Historique

Craponne

Les Craponnois : des paroissiens patients attachés à leur église

Craponne est une paroisse jusqu’en 1447. Une toute première église, dont l’emplacement reste toutefois inconnu des historiens, y aurait été construite vers 1318 et était déjà dédiée à Saint-Fortunat, mais également à Saint-Cyr. En 1447 se produit une rupture : Craponne perd son indépendance spirituelle et est rattachée à la paroisse de Grézieu-la-Varenne, commune plus importante et plus riche qu’elle à cette époque. C’est un rude choc pour les fidèles Craponnois qui vont devoir pendant plus de trois siècles, soit faire des kilomètres pour assister à la messe à Grézieu, soit devoir payer le curé de Grézieu pour pouvoir entendre la messe chez eux. Ils ne s’y habitueront jamais, et n’auront de cesse de reconquérir leur indépendance…

Ceci n’empêche cependant pas la construction, sans doute un peu avant 1623, de ce que nous continuons à appeler «l'ancienne église», transformée aujourd'hui en salle des Expositions par les autorités civiles.

Les Craponnois devront attendre la veille de la Révolution française, très exactement 1775, pour qu’enfin un vicaire – toutefois rattaché à Grézieu - soit nommé, et que les fidèles ne soient plus obligés d'aller à Grézieu pour assister à la messe. Mais ce n'est qu'en 1828 que l'église obtient à nouveau « son » curé, et les paroissiens retrouvent avec enthousiasme le chemin de leur église. On s’aperçoit alors bien vite que le bâtiment est devenu trop petit, « l’ancienne église » n’étant prévu que pour environ 300 personnes. Dès lors, le premier curé de Craponne, le Père Machury, va s'attacher durant ses 50 ans de ministère à agrandir l'église. Mais il faudra encore plus d'un siècle de patience aux Craponnois pour qu’ils aient enfin une église plus grande.

L'actuelle église Saint-Fortunat est née de la volonté de tous les curés de Craponne qui se sont succédés. C’est le projet du Père Chavana (curé de 1930 à 1955) qui aboutit, porté par le dynamisme du Père Muller. L’église est consacrée au culte par le Cardinal Gerlier, le 28 août 1955. Il reviendra trois ans plus tard pour y bénir les cloches refondues de l'ancienne église.

La nouvelle église Saint-Fortunat est de son temps. Comme l'a dit le Père Raymond Butaud, curé de Craponne jusqu'en 2009, "elle n'a rien d'exceptionnel, mais elle est grande". Elle permet en effet d’accueillir 600 personnes, et est cette fois-ci entièrement dédiée à Saint Fortunat, saint évêque de Poitiers vers 597, dont elle abrite une statuette en bois polychrome datant du XVIlle siècle. A l'extérieur, sur le tympan de l'église, le sculpteur Pierre Roiret l’a représenté veillant sur des enfants malades, comme le veut la tradition.

Dans la commune, sa fête était célébrée le dernier dimanche d'août au cours d’un pèlerinage, où ses reliques étaient portées en procession et où son nom était invoqué pour la guérison des enfants malades qu’on appelait alors « débiles ». C’est ainsi que pendant des décennies, Ie bourg de Craponne fut un lieu de pèlerinage. Tous les habitants des alentours et des Monts du Lyonnais venaient demander la bénédiction du Saint pour leurs enfants. La dévotion était grande, d'autant que des guérisons miraculeuses lui furent attribuées.

A Craponne, le pèlerinage avait lieu le dernier dimanche d'août. Ce­lui-ci fut suspendu au début de la deuxième guerre mondiale puis reprit en 1942. Les deux derniers ont eu lieu en 1954 et 1956.


Hymne Saint-Fortunat chanté lors des derniers pèlerinages

(paroles de Pierre Roiret et Bernadette Isaac-Sibille, musique de Colette Sibille)

Refrain:

Saint-Fortunat, protecteur de l'enfance.

Entends ici la voix de notre cœur.

De tous nos frères conserve l'innocence.

Epargne-leur la trop grande douleur.

1

Tu es le patron de ces lieux,

Pour Dieu augmente notre foi.

Garde nos biens, entends nos vœux.

Grand Saint, nous espérons en toi.

2

Vois les innocentes victimes

d'une longue et terrible guerre?

Préserve-les bien de ces crimes.

De tous, fais revenir le père.

3

Aie pitié des enfants débiles,

Accorde leur joie et santé

Garde-nous purs et dociles,

Tous unis par la charité.

4

Saint-Evêque, vénéré Pasteur,

Toi qui vécus dans notre France,

Toi, le poète du Seigneur,

Aide à chanter notre espérance.


Le saviez-vous ?

Le bâtiment de l’Eglise et la cure ne sont pas la propriété de la commune ou de l'état, à la différence de ce qui existe pour la majorité des paroisses. Une Association Immobilière Paroissiale gère l'entretien des bâtiments utilisés par la paroisse pour le culte (lien). Par convention, le CPAE (Conseil Paroissial des Affaires Economiques) verse une indemnité annuelle pour l'utilisation et l'entretien de l'église.

Voici une particularité craponnoise, héritée de notre histoire…