foi. Chaque jour est une belle occasion de renouveler notre relation avec Dieu, car nous n’aurons jamais fini sur cette terre bénie de découvrir comment il est grand le mystère de la foi. Il est grand le mystère de la foi parce que l’objet de notre foi c’est Dieu. Dans notre quotidien, nous pouvons partir à la découverte des occasions de professer notre foi.
Aujourd’hui, il y a tellement de discours de toute sorte, il nous arrive peut-être de nous demander auquel adhérer et à qui faire confiance ? La foi chrétienne nous amène aussi à réaliser que Jésus à une Parole unique, qui parle au cœur de l’humain, parce qu’il est la Parole du Père qui nous a créés. Notre foi nous invite à laisser retentir cette Parole au plus profond de notre cœur. Les Évangiles nous montrent que Jésus à une Parole libératrice, une Parole de compassion et une Parole de guérison. Nous sortirons toujours gagnant d’avoir mis notre foi en Jésus, il donne ce qu’il y a de meilleur à ceux qui mettent leur foi en Lui.
Que Jésus par sa Parole puisse venir nous renouveler dans la bonté du Père céleste. Bonté que nous pouvons laisser se déployer dans tout notre être puisque comme enfant de Dieu nous avons été créés dans cette Bonté. Dieu aussi a confiance en toi !
8. « Le » ou « les » péchés du monde ?
Pour être fidèle au texte latin du Missel romain, la Nouvelle traduction en français présente un changement dans le Gloire à Dieu, l’Agneau de Dieu et lors de la présentation du Corps et du Sang du Christ. Précédemment, nous disions Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde; dorénavant, nous employons la locution les péchés du monde.
Que nous suggère ce changement? En parlant du péché du monde, nous faisons référence à la réalité du mal qui se manifeste de multiples façons dans l’histoire, même actuelle. La foi chrétienne affirme que le péché n’est pas une fatalité mais plutôt une réalité que nous acceptons plus ou moins librement.
Dans sa première lettre, saint Jean rappelle aux disciples du Christ ce « en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. » (I Jn, 4, 9)Chaque personne participant à l’assemblée eucharistique est donc invitée avec ses sœurs et ses frères à se situer devant l’amour du Père qui nous libère du péché se manifestant sous bien des formes dans notre expérience de vie personnelle. Il le réalise par son Fils, l’Agneau de Dieu. L’emploi de l’expression les péchés du monde, nous ramène à notre propre expérience : pécheur, sauvé et en conversion évangélique alors que nous attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur.
André Godbout
9. L’anamnèse : « Nous annonçons ta mort, nous proclamons ta résurrection »
Au cours de la prière eucharistique, après le récit de l’Institution et la consécration, toute l’assemblée s’unit dans une grande acclamation appelée anamnèse. Ce mot vient du grec : ana (de bas en haut) et mnèsis (action de se souvenir). Mais, bien que la dimension du souvenir fasse partie du mouvement de l’anamnèse, elle n’en est pas la seule composante. Par cette acclamation, nous sommes dans un triple rapport au temps :
* Le passé : nous faisons mémoire de l’événement unique de la mort et de la résurrection du Christ.
* Le présent : nous reconnaissons que cet événement s’actualise encore aujourd’hui et qu’il donne un sens à notre vie.
* Le futur : comme la mort et la résurrection du Christ ouvrent à un avenir pas encore pleinement accompli, nous exprimons avec confiance notre attente de ce plein accomplissement.
La nouvelle traduction du Missel Romain propose quatre formules pour l’anamnèse. Dans la traduction latine, elles commencent toutes par Mysterium Fidei, (mystère de la foi). Nous remarquerons quelques modifications aux formules que nous connaissions. Ainsi, pour la première acclamation, nous dirons désormais : Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. Cette modification provient du souci d’être fidèle au texte biblique qui est à la source de l’acclamation (! Cor 11,23-26) et au texte latin qui est à la base de toutes les traductions.
Il sera important de porter attention à cette modification et aux autres nouvelles formules proposées pour l’anamnèse, pour continuer à en faire une acclamation qui monte vers le Christ, d’un même cœur et d’une même voix.
Marijke Desmet
La foi chrétienne n’est pas avant tout une affaire d’idée ou de raisonnement, mais c’est une affaire de cœur. Quand Dieu choisit le roi David, il est dit que le Seigneur regarde le cœur et ensuite l’Esprit s’empara de lui pour le faire grandir en sagesse (1 S 16, 1-13). Donc, le plus important, c’est la réalité de notre relation avec Dieu. Après cela, nos idées, nos raisonnements et notre intelligence peuvent servir cette réalité en demandant à l’Esprit-Saint de nous éclairer pour que ce soit toujours représentatif de la réalité de l’Amour de Dieu.
De son côté, l’extrémiste part de l’idée et l’absolutise. Dans l’Évangile où les disciples cueillent des épis de blé pour se nourrir le jour du sabbat, l’idée des pharisiens, c’est que le jour du sabbat on ne peut rien faire qui ressemble à du travaille, même si c’est pour faire du bien comme se nourrir.
Le sabbat est bon en soi, il faut se reposer, selon la Parole de Dieu dans la Torah, le Seigneur se reposa le 7e jour, mais l’homme à complexifier les affaires, jusqu’à détourner le but du sabbat qui est d’être en communion avec Dieu. La réalité est que les disciples ont faim. Alors l’idée empêche de faire du bien : ils n’ont pas le droit de cueillir des grains de blé le jour du sabbat.
Souvent, il y a des gens qui bâtissent leur religion autour des idées : quoi faire et quoi ne pas faire ? Ce n’est pas mauvais en soi, le Seigneur dit dans le livre du deutéronome de choisir le bien et d’évite le mal. Cependant, ce doit toujours être enraciné dans une vie de prière et une relation au niveau du cœur avec le Seigneur. Comme le dit saint Paul quelqu’un irait jusqu’à donner sa vie, s’il n’y a pas l’amour en lui, ce serait en vain qu’il le ferait.
Nous sommes invités à penser que notre relation avec Dieu est d’abord une affaire de cœur.
Cela me fait penser à la manière que le Seigneur a utilisée pour m’apprivoiser. Comme le Petit Prince avec son Renard.
Un jour, un prêtre m’a dit que le Seigneur est venu me chercher dans un champ à Coaticook, comme il l’a fait pour David. Cela m’a fait bien rire, mais c’est un peu vrai. C’est vrai pour chacun de nous, car le Seigneur part à la rechercher d’une relation de cœur avec nous. À l’époque, je me promenais beaucoup dans le parc de la gorge de Coaticook à contempler la nature. Je cueillais des mures sauvages dans mes « spots » secret (si vous voulez les savoir oubliez ça, ils sont secrets). J’ai même fait le travail d’aller chercher des vaches dans les champs à 4 heures du matin pour la traite.
Mon cœur s’ouvrait à Dieu tranquillement. Le Seigneur, le Bon Berger, est parti à la recherche de sa brebis perdue. Je me souviens que lors d’une procession de la Croix, un Vendredi saint, je suivais à distance la procession en faisant le trajet, mais l’autre bord de la rivière, il y avait un ravin, pour ne pas dire une gorge, qui nous séparait, la communauté et moi. Tranquillement, Dieu a aplani les ravins dans ma vie et m’a appelé à une vraie relation avec Lui et en Église. Comme le dit le psaume 23 :
« Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie ; j'habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours ».
De mon expérience, je tire la conviction que la foi en Dieu est d’abord une réalité et une expérience à vivre. Peu importe tout ce qu’on en dira, il faudra toujours d’abord le vivre. Et ensuite choisir la bonne source pour s’informer et avoir une bonne doctrine parce que c’est intelligent de croire. Nous sommes invités à puiser à la source de la Parole de Dieu et de l’enseignement de l’Église. En lisant les Évangiles, nous découvrons que Jésus a une vision de la religion très équilibrée.
Ne nous laissons pas troubler par les idées qui cause la division dans l’Église et qui accusent. Je termine par cette Parole de saint Paul : « Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte » (Ph 4, 8 .
Il y a eu certains théologiens qui se sont questionnés à savoir si les démons avaient la foi. Il y en a qui n’ont pas grand-chose à faire, ce n’est pas de leur faute. Mais parfois, il y a des questions un peu drôles en apparence qui peuvent nous amener plus loin.
La première question à nous poser est de déterminer : c’est quoi la foi ? La foi est une vertu théologale qui est un don de Dieu. Une vertu normalement cela s’acquiert, comme avoir la patience de tout lire ce qu’on a commencé, surtout les textes des curés. Les vertus théologales sont dans une classe à part, elles sont infuses dirons-nous, puisqu’elles sont données par Dieu directement, nous ne pouvons pas les acquérir par nos propres forces, mais nous pouvons nous y disposer par différentes pratiques. Par exemple, saint Paul dit que la foi nait de la prédication qui est l’actualisation de la Parole de Dieu. La foi nait de la prière aussi, de la charité et du témoignage. La foi manifeste une relation avec Dieu. Une relation qui idéalement est agape qui veut dire une relation tendant vers un amour désintéressé.
En terme théologique, nous allons parler de la foi ayant trois facettes : confiance, adhésion et certitude.
Dans le chapitre un de l’Évangile de Marc, il y a un esprit mauvais qui interpelle Jésus en disant : je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. Ce n’est pas une prière, mais une affirmation très réaliste venant d’un esprit mauvais. Jésus l’interpelle vivement en disant: tais-toi ! Parce qu’il appartient seulement aux enfants bien-aimés de Dieu de confesser qui est son Fils. Il appartient aux fils et aux filles de Dieu de dire que Jésus est l’envoyer du Père, dans la foi :la foi dans sa profondeur et sa richesse et cela dans la charité vécue, car sans amour comme le dit saint Paul tout est comme une cymbale retentissante. Quand nous verrons Dieu, il ne restera que la charité dit aussi l’apôtre.
Nous avons toute la vie pour approfondir notre foi. Chaque jour est une belle occasion de renouveler notre relation avec Dieu, car nous n’aurons jamais fini sur cette terre bénie de découvrir comment il est grand le mystère de la foi. Il est grand le mystère de la foi parce que l’objet de notre foi c’est Dieu. Dans notre quotidien, nous pouvons partir à la découverte des occasions de professer notre foi.
Aujourd’hui, il y a tellement de discours de toute sorte, il nous arrive peut-être de nous demander auquel adhérer et à qui faire confiance ? La foi chrétienne nous amène aussi à réaliser que Jésus à une Parole unique, qui parle au cœur de l’humain, parce qu’il est la Parole du Père qui nous a créés. Notre foi nous invite à laisser retentir cette Parole au plus profond de notre cœur. Les Évangiles nous montrent que Jésus à une Parole libératrice, une Parole de compassion et une Parole de guérison. Nous sortirons toujours gagnant d’avoir mis notre foi en Jésus, il donne ce qu’il y a de meilleur à ceux qui mettent leur foi en Lui.
Que Jésus par sa Parole puisse venir nous renouveler dans la bonté du Père céleste. Bonté que nous pouvons laisser se déployer dans tout notre être puisque comme enfant de Dieu nous avons été créés dans cette Bonté. Dieu aussi a confiance en toi !
Quand il fait très froid, comme ces jours-ci, il faut au minimum laisser sa voiture se réchauffer quelques minutes avant de partir. Sinon, elle risque de mal fonctionner et même d’être dangereuse. Je me souviens d’un moment étant jeune adulte où j’étais partie sans laisser réchauffer ma voiture un matin de grand froid et celle-ci n’avait tout simplement pas freiné au coin de la rue. Providentiellement, il n’y avait pas de voiture, mais j’ai eu toute une frousse. Maintenant que je suis sage et que je perds mes cheveux, je fais les choses autrement. J’essaie de réfléchir avant d’agir.
Il y a un certain parallèle à faire avec notre relation avec Dieu. La première lecture du jour nous montre l’appel de Samuel (nom qui veut dire Dieu exhausse). Si on veut être à l’écoute de Dieu afin que cela fonctionne bien, nous avons besoin de réchauffer notre moteur. Parfois, on peut penser que Dieu n’agit pas, qu’il est loin de nous, mais prenons le temps de nous réchauffer le cœur pour être à son écoute. De cette manière quand il viendra nous pourrons lui dire : « parle ton serviteur écoute ».
On peut se poser la question sur ce qui m’aiderait à me réchauffer le cœur pour être à l’écoute de Dieu ?
On peut aussi parler avec quelqu’un qui a une expérience de Dieu, dans le texte du jour, il est dit que Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, il manquait d’expérience, ce n’est pas un malheur, mais une occasion de chercher la vérité et d’aller plus loin. Malgré ma grande sagesse et l’éclaircissement de mes cheveux, je réalise que j’ai encore bien des choses à apprendre. Je sais qu’il faut faire réchauffer ma voiture pour éviter que ce soit dangereux. J’éprouve toujours une joie de demander conseil, à une personne qui a plus d’expérience que moi dans un domaine où je souhaite me perfectionner.
Dans la lecture, Samuel, grâce à Élie son maitre a réussi à se laisser réchauffer le cœur pour se mettre à l’écoute de Dieu. Il était déjà proche du Seigneur, mais il devait comprendre comme cela marche pour le reconnaitre.
J’espère que nous serons mutuellement les uns pour les autres des personnes qui pourront faire grandir les autres en sagesse et en bonté. Que nous saurons amener spécialement les jeunes vers ce qui est le meilleur pour eux ! Les amener à reconnaitre que Dieu les appelle par leur nom et qui parle a leur cœur. Si on a l’impression qu’il fait froid dans notre monde, que beaucoup souffrent, que beaucoup se cherchent, que la Parole de Dieu se fait rare. Nous pouvons prendre conscience que ceux qui vont réchauffer le monde nous sont peut-être confiés. Demandons à Dieu la sagesse de se laisser réchauffer le cœur en vue du bien de plusieurs.
En ce temps de Noël, nous pouvons nous laisser interpeler par les personnages de la crèche pour formuler des vœux de Noël.
Nous pouvons être une étoile qui montre le chemin vers le Seigneur en apportant de la lumière dans la vie des personnes qui nous entoure. Je vous souhaite de voir beaucoup de monde avec des étoiles dans les yeux, spécialement les enfants.
Nous pouvons être un peu comme le bœuf et l’âne, pas parce que nous avons une tête de cochon, mais parce que nous laissons de la place à Jésus dans notre crèche. Je vous souhaite de ressentir la chaleur de la présence de Dieu sous notre toit.
Nous pouvons être un peu comme les bergers qui se laisser interpeler par les anges qui sont des messagers de Dieu et qui font un détour pour aller à la rencontre de l’Enfant Jésus. Je vous souhaite de pouvoir aller visiter ceux qu’on aime et prendre soin d’eux comme de bons bergers.
Nous pouvons être un peu comme les anges, je ne vous conseille pas d’essayer de voler, mais nous pouvons nous joindre au cœur des anges pour chanter le merveilleux Gloria de la naissance de Jésus. Je vous souhaite de louer le Seigneur et de chanter notre joie de le connaitre.
Nous pouvons être un peu comme les rois mages qui vont sur le chemin pour aller à la recherche de l’accomplissement de la promesse de Dieu. Je vous souhaite d’être toujours à la recherche de Dieu et d’être attentifs aux signes qui révèlent sa présence.
Surtout, nous pouvons être un peu, beaucoup, comme Marie et Joseph qui disent oui au projet de Dieu dans leur vie et lui offre tout ce qu’ils sont, tout leur être, leurs affectivités et leurs énergies. Je vous souhaite un bonheur profond et durable de vivre l’amour de Dieu au quotidien un peu, beaucoup et passionnément comme la Sainte Famille.
Et n’oublions pas d’être nous même, de ne pas nous laisser envahir par autre chose que la paix et la joie de Dieu qui se révèle dans les petits gestes d’amour. Je vous souhaite que cette paix et cette joie soient au cœur de votre temps de Noël et de la nouvelle année. Que notre Noël soit remplie de rencontres qui nous font du bien. L’essentiel ce sont les personnes qui nous aime et que nous aimons et l’autre essentiel c’est la personne de Jésus faisantque notre amour est authentique et fait du bien au monde.
Je vous souhaite la santé et la sainteté, la sérénité et la solidarité et un bonheur toujours plus grandissant.
De tout cœur, je vous souhaite un joyeux Noël et une bonne et heureuse année 2022 !
Louis-Philippe Provost, ptre.
Le temps de l’avent est un temps particulier qui nous prépare à Noël. Eh oui… déjà Noël est à notre porte. Devant beaucoup d’incertitudes une chose est sûre : Jésus va encore naître à Noël cette année, car Il est toujours fidèle. Le temps de l’avent permet de stimuler notre attente pour préparer la crèche de nos cœurs afin d’accueillir le roi des rois, le Christ-Roi, qui arrive dans l’humilité d’un petit bébé. Notre préparation ne se limite pas à manger un chocolat chaque jour. La liturgie de la messe nous présente un calendrier de l’avent avec de beaux textes qui parlent de la venue de Jésus.
