Vue de Fès de Sidi Ali Mzali
Mohamed Mzali écrit dans ses mémoires : « A l'occasion du premier sommet arabe de Fès où j'ai conduit la délégation tunisienne, j'ai tenu à visiter le mausolée de Sidi Ali Mzali, situé sur une colline dominant la porte des remparts attenante à l'université Karawiyine. J’y ai vu une vingtaine de femmes tenant leur bébé, on m’expliqua que le saint homme avait le pouvoir de guérir la coqueluche. »
D’autre part, Mohamed ibn Jaafar ibn Idris al-Kattani dans Kitab salwat al-anfès wa-muhadatha al-akiyès mi-man uqbira min al-‘ulamā wa al-çulaḥa bi-Fès (es-Salaout el Anfas, 1898) indique que Sidi Ali el Mçali, appelé vulgairement el-Mzali avec une altération du sad en zey, était un ouali çalah, c'est-à-dire un saint homme, qu’il était ouvrier tisserand, qu’il ne travaillait que du lever du soleil jusqu’au dohor, mais que pendant ce temps, il faisait plus de travail qu’un autre ouvrier durant toute la journée. A qui s’en étonnait, il aurait répondu qu’après les prières obligatoires du lever du soleil, il poursuit chaque matin avec des prières surérogatoires après quoi, il se sentait comme un outil entre les mains d’une force supérieure. Al-Kattani ne parle pas de son origine, ni de l’époque où il vivait. II ajoute que l’on vient en pèlerinage à son tombeau le samedi matin, avant le lever du soleil, pour obtenir la guérison de la toux. » Le terme utilisé pour la toux est سعال, et pour rappel, c’est le même terme, complété par un adjectif relatif au coq, qui désigne la coqueluche (سعال الديكي).
Une description de Fès (Archives marocaines : publication de la Mission scientifique du Maroc. Volume 11, 1907) indique « Comme la plupart des portes des anciennes enceintes fortifiées, Bab El Guisa fait un coude afin d'empêcher que l'assaillant ne puisse entrer directement dans la ville. Après avoir passé sous la grande porte en ogive qui regarde sur la campagne, on trouve en face de soi, sous la voûte de la porte, assis sur un banc maçonné, dans une large niche, les percepteurs du droit des portes [...]. Sur la gauche, une autre grande porte en ogive donne accès dans la ville. Après l'avoir franchie, on tourne sur la droite et on arrive, quelques mètres plus loin, à une fontaine, puis à une impasse en pente très raide où se trouvent la rauda et au sommet le tombeau de Sidi Ali el Mzali ou El Mçali [...]. D'après les renseignements recueillis et l’opinion populaire, Sidi Ali el Mzali serait de la famille des Oulad Er Romani qui seraient eux-mêmes des chorfas idrisites dont plusieurs seraient enterrés dans cette rauda, de là viendrait le nom de Zoqaq Erroman donné à ce quartier.
Parmi les tombes les plus anciennes signalées dans ce document, en contrebas de celle de Sidi Ali el Mzali, celle de Sidi Khalf Allah El Mejjaci El Malki, mort en 732 de l’hégire. D’autre part, pour sa biographie, al-Kattani se réfère au Cherif Moulay Ahmed Mohamed al-Wazani qui est décédé en 1311. On peut estimer que Sidi Ali el Mzali lui est probablement contemporain ou légèrement antérieur, ce qui le ferait vivre au 13ème siècle.