Raconter

Un conte pour la Saint-Martin

Voici un conte pour les petits, que les parents peuvent raconter à la maison. On recommande de la relire plusieurs fois et, quand on se sent prêt, la raconter simplement à l'oral, en se référant de temps en temps au texte. Se sentir libre de la modifier selon ses valeurs et ses croyances.

L'argent du ciel, des Frères Grimm

Il était une fois une petite fille qui avait perdu son père et sa mère, et qui était pauvre, mais si pauvre qu'elle n'avait plus rien: pas de petite chambre où demeurer, pas de lit pour dormir, rien, si ce n'est les habits qu'elle avait sur le dos et un petit quignon de pain qu'on lui avait donné par charité.

Mais c'était une brave petite fille qui avait bon cœur et qui aimait le bon Dieu. Et comme elle se trouvait abandonnée de tous, elle s'en alla à travers la campagne sans perdre sa confiance en Dieu. Voilà qu'elle rencontre un vieillard qui lui dit : « Oh donne-moi quelque chose à manger: j'ai si faim ! » Elle lui tendit son quignon de pain en entier, lui disant : « Dieu te bénit ! »

Un peu plus loin, c'est un garçon qui vient à elle en gémissant et qui lui dit : « J'ai si froid à la tête ! Donne-moi quelque chose pour me couvrir ! » Elle ôta alors son bonnet et le lui donna.

Plus loin encore, ce fut un autre enfant qui tremblait de froid, une fillette qui n'avait pas de corsage; alors, elle lui donna le sien. Et plus loin encore, il y eut une petite fille sans jupe à laquelle elle donna la sienne également. Puis pour finir, elle était arrivée dans une forêt et il commençait à faire bien sombre quand elle rencontra encore un enfant qui lui demanda sa chemise. La brave petite fille se dit que personne ne la verrait, puisqu'il faisait nuit noire; alors elle enleva sa petite chemise et la donna à l'enfant tout nu.

Mais comme elle était là, n'ayant plus rien de rien, voilà soudain qu'il tomba une pluie d'étoiles devant elle. Chaque étoile était un bel écu d'argent. Et en même temps, bien qu'elle eût donné sa petite chemise, elle vit qu’elle en portait une pourtant, et de la plus fine toile de lin encore ! Elle ramassa tous les beaux écus et fut riche jusqu'à la fin de ses jours.