Même si Noël est notre lumière au bout du tunnel, l’avent nous indique une autre venue de Jésus qui est celle de la fin des temps. Le mot avent vient du mot « avènement ». Il y a deux venues du Christ et entre-temps, il se donne à nous dans la communion à travers le pain de vie qui est l’Eucharistie. La première venue est celle de l’Incarnation : il est venu à Noël, il a vécu la passion, il est mort sur la croix et il est ressuscité le dimanche de Pâques. La venue intermédiaire se trouve dans les sacrements de l’Église, spécialement dans l’Eucharistie où nous recevons Jésus à la messe. Et la deuxième venue du Christ est celle de son retour glorieux à la fin des temps.
L’avent se caractérise spécialement par une attente joyeuse : veillez, restez éveillés, ne vous endormez pas, le Seigneur vient. Nous pouvons nous garder une petite gêne pour ne pas chanter trop tôt « Merry Christmas » et « Jingle Bells », car Noël est seulement le 25 décembre. Nous entrons dans un temps privilégié où la sobriété de l’attente nous invite à ne pas chanter « Gloire à Dieu » à la messe pour le chanter pleinement à la messe de la nuit de Noël.
Au cours de l’avent, il y a une personne qui peut spécialement nous accompagner dans notre attente : cette personne c’est Marie la mère de Jésus. S’il y a quelqu’un qui a vécu l’attente de la naissance de Jésus de manière particulière, c’est bien la Vierge Marie. Elle portait en elle la grande attente d’un peuple qui est celle de la venue du messie. En même temps, Dieu réalisait en Marie le projet de réconcilier toute l’humanité par son Fils. Cette préparation avant Noël, nous permet de réaliser toute la bonté de Dieu envers nous, comme le dit Marie : « Il s’est penché sur son humble servante; désormais, tous les âges me diront bienheureuse ». Comme dans la vie de Marie, Dieu a déposé des dons dans notre vie : des dons de Dieu que nous sommes invités à faire naître au monde pour que Jésus grandisse dans la vie de nos contemporains. Jésus est le plus beau cadeau de Noël que nous pouvons offrir et partager à quelqu’un. Le défi est de le présenter dans un « emballage de Noël » attrayant qui donne le goût d’accueillir Jésus chez soi. Que Marie nous aide à offrir Jésus au monde avec beaucoup de douceur et de tendresse. Notre-Dame de l'Avent, priez pour nous !
Louis-Philippe Provost, ptre.
Que contient le Missel romain ?
En ouvrant le Missel romain, on trouve en introduction la Présentation générale et le Calendrier liturgique. La première partie contient les prières propres et les antiennes pour les célébrations, selon le temps liturgique de chaque jour de l’année.
La deuxième section comprend les textes de la liturgie de la messe proprement dite, avec ses treize prières eucharistiques actuellement en usage, des propositions pour la Prière universelle, les préfaces pour les divers temps liturgiques, fêtes et circonstances particulières, les bénédictions solennelles et les prières sur l’assemblée.
Viennent en troisième lieu les messes du Propre des saints inscrits au calendrier général de l’Église, celles des Propres nationaux dont celui du Canada, puis celles du Commun des saints. Dans la quatrième section, on retrouve les messes rituelles pour les sacrements et engagements de vie, pour les intentions et circonstances diverses : vie de l’Église et du monde, souffrances dans le monde, pour nous-mêmes et nos proches; cette section se clôt par les messes pour les funérailles et les défunts. Le Missel romain, en annexe, présente la vie des saints et saintes inscrits au calendrier liturgique de l’Église.
Chaque comité de liturgie, avec le président d’assemblée, peut ainsi proposer, selon les normes liturgiques, une célébration adaptée au temps et aux circonstances de la vie chrétienne et soutenir la vie spirituelle des chrétiens pour « la gloire de Dieu et le salut du monde » !
Qui a dit que la messe, c’est toujours pareil ?
André Godbout
C’est quoi au juste, un missel?
Le mot missel et le mot messe viennent d’une même racine. Le missel, c’est le livre qui contient les prières dont on se sert pour célébrer la messe selon le rite romain. Ainsi, que l’on soit dans sa paroisse, ou que l’on soit à Rio, à Bruxelles, à Abidjan, ou dans le Nunavut, si l’on se rassemble dans une église catholique, on va retrouver essentiellement la même célébration. La langue sera différente, mais le sens et les différentes parties seront les mêmes. C’est l’usage du missel qui permet cela. Il donne une dimension universelle à la célébration, en évitant que chaque président ne se concocte « sa » propre messe.
On parle du missel « romain », pour le distinguer des rites des Églises orientales et de certains autres rites qui ont cours dans l’Église catholique, tel le rite mozarabe dans certaines parties de l’Espagne et du Portugal, ou du rite ambrosien utilisé dans l’archidiocèse de Milan.
Le missel est à l’usage des prêtres et des différents intervenants de la célébration, mais il est d’abord à l’usage de toute l’assemblée. Telle une partition de musique, il prend vie quand il est « joué », quand il est mis en œuvre par l’ensemble des personnes participant à la célébration. Il devient alors pleinement ce pour quoi il est fait : un instrument au service de la relation et du dialogue entre Dieu et son peuple rassemblé.
Marijke Desmet
En posant cette question, j’ai réalisé que j’aurais pu aussi écrire comme titre : quel est mon projet de bonheur ? Nous avons tous des choses que nous aimons faire et qui nous font du bien. Alors, qu’est-ce qui nous rend heureux ? Est-ce que notre bonheur se trouve dans les sorties avec nos amis, en allant prendre une bière, en écoutant une série sur Netflix, en prenant un bon repas, en mangeant un sac de chips, en mangeant des biscuits au chocolat ?
Vous conviendrez qu’il faut d’abord distinguer ce qui est de l’ordre du plaisir. Il n’y a pas de mal à faire certaines actions qui nous font plaisir tout en restant raisonnables pour éviter que ça devienne désagréable. Manger un sac de chips au complet risque de nous rendre malade, ce ne sera pas une expérience agréable à long terme. Finalement, tout est une question d’équilibre : qu’est-ce qui me fera le plus de bien à long terme ? Dernièrement, quelqu’un me parlait de la tempérance qui se comprend par le choix de la juste mesure pour chaque chose et cela pas seulement au niveau de la nourriture.
En faisant une distinction entre le plaisir et la joie qui est plus durable nous pouvons nous poser la question sur le bonheur sous un autre angle : y a-t-il des choses plus profondes qui me rendent heureux ? On se réfère à ce moment-ci à des valeurs et des biens immatériels qui nous laissent un état de bonheur à long terme. Il y a la famille, l’amitié et ultimement l’amour, le service et le don de soi, la charité, la prière et la vie spirituelle, ainsi que notre relation avec Dieu. Sûrement, vous pourriez nommer d’autres réalités qui vous rendent vraiment heureux. Nous en sommes venus à découvrir une sorte de finalité de notre agir : nous tendons dans l’accomplissement de notre vie vers un bonheur plus grand. Nous aurions pu ajouter une catégorie entre ce qui est de l’ordre du plaisir et ce qui donne la joie durable. Ce sont les moyens pour être heureux qui touchent à l’équilibre de vie : comme un travail que nous aimons, faire du sport ou des activités physiques, avoir des loisirs, bien manger, etc.
L’essentiel est de réaliser que l’être humain porte en lui-même un immense désir de bonheur qui motive ses actions et ses choix de vie. Un désir qui est d’origine divine comme le dit le Catéchisme de l’Église Catholique. Pour prouver, en quelque sorte, cette affirmation, nous pourrions nous demander s’il existe quelqu’un qui souhaite être malheureux et qui ferait des choix en se disant : je veux être malheureux ? Ce serait vraiment absurde, car toute personne souhaite être heureuse et que si ses choix la rendent malheureuse, ceux-ci étaient tout de même dans le but d’être heureux. Les plus poqués de la vie veulent aussi être heureux, ils ont choisi le mauvais chemin, mais c’était tout de même dans le but d’être heureux.
De 13 ans à 20 ans et demi, j’ai vécu ce que j’appelle mes sept années de misère. Je vous épargne les détails, mais à la fin de ces années, je me suis retrouvé avec un sentiment de tristesse profonde. Je n’aimais pas ma vie, mais j’avais en moi comme un appel à changer. Il m’habitait un désir de quelque chose de beau, de grand et de noble. Comme j’avais été beaucoup à la messe avec mes parents quand j’étais petit, je me suis dit que je devais retourner à la messe, car à l’Église, je me sentais comme chez moi. J’ai donc été à l’église de mon quartier pour voir sur l’horaire les heures de messes. Sur cet horaire, il était écrit : « tu es précieux à mes yeux et je t’aime » (du livre d’Isaïe). Je me suis rendu compte que pendant ces années de misère tout ce que j’avais fait c’était pour aimer et être aimé. J’avais recherché à être heureux, mais de manière très maladroite et qu’à ce moment-là Dieu me disait : je t’aime ! Dieu me disait et me le dit encore (il nous le dit à nous tous) : je t’aime tel que tu es ! À ce moment, je me suis lancé dans la recherche de ma vocation un peu sans le réaliser. Je commençais à prendre en main ma recherche de bonheur. Pour ma part, j’explique la vocation comme étant un projet de bonheur. Bien sûr, il y a les vocations traditionnelles dans l’Église comme le mariage, la vie consacré et la prêtrise, cependant, c’est d’abord et avant tout un projet de bonheur que Dieu nous propose.
Toute cette réflexion nous montre que nous avons un but dans la vie et c’est le bonheur pour toujours. Un but qui doit épouser le but du Seigneur qui est de nous donner la vie éternelle que nous appelons la béatitude céleste. Nous nous trouvons devant une question importante : comment concilier la recherche du bonheur terrestre et la recherche du bonheur céleste ? Ou autrement dit : mon bonheur sur terre m’aide-t-il à construire mon bonheur éternel ? Je vous laisse répondre à cette question. Le Seigneur nous invite à ce que toutes nos actions et toute notre vie intérieure aient une saveur de Dieu : « goûtez et voyez comme est bon le Seigneur » comme nous le dit le psalmiste au psaume 33.
Ce qui pourrait nous aider c’est d’abord la Parole de Dieu avec principalement le texte des béatitudes (Luc 5, 3-12) qui est un beau texte à prier et à méditer. Ce texte nous montre que notre bonheur n’est pas dans les biens matériels : notre bonheur s’actualise lorsque nous sommes entièrement tournés vers Dieu dans tous les évènements de notre vie.
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés ».
La deuxième chose qui pourrait nous aider dans notre recherche de bonheur, c’est la vie communautaire. Ce peut-être en ayant une famille et chercher à y vivre des valeurs de l’Évangile. Ce peut-être en ayant des amis qui partagent le même idéal de bonheur que moi. Ce peut être en m’impliquant dans ma paroisse ou en faisant partie d’un groupe de prière et de cheminement dans la foi. À vous de voir quelle est la meilleure manière de chercher votre bonheur. Cependant, une chose est sûre on ne peut pas le faire tout seul, nous avons besoin de nos frères et sœurs dans la foi pour nous aider. Nous sommes appelés au bonheur en Église comme peuple de Dieu. D’ailleurs, cela nous fait réaliser que la mission de l’Église est de nous conduire à la béatitude céleste. Nous avons nos hauts et nos bas, néanmoins nous sommes invités à ne jamais renoncer à la grandeur de notre appel.
Pour conclure, il y a une troisième réalité qui peut nous aider, c’est de penser à des personnes qui ont été pour nous des modèles de bonheur. Comme prêtre, il y a plusieurs de mes paroissiens qui m’inspirent beaucoup, il y a eu des gens de ma famille qui m’ont énormément inspiré et aussi des personnes que j’ai côtoyées à différents moments de ma vie. En Église, nous avons également des modèles qui nous sont proposés, ce sont les saints et les saintes. Nous pouvons nous inspirer de nos amis du ciel. Je pense à saint Augustin qui a été un grand chercheur de Dieu, il a réalisé que sa quête de tous les instants était une quête de Dieu en disant: «Tu nous as faits pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose pas en Toi ». Dernièrement, le pape François a béatifié le jeune Carlo Acutis. Il a été le premier bienheureux à être né dans le nouveau millénaire. Il a été un jeune bien ordinaire, mais sa vie était toute tournée vers Dieu. Son bonheur était orienté vers le bonheur du ciel. Il est mort à 15 ans d’une leucémie. Ce qui m’interpelle chez lui, c’est son grand amour pour l’Eucharistie, il avait décidé d’aller à la messe tous les jours. Il se disait qu’en faisant cela il deviendrait sûrement saint. Il a aussi avec ses capacités et ses talents fait un site internet sur les miracles eucharistiques. Sa recherche de Dieu n’était pas compliquée. En se sens, je le trouve inspirant pour nous. Maintenant, c’est à nous de découvrir notre chemin de bonheur avec Dieu.
Mois missionnaire : Réflexions sur les textes bibliques des dimanches d’octobre 2021 disponible sur www.missionfoi.ca : Par l’Abbé Alexandre Kabera.
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Mc 12, 30-31)
En ce dimanche qui termine le Mois missionnaire, le texte biblique nous ramène à l’essentiel de la foi chrétienne : l’amour. La première lecture contient le ShemàIsrael, la prière quotidienne d’Israël, tirée du Deutéronome : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » (Dt 6, 4-5) Cette prière est l’équivalent du « Notre Père ». Nous, chrétiens, nous le répétons avec amour, sachant bien que le Seigneur notre Dieu est vraiment unique, mais pas solitaire, et nous adorons son unité dans la trinité des Personnes.
Dans l’évangile, Jésus rapproche l’amour de Dieu et l’amour du prochain et nous indique la voie à suivre pour parvenir à la sainteté. Celle-ci n’est pas seulement l’accomplissement de normes, mais la réalisation de l’amour vrai, car Dieu est Amour. Jésus fait ici un coup de maître : il relie l’amour du prochain à l’amour de Dieu, comme ne faisant qu’un seul précepte. Ce rapprochement concorde bien avec la pensée des prophètes où Dieu déclare : « C’est l’amour que je veux et non les sacrifices. » (Os 6, 6) Marc a fait de la rencontre entre Jésus et un scribe un épisode heureux. Après la réponse de Jésus, personne n’osait plus l’interroger.
Rappelons le thème qui nous a accompagnés tout au long de ce mois missionnaire qui s’achève : « Il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. » (Ac 4, 20) À la fin de ce mois missionnaire, c’est le temps de partir en mission. Attention ! le monde vit toujours sous l’emprise de la pandémie du coronavirus. Il n’est pas facile de se déplacer. Mais il existe plusieurs manières d’être missionnaires et de soutenir la mission. Faisons alors un geste pour la mission, une prière, un don et d'autres bonnes actions. Mettons de l’amour au cœur de la mission. Car l’amour de Dieu et du prochain, c’est l’essence même de l’action missionnaire, la base de toute initiative missionnaire.
Que Notre-Dame de la Mission et saint Joseph intercèdent pour nous.
Mois missionnaire : Réflexions sur les textes bibliques des dimanches d’octobre 2021 disponible sur www.missionfoi.ca : Par l’Abbé Alexandre Kabera
« Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Mc 10, 45)
La demande de Jacques et de Jean, ces suiveurs de Jésus qui, dès la première heure, ont tout quitté pour lui (Mc 1, 19-20), est audacieuse. Ils voudraient s’assurer une bonne situation d’avenir. Jésus leur confirme qu’ils auront un sort semblable au sien (Mc 10, 39). De fait, l’apôtre Jacques connaîtra le martyre vers l’an 44 (Ac 12, 1-2). De son côté, s’il est décédé de mort naturelle, selon la tradition, l’apôtre Jean est passé par des épreuves redoutables. Jésus provoque la réunion des Douze pour leur administrer une leçon magistrale. Le Maître leur fait prendre conscience de la façon dont l’Empire romain et ses sociétés civiles conçoivent l’autorité. C’est toujours une domination, souvent totalitaire. C’est le moment choisi par Jésus pour justifier sa position en donnant pour modèle sa propre personne. Il est venu « non pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 45). Jésus dévoile ici le sens dernier de son existence et de sa mission. Revenons sur l’attitude des fils de Zébédée. Ils furent les deuxièmes à suivre Jésus après Simon Pierre et André son frère. Quand Jésus annonce pour la troisième fois sa passion, ils furent de même les deuxièmes à réclamer une bonne place dans le royaume terrestre de Jésus. La question qui nous est posée est la suivante : quand tout va bien, nous sommes les bons disciples de Jésus. Mais quand les choses tournent mal, sommes-nous prêts à rester au côté de Jésus, le Messie appelé à connaître la mort et la résurrection ?
