Son Histoire

Une fois n’est pas coutume. La quasi-totalité des experts s’accordent à dire que le nom de ce très joli village pataugeant dans l’Adour, aurait comme signification, issue du latin, terre à sureau.

Vieux bourg pittoresque, dont les façades urbaines de pierres patinées par les siècles regardent le fleuve de près, Saubusse est posé sur la rive droite de l’Adour.

Situé à une quinzaine de kilomètres de Dax, passage obligé pour les gabarres transportant des marchandises vers Bayonne, ce fut un port prospère des siècles durant.

L’église Saint Jean de Saubusse a été bâtie après le XIIIème siècle et certains aspects laissent penser qu’elle a subi des modifications jusqu’au XVème siècle. Son architecture un peu particulière, due probablement à un principe défensif et à un besoin de consolidation, lui donne un certain charme. La nef de trois travées a été voûtée en deux périodes.

Les voûtes des deux premières sont de simples croisées quadripartites. La troisième a reçu un voûtement plus complexe avec des liernes et des tierçons et les clefs de voûtes. Comme dans le Béarn ou certains endroits du pays basque, la nef est occupée sur 3 cotés par une belle tribune de bois posée sur des colonnes de pierres. Deux chapelles latérales de dimensions différentes se font face sur la troisième travée. Le clocher massif avec son toit en bâtière est identique à plusieurs édifices du pays d’Orthe.

Les trois baies de l’abside sont fermées de vitraux de Dragand pouvant dater de 1880.

L’église a été restaurée avec goût dans les années soixante.

Les bords de l’Adour à Saubusse pourraient s’appeler les bords de la petite Loire. La belle propriété Betbeder, aurait mérité le titre de château pour son histoire et sa beauté. Bellepeyre, porte bien son nom et Villa Stings d’un baptême récent mais d’une conception très ancienne s’ajoute au paysage des beautés des bords de l’Adour.

Sibusates, conservez votre patrimoine, ne dites pas aux vendeurs de bétons que vous êtes au paradis. Les pieds dans l’eau de celle qui peut encore vous nourrir, la tête au soleil de celui qui pourra longtemps vous réchauffer, ceci n’a pas de prix.

Daniel Marthe

Extrait du foie Gras en toque Blanche

HISTOIRE DU PATRIMOINE SIBUSATE Pierre Lasserre (JEP 20-21 sept 2014)

Notre village aquitain de Saubusse, solidement ancré sur la rive droite de l’Adour depuis le moyen âge, est très heureux de dévoiler les richesses de son patrimoine, à l’occasion de cette 31ème édition des journées européennes du patrimoine organisées les 20 et 21 septembre 2014.

On peut dire qu’à Saubusse la présence de l’ Adour et des Barthes se conjugue parfaitement avec l’histoire des hommes, c’est cette riche histoire au croisement de la nature et de la culture qui est en quelque sorte le reflet de notre identité que nous souhaitons dévoiler.

Notre programme de visite est conçu dans un esprit tout à fait festif quelque peu pédagogique, il faudra y associer les jeunes autour des paysages naturels et culturels qui ont marqué l’histoire de notre village.

Nous sommes ici en présence successivement des sites qui seront une visite libre et nous souhaiterions la partager avec vous et la commenter.

Ces sites sont au nombre de cinq, tout d’abord l’église fortifiée Saint Jean Baptiste classée au monument historique qui date du début du 13ème siècle, le parc et le jardin botanique de la Belle et ancienne villa Betbeder habitée sous Napoléon III par Mme Eugénie Desjobert une grande bienfaitrice pour Saubusse.

Le troisième site sera une histoire aussi complète que possible sur le port de Saubusse, Saubusse a été un grand port contrairement à ce qu’on pourrait penser aujourd’hui. Un port tout à fait significatif depuis le moyen âge à la fois pour la pêche, mais aussi pour le transport des produits forestiers, notamment des goudrons à destination de Bayonne, permettant ainsi au port de Bayonne de devenir un des ports exportateurs des plus importants aux 18ème, 19ème et 20ème.

Nous vous proposons la visite des Barthes de Saubusse, pour nous, les Barthes de Saubusse sont une camargue landaise, paradis des chevaux sauvages, du bétail, des oiseaux migrateurs, de plus en plus nombreux, qui font des haltes dans nos Barthes et d’une très riche bio diversité en fleurs, en plantes, en poissons, en insectes, mammifères, amphibiens et reptiles.

