Non aux déchets dangereux à Villenoy

COLLECTIF des VILLENOYENS en COLERE

INTERVIEW TERZEO : UN HABITANT de VILLENOY REAGIT !

L’édition de La Marne du 25 février dernier avait ouvert en grand sa tribune au Directeur Général de la Société Clamens, qui se lamentait et pleurait sur son sort, le pauvre il n’aurait pas eu la possibilité de s’expliquer !

Dans une parution antérieure, nous vous avons fait connaître le droit de réponse envoyé par notre collectif au journal « La Marne » (voir notre article "Le bal des pleureuses"), qui s’est royalement assis dessus, comme sur le droit de réponse que lui a aussi transmis le collectif du pays de Meaux.

Bel exercice « d’équilibre » donc auquel se livre notre presse locale qui a clairement choisi son camp …..

Aujourd’hui, nous vous proposons un 3ème droit de réponse envoyé à La Marne par un citoyen de base habitant Villenoy, à qui ce grand journal démocratique a sans doute réservé le même sort qu’aux deux autres demandes …. Et c’est Terzéo qui va se plaindre d’être « maltraité » …..

Droit de réponse au Président Directeur Général de la Société Clamens

« Tout est fait pour que nous ne puissions pas répondre »

C’est l’affirmation de ce responsable dans l’hebdomadaire La Marne du 25 février 2017. Cela n’est guère surprenant si l’on se réfère aux explications peu fiables données par les représentants de Terzéo à l’occasion de la réunion publique qui s’est déroulée à Villenoy le 7 janvier 2017.

Dans ce même reportage, il déclare : « Je vous parle avec mes tripes » ! Ce type de langage n’est pas forcément compris par tout le monde, quoique pas toujours inaudible.

En revanche, le PdG se permet de mettre en doute la capacité des élus à comprendre toutes les données du problème, ceux-ci n’ont probablement pas saisi l’aspect écologique de ce projet…..

« Les élus n’ont pas pris le temps d’obtenir toutes les réponses »

Nous pensions naïvement que l’enquête publique avait précisément pour objectif d’éclairer et de répondre aux questions des élus et du public. Celle-ci s’est déroulée durant 10 semaines consécutives, ce n’est donc pas suffisant ?

Rappelons que tous les élus sans exception avaient connaissance du projet Terzéo depuis plus de 4 années, laps de temps largement suffisant pour l’étude de ce dossier aussi complexe soit-il. Décidément, personne n’a rien compris !

Notre PdG déclare également : « J’ai entendu parler d’une myriade de camions. Je suis très surpris. Nous parlons de 60 camions par jour sur un trafic de 2 000 à 3 000 véhicules par jour dans ce secteur. Quel est l’impact ? «

Il semble bien avoir oublié que l’étude d’impact stipule dans le dossier d’enquête publique une augmentation du trafic de 4,5 % sur la RD 5 (sur 2 700 véhicules/jour). Ce qui représente 121 passages supplémentaires et non 60 !

La même étude précise une augmentation de trafic de 0,6 % sur l’A140 sur 20 200 véhicules par jour, ce qui représente également 121 passages supplémentaires.

En revanche, si l’on se réfère aux chiffres annoncés par la presse lors de l’inauguration des Saisons de Meaux en octobre 2015, l’axe « stratégique » (A140) verrait le passage de 25 000 véhicules/jour. Une augmentation de 0,6 % sur cet axe représente donc 150 passages supplémentaires et non 60 ! Bonjour la pollution, Villenoyens à vos masques …..

L’axe dont il est question est surtout stratégique pour les camions desservant la zone d’activités du Pays de Meaux et les décharges de Crégy-les-Meaux, dont celle du Blamont gérée par la société Cosson, aujourd’hui en acticité et qui vaut le coup d’œil !

« Quel est l’impact ? » déclare-t-il.

Avez-vous, Monsieur le PdG, connaissance des mesures concernant les rejets dans l’atmosphère d’oxydes d’azote (NOx), particules fines (PM10 – PM 2,5) d’un camion de 44 tonnes évoluant à pleine charge sur un rond-point situé à moins de 200 mètres des habitations ? Des tests ont peut-être été effectués, à l’image de ceux prétendus réalisés à l’insu de tous concernant les émissions sonores ?

Monsieur le PdG a-t-il été informé que les communes de Villenoy, Isles-les-Villenoy, Esbly, font partie des communes de Seine-et-Marne classées en « Zone Sensible » dans le dernier Plan de Prévention de l’Atmosphère (PPA) ?

En effet, ces communes sont sous surveillance des Pouvoirs Publics en raison de dépassements des seuils préconisés par l’Union Européenne en matière de pollution atmosphérique due au trafic routier.

Dans ces « Zones Sensibles », les actions gouvernementales en faveur de la qualité de l’air sont prioritaires. Il s’agit donc bien d’un problème de santé publique.

Une récente enquête d’Airparif estime que 3 millions de Franciliens respirent un air saturé de polluants. Mais quel est donc l’impact, Monsieur le PdG ?

Concernant la zone de confinement dite « sarcophage », il convient de faire remarquer à ce PdG que l’acquisition des 64,5 hectares du site de l’ex-sucrerie a été conclue en 2009 par la Société des Carrières de Villeparisis et avait pour finalité l’exploitation d’une unité de production d’énergie photovoltaïque par la société Clamens.