Aujourd’hui, nous évoquons saint Ignace d’Antioche, dit le Théophore, évêque et martyr syrien, deuxième successeur de saint Pierre sur la chaire d’Antioche. Grand témoin de la ferveur de l’Église apostolique, son amour pour le Christ a fait de lui un des plus grands apôtres et missionnaires. « Il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. » (Actes 4, 20) Nous sommes une communauté chrétienne, issue du sacrifice de Jésus. Nous devrions toujours vérifier si notre mode de fonctionnement est conforme à celui de son fondateur : le service et le don de soi jusqu’à l’extrême. La mission n’est possible que si les disciples restent disponibles et fidèles au service surtout de l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.
Que Notre-Dame de la Mission et saint Joseph intercèdent pour nous.
Mois missionnaire : Réflexions sur les textes bibliques des dimanches d’octobre 2021 disponible sur www.missionfoi.ca : Par l’Abbé Alexandre Kabera
Dimanche 10 octobre 2021
« Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » (Mc 10, 17)
L’épisode du jeune homme riche de l’évangile de ce dimanche concerne la manière dont on devient disciple de Jésus. La question est pertinente : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » (Mc 10, 17) Le Maître reconnaît qu’à ses yeux, la pratique des commandements divins est la voie normale et suffisante pour y parvenir. Mais la Bonne Nouvelle proposée par Jésus est l’appel à un dépassement. Il ne suffit pas d’être fidèle aux commandements de Dieu, il faut se mettre à la suite de la personne même du Messie. La pointe du récit n’est pas dans l’abandon des biens, mais dans l’attachement à la personne de Jésus-Christ. L’histoire de l’homme riche est rapportée à l’intérieur de la marche de Jésus vers sa passion. C’est pourquoi, suivre le Christ, et devenir chrétien, ne va pas sans un certain dépouillement.
« Il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. » (Ac 4, 20) Nous ne pouvons pas oublier le saint évêque Daniel Comboni, chez qui la sapientiacrucis a brillé intensément dans un don total de lui-même et un amour extraordinaire pour les peuples africains. Il mourut précisément le 10 octobre 1881 du choléra, à Khartoum, à l’âge de 50 ans. Sa devise – O Nigrizia o morte (la négritude ou la mort) – nous parle de son dévouement total à sa vocation missionnaire. L’Église lui doit, grâce à son Plan de régénération pour l’Afrique, une profonde évangélisation de ce continent.
Jésus lui-même a adopté un mode de vie pour sa mission : un ministère itinérant, détaché au maximum des conditions de la vie ordinaire : une famille et des biens. Dans le moment présent où nous sommes, Jésus renouvèle ce genre d’appel. Il dit à chacun et chacune d’entre nous : « Viens et suis-moi. » Il s’agit de dépasser la foi de nos pères et de devenir les disciples du Seigneur. C’est un dépassement que nous fait réaliser la grâce missionnaire.
Que Notre-Dame de la Mission et saint Joseph intercèdent pour nous.
Prière pour la paix attribuée à saint François d’Assise :
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant que l’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve soi-même,
c’est en pardonnant que l’on obtient le pardon,
c’est en mourant que l’on ressuscite à la Vie.
Amen.
Mois missionnaire : Réflexions sur les textes bibliques des dimanches d’octobre 2021 :
Par l’Abbé Alexandre Kabera
Dimanche 3 octobre 2021 :
« Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. » (Mc 10, 9)
Dans l’évangile de ce dimanche, les pharisiens posent la question concernant le renvoi de la femme par son mari. Jésus remonte le temps et cite le livre de la Genèse (Gn 1, 27) qui présente l’union de l’homme et de la femme comme une base solide sur laquelle l’humanité doit s’édifier. Cette unité primordiale, fondée sur le dessein de Dieu, est une réalité qu’il faut sauvegarder à tout prix. Jésus insiste avec fermeté : « Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. » (Mc 10, 9) De plus, Jésus montre à ses disciples que les enfants sont le modèle de l’accueil du Royaume de Dieu.
Le livre de la Genèse nous offre une belle image de la dynamique de la mission. Comme l’homme quitte son père et sa mère pour aller fonder son foyer, ainsi chaque personne appelée à être missionnaire quitte sa famille pour aller porter la Bonne Nouvelle ailleurs. Les destinataires ou bénéficiaires de la mission sont invités à accueillir l’annonce du salut avec la confiance et la gratitude des enfants.
Cette année, précisément, nous fêtons le 20e anniversaire de la béatification de Luigi et Maria BeltrameQuattrocchi, le premier couple d’époux à devenir bienheureux dans l’histoire de l’Église. Le pape Jean-Paul II, dans l’homélie de la messe de leur béatification, le 21 octobre 2001, Journée mondiale des Missions, disait : « Chers époux, je vous encourage à assumer pleinement votre rôle et vos responsabilités. Renouvelez-en vous-mêmes l’élan missionnaire en faisant de vos foyers des lieux privilégiés pour l'annonce et l'accueil de l’Évangile, dans un climat de prière et dans l’exercice concret de la solidarité chrétienne. »
Comme l’ont dit Pierre et Jean aux sacrificateurs et chefs du peuple qui leur demandaient par quel pouvoir, ou au nom de qui, ils parlaient au peuple et faisaient des miracles : « Jugez s'il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu'à Dieu ; car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu. » (Ac 4, 19-20) Nous aussi, dans un élan missionnaire inspiré par l’Esprit Saint, proclamons au monde les merveilles de notre Seigneur.
Que Notre-Dame de la Mission et saint Joseph intercèdent pour nous.
Prière du mois missionnaire à Notre-Dame de la mission :
Marie, par ton « oui » à l’Annonciation, Dieu envoie son Fils habiter notre humanité ! Comblée de grâce, tu es partie en toute hâte en visitation, porteuse de la mission. Mère de tous les disciples-missionnaires écoute notre prière. Fais-nous découvrir notre appel afin d’y répondre : « Me voici ! » Guidés par l’Esprit, envoyés par Jésus-Christ, nous annoncerons la Bonne Nouvelle à toute la Création, avec ton aide, ô, Notre-Dame de la mission. Amen !
Le texte et la prière viennent de l’Œuvre pontificale de la propagation de la foi, disponible sur le site internet www.missionfoi.ca avec d’autres textes et outils intéressants pour le mois missionnaire.
La figure de Pierre dans l’Évangile m’interpelle beaucoup, il nous ressemble avec ses hauts et ses bas, ses bons coups et ses moins bons. Nous pouvons voir en lui s’actualiser l’œuvre de Dieu : son appel, sa ferveur, sa faiblesse, son relèvement et sa grande mission. Cela m’a inspiré, il y a quelque temps, un slam, je vous le partage avec plaisir.
Pierre, trouve tes repères
Ne te laisse pas faire par l’adversaire
Le disciple est à la suite du Maître
Il a de la suite dans les idées
Il ajuste sa mentalité
Pour trouver la liberté des enfants de Dieu bien-aimé
Ce n’est pas un chemin facile
Le chemin facile est pour celui qui se défile
Bien sûr, il n’y a pas la file pour entrer
La porte est étroite et il faut se pencher
Notre orgueil nous laisse des prunes dans le front
Ce n’est pas ce que nous voulons, dans le font
Nous sommes partagés entre les efforts et la faiblesse
Le mal nous tient en laisse
Laisse ce qui te blesse
Nous dit notre Dieu merveilleux
Et suis-moi
Oui toi, suis-moi, marches à ma suite
Tu découvriras que derrière le renoncement
Se trouve le contentement
Le signe de la Croix n’est pas insignifiant
L’arbre a refleuri, l’eau vive a jailli
Le vent de l’Esprit m’a redonné la vie
Et j’ai dit oui, par trois fois
J’ai dit oui pour que Dieu soit victorieux dans ma vie
Prends ta Croix et suis-moi
Marche à ma suite, même si tu ne comprends pas tout de suite
L’amour te montrera le pourquoi de tes détours
Du reniement au martyr
C’est toi Dieu qui m’attire
Tu me tires vers le mieux
En toi tout est harmonieux
Dans notre société de performance où les athlètes brillent par leur exploit, où les vedettes sont adulées et où le salaire est souvent la référence du succès, nous pouvons nous questionner sur la véritable source du bonheur. Pourtant, nous savons que l’argent ne donne pas le bonheur et que les métiers humbles, mais nécessaires, sont la base de la société. L’idéal chrétien est une société où chaque personne est traitée dignement. Par exemple, les conditions de travail des infirmières nous questionnent; un travail digne c’est un travail qui permet d’avoir une vie équilibrée qui conjugue la famille, le travail, le repos et les loisirs. Il peut arriver, par exemple, pendant les études ou pendant des étapes importantes de notre vie, où nous cherchons à améliorer nos conditions de vie, que nous mettions temporairement la recherche de l’équilibre de vie de côté. Cependant, ce doit toujours être un idéal de trouver l’équilibre pour être en santé, heureux et épanoui.
Cela m’amène à voir l’équilibre qui est recherché dans la vie de l’Église. Nous avons hérité d’une vision hiérarchique très forte, bien que ce soit une réalité de l’Église, qui ne dit pas tout sur celle-ci. Il arrive que certaines personnes pensent qu’être prêtre ou évêque est une promotion. Si c’était vrai, ce serait bien injuste pour ceux qui ne peuvent pas l’être. Nous pouvons nous poser la question suivante : quel est le plus haut sommet dans l’Église ? Je répondrais sans hésitation : c’est la sainteté ! La sainteté est un l’équilibre humain et spirituel. Tous dans l’Église peuvent devenir des saints, du plus riche au plus pauvre, hommes et femmes de toute provenance culturelle. C’est la démocratisation de la grâce. Tout rôle institutionnel dans l’Église est un service. Que ce soit le ministère ordonné, ou un autre rôle institutionnel qui a une certaine importance. Nous pouvons même dire que nous sommes égaux au pape, et cela sans mettre en doute l’importance de son rôle. Il n’y a pas de plus ou de moins, c’est ensemble que nous formons un peuple de Dieu en marche, dans une variété de fonctions et de ministères ou chaque rôle est important. Notre bon saint Paul en parle abondamment en disant que dans l’Église «les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous » (1 Co 12, 5-6). Autant que nous affirmons que chaque personne a une égale dignité, autant que dans l’Église le baptême nous fait tous enfants de Dieu. Cela veut dire que chaque baptisé a cet immense potentiel de laisser Dieu le transformer intérieurement pour devenir un saint.
D’ailleurs, tous ceux qui pensent être au-dessus des autres sont mal partis, ils risquent de se cogner la tête en allant s’agenouiller au pied de l’Enfant Jésus dans les bras de Marie près de Saint-Joseph. Cette famille si sainte nous montre le chemin de l’humilité. Cela me fait penser à ma grâce de la nativité quand je suis allé à Bethléem, à l’endroit même où Jésus est né. Il fallait se pencher pour accéder à la salle, où plus loin, dans une petite grotte, notre Seigneur est né, mais en me penchant, je me suis cogné la tête ! Cela a été une belle image de ce que pourrait être mon sacerdoce si je n’accepte pas de me pencher pour être au service. L’orgueil peut nous donner bien pire que des prunes dans le front. Marie et Joseph nous ont donné un exemple universel d’abaissement. À leur exemple, des hommes et des femmes de toute condition sont devenus dans l’histoire de l’Église des saints et des saintes. « Il élève les humbles et comble de bien les affamés ». Demandons à Dieu la grâce de devenir affamé des biens du ciel.
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, une jeune carmélite bien simple ne se voyait pas faire de grands exploits spirituels et elle a compris que la sainteté consistait à laisser Dieu agir dans sa vie. Elle se voyait comme un petit enfant qui n’arrivait pas à monter le grand escalier de la perfection. Cependant, elle avait compris que c’est plutôt le Seigneur, dans sa grande bonté, qui vient prendre dans ses bras son petit enfant et lui fait monter les marches une par une. Dieu se plaît a passé pas des chemins d’humilité. Je pense aussi au Curé d’Ars : un curé bien modeste, dans un village inconnu de la majorité de ses contemporains, et Dieu fit des merveilles.
La sainteté est à notre portée, car ce n’est pas de s’élever soi-même par nos propres forces, mais de laisser Dieu agir dans notre vie. De reconnaître que Dieu seul peut faire des merveilles là où l’on avait vu que peine et misère. Je pense aux parents de la Petite Thérèse, Louis et Zélie Martin, c’étaient des gens bien ordinaires qui sont devenus des saints que l’Église nous propose comme modèle. Qu’ont-ils fait ? Ils ont vécu les joies et les défis du quotidien en étant fortement unis à Dieu tout simplement. Je pense que la sainteté doit nous attirer, non pas comme une élévation selon le monde, mais comme un abandon total à Dieu qui nous veut au service et à l’écoute de ceux qu’Il met sur notre route. Les plus hauts sommets dans l’Église commencent par l’importance de savoir se faire tout petit !
Louis-Philippe Provost, ptre.
Quand on pratique un sport, nous savons que nous devons au préalable nous échauffer et faire des étirements afin que nous soyons au maximum de notre potentiel. Si nous ne faisons que l’échauffement et que nous disons que nous avons fait du sport ce serait exagéré. Parce que l’important, c’est le sport que nous aimons. Lorsque je jouais au soccer, c’était surtout les parties qui m’intéressaient, mais je savais que l’échauffement au préalable était important pour être à mon meilleur.
Dans la vie de prière, il y a souvent des personnes qui mélangent la méditation et l’oraison. J’ai souvent rencontré des gens qui disent faire oraison et finalement, c’est de la méditation qu’ils font. Aussi, il y a des gens qui disent faire de la méditation et finalement ils font de l’oraison. Comment se retrouver là dedans. Toute image reste limitée, mais on pourrait dire que la méditation chrétienne est comme l’échauffement et les étirements avant le sport qui est l’oraison.
Définissons nos termes pour tout d’abord bien se situer. La méditation est un travail de l’intelligence pour bien se disposer à rencontrer Dieu. Par exemple, si je prends un texte de l’Évangile que j’aime beaucoup et que je visualise la scène, que je me pose la question sur ce que cela me dit maintenant et comment cela peut influencer positivement mon action. Je peux dire que je médite. Il y a de nombreuses manières de méditer dans la foi chrétienne. La méditation est une manière de se mettre en présence de Dieu et lorsque je suis entré dans un dialogue simple et familial avec Dieu, je suis dans la prière d’oraison. Car le but c’est le sport, comme je le disais et non pas l’échauffement.
Les termes pour parler de la prière peuvent parfois être mélangeant. Je pense qu’il est bon de faire une distinction claire entre la méditation et l’oraison. Alors qu’est-ce que l’oraison ? Nos sommes des « orants » (pas des orangs-outans) : des êtres créés pour entrer en relation avec notre Créateur. Nous pouvons laisser la parole à Thèrèse d’Avila, une sainte que j’aime beaucoup : l’oraison, dit-elle, est un dialogue intime d’amitié où on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimer (La Vie chap. 8). Pour simplifier on pourrait dire que faire oraison, c’est parler à Dieu en l’aimant, cependant il ne faut surtout pas oublier que c’est aussi écouter Dieu en l’aimant, et c’est là le défi; d’écouter ce que Dieu a à nous dire. En ce sens, l’expression de Thérèse est très belle, car elle met en valeur cet échange mutuel de paroles d’Amour. C’est magnifique de savoir qu’à tout instant nous pouvons nous arrêter et parler à notre Bon Dieu comme on parle à un ami.(L’oraison n’implique pas un travail intellectuel, elle est plutôt une sorte de repos dans l’Esprit de Dieu).
Contrairement au sport, il peut arriver dans la prière des moments où la méditation n’est plus utile et que l’oraison devient pratiquement naturelle : quand c’est le cas c’est merveilleux et il faut en profiter. Si vous vous assoyez à l’endroit où vous avez l’habitude de prier et qu’après avoir fait un salut à Dieu (qui veut dire un acte de foi) vous êtes en prière d’oraison, profitez-en ! Parce que, comme je le disais, la méditation est faite pour nous ouvrir à la prière d’oraison. Par exemple, certaines personnes lisent des livres pour se disposer à la prière ou avec d’autres façons de faire. Quand on goûte à la présence de Dieu, il est bon de fermer les yeux et d’être juste bien avec Dieu, de lui parler et de l’écouter comme on fait avec un ami. Se disposer à la prière est comme acquérir une bonne habitude, après un temps prolongé de fidélité cela devient naturel. Il n’est pas évident de savoir quand arrêter de méditer, si cela vous tanne et que vous avez juste le goût d’être en prière silencieuse, cela veut probablement dire que vous n’avez plus besoin de méditer. Après plusieurs années de méditation, il se peut que vous soyez prêt à faire simplement oraison, lâchez-vous lousse et si ça ne marche pas eh bien méditer, mais toujours dans l’optique que la méditation prépare l’oraison et à la prière silencieuse où nous vivons un cœur à cœur avec Dieu.
