Histoire de l'église

Saint genis les Ollières

L’ÉGLISE ET LA VIE RELIGIEUSE À ST GENIS

(Extrait du premier livre du Tabagnon sur le passé de St Genis)

L'église Saint-Barthélemy

L'église de Saint-Genis est dédiée au saint patron des tanneurs, comme celles d'Yzeron, Sourcieux, Marcilly ou Châtillon-d'Azergues. Les tanneries installées le long des petits cours d'eau de la région justifient sans doute à elles seules ce choix multiple.

Le rachat de l'église

A la suite du Concordat signé par Bonaparte et Pie VII, en 1801, la normalisation religieuse, en marche depuis Thermidor, se concrétise. Dès le 29 nivose an X, le conseil municipal œuvre pour récupérer l'église, vendue sous la Révolution, et trouver un logement au curé. En 1806, à la suite de l'ordre impérial de loger gratuitement les membres du clergé, la commune rachète le presbytère à Villette pour la somme de 2 100 F, auxquels s'ajoutent les frais d'achat et de construction d'un mur, élevé par le propriétaire temporaire. Deux catholiques: Jacques Lepin et Jacques Vuldy, participent pour 1 078 F à l'opération financière et le presbytère retourne à son propriétaire légal, Monseigneur Fesch, cardinal archevêque de Lyon, qui charge la Fabrique (Assemblée de paroissiens chargée de gérer la paroisse.) d'en assurer l'administration.

Réfection, ameublement et décoration

Au cours des décennies suivantes, l'Église s'enorgueillit d'un ostensoir en vermeil acheté en 1822 chez les Frères Convert de Lyon pour 360 livres 6 sous, et d'un chemin de croix. Pourtant, l'essentiel de l'argent des legs n'est pas employé pour les dépenses d'ameublement ou de décoration. Ainsi, à la date du 16 juillet 1848, le projet d'utilisation du legs de Claudine Delpont, veuve Pierre Font, vise à l'acquisition d'une crédence pour la sacristle, d'une chaire pour le prêche, d'une stalle pour le chœur, d'une table de .communion, de fonts baptismaux et d'une grille d'enceinte et autres éléments aussi utiles que des bancs et pupitres pour les chantres, des chaises ou des rideaux pour les fenêtres de l'église. Le projet d'utilisation de ce legs de 2000F se voit rejeté le 20 août 1848 : 500 F seulement iront au paiement de l'ameublement, 1 500 aux entrepreneurs.

Le choix opéré dans l'utilisation des fonds s'explique par la défectuosité des bâtiments religieux. Dès 1833, le préfet dénonce la décrépitude du clocher, s'inquiète des risques d'accident et montre l'urgence de la reconstruction. Malgré les difficultés financières de la commune, la grêle et les mauvaises récoltes, le préfet est entendu j le 18 août 1833, le conseil s'engage à parer au plus pressé, sans pour autant envisager des travaux d'envergure.

En 1846, le conseil franchit un pas en prévoyant un investissement de 26 500 F, dont 9057 F alloués par le conseil de la fabrique. Vingt-trois ans plus tard, en 1869, l'idée de la reconstruction du presbytère a fait son chemin, mais le devis de 8000 F présenté par l'architecte Bailly ne débouche sur aucune réalisation effective. Dès lors, on se contente de réparer le presbytère en 1871, de badigeonner les murs intérieurs de l'église en 1879 et d'investir 300 F dans quelques travaux de réfection du clocher en 1893. Il faudra attendre le xxe siècle pour que l'église prenne l'aspect que nous lui connaissons.

La cloche

Dès l'apparition des églises, la cloche, véritable mémoire des jours, rythme la vie des villageois. Chaque village a ses sonneries, et, selon le tintement, chacun connaît la nature de l'événement annoncé, heureux ou malheureux. L'histoire de la cloche émaille l'histoire de notre commune. Déjà, en 1756, c'est au son de la grosse cloche que se réunit la commission de la grande taille de la paroisse. L'importance de la cloche dans la vie quotidienne laisse imaginer le vide provoqué par l'arrêt de son utilisation au temps de la Terreur.

Le patrimoine campanaire français subit en effet de lourds dommages sous la Révolution, dévoreuse du bronze nécessaire à la fabrication des armes. Le 23 juillet 1793, une loi impose une seule cloche par paroisse, les autres étant à .la disposition du ministère de la Guerre. En 1795, bien peu de cloches du passé subsistent.

Pourtant, celles-ci retrouveront rapidement leur fonction; en 1824, le conseil de Saint-Genis-les-Ollières vote même une allocation de 9 F au sonneur pour les services religieux à l'occasion des décès de Louis XVIII, et de Marie-Louise, ex-impératrice de France. En 1855, il fixe le tarif dé la sonnerie des enterrements à 10 F pour une sonnerie toutes les deux heures.