Ces visites des Barthes seront complétées par une conférence sur l’histoire, la gestion et la protection des Barthes depuis le 17ème siècle où elles ont été aménagées, pour la première fois, avec le concours d’ingénieurs, probablement venus de Hollande ; cette conférence abordera les questions de la gestion jadis et aujourd'hui des problèmes contemporains qui se posent aux Barthes.

Ces Barthes, vous le savez, sont classées au patrimoine, plus exactement dans le contexte du réseau natura 2000, les visites qui vous seront proposées sont au total de cinq, l’église fortifiée Saint Jean Baptiste qui date du début du 13ème siècle, que nous pourrons visiter, le parc et le jardin botanique de la très belle et ancienne villa Betbeder qui était d’ailleurs au 18ème siècle un petit château et qui fut habitée sous Napoléon III par Madame Eugénie Desjobert, c’était la bonne dame de Saubusse riche et qui a fait profiter largement de ses dons la population de Saubusse et d’ailleurs également.

Ensuite nous cheminerons le long du chemin de halage pour une visite du Port de Saubusse, du moins une évocation de l’histoire de ce port, qui a été beaucoup plus important qu’on peut le penser aujourd'hui vu ce qui l’en reste et qui assurait à la fois la pêche et le transport.

Nous sommes actuellement dans le château de Belpeyre, petit château comparé aux grands châteaux de la même époque du moyen âge, c’est un château fort malgré tout, on appelait “domus fortis” ce qui veut dire maisons fortes, fortes dans le sens de maisons de défense. Dans le village de Saubusse , il y avait deux endroits où l’on pouvait protéger les populations du village, c’était le dernier étage de la tour de l’église où il y a encore une petite pièce qui servait à la défense, l’église était fortifiée, les fortifications ont été progressivement masquées par des restaurations successives et l’autre endroit c’était le château de Belpeyre qui est tout proche de l’église ; on dit qu’il y avait un souterrain qui rejoignait l’église à Belpeyre “peut -être qu’on le trouvera un jour on le cherche, il faut laisser le mystère de ces vieilles maisons”

Saubusse a une existence réelle attestée dès le 12ème siècle, aucun vestige romain n’a été trouvé à part une borne milliaire qui est à l’entrée de Saubusse “la Pierre Longue” c’était une borne qui servait, en quelque sorte, de repère dans les chemins qu'empruntaient les centurions, les colonnes romaines qui ont vécus ici dans les environs, mais nous n’avons pas trouvé de vestiges réels de villas romaines comme on les trouve aujourd’hui dans les Landes comme les Arthous à côté de la ville fortifiée de Hasting.

En fait l’axe majeur de vie de Saubusse, le lieu de vie tout dépendait de l’eau et en particulier du fleuve de l’Adour ce qui a rendu la vie possible dans ces endroits là, le reste c’était des marais pestilentiels, probablement infestés de moustiques responsables de pas mal de maladie liées à ces pullulements d’insectes, il faudra attendre le 17ème siècle pour que des ingénieurs hollandais aient l’idée , suivant les instructions du Ministre Colbert de venir ici à Saubusse pour installer des systèmes de circulation d’eau, tels qu’on les trouvent aujourd’hui dans les Barthes “les portes à flots”’ c’est une invention des hollandais du 17ème siècle.

Le château de Belpeyre a certainement occupé une place importante dans l’histoire de Saubusse, il y a deux événements qui sont attestés par des documents “je suis très prudent, il y a beaucoup de contes qu’on raconte comme partout il y a des trésors, des revenants ... “

Ce qui est attesté, au 14ème siècle, la seigneurie de Saubusse qui était composée de Saubusse Saas, Angoumé qui dépendait de Saubusse une sorte de juridiction, la seigneurie de Saubusse a passé un accord avec le lignage Gascon des Albrets, nobles de haute naissance qui ont réussi à s’emparer d’un cheminement qui allait de Bordeaux jusqu’à Bayonne, c’était très ennuyeux pour eux, il était très difficile de passer par Dax, Dax ayant un système d'indépendance.

Par un accord entre un seigneur local qui était le vassal probablement d’un des Albrets, le Seigneur principal des Albrets Bernard AIZ toute une dynastie des grands seigneurs qu’on retrouvera plus tard sous Henri IV.