La croissance dans la vie spirituelle, n’est pas comme la croissance du corps humain. Il y a des hauts et des bas, mais Dieu est toujours là. La grande Thérèse d’Avila avouait qu’après de nombreuses années d’expérience d’oraison, elle devait parfois prendre un livre pour l’aider à prier. Il y a le livre par excellence des Écritures saintes, ou celui des vies de saints, ou des écrits spirituels qui peuvent nous aider.
Un de mes souhaits, comme prêtre, c’est que les gens prennent de plus en plus l’habitude d’aller parler de leur vie de prière avec un conseiller spirituel, soit un prêtre ou une personne de confiance qui a un cheminement éprouvé, afin de continuer à avancer dans la vie spirituelle, car je suis convaincu que Dieu veut faire des merveilles dans l’âme de chacun de ses enfants bien-aimés.
Louis-Philippe Provost, ptre.
Depuis mon baptême, je vis de l’économie sacramentelle et pendant plusieurs années, je ne savais pas vraiment ce que c’est. Il est étonnant de placer le mot économie relativement à la réalité sacramentelle. Tout d’abord, nous pouvons nous rappeler ce que signifie le mot sacrement dans l’Église catholique : « les sacrements sont des signes efficaces de la grâce, institués par le Christ et confiés à l’Église, par lesquels la vie divine nous est dispensée », nous dit le Catéchisme au no 1131. C’est dire que Dieu se donne à nous lorsque nous fréquentons les sacrements.
Avant d’aller plus loin dans notre réflexion, je m’attarderais au mot économie qui dans le langage commun désigne tout ce qui touche la croissance matérielle et cela dans une vision qui vise le maximum de profit. Cela ne rend pas tout à fait justice au mot économie. Le mot économie vient du grec « oikos» qui veut dire « maison ». L’économie dans son sens premier est « l’art de bien administrer une maison » (Le Petit Robert). Par cette définition, nous pouvons en déduire que le premier devoir des ministres (qui veut dire être au service) est de prendre soin de la maison commune en vue du bien des personnes qui en font partie. La vraie économie devrait toujours être au service des personnes de manière concrète.
Cette argumentation, nous fait réaliser toute la beauté de l’économie sacramentelle que Dieu a voulue pour chacun de nous. Personnellement, je définis l’économie sacramentelle en disant que Dieu a un plan d’amour pour nous, afin de communiquer sa grâce; donner tout son amour et toutes ses richesses à ceux qui s’approchent de lui. Dieu n’avait pas un plan quinquennal, mais un plan éternel où la charité sera la grande gagnante. Je pense que si les gens qui sont distants de l’Église comprenaient avec le cœur qu’en communiant à Jésus dans l’eucharistie ou en vivant la confession, il rencontre Dieu d’une manière forte et réelle, nos églises déborderaient de monde et les gens feraient la file pour vivre le merveilleux sacrement du pardon.
Dernièrement, j’ai eu le privilège de vivre plusieurs célébrations où des jeunes et des adultes recevaient des sacrements pour la première fois. Il y a eu des confirmations de jeunes et d’adultes (ou j’ai même présidé une célébration en étant délégué par mon évêque), des premières communions, des premiers pardons, nous avons célébré le baptême d’un adulte à la Pentecôte. Sans oublier, les baptêmes d’enfants, l’onction des malades à l’occasion, il y a aussi des gens qui se préparent au mariage, les confessions nombreuses ainsi que la messe dominicale et en semaine. J’ai moi-même vécu un sacrement qui a fortement changé ma vie en novembre 2019, celui de la prêtrise. Toute cette énumération, nous aide à réaliser que la vie sacramentelle est au cœur de notre vie de foi en tant que fidèle.
Dans toutes ces célébrations, il y a une chose qui m’a fortement interpellé, c’est que chaque sacrement est une effusion de l’Esprit Saint. Depuis la première Pentecôte, l’Esprit agit et sanctifie l’Église. Un sacrement c’est très grand, c’est une participation à la vie divine où Dieu nous donne sa grâce, également, il se donne lui-même dans l’Eucharistie. L’Esprit Saint souffle comme il veut dans son Église, nous ne voyons pas d’où il vient et où il va, mais nous savons qu’il est là.
Il y a une autre chose merveilleuse dans tout cela, c’est que Dieu a choisi d’avoir besoin de nous pour parfaire son œuvre. Il n’a pas seulement besoin des prêtres, mais de tous les baptisés. Dieu a besoin de nous et en participant à l’économie sacramentelle, nous sommes des messagers de la Bonne Nouvelle du Salut. Dieu vient visiter son peuple, Il nous donne des vivres pour la route, car nous cheminons vers notre patrie céleste. Saint Paul avait une grande conscience de sa participation à l’œuvre du Salut, il disait : « j’accomplis dans ma chair ce qui manque à la passion du Christ ». C’est tout de même osé, mais c’est dire qu’en participant à l’Eucharistie, en communiant au Christ, nous formons un seul corps avec Lui. Nous participons de manière personnelle à cette belle histoire d’amour. En étant unis à Jésus, nous découvrons que notre plus grande charité est de proposer au monde Jésus-Christ afin que le monde croie et qu’il goûte à cet amour qui comble véritablement les cœurs. Cet amour infini nous est donné dans les sacrements, profitons-en abondamment !
Chers paroissiens, dernièrement, a germé le beau projet d’un jardin public qui se veut un coin rassembleur sur le terrain de l’église Saint-Philippe de Windsor. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un désir de promouvoir des valeurs vertes et écologiques au cœur de notre communauté. Un petit comité vert a été créé afin de faire réaliser que la foi chrétienne invite à prendre soin de notre maison commune qu’est notre belle planète bleue : notre terre bien-aimée. Le pape François a d’ailleurs publié en 2015 l’encyclique Laudato Si qui rappelle notre responsabilité chrétienne envers l’environnement. Ce texte s’adressait aussi à tout homme et femme de bonne volonté. Laudato Si qui veut dire « sois loué » Seigneur : cela fait référence à saint François d’Assise et à son cantique de la création.
Notre projet de jardin public s’inscrit dans une vision de bonne volonté comme le premier de nombreux geste précis, il est le fruit d’un désir d’avoir un lieu convivial pour commencer à promouvoir la vision de l’Église sur l’environnement. Ce jardin pourra devenir un lieu qui rapprochera certaines personnes de l’Église. C’est une forme d’évangélisation, plus il sera beau, plus des gens éloignés de l’Église auront peut-être l’intérêt de venir voir ce qui se passe.
Nous parlons d’un jardin public, à ne pas confondre avec un jardin communautaire, car un jardin public nous place dans une attitude de gratuité, les fruits et légumes appartiennent à tous. C’est surtout la fraternité et l’expérience communautaire qui seront mises en valeur pour créer un petit coin agréable et convivial.
Si vous êtes intéressésà participer à ce beau projet, vous pouvez nous dire vos disponibilités : vous pouvez communiquer avec Andrée Paiement-Provencher notre animatrice de pastorale au 819-845-2237 poste 223 et par courriel agent.pastorale.windsor@gmail.com
Que ce projet nous aide à travailler la terre de notre cœur pour que le Seigneur vienne y déposer la semence de sa Parole !
La Paix soit avec vous, je vous bénis +
Louis-Philippe Provost, ptre.
PS: Je propose d’écrire près du jardin : « Sers-toi, mais laisse-en au curé » !
Hommage à nos agriculteurs
Qui sont les véritables seigneurs
La fécondité de la terre
Est tout ce qu’ils espèrent
Debout avant l’astre du matin
L’avenir leur appartient
Le dur labeur
Est loin de leur faire peur
La main sur le cœur
La main d’un travailleur
Honnête et droit
Est le plus grand des arbres dans les bois
Le cheval qui court la crinière dans le vent
Le veau qui gambade dans les prés
Le taureau qui prend le mors aux dents
Sont des images de leur liberté
Le citadin les envie de loin
De cette herbe toujours plus verte
Prète pour le temps des foins
Est de retour en pèlerinage dans ces contrées désertes
La vraie sagesse appartient
À l’homme et la femme qui ont les bottes dans les pieds
Les yeux vers le ciel
Et les mains à l’ouvrage
Demain sera plus beau
Parce que la terre qui est travaillée comme un tableau
Chef d’œuvre de ceux qui savent s’émerveiller de la beauté
Saura lui rendre une étonnante fertilité
Mille reconnaissances
À ceux qui nourrissent tous nos sens !
Louis-Philippe Provost, ptre.
Dieu tout-puissant, en nous donnant de régner sur l’oeuvre de tes mains, tu as fait de nous les collaborateurs de ta Création: Donne-nous la sagesse de respecter les ressources naturelles et de ne pas en abuser, afin que les générations à venir puissent continuer à louer ta générosité.
Par Jésus le Christ, notre Seigneur. Amen.
Traduction du Book of Common Prayer, Episcopal Church (1983)
Source: https://eglisesvertes.ca/outils/spiritualite/prieres-sur-le-theme-de-lecologie/
La Pentecôte que nous avons fêtée dimanche dernier nous envoie dans l’ordinaire de notre vie où nous pouvons demander à l’Esprit d’être notre bon ami. Une des choses les plus importantes à découvrir avec l’Esprit-Saint, c’est qu’Il est une personne, la troisième personne de la Trinité. L’Esprit-Saint est une personne, ce qui veut dire que nous pouvons avoir une relation personnelle avec Lui. Nous pouvons l’invoquer souvent pour agir dans notre quotidien afin de nous guider et de nous sanctifier.
Pour découvrir comment l’Esprit-Saint agit, il y a plusieurs images ou analogies que la Bible nous révèle pouvant nous inspirer sur le rôle de l’Esprit et sur sa manière d’agir. J’en noterai sept.
L’Esprit est le souffle (ou vent) de Dieu, la « ruah » en hébreux qui veut dire souffle. Il y a plusieurs allusions à l’Esprit comme souffle dans la Bible. Tout d’abord, l’Esprit est souffle dans le sens d’une respiration. L’Esprit est le souffle vital de l’homme et de la femme. Dans la conception biblique du monde Dieu par son Esprit donne la vie à l’être humain, Il lui permet de vivre : « Il insuffla dans ses narines, l’haleine de vie et l’homme devint un être vivant ». Aussi, l’Esprit à la création du monde planait sur les eaux. C’est dire que l’Esprit à un rôle vital dans l’œuvre de Dieu le Créateur. Dans la vie spirituelle, l’Esprit crée toute chose nouvelle et il peut renouveler n’importe quelle situation si nous lui demandons sa présence. Nous pouvons simplement dire dans notre quotidien : viens Esprit-Saint dans telle situation…
Ensuite, il y a l’eau vive. L’Esprit-Saint est cette eau vive qui purifie. Chaque sacrement est porteur de l’eau vive qui abreuve notre âme. Le baptême nous a donné cette eau vive de l’Esprit pour toujours et le sacrement du pardon nous renouvelle dans la miséricorde de Dieu. Dans la confession, nous sommes purifiés pour repartir à neuf, comme une bonne douche après une journée de travail. Remarquons qu’à la messe quand le prêtre consacre le pain et le vin pour qu’ils deviennent le corps et le sang du Christ, il invoque l’Esprit-Saint pour faire le « travail ».
L’Esprit-Saint est aussi le feu. Il enflamme les cœurs de l’amour du Seigneur. Plusieurs personnes qui ont fait une expérience de l’Esprit ont dit avoir ressenti en eux une chaleur. Le feu a cette capacité de se propager rapidement. Le curé d’Ars disait à propos de la prière, qui est toujours l’œuvre de l’Esprit, qu’une personne qui prie est comme une brindille de foin qui brûle et que si c’est plusieurs personnes qui prient ensemble cela devient un feu qui éclaire beaucoup plus. Cela nous fait réaliser que la prière communautaire, comme la messe ou l’adoration, a une grande valeur. Vivement la fin des limites de personnes.
Une image que j’aime beaucoup de l’Esprit-Saint c’est la colombe. Les Évangiles nous disent que l’Esprit est descendu sur Jésus comme une colombe. Ce beau symbole est très parlant, ce n’est pas pour rien que l’humanité en a fait le symbole universel de la paix. Ce qui se dégage de cette image, c’est comme on le dit : candide comme une colombe et également la douceur de l’Esprit. Quand l’Esprit nous habite, il y a une grande paix et un sentiment de bien-être. L’Esprit ne force pas la porte, il entre avec douceur, comme une brise légère.
Jésus avant de retourner vers le Père a dit qu’Il enverrait à ses disciples le paraclet qui veut dire un avocat ou un défenseur. Celui-ci prendra la défense des disciples contre des accusations injustifiées et leur révélera quoi dire en ces situations. Contrairement au Canadien de Montréal qui cherche toujours le défenseur idéal, du côté des chrétiens le défenseur parfait est toujours avec eux pour les protéger du tout mal.
Une autre image est celui du doigt de Dieu, là où l’Esprit-Saint agit il y a la touche de Dieu. Il suffit que Dieu touche de son doigt pour qu’il y ait des prodiges qui s’accomplissent. L’Esprit est la touche de l’Artisan par excellence.
Finalement, nous pouvons dire que l’Esprit-Saint est l’Amour, c’est clairement le mot qui le qualifie le mieux, en ajoutant à l’action de l’Esprit les effets de toutes les analogies que j’ai décrites. L’Esprit est l’Amour du Père et du Fils qui est donné au monde. Vivre une expérience de l’Esprit, c’est vivre une expérience de Dieu, car Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit !
Louis-Philippe Provost, ptre.
En ce temps où déjà plusieurs personnes s’activent pour préparer leur jardin. Je vous propose de reprendre les éléments importants d’un bon jardin et d’en faire des parallèles avec notre vie spirituelle. Premièrement, il y a la terre qui est nous-même : toute notre vie est une bonne terre afin que Dieu vienne y semer sa Parole. L’eau, cette pluie baptismale, nous a été donnée à notre baptême et l’eau de la grâce nous est donnée en tout temps. L’engrais (fumier et compost), ce sont les bonnes œuvres que nous accomplissons qui enrichissent notre terre. C’est Dieu qui donne la croissance et l’être, mais nous avons tous librement un rôle à jouer. Les insectes bons et nuisibles, ainsi que les belles journées ou les intempéries, ce sont les évènements de la vie. Nous avons beau avoir de grandes études ou pas, en vérité c’est la vie qui nous forme. Il y a aussi les mauvaises herbes, ce sont nos mauvaises actions qu’il nous est possible d’arracher à la racine avec l’aide de Dieu. Le travail du jardinier, ce sont nos efforts, notre constance, nos bonnes habitudes et notre persévérance. Il y a plusieurs années, mon père avait un jardin, très loin de la maison, qu’on n’arrivait pas à bien entretenir. Sous une couche d’herbes, il y avait des légumes, mais pas à leur plein potentiel puisqu’il manquait de soin. Et le soleil, qui est le soleil? Vous l’aurez deviné, c’est Dieu qui nous réchauffe de ses rayons. Tout cela afin de porter du fruit sous le regard bienveillant de Dieu.
Dieu notre Père, tu nous invites à porter du fruit selon nos dons et charismes, que notre vie soit cultivée sous ton regard d’amour et de miséricorde. Demandons à Dieu de nous attacher à son Fils Jésus, comme le sarment s’attache à la vigne pour porter du fruit. Que notre vie soit remplie de bons fruits et légumes de jardins délicieux et que le Seigneur vous bénisse + !
Louis-Philippe Provost, ptre.
Il y a de nombreuses choses merveilleuses que Dieu a faites. À travers toute l’œuvre de Dieu, permettez-moi, avec un regard de foi, d’en identifier six qui me paraissent les plus importantes. Nous verrons que notre histoire sacrée n’est pas exclue de cette grande et véritable histoire d’amour.
L’histoire de la création commence il y a des millions d’années. Il peut nous paraitre obscur de s’imaginer un Dieu personnel qui avait déjà le projet de nos créer depuis toute éternité et pourtant c’est la réalité. « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre », nous affirme le premier verset de la Bible. Le premier miracle de Dieu fut cette œuvre unique qui nous dépasse totalement. Dieu est patient, éternellement patient, c’est le cas de le dire. Les plus belles œuvres prennent du temps à faire. Il y a plusieurs théories scientifiques pour expliquer cette œuvre magnifique qui nous dépasse et nous dépassera toujours malgré les importantes découvertes scientifiques.
Dans cet immense univers avec des milliers de galaxies, il y a un petit point bleu qui est notre terre chérie. Quel grand miracle que dans cet infiniment grand, il y ait une petite planète où la vie se développe. Tout était mis en place, avec des millions de détails, pour que jaillisse la vie sur cette petite planète qui est comme un grain de sable dans l’univers. Cette vie n’est pas partie « toutcroche », au contraire, elle est orientée vers une fin, dans un ordre qui lui donne une splendeur inégalée. On dit que le hasard fait bien les choses et si l’on disait plutôt que Dieu fait bien les choses, d’ailleurs on dit aussi qu’il n’y a pas de hasard.
