Avec l’essor du commerce et de l’urbanisation au Moyen Âge, la bourgeoisie se développe. L’émergence de ce groupe social, qui s’impose progressivement dans la hiérarchie sociale, est un des facteurs conduisant à la fin du Moyen Âge. Elle annonce également la remise en cause d’un ordre social fondé sur la tradition.
Alors que le Haut Moyen-Âge (≈ 500 à ≈ 1000) fut relativement sanglant et empreint de nombreux conflits, le Moyen-Âge central (≈ 1000 à ≈ 1300) est plus paisible. En effet, les paysans améliorent les techniques agricoles, les royaumes européens se stabilisent, le commerce se développe dans les bourgs et un nouvel ordre social émerge.
Les villes médiévales que sont Bruges, Hambourg, Londres, Venise et Florence sont dorénavant au cœur du développement du Grand commerce. En effet, il s'y organisent des foires médiévales tout au long des 11e, 12e, 13e et 14e siècles. Leur situation stratégique, à proximité des mers Méditerranée, du Nord, Noire ou d'un fleuve tel que la Manche, incite les marchands à s'y réunir.
Notons finalement que le harnais et les fers à cheval favorisent le déplacement en charrette, ce qui facilite le transport par les voies terrestres.
1. La Paix de Dieu - 2. L'amélioration des techniques agricoles
La Paix de Dieu est un mouvement lancé par l’Église qui, vers l’an 1000, encourage seigneurs et chevaliers à observer des moments de paix et des actions non violentes envers les paysans.
Elle vise notamment à :
Protéger les possessions ecclésiastiques dont le nombre s'accroit grâce à des donateurs nombreux soucieux d'assurer le salut de leur âme après la mort ;
Protéger ceux qui ne peuvent se défendre comment les religieux (n'ont pas le droit de tuer), les paysans (qui ne savent pas manier les armes) et les pèlerins (qui réalisent des voyages spirituels) ;
Interdire de s’attaquer au bétail, aux moulins et aux animaux de labour sous peine d’excommunication.
L'agriculture se développe grandement au Moyen-Âge, notamment en raison de l'amélioration des moulins à eau et à vent, l'assolement (rotation des cultures), et le perfectionnement des outils agricoles. Le développement de la métallurgie y est pour beaucoup dans ce dernier.
Le moulin, comme nous l'avons vu, sert à moudre le grain. Tout le blé récolté dans un domaine ou une seigneurie doit y être amené et moulu contre le droit de banalité, reversée au maître de l'eau (dans le cas d'un moulin à eau), au seigneur et au meunier.
L'assolement triennal correspond à la division de la terre cultivée en trois soles : une sole de céréale d'hiver (majoritairement du blé), une sole de céréale de printemps (orge, avoine) ou de légumineuse et une sole de jachère.
Source : Wikipédia
(voir l'image ci-haut)
Le moulin, comme nous l'avons vu, sert à moudre le grain. Tout le blé récolté dans un domaine ou une seigneurie doit y être amené et moulu contre le droit de banalité, reversée au maître de l'eau (dans le cas d'un moulin à eau), au seigneur et au meunier.
(voir l'image ci-haut)
La charrue est un instrument aratoire utilisé en agriculture pour labourer les champs. Elle s'est plus largement répandue en Europe lors de la révolution agricole du Moyen Âge, où son utilisation, conjointement à celle du fumier, a permis d'augmenter la productivité agricole.
Source : Wikipédia
1. L'apparition de la bourgeoisie marchande - 2. Les migrations urbaines - 3. La mise en place des chartes
Grâce à l'amélioration des techniques agricoles, une nouvelle classe social émerge : la bourgeoisie marchande. En effet, les paysans qui réalisent d'importants surplus agricoles se rendent dans les bourgs (où se tient ordinairement le marché des villages environnants) afin d'y vendre leurs récoltes. Ils peuvent donc s'enrichir et ainsi émerge la bourgeoisie marchande.
Durant la période 1000-1300, de nombreux paysans décident de quitter la campagne pour le bourg. En effet, ceux-ci souhaitent obtenir les privilèges inscrits dans la Charte de franchises mise en place par un seigneur ou simplement pour devenir artisan. Il s'agit d'un moyen, pour les seigneurs, de développer leur bourg en attirant toujours plus d'artisans et de marchands.
Les chartes sont négociées entre le seigneur et la bourgeoisie marchande, qui s'enrichie de plus en plus. Elles lui permettent de se libérer de leurs obligations envers les seigneurs (corvées, sens, etc.) et de commercer plus librement. Dorénavant, les seigneurs ne peuvent plus imposer des obligations au gré de leurs émotions et doivent s'occuper de l'administration du bourg.
