Catéchumenat

Un catéchumène est une personne adulte qui demande le baptême et suit une formation pour s’y préparer. Ce temps de formation et d’initiation dure environ deux ans. Il s’achève généralement à Pâques : au cours de la veillée pascale, le catéchumène reçoit les trois sacrements de l’initiation chrétienne : baptême, confirmation et eucharistie.

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Sr Marie-Elisabeth

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Témoignage : une catéchumène découvre un Dieu incarné

Lors d'une réunion catéchuménale, Jean Galisson, prêtre de la Mission de France, rencontre une jeune femme d'origine maghrébine marquée par le mystère de l'Incarnation de Jésus Christ.

Qui est Jésus ?

Voici une lettre envoyée par un prêtre de la Mission de France au journal la Croix et publiée dans la tribune des lecteurs de ce même (excellent) journal. Pourquoi ?

Tout d'abord par ce que cette lettre fait entendre la voix d'un prêtre ouvrier. Même s'ils sont peu nombreux en France, il est important pour nous tous de prêter l'oreille à leur témoignage d'homme d'Eglise. La nouvelle évangélisation qu'ils prônent et mettent en acte est trop souvent méconnue dans notre Eglise en France.

Ensuite parce que cette lettre parle d'une vraie réalité ecclésiale, celle des catéchumènes adultes. Leur manière de questionner la foi chrétienne et de réaliser ce qu'elle signifie pour eux peut réveiller en nous l'ardeur de notre jeunesse croyante ! En bref, les catéchumènes peuvent nous évangéliser.

Enfin, parce que ce qu'écrit Jean Galisson oblige chacun d'entre nous à se poser cette quesiton : "qui est Jésus pour moi ?". Peut-être ferons-nous la même réponse que la catéchumène, peut-être forulerons-nous une autre réponse... Qu'importe ! L'essentiel est de se convertir toujours et davantage vers celui que Jésus ne cesse de nous renouveler de manère inattendue, et nous n'aurons jamais fini de nous entraider à cela !

Sans plus attendre, lisez ci-dessous cette belle lettre.

Le témoignage de Jean Galisson

Lors d'une réunion catéchuménale, une jeune femme d'origine maghrébine déclare tout de go : "C'est formidable, j'ai découvert un Dieu qui a des jambes". Voilà une façon bien originale de dire l'incroyable Incarnation de Jésus !

Comme musulmane, l'Incarnation lui paraissait impensable car le Créateur ne peut pas se rabaisser jusqu'à se mettre dans la peau d'un homme, fragile, limité, pécheur et mortel.

Elle découvre que c'est l'Incarnation qui distingue le christianisme de toutes les autres religions. Un Dieu qui prend un visage et des jambes d'homme nous révèle qu'il n'est pas quelqu'un de séparé, distant, mais un Dieu proche qui s'est "mouillé" dans tout l'homme et dans tout homme. Selon le P. Bezançon, "l'humanité de Jésus n'est pas l'écran qui nous cache sa divinité mais l'écrin qui nous la donne".

Ce Dieu qui a des jambes et qui a beaucoup marché sur les routes de Palestine nous invite à nous servir des nôtres pour prendre le large, nous déplacer sur les chemins non balisés de la solidarité en vivant au coude à coude avec ceux qui luttent pour plus de justice sociale, pour les droits de l'homme, l'écologie ou contre l'exclusion. C'est l'Incarnation qui fonde notre engagement de chrétien : impossible désormais de séparer les choses de la foi des choses de la vie. Comme prêtre-ouvrier, c'est cela qui a motivé mes engagements. En effet, c'est à nous aujourd'hui de prolonger l'action du Dieu fait chair puisque Jésus n'a plus que nos jambes pour marcher, nos bras pour travailler et nos coeurs pour aimer.

Il dit à chacun : "Viens, suis-moi", c'est-à-dire : "Prends tes jambes à ton cou pour venir à ma suite. La vie chrétienne est une longue marche mais pas un long fleuve tranquille. Fais attention à ceux qui te font marcher et à ceux qui veulent te faire prendre des impasses et des sens interdits ! Il faut sans cesse se convertir. En ski, faire une conversion, c'est un jeu de jambes qui permet de se retourner, faire un virage à 180 degrés. Comme tu as tendance à me tourner le dos, fais des conversions, reviens vers moi".

Mais, comme chrétien, on ne peut réduire Jésus à un Dieu qui a des jambes car c'est un homme qui appelle Dieu "papa" et revendique son titre de fils. On peut dire de lui : "C'est tout son Père !", il a donné sa vie pour nous jusqu'à la mort de la croix et son Père l'a ressuscité ! Et cela change tout car : "Si le Christ n'est pas ressuscité, notre vie n'a pas de sens ".

On m'accuse parfois de présenter un Dieu "trop humain" mais aujourd'hui combien de gens croient en un Dieu "trop divin", ils sont déistes et fatalistes, prêts à se soumettre sans bouger à un Dieu lointain et tout-puissant, d'autres se réfugient dans l'adoration et la prière en oubliant de "se mouiller" dans les combats humains comme s'ils n'avaient pas de jambes.

Je souhaite que la nouvelle définition de notre catéchumène remette en course beaucoup de jambes de chrétiens pour continuer de mener avec le Christ le marathon de la vie qui conduit au Royaume .


Jean Galisson, Prêtre de la Mission de France (Toulouse) ; mars 2004