Et « tadam » ! L’être humain est notre troisième miracle. Un être doué de raison, il n’y en a pas d’autres dans la création qui a une âme intellective. Dans toute la création, l’homme et la femme ont une place unique : Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance (cf., Gn 1, 27). Seule créature qui a conscience qu’il existe et il peut par son intelligence embellir le monde. Vous allez peut-être me dire que l’homme et la femme font des bêtises, cependant, ils ne sont pas faits pour cela, Dieu les a créés pour une finalité bonne. Pour ce qui est des autres animaux, Aristote donne la distinction de trois sortes de créatures animées : l’âme intellective (l’homme), l’âme instinctive (les animaux) et l’âme végétative (les végétaux). L’âme végétative n’est pas un ado « évaché » sur le divan qui regarde la télé. Pour ce qui est des animaux, il en existe des plus intelligents que d’autres. Un jeune dit à sa mère croyante : « papa m’a dit que l’homme descend du signe ». Elle lui répond : « ah, ça, c’est seulement du côté de ton père ».
En parlant de bêtise, nous nous rendons compte que l’homme a besoin de Dieu et malgré la finalité bonne que Dieu a voulu pour lui, sa raison mal éclairée l’amène souvent à rater son coup. Dieu n’a pas abandonné sa création, il lui a donné un Sauveur et un Rédempteur. Le quatrième miracle est dans l’ordre de l’amour de Dieu envers les hommes, c’est le grand miracle du mystère pascal : Jésus est mort et ressuscité pour nous. Saint Jean nous dit que «Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle » (Jn 3, 16).
Il est gratifiant de réaliser que ce grand miracle est pour nous personnellement; pour toi et pour moi, Jésus a donné sa vie sur la Croix. Le cinquième miracle c’est toi ! Nous étions depuis toujours dans le vouloir de Dieu, notre nom était en quelque sorte écrit dans la paume de sa main comme le dit Isaïe. Dans notre cheminement, plus nous adhérons personnellement au vouloir de Dieu, plus nous pourrons nous épanouir comme personne humaine. C’est extraordinaire de voir que comme individu nous sommes importants pour Dieu, tous aussi importants les uns que les autres et en dépit de l’immensité de l’œuvre de Dieu, il a de la place dans son cœur pour toi et moi. Quelquefois, on croit que Dieu a d’autres choses à faire que de penser à nous ou qu’Il nous oublie, mais si l’on comprend que tout ce qu’Il a fait c’est pour l’homme.Alors on comprend aussi qu’il a son regard bienveillant posé sur nous à chaque instant.
L’œuvre de la grâce est incalculable, néanmoins, il reste un miracle que je souhaite identifier. Puisque dans la création l’eau donne la vie, eh bien, dans la rédemption, il y a le miracle de l’eau du baptême qui donne une nouvelle naissance. L’eau de notre baptême nous a faits enfants de Dieu et par la foi, nous avons part aux richesses de Dieu qui sont un océan d’amour infini. Nous sommes faits pour la vie éternelle et toute notre vie nous prépare pour le ciel. Que tous ces miracles nous permettent de nous émerveiller devant ce Dieu si bon qui a tout créé !
Louis-Philippe Provost, ptre.
En créole haïtien, le terme agneau n’est pas utilisé, nos frères haïtiens disent « Ti-mouton » Jésus. Non seulement Jésus est l’Agneau, mais il est aussi le Berger. Si Jésus avait voulu parler aux Québécois, il aurait surement parlé de vaches. Il y a quelque temps, j’utilisais l’exemple des fermiers qui apprennent soudainement que quelques têtes de bétail sont sorties des pâturages, ils partent à leur recherche et ils ne trouvent pas le repos tant qu’ils n’ont pas retrouvé leurs précieux animaux. À la fin de la messe, une paroissienne me disait qu’elle s’était imaginée un fermier costaud qui rapporte sa génisse sur ses épaules. L’image du berger avec ses brebis est peut-être un peu plus bucolique et elle a un caractère universel pour comprendre comment Dieu prend soin de son peuple. Il est intéressant de réaliser que l’agriculture se diversifie de plus en plus. La production ovine gagne du terrain et elle est en forte croissance au Québec.
Au temps de Jésus en Israël, l’élevage par excellence était celui des troupeaux de moutons. J’ai eu une petite expérience d’élevage de moutons. Un moment donné, une brebis a rejeté son agnelle après avoir mis bas. Nous avons dû la nourrir nous-mêmes et elle s’est attachée à nous. On était devenu comme sa mère et dès que nous arrivions dans l’étable, elle nous suivait partout. L’enclos n’était pas conçu pour les petits moutons, mais les autres avaient tellement peur qu’ils ne sortaient pas. Tandis qu’elle était un véritable chien (ou mouton) de poche. Cela en était presque fatigant avec son bêlement incessant. Quelqu’un l’avait même fait entrer dans la maison avec une couche, c’est une des choses les plus bizarres que j’ai vues ! Cette expérience me fait réaliser que les brebis qui s’attachent à leur berger ont une grande vulnérabilité.
Dans la manière de faire l’élevage des moutons au temps de Jésus, des hommes étaient avec leurs troupeaux à temps plein pour en prendre soin, c’était un mode de vie. Parfois, c’était les enfants qui en prenait soin, comme David le plus jeune de la famille qui était resté au champ lorsque le prophète Samuel était venu choisir un nouveau roi dans la maison de Jessé. Samuel l’avait envoyé chercher. David avait appris à la dure comment chasser le lion et les bêtes sauvages pour protéger ses brebis. On peut comprendre que face à Goliath, il a choisi une arme qu’il connaissait bien : la fronde et la pierre. Aussi, les propriétaires de troupeau pouvaient engager des mercenaires pour prendre soin de leur brebis. Jésus critique ce genre de faux bergers qui s’enfuient dès que le danger est important et laissent les brebis livrées à elles-mêmes. Jésus dit que le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Nous pouvons comprendre que Jésus parlait de lui quand il utilisait l’analogie du bon berger. Jésus fait tout en son pouvoir pour prendre soin de ses brebis et s’il laisse temporairement les 99 brebis, c’est pour aller chercher la brebis perdue. Il n’y a pas de meilleur berger que Jésus et nous pouvons prendre exemple sur lui pour être à notre tour de bons bergers pour ceux que Dieu nous confie.
Le rôle du berger en Israël est aussi de guider le troupeau à travers les collines escarpées du désert pour trouver de l’eau et un bon pâturage, c’est tout un défi quand on pense qu’il ne pleut pas très souvent là-bas. Nous pouvons être sûr que si nous nous laissons guider par Jésus nous serons en sécurité et bien nourris par la Parole de Dieu. En ce dimanche du Bon Berger, nous pouvons aussi prier pour que Dieu donne des prêtres à son Église, afin que le peuple de Dieu ne manque jamais de pasteurs qui sauront donner leur vie pour être au service de l’humanité.
Berger, mais aussi Agneau ! C’est très étonnant de voir que Dieu, en Jésus, a choisi un chemin de grande vulnérabilité. Les prophètes avaient annoncé que le Messie devait souffrir et porter le mal qu’il n’avait pas commis. Je suis toujours surpris devant ces choses qui semblent en apparence contraire dans la foi chrétienne. Notre grand roi est aussi un agneau vulnérable. Il a triomphé du mal par la non-violence et un amour total, même pour ses bourreaux. Isaïe avait annoncé le serviteur souffrant chargé de nos fautes et conduit comme une brebis muette à l’abattoir. Le chemin de la Croix a été comme une voie royale qui a mené à la glorification de Jésus.
Loin de nous accabler, l’amour de notre Bon Berger nous libère de toute culpabilité. Nous réalisons que par amour pour son peuple Dieu est allé jusqu’au bout et nous pouvons le suivre en toute confiance en étant sûrs qu’il saura nous guider vers un lieu d’abondance et de bonheur éternel : « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer » (Ps 23).
À travers la bénédiction solennelle de Pâques, la liturgie nous dit : « Ils sont finis les jours de la passion, marchons maintenant dans les pas du ressuscité ! » J’aime beaucoup cette proclamation qui nous aide à entrer dans la joie de Pâques après le carême, après le poids de l’hiver québécois et ajoutons cette année, la première année de cette fameuse pandémie qui vient de se terminer. Pas besoin de vous convaincre, je pense, pour réaliser que nous avons besoin de résurrection dans tous les aspects de notre vie.
Personnellement, la fête de Pâques m’aide toujours à retrouver un souffle nouveau et me laisser renouveler physiquement et intérieurement. En plus de la liturgie de Pâques, il y a plusieurs signes et symboles qui peuvent nous aider à vivre ce renouvèlement. Pâques est associé à la fécondité avec les œufs et les lapins de Pâques. L’œuf est une image de la vie qui jaillit hors du tombeau et nous savons que les lapins se multiplient très rapidement, cela montre l’abondance de la vie de Dieu.
La nature nous donne plusieurs autres belles images d’une renaissance. Déjà, nous voyons des oiseaux qui arrivent pour s’installer ou sont de passage en migration, cela nous annonce la venue prochaine du printemps. Dans la forêt, nous pouvons commencer à entendre des chants magnifiques qui n’étaient pas là depuis plusieurs mois. Le chant des oiseaux nous invite à élever notre voix pour louer le créateur qui nourrit les oiseaux du ciel et prend soin de nous par surcroit. Aussi, l’eau coule abondamment et nous entendons le doux murmure des ruisseaux qui nous dit que la vie jaillira bientôt. Il existe une source d’eau vive qui sera toujours là pour nous abreuver et cette eau vive vient du cœur de Dieu. Eau de Pâques qui purifie tout ce qu’elle touche. Grâce à cette eau les fleurs de printemps, plante fourragère et plusieurs autres plantes se prépare à se pointer le nez et sortir de l’obscurité. La vie est à ce point forte qu’elle perce la terre chaque printemps pour colorer la nature, verdir l’horizon et parfumer nos promenades printanières. Laissons-nous renouveler intérieurement par la joie de Pâques et extérieurement par la force de la nature qui revit au printemps. Il y a aussi le vent qui s’adoucit tranquillement et il se réchauffe en laissant présager de belle journée ensoleillée.
Nous sommes privilégiés de vivre cette heureuse alternance des saisons qui fait du Québec un endroit exceptionnel pour vivre. Le Seigneur nous donne même des cadeaux dans le cycle de la nature, car j’aime particulièrement la saison des sucres. Il y a de ces choses qui ne sont pas essentielles, mais qui selon moi rendent la vie plus belle. Pour moi, l’érable est le plus beau des arbres, parce qu’il a une mystérieuse générosité qui nous permet d’avoir du bon sirop d’érable. Au séminaire, là où on forme les prêtres, il y avait le débat si l’on devait aller à la cabane à sucre un vendredi (jour où l’on faisait nos activités) pendant le carême. Je me disais que si Dieu n’avait pas voulu que nous allions à la cabane à sucre en carême, il aurait fait couler les érables à un autre moment. C’est sur qu’un repas de cabane le Vendredi saint fait sortir de l’esprit de la journée, ce n’est pas l’idéal. La sève est comme une image de l’Esprit-Saint, car celui-ci est en nous comme une sève et c’est par nos actes de charité que l’Esprit nous transformer. Nous sommes chauffés au feu de l’Esprit pour devenir bonté pour le monde.
Que la résurrection de Jésus et tous ces signes de résurrection que la nature nous donne nous aide à entrer dans la joie de Pâques. Il est fini le temps du désert, c’est maintenant le temps du dessert : il est fini le temps du carême, c’est maintenant le temps de la résurrection. Que Dieu vous comble de la joie de Pâques et vous illumine de sa vie de ressuscité, joyeuse Pâques !
Louis-Philippe Provost, ptre.
À travers la bénédiction solennelle de Pâques, la liturgie nous dit : « Ils sont finis les jours de la passion, marchons maintenant dans les pas du ressuscité ! » J’aime beaucoup cette proclamation qui nous aide à entrer dans la joie de Pâques après le carême, après le poids de l’hiver québécois et ajoutons, après la première année de cette fameuse pandémie. Pas besoin de vous convaincre, je pense, pour réaliser que nous avons besoin de résurrection dans tous les aspects de notre vie.
Personnellement, la fête de Pâques m’aide toujours à retrouver un souffle nouveau et me laisser renouveler physiquement et intérieurement. En plus de la liturgie de Pâques, il y a plusieurs signes et symboles qui peuvent nous aider à vivre ce renouvellement. Pâques est associé à la fécondité avec les œufs et les lapins de Pâques. L’œuf est une image de la vie qui jaillit hors du tombeau et nous savons que les lapins se multiplient très rapidement, cela montre l’abondance de la vie de Dieu.
La nature nous donne plusieurs autres belles images d’une renaissance. Déjà, nous voyons des oiseaux qui arrivent pour s’installer ou sont de passage en migration, cela nous annonce la venue prochaine du printemps. Dans la forêt, nous pouvons commencer à entendre des chants magnifiques qui n’étaient pas là depuis plusieurs mois. Le chant des oiseaux nous invite à élever notre voix pour louer le Créateur qui nourrit les oiseaux du ciel et prend soin de nous par surcroît. Aussi, l’eau coule abondamment et nous entendons le doux murmure des ruisseaux qui nous dit que la vie jaillira bientôt. Il existe une source d’eau vive qui sera toujours là pour nous abreuver et cette eau vive vient du cœur de Dieu; eau de Pâques qui purifie tout ce qu’elle touche ! Grâce à cette eau les fleurs de printemps, plantes fourragères et plusieurs autres plantes se préparent à se pointer le nez et sortir de l’obscurité. La vie est à ce point forte qu’elle perce la terre chaque printemps pour colorer la nature, verdir l’horizon et parfumer nos promenades printanières. Laissons-nous renouveler intérieurement par la joie de Pâques et extérieurement par la force de la nature qui revit au printemps. Il y a aussi le vent qui s’adoucit tranquillement et il se réchauffe en laissant présager de belles journées ensoleillées.
Nous sommes privilégiés de vivre cette heureuse alternance des saisons qui fait du Québec un endroit exceptionnel pour vivre. Le Seigneur nous donne même des cadeaux dans le cycle de la nature, car j’aime particulièrement la saison des sucres. Il y a de ces choses qui ne sont pas essentielles, mais qui selon moi rendent la vie plus belle. Pour moi, l’érable est le plus beau des arbres, parce qu’il a une mystérieuse générosité qui nous permet d’avoir du bon sirop d’érable. Au séminaire, là où on forme les prêtres, il y avait le débat si l’on devait aller à la cabane à sucre un vendredi (jour où l’on faisait nos activités) pendant le carême. Je me disais que si Dieu n’avait pas voulu que nous allions à la cabane à sucre en carême, il aurait fait couler les érables à un autre moment. La sève est comme une image de l’Esprit-Saint, car Celui-ci est en nous comme une sève et c’est par nos actes de charité que l’Esprit nous transforme. Nous sommes chauffés au feu de l’Esprit pour devenir bonté pour le monde.
Que la résurrection de Jésus et tous ces signes de résurrection que la nature nous donne nous aide à entrer dans la joie de Pâques. Il est fini le temps du désert, c’est maintenant le temps du dessert : il est fini le temps du carême, c’est maintenant le temps de la résurrection. Que Dieu vous comble de la joie de Pâques et vous illumine de sa vie de ressuscité.
Louis-Philippe Provost, ptre.
Nous te rendons grâce, Dieu de bonté,
pour la beauté du ciel, de la terre, de la mer,
pour la splendeur des montagnes, des plaines et des rivières,
pour le chant des oiseaux et la beauté des fleurs.
Nous te louons pour ces dons généreux, et nous t’en prions,
aide-nous à les conserver à nos descendants.
Accorde-nous de continuer à profiter avec reconnaissance
de ta création si riche et si diverse.
En l’honneur et à la gloire de ton Nom, maintenant et toujours.
Amen.
Traduction du Book of Common Prayer, Episcopal Church (1983)
Source: https://eglisesvertes.ca/outils/spiritualite/prieres-sur-le-theme-de-lecologie/
Durant mes études en philosophie, je me suis défini comme un philosophe réaliste. Comme Aristote, j’aime partir de la réalité pour voir ce qui en est. Saviez-vous que le mot philosophie veut dire : l’ami de la sagesse? Comme étudiants en philosophie, nous avions défini que le philosophe était l’amie de la sagesse et que le meilleur ami du philosophe était le café afin de rester éveillé dans certains cours.
Pour aborder mon sujet, je vous propose l’image suivante. Imaginez que vous êtes dans une route de campagne peu fréquentée et que vous avez malheureusement une sortie de route. La première personne qui arrête vous dit que si vous aviez eu un VUS à traction intégrale ce ne serait pas arrivé et il repart. Il a une idée intéressante, mais cela ne vous a servi à rien et ne vous aide pas du tout. Ensuite, il arrive une autre personne qui s'arrête et dit j’ai des « tractions aide » et une chaine, je vais vous aider à sortir de là. La réalité de votre situation imposait une solution bien concrète et efficace.