Donc, la seigneurie de Saubusse a passé un accord avec les Albrets qui étaient des fidèles du roi d’Angleterre, Saubusse s’est retrouvé complètement inféodé à la domination du Prince Noir, Vice-roi de toute la partie aquitaine , nous sommes dans l’aquitaine anglaise au 14ème siècle.

Ce qui s’est passé ensuite deux siècles plus tard, le jeune roi Charles IX embarque très exactement le 29 mai 1565 au Port de Saubusse à destination de Bayonne, s’est attesté par des écrits de l’époque.

A Bayonne des navires avaient été affrètés spécialement, étaient remontés par l’Adour et attendaient la venue du Roi et de sa Cour, le roi Charles IX était accompagné par sa mère qui était Catherine de Médecis.

Catherine de Médicis voulait faire un cour, on dirait politique aujourd'hui, donc elle avait fait faire le tour de France à son fils qui avait 14 ou 15 ans à l’époque ; ils arrivent à Dax, c’est un peu le désert, c’est l’inconnu mais ils devaient atteindre absolument Bayonne, et les terres à l’époque étaient encore hostiles au passage du Roi de France, ils font venir les bateaux à Bayonne et empruntent le cheminement de l’Adour.

Ce qu’on peut dire et qui est intéressant pour la population, c’est de savoir qu’un roi de France a embarqué au port de Saubusse le 29 mai 1565.

Le château de Belpeyre sera habité par les chevaliers de Belpeyre ayant le titre d’héritiers jusqu'à la révolution de 1789. Les révolutionnaires arrivent à Saubusse, prennent le château et font prisonnière la dernière descendante de la lignée des Belpeyre, les autres avaient fuis, les enfants de la dame qui vivaient encore à Saubusse s’étaient enfuis en Belgique et avaient probablement rejoints l’Angleterre.

Cette dame a été internée pendant la terreur à Dax et a été protégée par la population de Saubusse qui lui apportait de la nourriture, elle avait 90 ans, ils ont réussi à la faire libérer ; cette dame est décédée à 103 ans à Saubusse et sera la doyenne de Saubusse.

Ce qu’on peut dire sur ce Château, simplement qu’à l’époque les ports étaient les principales voies de passage de communication, Saubusse était accessible depuis Bordeaux à partir de chevaux, d’attelage, c’était quand même très risqué, notamment en traversant bordeaux et le sud on rentrait dans l’inconnu, on prenait les landais pour de sombres imbéciles qui vivaient de peaux de bêtes, qui étaient montés sur de longs bâtons, qui étaient sur des échasses et qui passaient leur temps à tricoter en surveillant leurs moutons, c’était à peu près l’image qu’avaient au milieu du 19ème siècle les gens, tout ceci est attesté dans des guides de 1840/1850 qui donnent une vision apocalyptique de cette traversée des Landes et nous sommes sous Napoléon III, il faudra attendre l'arrivée de Napoléon III pour voir se transformer complètement l’économie landaise “la forêt landaise”

Saubusse en tant que port de pêche et en tant que port de transports de marchandises :

Le port de pêche de Saubusse est attesté à partir de la fin du 12ème siècle ; thèse de Monsieur GOYENECHE, “thèse très connue sur les transports sur l’Adour depuis le moyen âge”

Au moyen âge, il s’est attesté qu’il y avait une richesse extraordinaire en poissons, notamment les aloses, le saumon, l’esturgeon, l’anguille, aussi ces poissons que l’on appelle les amphihalins qui remontent l’Adour (les muges et les mulets) toute une catégorie de poissons que l’on retrouvait à la fois dans l’Adour et qui pénétrait dans toutes ces zones marécageuses qui se seront, à partir du 17ème siècle, transformées en Barthes. Donc les Barthes ne sont pas uniquement des terrains pour l’agriculture, c’était aussi des réserves de poissons extraordinaires, d’ailleurs les Barthes au moyen âge étaient gardées par des personnes pour éviter les vols, çà a toujours existé au 18ème siècle certainement aussi, il faudra attendre la fin du 19ème siècle pour voir les productivités de poissons décroître de façon vertigineuse, probablement dû à la mauvaise gestion des pêches, car il y avait une pêche effrénée sur l’Adour à tel point que les transporteurs de l’époque, au milieu du 19ème, siècle, leur principal problème étaient les engins de pêche qui encombraient l’Adour, quand ils arrivaient avec leurs gabares chargées de marchandises très lourdes, ils étaient quelquefois obligés de s’arrêter et de faire des manoeuvres extrêmement périlleuses manoeuvres qui se faisaient au moyen du chemin de halage.