Le bourg médiéval obtient progressivement un statut spécial qui permet aux habitants d’obtenir plus d’autonomie en plus de certains droits, comme ceux d’élire des dirigeants, de tenir un marché ou une foire commerciale, de maintenir l’ordre et rendre la justice, de percevoir des taxes municipales pour l’entretien et la défense du bourg, etc. Les habitants, aussi appelés bourgeois sont donc plus directement impliqués dans le développement économique et social de leur milieu de vie. Notons, finalement, que le bourg est toujours construit autour d'un château ou d'un monastère.
Le bourg de Bruges est reconnu pour son port de mer protégé et extrêmement dynamique. C’est l’un des ports les plus importants de toute l’Europe chrétienne. Cette ville belge comporte un large secteur protégé par le patrimoine mondial de l’UNESCO.
Texte issu du document de Jérôme Lebel
Le bourg de Bruges est reconnu pour son port de mer protégé et extrêmement dynamique. C’est l’un des ports les plus importants de toute l’Europe chrétienne. Cette ville belge comporte un large secteur protégé par le patrimoine mondial de l’UNESCO.
Texte issu du document de Jérôme Lebel
Carcassonne est une ville importante pour le commerce terrestre vers la Méditerranée. Ce bourg fortifié demeure l’un des joyaux patrimoniaux du Moyen Âge.
Texte issu du document de Jérôme Lebel
Dubrovnik est un bourg de l’Empire byzantin ouvert sur la mer Adriatique, longtemps rival commercial de Venise. C’est un site patrimonial de la Croatie très visité aujourd’hui.
Texte issu du document de Jérôme Lebel
Afin de comprendre la problématique des ordures, des déchets et des immondices dans les bourgs médiévaux, je vous invite à écouter la vidéo suivante de Laurent Turcot sur le sujet (2 minutes 48 à 4 minutes 40. La vidéo est relativement courte, mais explique extrêmement bien la situation.
Bien que les représentations iconographiques du Moyen-Âge (peintures, gravures, tapisseries) dépeignent les rues des villes comme luisantes de propreté, la réalité était plus catastrophique. De nombreux écrits mentionnent la saleté des rues, ne serait-ce qu'en évoquant les toponymes (les noms qu'on leur donne) : rue Cave, Trou Punais, la Sale, Foireuse, Basse-Fesse, du Bourbier, etc. Un document de 1412 mentionne une place Marcadal (quartier fangieux) et des fossés nauséabonds à Lourdes. Les rues sont polluées par les nuisances de chantiers, les ateliers débordent sur la chaussée, les habitants y jettent leurs seaux d'urine et d'excrément, certains défèquent dans la rue ; les ouvroirs des particuliers et les eaux stagnantes des pluies créent des terreaux d'immondices. Circuler dans la rue représente un réel danger et une expérience désagréable, entre les boues, les eaux et les saletés qui envahissent la chaussée, et la circulation d'animaux (cochons, volailles, chevaux, chiens errants, etc.) et de marchands ambulants.
Source : Wikipédia
La noblesse - Le clergé - La bourgeoisie - Le peuple - Les esclaves
Il existe, dans les bourgs, différentes classes sociales. Tout d'abord, nous retrouvons la noblesse. Celle-ci est composée du roi, des ducs et duchesses, des comtes et des des comtesses, des barons et des baronnes ainsi que des seigneurs.
Ensuite, nous retrouvons le clergé. Celui-ci est composé de l’archevêque, des évêques, des prêtres, des moines, des sœurs, etc.
Puis, nous retrouvons la bourgeoisie marchande. Cette bourgeoisie est composée de grands et de petits marchands, de banquiers, de membres de guildes, de maîtres artisans, etc. Cette classe sociale émerge durant le Bas Moyen-Âge.
Le peuple, quant à lui, se trouve à l'avant-dernier échelon de la hiérarchie sociale. Il est composé de petit artisans, de paysans, de commerçants, etc.
Finalement, il était possible de retrouver des esclaves dans quelques bourgs.
Dans les bourgs et villes du Moyen Âge, après l'an 1000, les artisans s'organisent sous forme d'associations professionnelles. Ces associations prennent, selon le lieu, le nom de guilde, de hanse ou de corporations.
Ces associations organisent l'entraide et punissent ceux qui voudraient casser les prix ou dénaturer les pratiques professionnelles. Elles sont hiérarchisées, avec des maîtres, des compagnons et à la base des apprentis. On utilise encore ces termes dans certains métiers au Québec.
Chaque corporation a pour mandat de standardiser la procédure et la durée de la formation nécessaire avant d’obtenir le titre d’artisan. Également, les corporations :
Fixent les prix des marchandises ;
Assurent la protection de leurs membres ;
Sécurisent le transport de caravanes avec des soldats qui protègent la marchandise sur les routes remplies de brigands.