Cela s’applique aussi à ce que nous vivons actuellement. Il y a une pandémie, il faut trouver des solutions. Les mesures de protection et le vaccin sont les meilleures solutions. Ce sont des choses qui ont fait leur preuve dans l’histoire moderne de l’humanité, spécialement le vaccin, et la réalité de la situation a invité notre gouvernement à agir de manière radicale. Ce n’était pas parfait, mais tout de même efficace et le vaccin nous fera sortir de cette crise.
À travers tout ça, il y a différentes idées. Je dirais même toutes sortes d’idées qui soulèvent le doute et créent de la peur. Ce sont des idées qui ne sont pas fondées sur la réalité. Pour ma part, je continue à croire à la bonne volonté de la plupart des personnes et du monde en général, je n’entre pas dans la théorie du complot. Notre gouvernement, malgré ses limites, gère du mieux qu’il peut la situation et notre système de santé nous protège réellement et nous offre un vaccin sécuritaire et efficace.
Je me permets ce texte parce que trop de gens, en ce moment, véhiculent des idées qui ne sont pas enracinées dans la réalité. Comme croyant en Jésus, ne nous laissons pas déranger par ces idées néfastes qui troublent notre lutte commune; ne nous laissons pas voler notre espérance ! La peur n’est pas une bonne conseillère. La vaccination n’est pas obligatoire et le gouvernement le dit lui-même, mais si quelqu’un choisit de ne pas être vacciné, j’espère qu’il le fera par conviction personnelle et non pas par peur selon des idées préconçues de prophètes de malheur. Les médias sociaux ont de nombreux avantages, mais aussi le désavantage de véhiculer de fausses idées.
Commençons comme croyants à entrer pleinement dans la dynamique de la fête de Pâques qui arrive. Le Christ est mort pour nous afin de nous libérer de tout esclavage. Par notre baptême, nous sommes sauvés, nous avons déjà vécu le passage de la mort avec le Christ à la vie de Dieu. Vivons pleinement ! Vivons en homme et femme libre ! Vivons parce que rien ni personne ne nous séparera de l’Amour de Dieu !
Louis-Philippe Provost, ptre.
La prière est une des choses les plus importantes dans l’expérience des chrétiens. Nous demandons à Dieu bien des choses et parfois nous doutons du fait qu’Il réponde à nos prières. Pourtant, dans l’Évangile, Jésus nous invite à prier avec confiance : « demandez, on vous donnera » (Mt 7,7).
Nous sommes confrontés, dans notre vie de foi, à ce qui ressemble à une absence de réponse de la part de Dieu à notre prière. Cependant, Dieu répond à nos prières de différentes manières. Comprendre cette réalité nous aidera peut-être à renouveler notre confiance en Dieu.
Il y a quatre manières différentes que Dieu utilise pour répondre à nos prières. Je m’inspire du livre l’Avenue de la louange de Don Gossett. En partant, nous pouvons garder en tête l’image du père qui veut donner ce qu’il y a de mieux à ses enfants.
La première manière dont Dieu répond à notre prière, c’est en l’exhaussant, il dit oui rapidement. Peut-être avez-vous déjà été fortement touché quand Dieu a répondu rapidement à une de vos prières.
La deuxième manière dont Dieu répond à nos prières c’est tout simplement par non. Non, parce que cela n’est pas un bien pour nous. Il y a plusieurs personnes qui prient pour gagner à la loterie. Je ne crois pas que ces personnes en veulent à Dieu parce qu’elles ne gagnent pas, car elles savent au fond d’elles-mêmes que le bonheur n’est pas dans l’avoir, mais dans l’être.
La troisième manière dont Dieu répond à notre prière s’explique par l’image suivante : si votre fils a 5 ans et vient vous demander un bidon d’essence, allez-vous lui donner ? Bien sûr que non ! Cependant, si votre fils a 16 ans et vient vous demander un bidon d’essence, allez-vous lui donner ? Si vous avez confiance en lui, probablement. Donc, la troisième manière c’est oui, mais pas tout de suite, patience.
Mais croyons-nous que l’Amour de Dieu est infini ? Comme un bon père, il se plait à être généreux envers ses enfants. La quatrième manière dont Dieu répond à notre prière est ma préférée. L’Évangile nous dit que notre Père qui est aux cieux donnera de bonnes choses à ceux qui les lui demandent. (cf., Mt, 7, 11). Dieu, dans son infinie tendresse et son immense générosité, peut répondre à notre prière en nous donnant encore mieux que ce que nous avons demandé. Souvent dans ma vie, j’ai reçu de Dieu beaucoup plus que ce que je souhaitais.
La plus belle des prières de demande est de vouloir faire la volonté de Dieu, parce que notre bon Père très aimant sait bien de quoi nous avons besoin. Nous pouvons définir la prière comme suit : parler à Dieu en l’aimant. Chers amis, prenons le temps de parler à Dieu, en l’aimant, pour lui dire ce que nous vivons comme à un bon Père en sachant que son plus grand désir est de prendre soin de ses enfants et de nous voir heureux.
Louis-Philippe Provost, ptre.
Où est Dieu ? Certaines personnes répondraient facilement avec la réponse : Dieu est partout. C’est vrai qu’avec les yeux de la foi, on peut trouver Dieu partout et cela rend la vie intéressante; on peut rencontrer Dieu à une croisée de chemin. Cela me fait penser à des personnes qui sont parties au loin pour faire une sorte de quête spirituelle et ont rencontré Dieu en descendant au niveau du cœur à l’intérieur d’eux. Il était là depuis le début. Dieu est le Très-Haut, le Transcendant, mais en même temps, il est le Très Proche. Il se fait particulièrement connaître quand guidé par la foi chrétienne, nous prenons le temps de nous intérioriser pour le rencontrer dans la prière. Nous pouvons fermer les yeux, faire silence autour de nous et parler à Dieu comme à un ami et juste être bien avec Lui.
À cette question de la recherche de Dieu, l’Église y répond en nous indiquant cinq lieux de rencontre de Jésus-Christ où nous sommes sûrs de le trouver. Le premier lieu de la présence de Jésus est très connu, c’est la Parole de Dieu. La Bible est pour les chrétiens le meilleur enseignement de ce que Dieu a fait pour nous et a voulu transmettre à son peuple. Dieu nous parle par sa Parole et celle-ci est vivante. Dans la Bible, nous rencontrons Jésus qui est le Verbe, Celui-ci est la Parole éternelle du Père. D’ailleurs dans la Bible, les Évangiles qui sont les paroles et les gestes de Jésus sont comme le cœur de la Parole et en Église nous les mettons au centre de notre méditation et de notre réflexion. Dans notre prière, il est bon de lire et méditer les Évangiles.
Un autre lieu de la présence de Jésus qui est bien connue c’est l’Eucharistie qui est le sacrement du corps et du sang du Christ. Jésus se donne réellement à nous lorsque nous communions à sa présence à la messe. Il est bien évident que nous sommes invités à avoir foi dans les Paroles de Jésus qui dit : « ceci est mon corps […] ceci est mon sang ». Après la consécration, nous voyons toujours du pain, mais ce pain est mystérieusement transformé. Le Concile Vatican II a parlé de l’Eucharistie comme la source et le sommet de la vie chrétienne, c’est dire comment ce sacrement est important dans l’Église catholique.
Tout est lié, il n’y a pas d’Eucharistie sans la Parole de Dieu et il n’y a pas d’Eucharistie sans prêtre. Le prêtre dans sa fonction de représenter le Christ au milieu du peuple de Dieu est aussi « un lieu » de la présence de Jésus. Nous pouvons dire que le prêtre agit dans la personne du Christ. Les sacrements sont des signes visibles et efficaces de la présence de Dieu et Dieu se donne à travers les sacrements, il donne sa vie que nous appelons la grâce. Dieu se communique à travers les sacrements et il a voulu que cela passe par des hommes qui sont ordonnés pour vivre ce ministère.
Comme tout est lié, le rôle du prêtre n’aurait aucun sens si ce n’était pas dans le but de servir le peuple de Dieu. Une parole célèbre de Jésus nous indique un lieu très important de sa présence: « là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ». Cela veut dire que Jésus est avec nous lorsque nous formons une assemblée, lorsque nous formons l’Église qui veut dire justement assembler (ecclésia).
Il y a un autre lieu de la présence de Jésus, spécialement au cours de la messe qui est plutôt méconnu, c’est l’autel sur lequel nous célébrons la messe. Idéalement, l’autel doit être consacré et avoir une pierre d’autel à l’intérieur. Dans les pierres d’autel, il y a des reliques de martyrs. Il est intéressant de savoir que quand la messe commence l’autel devient le centre d’attention et le prêtre va saluer l’autel plutôt que le tabernacle. L’autel est important parce que Jésus continue de s’offrir au monde par le sacrifice de la messe, mais aussi parce qu’au cours des premiers siècles de l’Église pendant les persécutions, les chrétiens se réunissaient dans les catacombes à Rome pour célébrer la messe sur les tombeaux des martyrs de la foi.
Évidemment, cela n’exclut pas le fait que nous pouvons rencontrer Dieu dans d’autres lieux : dans la nature, dans la prière silencieuse et en côtoyant mon frère et ma sœur en humanité. Le pape François a souvent parlé de l’importance du fait que nous rencontrons le Christ en allant vers les personnes en situation de pauvreté. Également, j’aime bien dire que mon voisin est un sacrement qui veut dire un signe réel et efficace de la présence de Dieu.
Louis-Philippe Provost, ptre.
Dans le contexte de la pandémie, la réalité de l’Espérance me revient constamment à l’Esprit. Au début de l’année avec le conseil pastorale de Windsor, on s’est demandé quel thème pouvait être mis de l’avant et conviendrait au contexte actuel. Nous avions entendu dire que le pape François affirmait que l’Espérance est capitale présentement et qu’il nous invitait à ouvrir des chemins d’Espérance. Après une recherche, j’ai réalisé qu’il n’avait jamais vraiment dit textuellement, « ouvrir des chemin d’Espérance », même si plusieurs interventions de sa part allaient dans ce sens. J’en conclus, aujourd’hui, que l’Esprit-Saint nous a inspiré ce thème pour l’année pastorale 2020-21.
La compréhension de l’Espérance chrétienne n’est pas si évidente. On dirait que parfois cela nous glisse entre les doigts comme une poignée de sable. Et pourtant, avoir de l’Espérance c’est plutôt comme bâtir l’édifice de notre vie sur le roc. La présence de Jésus dans notre vie est ce roc, Il est venu nous dire que notre bonheur se trouve dans une communion forte et solide avec notre Dieu d’amour.
Je suis un grand partisan des Canadiens de Montréal et je suis toujours avec eux qu’ils gagnent ou qu’ils perdent. Quand mon horaire le permet, j’écoute toujours les matchs jusqu’à la fin parce que je pense que je dois les soutenir dans le meilleur comme dans le pire. Cela ne regarde que moi-même parce qu’ils ne le savent pas. Cependant, je réalise que si je regarde tous les matchs, même s’ils perdent, c’est parce que je pense toujours que la prochaine fois ce sera mieux. J’espère même qu’ils vont un jour gagner la coupe Stanley. Il y a en moi cet espoir qui ne me quitte pas qu'après un temps difficiles ce sera mieux la prochaine fois. Et même, s’ils gagnaient la coupe, comme c’est arrivé en 1993, j’aurais toujours ce désir de les revoir gagner.
C’est un peu ça l’Espérance. Mais au lieu de s’actualiser dans une partie de hockey, cela peut s’actualiser dans notre vie. Nous désirons un bonheur plus grand, un monde meilleur, pour nous et pour les générations à venir, mais nous le faisons en communion avec Dieu, en vue du royaume de Dieu. L’Espérance est ce que nous appelons techniquement une vertu théologale, ce qui veut dire que c’est un don de Dieu qui touche et influence notre agir. Aujourd’hui, nous pensons que ça ira mieux demain, grâce à Dieu qui nous soutient et nous permet de passer à travers toutes situations. L’Espérance qui nous habite nous encourage à être solidaires et à faire tout ce qu’on peut pour arriver à passer à travers la pandémie. Le fait de bien respecter les mesures peut être un acte d’Espérance. On peut le faire d’un point de vue simplement humain pour retrouver notre bien-être ou on peut le faire parce que Dieu nous y encourage pour continuer à rechercher le royaume de Dieu à travers tout ce que nous vivons.
Voici une très belle définition de l’Espérance du Catéchisme de l’Église Catholique : « L’espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit. […] La vertu d’espérance répond à l’aspiration au bonheur placée par Dieu dans le cœur de tout homme ; elle assume les espoirs qui inspirent les activités des hommes ; elle les purifie pour les ordonner au Royaume des cieux ; elle protège du découragement ; elle soutient en tout délaissement ; elle dilate le cœur dans l’attente de la béatitude éternelle. L’élan de l’espérance préserve de l’égoïsme et conduit au bonheur de la charité ».
Charles Péguy, un grand poète et écrivain français, disait que l’Espérance est comme une petite fille au milieu de ses deux grandes sœurs, la foi et de la charité. Elle leur tient la main et on dirait que ce sont les deux grades sœurs qui la conduisent, mais c’est le contraire, ce sont les deux grandes sœurs qui se laissent conduire par la petite Espérance. Elle est la petite pour qui on fait tout : parce qu’on fait tout pour les enfants et pour les générations à venir. Péguy de continuer en disant que c’est pour les enfants qu’on travail et pour la petite Espérance. On souhaite aux enfants la foi et la charité qui nous sont si chères. Que la petite Espérance nous guide dans notre travail et qu’elle nous conduise aussi vers notre « à venir » éternel. À travers notre vécu quotidien demandons à Dieu la vertu d’Espérance afin de toujours garder confiance en Lui.
Louis-Philippe Provost, ptre.
https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2020-05/espoir-plus-forte-vertus-pape-francois-benoit-jean-paul.html?fbclid=IwAR249pb2x3dR9q4H4kNaXgYuFmFMz3WrXlNCYGhHDnU5PxEbU2w-4q_oQVU
Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, nous dit que « le royaume de Dieu ne consiste pas en des questions de nourriture ou de boisson ; il est justice, paix et joie dans l’Esprit-Saint ». Cette parole pourrait être le « leitmotiv » de la suite de notre carême. Le carême n’est pas un temps d’exploit spirituel, mais surtout un temps de rencontre avec Dieu. Si vous voulez faire pénitence, et bien, vous avez juste à écouter le Canadien contre les Maple Leafs. Je blague bien sûr.
Dans notre vie spirituelle, ce qui importe, c’est notre relation avec Dieu. Dieu nous offre une relation intime et exclusive. Parce que nous sommes ses enfants bien-aimés, il nous voit dans le secret. Et ce n’est pas un malheur, mais plutôt un bonheur de se sentir aimé.
Cela me fait penser à une histoire qui se passe il y a un certain temps, dans un collège, les sœurs avaient écrit devant les pommes : « une pomme par personne, car Dieu vous regarde », et un jeune de dire « prenons plutôt des biscuits, Dieu surveille les pommes ». Dieu n’est pas un surveillant, mais un Père très aimant. C’est toujours le temps de découvrir que notre Dieu est un Père de tendresse et de miséricorde qui souhaite notre bonheur et nous offre son pardon. En découvrant ce Dieu de bonté, notre regard est changé et nous réalisons un peu plus chaque carême que nous sommes aimés de notre Père des cieux.
Dans la vie spirituelle, après avoir vaincu la peur de Dieu, il y a aussi l’orgueil spirituel qui peut être un danger. Jésus dans l’Évangile nous montre le chemin à suivre : « ton père qui voit au plus secret te le rendra ». Il nous dit que l’essentiel est une question de cœur et d’intégrité. Notre relation avec Dieu n’est pas du théâtre mais une rencontre dans le secret de notre être. La grâce de Dieu agit dans le secret, dans l’obscurité de notre âme. Par la suite, tout ce que nous ferons pourra être le trop-plein du bonheur de connaître Dieu, d’accueillir son amour et de l’aimer. Le jeûne, l’aumône et la prière auront le goût du miel, parce que ce ne sera pas fait par contrainte, mais par amour.
Quand nous seront généreux en aumône, ce sera avec joie, de bon cœur et pour faire du bien parce que nous voyons Jésus dans notre frère ou notre sœur dans le besoin.
Quand nous prierons, ce sera pour rencontrer Dieu, avec un amour filial, d’enfant de Dieu qui se donne par amour afin de se disposer à accueillir l’amour de Dieu et aime passer du temps de qualité avec Jésus.
Et quand nous jeûnerons, nous serons joyeux d’offrir cette ascèse au Seigneur et joyeux d’offrir notre jeûne pour ceux qui souffrent et pour que toutes les personnes rencontrent l’amour de Dieu.