Des cloches parrainées

Tout au long du XIXe siècle, l'église de Saint-Genis se voit gratifier d'une série de cloches:

- en 1806, une quête suscitée par les paroissiens eux-mêmes permet l'achat de deux cloches (lourdes respectivement : de 630 et 330 kg), chez les Frères Jean de Lyon;

- en 1811, le curé Malien bénit la cloche «Jacqueline », de 744 livres, achetée chez Dalloni et parrainée par Jacques Vuldy et Jacqueline Brun, femme du sieur Fuchiez ;

- en 1812, une nouvelle transaction voit le jour; le fondeur Privat, accepte de reprendre la vieille cloche cassée pour 198,15 F, moyennant la livraison d'une neuve, qui sera bénie par le curé Portalier et parrainée par André Caillot et Guillemaite Vuldy, femme Charavay.

Actuellement, la petite cloche de 1811 fonctionne encore; la grosse, fêlée, refondue sous le mandat municipal de Dufour en 1968 à la demande du curé Boyer, a vu sa réinstallation accompagnée de l'électrification du clocher.

L'horloge

Bien dotée en cloches, l'église Saint-Barthélemy devra attendre le lendemain de la Première Guerre mondiale pour bénéficier d'une horloge. En juillet 1922, le conseil municipal sollicite une subvention pour la réparation du clocher mais aussi l’autorisation d'organiser une souscription communale en vue de l'installation d'une horloge. Celle-ci rapporte 3 500 F et la commune donne le complément nécessaire, soit 1 500 F.

La tradition religieuse

Dans le Saint-Genis du XIXe siècle, flagrante apparaît la distorsion entre l'état des bâtiments et le poids de la tradition religieuse. Deux témoignages au moins, accréditent notre propos :

- d'abord l'adjudication régulière de la “ferme des chaises” , ainsi, le 27 décembre 1847, l'adjudication se fait au profit d'Antoine Champ pour un an et 500 F; un demi-siècle plus tard, la venue du cardinal Couillié symbolise encore la résistance des pratiques religieuses dans notre commune;

- ensuite, le 25 avril 1900, le cardinal donne confirmation aux enfants de Saint-Genis, Craponne, Sairite-Consorce, Marcy l'Étoile en l'église Saint-Barthélemy de Saint-Genis-les-Ollières.

Pourtant, tradition ne signifie pas pratique ; une minorité d'hommes et de femmes remplissent leur devoir pascal, alors qu'à l'aube du xxe siècle point une nouvelle rupture dans les consciences, mouvement accéléré par l'anticléricalisme militant du “petit père Combes“ .

Saint-Genis et la séparation de l'Église et de l'État

Dès 1900, les décrets du ministère Combes entraînent le départ des sœurs de Saint-Joseph, installées dans la commune depuis le début du XIX" siècle. Quatre ans plus tard, le 16 août 1904, le maire et son conseil ordonnent au maçon Pierre Dumas d'enlever la croix érigée place de l'Eglise. Les protestations du curé en chaire le dimanche suivant, le chemin de croix imposé aux vêpres en réparation de ce sacrilège, le pèlerinage des 48 paroissiens à Ars ne changent rien : Saint-Genis est entré dans un état laïque.

La question des biens de l'église

La cure de notre commune est la première du canton de Vaugneray soumise à la loi de séparation de l'Église et de l'État. Selon ladite loi, les biens appartenant à l'Église doivent être « dévolus à des associations de citoyens qui se constitueraient en conformité avec la loi de 1901 sur les associations ». En 1906, malgré la lettre de protestation affichée par le curé à l'intérieur de l'église, le maire Ratton entreprend l'inventaire des biens de l'église Saint-Barthélemy, avec l'aide du percepteur de Vaugneray, Montagnier, délégué lui-même par le directeur des domaines. L'année suivante, le 25 avril 1907, le curé Savey demande à louer le presbytère, autorisation qui lui est accordée par délibération du conseil.

Les curés de la paroisse de Saint-Genis-les-Ollières de 1803 à nos jours

Myèvre Gaspard 1803 Cherblanc Benoît 1868 Rivoire 1907

ArguillierPierre 1805 Chabert J.;Marie 1886 Graverolle

Molin Jacques 1808 Dugelay Claude 1906 Bourbon Louis 1943

Portalier Pierre 1812 Savey 1907 Boyer Roland 1966

Fillion Claude 1813 Fayolle Paul Reynaud 1996

Vernay Antoine 1831 Masson Michel Rose 2011