Huit longues années ont donc été nécessaires pour s’inquiéter du devenir de ce sarcophage pourtant bien présent lors de l’achat des terrains.

A propos de ce fameux sarcophage, que contient-il exactement ?

Un avis du Préfet de Paris en date du 2 février 2012 fait état d’un confinement de 52 000 mètres cubes de terres contaminées, renfermant de l’arsenic, du cadmium, du cuivre et du plomb.

Curieusement, une autre étude du Ministère de l’écologie (BASOL), en date du 5 novembre 2012, fait état d’un remblai pollué estimé à 21 500 mètres cubes, contenant du cuivre et de l’arsenic.

Comment expliquer cette différence ? Où sont donc passés les 30 500 mètres cubes de différence ? Où sont disparus le cuivre et le cadmium de la première analyse ? Mystère …..

Notre voisin n’a pas de cafard, Monsieur le PdG, c’est bien pire, il veut nous empoisonner durant plus de 30 ans !

Il est possible de réhabiliter le site de façon plus intelligente et écologique en adoptant la solution initialement prévue d’un parc de production d’énergie photovoltaïque. La rentabilité ne serait peut-être pas aussi juteuse que celle de la décharge ! …..

Un Villenoyen lucide et conscient des dangers de la décharge Terzéo.

ENTRETIEN avec JEAN-FRANCOIS COPE, PRESIDENT de la CAPM

Nous avons souhaité rencontrer Jean-François Copé pour lui demander si nous pouvions compter sur son appui dans notre quête de ne pas avoir aboutir le projet Terzéo sur le site de Villenoy et d’Isles-les-Villenoy, quel qu’il soit.

Sans surprise, et comme nous n’avions pas manqué d’en faire l’analyse à la lecture des délibérations de plusieurs communes ayant émis un avis défavorable, ce n’est pas aussi clair que ça.

Ou plutôt, au contraire, c’est très clair : c’est catégoriquement non au projet tel qu’il existe, mais la porte est grande ouverte dès lors que des aménagements auront été apportés.

En substance, il nous a dit que Terzéo avait été mauvais, qu’il venait d’ailleurs de voir ses dirigeants pour le leur dire et les inviter à revoir leur copie en mettant les habitants au centre de leur préoccupation.

Visiblement que le projet se situe en milieu urbain, à moins de 450 mètres des premières habitations, ne le préoccupe pas plus que ça. Il rappelle que le site est destiné aux activités économiques et plaide pour le type d’activité ayant pour vocation le recyclage des déchets.

Il argumente en rappelant que les contraintes et la surveillance sont tels en France, que, au bout du compte, bien qu’a priori plus polluantes que d’autres activités, elles sont plus respectueuses de l’environnement. Et de citer, pour étayer ses propos, l’exploitation sucrière, moins sujette à polémique, ayant pourtant laissé un site pollué.

Bref, vous l’aurez compris, pour lui, Terzéo, c’est pas fini, ça peut revenir dès lors que la « mariée » sera plus présentable …..

Pour qu’il n’y ait pas de malentendus, nous lui avons confirmé que nous sommes évidemment tout à fait conscients que les déchets doivent être traités et que leur recyclage est un progrès. Mais, vu le caractère dangereux (présence de métaux lourds et d’hydrocarbures) posant un réel problème de santé, il est absolument inconcevable que cela se fasse en site urbain, quel qu’il soit, à Villenoy ou ailleurs. Il faut impérativement que cela se fasse en rase campagne.

Avouons-le, nous n’avons pas trop senti qu’il soit très réceptif à cette argumentation pourtant irréfutable. En revanche, quand nous lui avons rappelé que la Seine-et-Marne concentrait déjà l’essentiel des sites de traitement des déchets, dangereux ou non, et au sein de celle-ci, de façon prépondérante la Seine-et-Marne Nord, nous avons fait mouche. Un constat qui pourrait l’amener, avons-nous cru comprendre, à une opposition beaucoup plus ferme quant à tout nouveau projet chez nous.

Au final, comme nous ne cessons de mettre en garde celles et ceux qui penseraient que l’avis défavorable émis par les communes consultées mettrait un point final à Terzéo, rien n’est pour autant acquis. Le préfet étant en bout de compte celui qui donnera le la dans un sens ou dans l’autre, un mauvais scenario n’étant pas à exclure.

Sur ce point, Jean-François Copé s’est cependant engagé à monter au créneau si une décision favorable était donnée dans les prochaines semaines, alors que l’actuel projet est massivement rejeté et que se profilent des échéances électorales pouvant en tout état de cause avoir des incidences.

Mais ne nous leurrons pas, c’est d’abord et avant tout sur nos propres forces et la détermination forte qui habite les deux collectifs du pays de Meaux et de Villenoy et de l’ensemble des habitants de Villenoy comme de toutes les communes alentours, que nous pourrons faire échec à l’installation d’un site de traitement de produits toxiques avec, au terme de l’exploitation, la constitution d’un stock de plus de 1 000 000 de tonnes qui resteraient sur le territoire de notre commune.

Nous le redisons avec force et détermination : nous ne voulons pas d’un tel site, quels que soient les « aménagements » qui pourraient être apportées au dossier :

NON au PROJET TERZEO de DECHETS DANGEREUX !