Dans cette suite de carême, mes amis, je vous souhaite beaucoup de joie et de bonheur dans votre vécu jusqu’à Pâques. Préparons-nous ardemment à fêter la Résurrection de Jésus !
Louis-Philippe Provost, ptre.
Dernièrement, j’ai pris conscience de l’importance de l’amitié. C’est quand même drôle de dire cela parce qu’étant donné les circonstances je peux compter sur les doigts de mes deux mains le nombre de personnes qui sont venues chez moi dans les six derniers mois. C’est presque une fête quand j’ouvre la porte pour parler à quelqu’un à distance, mais l’hiver ce n’est pas génial. Nous devons redoubler d’efforts pour garder nos liens d’amitié à distance ou en respectant les consignes sanitaires. Je me donne le défi d’appeler de bons amis à qui je n’ai pas parlé depuis un petit bout et faire de mon mieux pour garder mes amitiés actives.
Il y a une citation de C.S. Lewis que je trouve très intéressante : « Pour les amoureux, c’est le face à face qui est normal, ils se fondent l’un dans l’autre. Pour les amis, c’est le côte à côté, c’est un intérêt commun qui les rassemble ». Donc les amis regardent dans la même direction, ils s’entraident pour atteindre des buts communs. Ultimement, l’amitié est l’entraide mutuelle dans la recherche du bonheur et l’épanouissement de soi. Les véritables amis se comptent sur les doigts de la main. Un vrai ami, c’est quelqu’un à côté de qui nous sommes libres d’être nous-mêmes. Remarquons que les couples ont aussi besoin de bons amis pour permettre à leur relation de respirer et de s’épanouir davantage.
Il y a une lecture de la messe qui disait dernièrement : « N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir de recevoir des anges chez eux ». Ça me faisait rire un peu parce que, présentement, c’est pas mal juste des anges qu’on a le droit de recevoir chez nous. Heureusement, mon ange gardien est toujours avec moi. Cependant, je me suis dit que nous pouvons certainement continuer à pratiquer l’hospitalité du cœur; ce qui veut dire avoir de l’espace dans notre cœur pour aimer et prier pour les autres : prier pour mes amis, prier pour ma famille bien sûr, prier pour ceux qui en ont vraiment besoin et prier pour ceux qui m’énervent (ça, c’est un défi). Jésus va même jusqu’à nous dire de prier pour nos ennemis. J’ai parfois fait de grands efforts pour aimer certaines personnes et peut-être que certaines personnes ont fait de grands efforts pour m’aimer, mais ce que j’ai réalisé c’est que l’important est de tout faire pour créer l’amitié et qu’après cela la réponse de l’autre lui appartient. Je me souviens de quelques amitiés qui se sont tissées après une bonne discussion et quelques fois cela n’a pas aidé, alors l’important c’est de recommander à Dieu ces personnes. L’amitié n’est pas juste un « gloria », c’est aussi un « kyrie, eleison » pour devenir avec l’aide de Dieu un « alléluia » à l’unisson.
Dans l’hospitalité des personnes baptisées, qui se mettent à aimer comme Jésus, il y a de l’amitié pour tous. Si nous aimons ceux qui sont difficiles à aimer, Dieu nous le rendra au centuple. Vous serez peut-être le rayon de soleil de leur journée. Aimer par dessus quelques couches de « gravelguard » à travers des rencontres qui sont parfois un peu rudes.
Je vois l’amitié comme un plat à partager, car « il y a plus de joie à donner qu’à recevoir » comme le dit saint Paul qui attribue à Jésus cette Parole. De quoi je me nourris pour trouver mon bonheur ? Et, qu’est-ce que je sers aux autres ? On ne donnerait à personne une recette que nous avons ratée, nous aimons plutôt partager les bons plats ou desserts que nous avons réussis et qui sont savoureux. Notre joie grandit quand nous partageons ce que nous avons de meilleur.
Que notre hospitalité du cœur nous permette de cultiver les amitiés dans notre vie et demandons à Jésus de nous nourrir de son amitié divine pour que nous trouvions la force et la charité d’en donner aussi à ceux qui en ont le plus besoin.
Louis-Philippe Provost, ptre.
Au début de janvier, j’ai fait une semaine de retraite spirituelle dans un ermitage pas très loin d’ici. J’ai lu un livre qui s’intitule Lettre d’amour aux prêtres. Ça fait du bien de se faire parler d’amour. L’auteur, Catherine de Hueck Doherty, lance aux prêtres un cri du cœur pour leur dire, entre autres, que ce qui est important pour le prêtre c’est de partager la Parole de Dieu.
Une chose m’a marqué, c’est quand elle écrit qu’une des manières pour partager la Parole de Dieu c’est que le prêtre parle en parabole aux fidèles comme Jésus le faisait. Depuis ce temps, cela m’habite; quand je prépare mes homélies, je pense à parler en parabole si possible. Jésus parlait en parabole, tous ne comprenaient pas, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier. Une parabole, c’est une histoire imagée qui nous explique des réalités de la foi et de la vie chrétienne.
Nous pouvons réaliser que Dieu nous parle en parabole, au cours de nos journées, par des évènements qui nous arrivent ou des images et réalités que nous voyons. Laissons le Seigneur nous dire qu’Il nous aime par des choses qui nous entourent.
De ce temps-ci, je m’émerveille de l’énergie qui se déploie pour déblayer le chemin qui est souvent couvert de neige pour que nous puissions nous déplacer en toute sécurité. Jeudi soir, j’étais sur la route et j’aurais aimé suivre un chasse-neige (une charrue en bon québécois) pour me guider, car c’était très pénible. Même si elle nous ralentit souvent et que cela nous énerve, la« charrue » travaille pour nous.
Dieu souhaite nous ralentir un peu afin que nous lui laissions préparer la route. On peut le dépasser, mais on ne sait pas ce qui nous attend devant, c’est peut-être glissant. Vaut mieux prendre notre temps pour le rencontrer dans la prière et le suivre dans nos actions en le laissant passer devant pour préparer le chemin. On peut, par exemple, dire quand on se lève le matin ou quand nous avons quelque chose d’important à faire : « Jésus passe devant » ou demander à Marie la mère de Jésus qu’elle passe devant pour que Jésus son Fils nous guide.
Également, pour découvrir que Jésus prépare le chemin, nous sommes invités à fermer les yeux; pas sur la route ! Mais à prendre des temps de prière bien installés dans notre salon, dans notre chambre ou dans un endroit que nous aimons. Fermer les yeux, parce que c’est un geste de confiance par lequel nous demandons à Dieu de conduire notre vie. Ainsi nous pourrons le découvrir qui nous parle d’amour en parabole dans les choses que nous voyons et dans les évènements de notre vie.
Louis-Philippe Provost, ptre.
La question du temps surgit de temps en temps dans ma réflexion. Le temps peut être vu comme un allié ou comme un ennemi : par exemple, prendre du temps de qualité ou être poussé par le temps. Les philosophes parlaient du temps comme la mesure du mouvement. L’homme, depuis longtemps, mesure le temps. Les millénaires, les siècles, les années, les semaines, les journées, les heures, les minutes, les secondes, les millièmes de seconde… Le jour et la nuit se succèdent, cela permet à l’homme de vivre sa vie bien enracinée dans le temps qui file : tempusfugit dit-on en latin.
La première chose à considérer, c’est que le temps nous est donné. Dans une vision très matérialiste, des gens ont popularisé l’expression : « le temps c’est de l’argent ». Cependant, pour être plus réaliste, on devrait plutôt dire : « le temps est un cadeau ! » Le temps nous est donné puisque la vie nous est donnée. Le temps nous est donné; à nous de le faire fructifier. Souvent, on entend dire : « je n’ai pas le temps ou je n’ai plus le temps ». Une de mes grandes convictions, c’est que nous avons toujours le temps de faire ce que nous trouvons important. À moins d’être forcé à ne pas le faire comme maintenant pour plusieurs choses que nous aimons.
Mais, il y a toujours le danger de la perte de temps; la perte de ce précieux cadeau. Qui fait qu’à la fin, on ne fait pas ce qu’on voudrait réellement faire : comme cuisiner plus, envoyer des cartes de Noël à ceux qu’on aime, faire une sortie en famille ou prendre du temps de qualité pour prier, etc. Je ne ferai pas la liste de ce qui peut nous faire perdre du temps précieux. Pour ma part, je me dis, par exemple, que je ne passerais pas plus de 15 min sur Facebook pour me garder du temps de qualité pour lire et prier le soir. Ou à telle heure, je ferme la télévision. Ce n’est pas facile de se garder du temps de qualité pour ce qu’on souhaite vraiment faire. Chaque chose à une valeur objective: Facebook pour prendre des nouvelles, ainsi que partager des informations et la télévision pour s’informer et se divertir un peu. Le défi est toujours dans la bonne mesure que nous employons. J’espère que lire mon texte n’est pas pour vous une perte de temps.
Le temps est un allié et non pas un ennemi. Tout cela m’amène à penser au présent. J’aime bien l’expression : « Le pain de demain n’est pas encore cuit, le pain d’hier est moisi, mangeons le pain d’aujourd’hui ». Quel défi que de vivre le moment présent ! Je me souviens qu’au début de mon ministère pastoral, dans mes premiers stages, j’étais content quand j’avais fini mes rencontres. Je faisais les choses pour les finir; j’étais un peu stressé, mais à un moment donné, je me suis mis à apprécier ce que je faisais. Pour moi c’était une grande grâce et beaucoup plus agréable. Dans le présent qui est vécu pleinement nous construisons l’avenir, comme le dit l’expression : ne pas remettre à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui. Parce que, sincèrement, il est difficile de commencer à accomplir le bien seulement demain. Aussi, le passé vient souvent nous hanter : « j’aurais dû, j’aurais dû don dû…» Il est bon de se rappeler de bons souvenirs, mais pour le reste lorsque quelque chose nous cause des remords ou de la colère, nous pouvons l’offrir à Jésus, il saura guérir les blessures et nous faire cheminer dans l’amour et le pardon.
Il y a quelqu’un qui nous aide beaucoup pour bien vivre le moment présent et c’est Dieu. Il est toujours là à nos côtés. Dieu est patient, et cela de manière absolue. Il est un éternel optimiste. Dieu est éternel, il est hors du temps et en même temps, il a voulu que tout existe. Il a créé l’univers, il y a des millions d’années disons-nous de manière scientifique. La plupart des chrétiens ne pensent pas que le monde a 6000 ans, la foi et la science peuvent dialoguer ensemble pour découvrir la vérité. La Parole de Dieu ne conteste pas la science, elle nous dit plutôt quelque chose d’essentiel : nous avons en nous la vie éternelle ! Le temps nous est donné pour actualiser que nous sommes faits pour le ciel. Je pense au hockey, quand il y a l’espace, il y a toujours un temps idéal pour faire un lancer, afin d’avoir une chance de marquer. Mes amis que le temps nous aide pour aller droit au but qui est la vie éternelle.
Louis-Philippe Provost, ptre.
Depuis le dimanche du baptême du Seigneur, je médite sur le signe de la colombe qui représente l’Esprit-Saint : « Il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre du ciel comme une colombe ». L’Esprit-Saint n’est pas une colombe, mais il est représenté par le signe d’une colombe. Je me suis demandé : « Pourquoi, une colombe ? »
Peut-être que l’image d’une dinde sauvage aurait fait l’affaire ? Les dindes sauvages ont plusieurs qualités : elles sont très rapides et très agiles, et beaucoup plus qu’on le pense. J’ai déjà fait une course contre une dinde sauvage, c’est une autre histoire, mais je n’étais pas à la hauteur. Elles peuvent aussi se déplacer jusqu’au sommet des arbres, c’est très surprenant ! Bon, je sais ce n’est pas très gracieux…Il vaut mieux qu’une image soit universelle pour que tous comprennent. Car, je ne crois pas qu’il y ait des dindes sauvages en Israël. J’aurais au moins essayé de valoriser de manière littérale la dinde sauvage auprès de vous.
Plus sérieusement, les oiseaux nous ramènent au ciel, ils sont un peu insaisissables. Jésus nous dit même de faire de l’ornithologie quand il dit : « Regarder les oiseaux du ciel ». Il y a des passages bibliques où les oiseaux sont utilisés symboliquement. Tout d’abord dans le récit de la création au début de la Genèse, il est dit que l’« Esprit planait sur les eaux ». À la suite des Pères de l’Église, nous pouvons voir l’amour du Père qui, tel un oiseau, couve d’une certaine manière la création afin qu’elle « éclose » à la vie. Dans le Deutéronome, Moïse compare la protection de Dieu à celle d’un aigle qui veille sur ses petits. L’aigle est aussi l’animal symbolique de l’évangéliste Jean qui a un regard pénétrant sur le mystère de Dieu et nous emmène dans une haute contemplation de ce mystère. Sans oublier l’image peu connue du « Christ-poule » que Jésus utilise, dans l’Évangile de Saint-Matthieu, lorsqu’il entre à Jérusalem et se prépare à vivre sa passion: « Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! »
Dans la bible, il y a aussi une image célèbre de la colombe qui nous éclaire sur le baptême et le rôle de l’Esprit-Saint qui apporte la vie et inaugure une aire nouvelle. La colombe est l’image d’une vie nouvelle où Dieu est victorieux du mal. La colombe est mise en valeur quand Noé l’envoie et qu’elle revient avec un rameau d’olivier pour indiquer que le fameux déluge a cessé : la terre est purifiée de tout mal et Noé va pouvoir repartir à neuf. La colombe avec le rameau d’olivier est le symbole universel de la paix. Dans l’Évangile de Saint-Jean, vers la fin, Jésus souffle l’Esprit sur ses disciples et leur donne en même temps le don de la Paix : « Je vous donne ma paix, je vous laisse la paix ».
Par notre baptême, l’Esprit est descendu sur nous comme une « colombe » et nous fait entrer dans une nouvelle naissance. Quand nous accueillons l’Esprit-Saint qui est représenté sous la forme d’une colombe, un volatile, l’Esprit fait volatiliser la peur qui nous habite et nous donne sa paix. L’Esprit agit en nous candidement : avec douceur et dans la simplicité. Quand certaines personnes nous parlent de Dieu de manière compliquée et que cela nous amène de la crainte ou de la peur, il y a de grosses chances que ça ne vienne pas de Dieu. Nous sommes invités à avoir une vigilance en face de tout ce qui se dit sur les médias sociaux. L’important est de faire la part des choses à la lumière de la Parole de Dieu et de la Tradition de l’Église catholique. Dieu est simple, il est la lumière et il est la vérité : il n’est qu’amour et miséricorde.
L’action de l’Esprit en nous est bien réelle afin qu’avec le Père et le Fils et dans la puissance de l’Esprit d’amour nous triomphions du mal pour être heureux et libres. La colombe nous rappelle que l’Esprit est l’amour du Père et du Fils et cet amour nous a été donné à notre baptême. Rappelons-nous ces belles paroles que le Père nous adresse en même temps qu’il les dit à son Fils : « Tu es mon Fils (ma fille) bien-aimé; en toi, j’ai mis tout mon amour ».
Louis-Philippe Provost, ptre.
La fête des Rois nous fait voir tout un itinéraire spirituel, une descente au niveau du cœur pour ces hommes sages venus d’Orient. Ces sages étaient des non-juifs, ils représentent tous ces gens de partout dans le monde qui vont se mettre en route pour découvrir le vrai Dieu, un Dieu fait homme. Il est logique pour l’homme de commencer à chercher Dieu dans le ciel, dans l’immensité des choses qui nous dépasse, mais la révélation chrétienne nous montre que depuis la naissance de Jésus nous pouvons aussi le chercher sur la terre.
Donc, le premier passage des mages est de croire que Dieu se trouve aussi dans le terrestre, car en Jésus le divin et l’humain se rejoignent.
Nous aimerions comme les rois mages être guidés par une étoile bien concrète et visible, mais remarquez qu’après avoir vu Jésus, ils n’avaient plus besoin d’étoile, car ils avaient accueilli en leur cœur la vraie étoile qui est la présence de Jésus. L’étoile que nous suivons est à l’intérieur de nous pour nous guider dans notre vie et éclairer nos décisions.
Il y a un deuxième passage que vivent les mages de l’Évangile qui est celui de s’ajuster au vouloir de Dieu qui ne souhaite pas être honoré dans les palais et le prestige des hommes. Ils avaient cru trouver le Fils de Dieu à Jérusalem, remarquons que l’étoile a cessé de briller lorsque les mages étaient en contact avec les intrigues du roi Hérode et le pouvoir religieux stérile des prêtres et des scribes de Jérusalem. Ces derniers ne se sont pas mis en marche, malgré leur savoir, ils étaient trop tournés vers eux-mêmes en ayant peur de perdre leur pouvoir. Hérode n’aurait eu rien à perdre, dans le fond, car le Christ n’enlève rien, il donne tout comme le disait Benoît XVI.