Il faudra beaucoup de patience pour que tout s’installe de façon cohérente les moyens de pêche s’appelaient le ”baro”, des filets tournants, des engins mortels pour les bancs de poissons, qui ont disparu aujourd’hui, qui tournaient grâce au courant, chaque filet embarquait son cota de poissons et le rejetait sur l’arrière dans un réservoir, pêche inventée par un landais, cette pêche a duré presque un siècle, elle a été abandonnée dans les années 1920.

Toute la navigation traditionnelle, les bateaux anciens ont disparu, les derniers bateaux de pêche les coralins en bois avec voile routière mais surtout des bateaux à rames, ils ont disparu probablement lors de la dernière inondation. Donc il existe peu de témoignage de ces bateaux. (quelques photos anciennes ...)

Donc Saubusse a vocation de port de pêche dès le moyen âge, cette vocation va continuer jusqu'au 18 et 19ème et pratiquement disparaître dans le courant du 20ème, il ne reste qu’une activité de pêche locale à petit tonnage, les anguilles, les piballes suivant les processus de pêche tolérés.

Pour reprendre la deuxième période forte de Saubusse port de pêche, c’est Saubusse port de transports de goudron et produits forestiers qui a duré tout le 18ème et 19ème siècle, le lieu de ralliement des mariniers était devant le château (il semblerait qu’il y avait un débit de boissons) l’activité du port intense, les charrettes de boeufs, les brosses avec les boeufs arrivant de la forêt avec leur goudron dans des tonneaux et délivrant ces tonneaux aux mariniers qui les embarquaient à bord des gabares qui partaient ensuite à Bayonne ; déjà en 1789, 4000 barriques de goudrons pour calfatage avaient été expédiées du port de Saubusse, goudron importé de suède au début du 18ème. Colbert ministre de la France a compris que qu’il y avait un débouché pour la France parce que les goudrons étaient essentiels, c’était le meilleur agent permettant de faire le calfatage, en particulier, sur la flotte de guerre française et les bateaux de pêche, c’était une activité qui coûtait très chère à la France puisqu’elle importait son goudron ce qui n’était pas logique sachant que le goudron était extrait des produits forestiers donc le pin et que nous n’avions pas le procédé de fabrication de ces goudrons, donc Colbert a demandé au roi de Suède de l’époque de lui envoyer des ingénieurs suédois qui ont appris aux gens du Maransin et de la région d’Arcachon le procédé de fabrication de ces goudrons, c’était des sortes de fours installés dans la forêt qui permettaient de distiller le goudron à partir de la sève des pins

Suite au succès foudroyant, c’est ainsi que le port de Bayonne est devenu le principal port exportateur de toute la partie sud de l’Europe grâce à la forêt landaise.

En ce qui concerne les activités des mariniers à la fin du 18ème siècle, on dénombre 60 maisons de mariniers à Saubusse, il en existe encore quelques-unes sur les 90 que comptait Saubusse, une trentaine ont été probablement occupées par des agriculteurs ce qui représentait 200 à 300 personnes. Il y avait des familles nombreuses ...

Il y avait également un autre port, le Port de l’Ane ; une étude a été faite qui est assez précise de la vie des mariniers, parce que l’activité portuaire de Port de l’Ane a duré plus longtemps que celle de Saubusse, mais elle est moins riche, on ne trouve pas les traces de ce transport de goudron ; Colbert l’ayant imposé comme un moyen d’enrichir Bayonne, c’est une époque intéressante on cherchait à faire de Bayonne le premier port militaire avec des succès divers, c’est quand même Saubusse qui a rendu de grands services à Bayonne c’est ce qu’on peut dire historiquement ; tous ces bateaux partaient du port face au château de Bellepeyre.

16 Place eugenie Desjobert 40180 Saubusse Tel : 05 58 57 70 38 Fax : 08 97 50 98 4 - Adresse Mail : mairie@saubusse.fr

Facebook Mairie - Tv Saubusse -