Le tisserand est un artisan qui fabrique des tissus. Il utilise pour cela un métier à tisser ou parfois des aiguilles. Ses matières premières sont le coton, la laine, le lin, le chanvre et la soie.
Une fois que le fil est créé, il passe au foulage : il se fait tremper, piétiner dans l’eau pour améliorer sa qualité puis étirer, sécher et enfin, on le tend.
Ils créent dans leurs ateliers de vêtements, des tapisseries et des draps. Beaucoup de tailleurs et de rois achètent leurs produits. Les tissus sont ensuite teintés chez un teinturier. Un tisserand doit commencer son travail après le lever du soleil sous peine d’une amende, il devait aussi payer des taxes.
Source : Wikipédia
Le maçon a pour charge essentielle de monter les murs, c’est-à-dire d’asseoir la pierre, de la poser, de la coucher et enfin de la cimenter. Mais dans les textes du Moyen Âge, la confusion n'est pas rare entre les termes désignant le maçon et le tailleur de pierre. Car leurs tâches sont assez semblables et la polyvalence des bâtisseurs fréquente sur les chantiers.
En revanche, le maçon dit « supérieur », qui sait tailler la pierre, est nettement différencié du « maçon de moindre importance » dont les compétences se limitent à la pose des pierres sur les chantiers. Parfois, les maçons les plus fortunés endossent le rôle d’entrepreneur et dirigent à forfait de petits chantiers.
Source : Bibliothèque nationale de France, 2015.
En tant que corporation, le métier de couvreur apparaît assez tardivement. En effet, pendant l'Antiquité et le Moyen Âge, une bonne partie des toitures sont faites de planches de bois ou « de bardeaux ». Une partie du métier reste donc fortement liée à celui des charpentiers, tandis que l'autre partie, qui réalise des couvertures recouvertes de feuilles de plomb, se confond avec les « plombiers ».
À partir du 13e siècle, on distingue, pour la première fois, les « couvreurs » (qui assurent les travaux neufs) des « recouvreurs » (qui réparent). Mais les couvreurs demeurent sous l'autorité du charpentier royal. Comme dans tous les métiers liés à la charpenterie, le nombre d'apprentis est limité à un seul et l'apprentissage dure six ans.
Source : Bibliothèque nationale de France, 2015.
Le Grand commerce, au Moyen-Âge est rendu possible grâce à plusieurs facteurs. Tout d'abord, les croisades ont permis le développement durable de routes commerciales entre l'Orient, l'Afrique et l'Europe. Le goût pour les produits de luxes (soieries, épices et pierres précieuses) ne s'en trouve que renforcé.
Venise devient alors un pôle économique très important pour toute la région méditerranéenne. Son port devient l'un des plus importants en Europe. Le bourg de Danzig connait un développement semblable, grâce à son emplacement stratégique (à proximité de la mer Baltique et de la mer du Nord).
Source : Allô Prof
Entre ces deux pôles commerciaux se développent grand réseau de foires commerciales. Elles se tiennent à des endroits et à des dates fixées. Elles sont réglementées et organisées. Les marchands s'y rendent ainsi afin de vendre leurs différents produits. Les nobles profitent grandement des foires afin d'acquérir des produits luxueux issus des quatre coins du continent européen, mais aussi de l'Asie et de l'Afrique.
Les foires de Champagne était l'une des plus courues. Leur succès résulte de leur situation géographique les situant entre les Flandres et l'Italie au croisement de nombreuses routes et voies navigables, de la gestion éclairée des Comtes de Champagne et de la sécurité particulière dont bénéficiaient les marchands, garantie par les comtes de Champagne eux-mêmes.
Source : Wikipédia
Le développement du Grand commerce à travers l'Europe au Moyen-Âge crée un problème relativement important : celui des nombreuses monnaies. En effet, de nombreuses monnaies sont en circulation à travers l'Europe et celles-ci n'ont pas toutes la même valeur. Certains métiers, tels le changeur et le banquier, deviennent ainsi nécessaires pour faciliter le Grand commerce.
Qu'est-ce qu'un changeur ?
Un changeur est une personne qui effectue des opérations de change consistant en un échange de pièces de monnaie ou de devises d'un pays contre ceux d'un autre. Ce commerce est généralement considéré comme l'origine de la banque moderne en Europe.
Qu'est-ce qu'une lettre de change ?
Un document écrit par une personne (le tireur à une autre personne (le tiré) lui demandant de payer un montant d'argent à une troisième personne (le bénéficiaire) un montant d'argent déterminé. La lettre de change est, pour ainsi dire, l'ancêtre du chèque.
Voici une application d'apprentissage partagée par Mme Johanne Rodrigue