Mais Hérode jaloux fait tuer les saints Innocents. Et les prêtres et les scribes feront, 33 ans plus tard, crucifier Jésus. Et tout cela par peur d’une vie nouvelle qu’amène ce petit enfant.
C’est bien à Jérusalem que tout va se jouer, mais c’est d’abord à Bethléem dans la pauvreté que Jésus est né. Les mages après avoir rencontré Jésus sont transformés et décident de passer par un autre chemin, un chemin de vie différent avec cet astre du matin. Cette étoile qui les guide et qui ne les quitte plus, car elle est dans leur cœur. Merci, Jésus, d’être cette étoile qui nous guide et nous conduit au Salut éternel.
Seigneur, je n’ai pas grand-chose à t’offrir
Ni or, ni encens, ni myrrhe
Mais, fais naître en moi cet humble désir
De te servir
Que ce modeste présent
De tous mes talents
Soit le plus beau des cadeaux
Pour ce petit enfant
Le roi des rois
Qui fait naître en moi
Tout près de cette étable
L’adoration véritable
Je vis la plus grande des joies
De le savoir près de moi.
Louis-Philippe Provost, ptre.
Mot de Louis-Philippe Provost, prêtre, pasteur des paroisses St-Philippe de Windsor et St-François Xavier:
Quand j’ai su que les places étaient très limité pour les messes de Noël, j’ai tout de suite pensé à la parole de l’Évangile quand il est dit : « qu’il n’y avait plus de place pour eux dans la salle commune ». Dans notre monde idéal, il n’y aurait pas ce méchant virus qui nous restreint. Marie et Joseph auraient surement espéré mieux qu’un simple étable pour que leur enfant vienne au monde et pourtant cette étable est devenue un symbole de l’action de Dieu pour notre monde. Un Noël sans crèche, ce n’est pas possible. Au point de vue individuel, nous réalisons que les choses ne marche pas toujours comme nous le voulons. Là, nous sommes tous solidaire d’un Noël pas comme les autres, un Noël de grande pauvreté humaine. La crèche est un symbole de pauvreté, Jésus notre Dieu a voulu naitre là où il n’est pas toujours agréable d’être. La crèche est devenue quelque chose de positif parce que Dieu est dedans, un bébé naissant dans ces conditions pas très idéales. Se pourrait-il que Dieu fasse la même chose cette année ? Bien sur que oui. Même la Croix peut devenir un lieu porteur de l’amour de Dieu. L’amour de Dieu sans la Croix, ce n’est pas possible. Souvent, les grandes choses ne se font pas dans les conditions idéales. Notre monde est en train de renaitre et cela ne se fait pas sans une certaine douleur.
Une naissance et une renaissance pour le peuple de Dieu, c’est cela que nous fêtons à Noël. Dieu vient visiter son peuple. Dieu vient naitre dans nos pauvretés. J’ai beau être privé de mes proches, j’ai beau être seul à Noël, j’ai beau m’ennuyé de mes enfants, petits-enfants ou neveux et nièces : Dieu est tout proche, il s’ennui avec nous, il est triste avec nous. Nous pouvons renouveler notre confiance en Jésus, avec Jésus ça va bien aller, car une grande lumière s’est levée. Cette lumière illumine toutes les réalités de notre vie.
Il n’y avait plus de place pour eux dans la salle commune, néanmoins Dieu à tout de même bien fait les choses. Que rien ne nous séparer de la joie nouvelle de Noël et de l’amour de Dieu. Dieu a visité son peuple, il ne l’a pas abandonné dans sa misère. Il nous a donné son Fils source de tout amour.
Vœux de Noël du curé :
Je vous souhaite beaucoup de joie cette année, celle-ci est un cadeau que Dieu nous donne : une joie que nous puisons dans le ciel, car Noël c’est Dieu qui vient à notre rencontre. Nous avons ce privilège immense de rencontrer Dieu quand nous le souhaitons dans le confort de notre maison. Jésus vient nous dire qu’à Noël, il souhaite demeurer chez nous. Que Jésus vienne faire sa demeure dans vos cœurs pour que vous soyez des personnes rayonnantes de la joie de Noël.
Je vous souhaite, surtout, la santé pour continuer à rendre service parce qu’« il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». S’il n’y a plus la santé, je vous souhaite la sainteté pour passer à travers et la foi qui déplace les montagnes.
Je vous souhaite beaucoup de neige, euh…, ça c’est mon souhait, désolé, j’aime la neige.
Je vous souhaite de garder le sourire, de rester heureux en toutes situations, de rire de vous même et de cultiver la joie de vivre et de rendre les gens heureux autour de vous. Et bien sur, je vous souhaite le paradis à la fin de vos jours et un peu de paradis chaque jour.
Que la joie et la paix règnent dans vos cœur, Joyeux Noël et bonne année !
Mission de Noël :
Dans le temps de Noël, je prend le temps de :
a) voir les belles choses que Dieu a faites dans ma vie au cours de l’année.
b) trouver mes forces ou mes qualités qui m’aide à faire du bien aux autres.
c) prier pour ma famille et pour les gens malades que je connais.
Mot de l'abbé Louis-Philippe Provost, pasteur des paroisses St-Philippe de Windsor et St-François-Xavier:
Comme démarche de l’Avent, je vous propose de découvrir les merveilles de Dieu dans notre vie. Il serait bon de chercher des « gloires de Dieu » dans notre vie : ce qui veut dire, des moments où nous avons reconnu l’action de Dieu d’une manière spéciale. Ceux qui le souhaitent vous pouvez vous pratiquer chaque jour en cherchant un événement positif où vous avez reconnu l’action de Dieu. Ce peut être quelque chose de très simple : une rencontre, une Parole de Dieu qui vous a rejoint, un moment de prière, etc. L’Avent est un temps par excellence pour reconnaitre les merveilles de Dieu dans notre vie. Dieu agit parfois comme Jean-Baptiste, il vient nous secouer un peu et d’autre fois, il agit comme Marie dans la tendresse et la douceur. Que ces deux témoins de l’Avent nous aident à reconnaitre la signature de Dieu dans notre vie.
Mission de la semaine :
Cette semaine, je sème la joie
a) en rendant un service à un ami ou à mes parents.
b) en disant une parole bienveillante à quelqu’un qui vit des moments difficiles.
c) en téléphonant à un membre de ma famille avec qui je n’ai pas parlé depuis plusieurs jours.
Mot de l'abbé Louis-Philippe Provost, paroisse St-François-Xavier et St-Philippe de Windsor :
Le thème de l’Avent cette année est : Espérer sa présence. Que notre prière s’élève vers Dieu pour tous ceux qui souffrent et qui en arrachent vraiment. Nous pouvons offrir à Dieu nos inconvénients du temps présent et lui demander qu’il les transforme en grâce afin de rencontrer Dieu autrement. Que ce temps qui nous prépare à Noël, nous aide aussi à nous tourner vers nos frères et sœurs en humanité qui sont plus démunis et qui ont besoin de notre soutien et de notre aide. La solidarité est aussi au cœur de notre préparation à Noël.
Nous sommes tous de petit Jean-Baptiste qui annonce la venue du messie, nous pouvons prendre le temps d’écouter le chant Venez divin messie (chez-nous, nous pouvons le chanter bien fort) afin de croire que vraiment Dieu vient et est fidèle à sa Parole. « Il est venu, il vient et il viendra », disons-nous à chaque messe. Que cette lumière de Noël grandisse de plus en plus dans nos cœurs et malgré la situation, nous pouvons croire fermement qu’il n’y a aucun obstacle pour que cette lumière se diffuse dans tous les foyers de nos villes et villages. Que toutes les belles lumières de Noël nous rappellent la naissance toute proche de ce Dieu d’amour et de bonté.
Louis-Philippe Provost, ptre.
Si le vent des tentations s'élève
Si tu heurtes le rocher des épreuves
Si les flots de l'ambition t'entraînent
Si l'orage des passions se déchaîne
Regarde l'étoile
Invoque Marie
Si tu la suis, tu ne crains rien
Regarde l'étoile
Invoque Marie
Elle te conduit sur le chemin
Quand l'angoisse et les périls, le doute
Quand la nuit du désespoir te recouvre
Si devant la gravité de tes fautes
La pensée du jugement te tourmente
Regarde l'étoile
Invoque Marie
Si tu la suis, tu ne crains rien
Regarde l'étoile
Invoque Marie
Elle te conduit sur le chemin
Si ton âme est envahie de colère
Jalousie et trahison te submergent
Si ton cœur est englouti dans le gouffre
Emporté par les courants de tristesse
Regarde l'étoile
Invoque Marie
Si tu la suis, tu ne crains rien
Regarde l'étoile
Invoque Marie
Elle te conduit sur le chemin
Elle se lève sur la mer, elle éclaire
Son éclat et ses rayons illuminent
Sa lumière resplendit sur la Terre
Dans les cieux et jusqu'au fond des abîmes
Regarde l'étoile
Invoque Marie
Si tu la suis, tu ne crains rien
Regarde l'étoile
Invoque Marie
Elle te conduit sur le chemin
Si tu la suis, tu ne faiblis pas
Si tu la suis, tu ne faiblis pas
Tu ne crains rien
Elle est avec toi
Et jusqu'au bout
Elle te guidera
Chant de l'Emmanuel : https://youtu.be/6dlCmAWZ8q4
Mot de l'abbé Louis-Philippe Provost pasteur des paroisses St-Philippe de Windsor et St-François-Xavier.
Le temps de l’avent est un temps particulier qui nous prépare à Noël. Eh oui… déjà Noël se pointe à l’horizon. Devant beaucoup d’incertitudes une chose est sûre : Jésus va encore naître à Noël cette année, car Il est toujours fidèle. Le temps de l’avent permet de stimuler notre attente pour préparer la crèche de nos cœurs afin d’accueillir le roi des rois, le Christ-Roi, qui arrive dans l’humilité d’un petit bébé. Notre préparation ne se limite pas à manger un chocolat chaque jour. La liturgie de la messe nous présente un calendrier de l’avent avec de beaux textes qui parlent de la venue de Jésus.
Même si Noël est notre lumière au bout du tunnel, l’avent nous indique une autre venue de Jésus qui est celle de la fin des temps. Le mot avent vient du mot « avènement ». Il y a deux venues du Christ et entre-temps, il se donne à nous dans la communion à travers le pain de vie qui est l’Eucharistie. La première venue est celle de l’Incarnation : il est venu à Noël, il a vécu la passion, il est mort sur la croix et il est ressuscité le dimanche de Pâques. La venue intermédiaire se trouve dans les sacrements de l’Église, spécialement dans l’Eucharistie où nous recevons Jésus à la messe. Et la deuxième venue du Christ est celle de son retour glorieux à la fin des temps.
L’avent se caractérise spécialement par une attente joyeuse : veillez, restez éveillés, ne vous endormez pas, le Seigneur vient. Nous pouvons nous garder une petite gêne pour ne pas chanter trop tôt « Merry Christmas » et « Jingle Bells », car Noël est dans 28 jours. Nous entrons dans un temps privilégié où la sobriété de l’attente nous invite à ne pas chanter « Gloire à Dieu » à la messe pour le chanter pleinement (ou le chanter dans notre cœur) à la messe de la nuit de Noël.
Au cours de l’avent, il y a une personne qui peut spécialement nous accompagner dans notre attente : cette personne c’est Marie la mère de Jésus. S’il y a quelqu’un qui a vécu l’attente de la naissance de Jésus de manière particulière, c’est bien la Vierge Marie. Elle portait en elle la grande attente d’un peuple qui est celle de la venue du messie. En même temps, Dieu réalisait en Marie le projet de réconcilier toute l’humanité par son Fils. Cette préparation avant Noël, nous permet de réaliser toute la bonté de Dieu envers nous, comme le dit Marie : « Il s’est penché sur son humble servante; désormais, tous les âges me diront bienheureuse ». Comme dans la vie de Marie, Dieu a déposé des dons dans notre vie : des dons de Dieu que nous sommes invités à faire naître au monde pour que Jésus grandisse dans la vie de nos contemporains. Jésus est le plus beau cadeau de Noël que nous pouvons offrir et partager à quelqu’un. Le défi est de le présenter dans un « emballage de Noël » attrayant qui donne le goût d’accueillir Jésus chez soi. Que Marie nous aide à offrir Jésus au monde avec beaucoup de douceur et de tendresse. Notre-Dame de l'Avent, priez pour nous !
Louis-Philippe Provost, ptre.
Voici une petite hymne que j'ai composé pour l'Action de grâce :
L'action de grâce
C'est notre reconnaissance
Devant ce Dieu coloré
Qui amène différente teinte ensoleillé
Dans notre existence
L'action de grâce ce n'est pas statique
Mais, plutôt dynamique
C'est une action, une ovation
Devant ce Dieu si bon
Qui nous amène à l'adoration
L'action de grâce c'est reconnaître en mon frère et ma soeur
Un immense cadeau du Créateur
Nous sommes tous sous le regard de ce Dieu de bonté
Qui nous a tout donné
L'action de grâce c'est un remerciement
Une louange au Dieu vivant
Qui nous a donné son Fils bien-aimé
Afin de nous délivrer de nos péchés
L'action de grâce c'est se réunir à la même table
Et se recueillir pour recevoir ce Dieu adorable
Qui est le Fils bien-aimé
De notre Bon Dieu qui, par son Fils, nous a tout donné
L'abbé L-P
Le 4 octobre, nous avons fêté le « Poverello » : le petit pauvre saint François d’Assise. Ce dernier est une figure de sainteté bien connue qui fascine des gens de tout horizon. François vivait à une époque où la vie était « pesante » avec son monde féodal (les seigneurs) qui amenait de l’oppression sur le peuple. Le peuple avait soif de neuf, d’un retour à l’essentiel. Les hommes voulaient être maitres de leur destiner. Le clergé n’arrivait plus, ou très peu, à se faire proche des gens simples. Un renouvèlement dans la manière de faire la mission était inévitable. Les gens rêvaient d’une fraternité nouvelle ou les biens matériels n’étaient plus le lien qui unit les personnes. François d’Assise est arrivé comme un illuminé qui renonçait à tout pour embrasser dame pauvreté, comme il aimait le dire. Finalement, cet homme n’était pas si fou que ça, ou plutôt, oui, il était fou, mais fou de Dieu. Le petit pauvre d’Assise par sa joie et son rayonnement a rapidement conquis le cœur des gens, mais il ne rayonnait pas pour lui-même, il orientait les cœurs vers Dieu. Afin de rebâtir l'Église du Seigneur. Si bien que certaines villes ne voulaient pas qu’il les visite de peur de voir partir un bon nombre de leur jeunesse. Un auteur spirituel a qualifié l’œuvre de François d’Assise de « retour à l’Évangile ». Dieu lui a permis d’orienter le désir de changement qui habitait le cœur des personnes vers une rencontre de Dieu forte qui répondait pleinement à ce désir. Chaque époque est différente, cependant en regardant la vie du « Poverello », je me pose la question suivante : de quoi aura l’air notre retour à l’Évangile ? Cet Évangile si savoureux et toujours nouveau qui répond aux besoins de chaque époque.
Le 1er octobre est la fête de Thérèse de l’Enfant Jésus ou, comme on l’appelle affectueusement, la petite Thérèse. Cette fête marque le début du mois missionnaire et ce n’est pas pour rien, car Thérèse a été proclamer par l’Église co-patronne des missions avec saint François Xavier. Alors que François Xavier a été jusqu’aux limites de la Chine pour annoncer la Bonne Nouvelle, Thérèse de l’Enfant-Jésus, après sa profession, n’a jamais quitté son cloître du Carmel de Lisieux. Il est en droit de se poser la question, eh bien, pourquoi est-elle co-patronne des missions ? Cette question nous fait entrer dans le cœur de la spiritualité de la petite Thérèse. Cette dernière avait de grands désirs d’être missionnaire et voyant qu’elle ne pouvait pas l’être, elle a choisi une place de choix. À la lecture de l’Apôtre saint Paul disant que l’Église à plusieurs membres et que la charité est le chemin le plus parfait. Thérèse dans un élan de don de soi a trouvé sa place, celle d’être l'Amour dans l’Église : « Dans le cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour ». Loin d’être une spiritualité à l’eau de rose, c’est plutôt une véritable offrande de soi même. C’est le cœur de l’appel missionnaire qui est d’offrir à Dieu chaque petit geste pouvant devenir des gestes porteurs de salut pour l’humanité. Beaucoup connaissent le mois d’octobre comme le mois du rosaire, voilà une belle interpellation afin de prier pour que tous les baptisés prennent conscience du potentiel missionnaire qui les habite, car la mission c’est pour toi et pour moi, ici, maintenant et tout de suite !
Pour ceux qui voudraient voir le magnifique texte de la petite Thérèse : https://www.aelf.org/2020-10-01/romain/lectures...