L'église

L'église St Jean-Baptiste

L’église Saint-Jean de Saubusse a été bâtie entre le début du XIIIe siècle et le XVème, mais l’ensemble présente une belle homogénéité. Texte de Christian Larrezet, extrait du bulletin d'informations de Mai 2005 : « Les Amis des Eglises Anciennes des Landes. »

L’église Saint-Jean de Saubusse : une réussite d’harmonie.

Ses parties les plus anciennes, édifiées en moyen appareil régulier , présentent les caractères du premier gothique. Le chevet à trois pans et une travée droite ne semblent pas avoir subi de modifications. Ils sont percés de cinq baies hautes et étroites en plein cintre, encadrées à l’intérieur et à l’extérieur de colonnettes décorées de chapiteaux simples à motifs variés. La voûte d’ogives ne comporte pas de clef. Sur la face sud de la travée droite, un léger retrait de la construction au dessus de la ligne de modillons et entre deux contreforts correspond sans doute à une modification dans la construction pour aménager un système de défense visible sous le toit. Du côté nord, il a fallu épauler deux des contreforts par deux constructions volumineuses, sortes de « murs-boutants » qui maintiennent la poussée de la voûte. Sur le mur sud de la nef, les ouvertures se réduisent à de simples meurtrières. Six contreforts minces viennent renforcer les angles de la travée et des trois pans. Ils s’élèvent jusqu’au toit en dépassant largement une ligne de modillons mutilés qui ont du soutenir une corniche. La nef de trois travées a été voûtée en deux périodes. Les voûtes des la première et de la deuxième travées sont de simples croisées quadripartites. La troisième a reçu un voûtement plus complexe avec liernes et tiercerons et plusieurs clefs de voûtes du XV ou du XVIème siècle. Le fond est occupé sur trois côtés par une belle tribune de bois, sur colonnes de pierre, comme on peut en voir en Béarn, Pays Basque ou Bigorre.

ARCHANGE SAINT-MICHEL

Saint Michel terrassant le démon et pesant les âmes, pierre polychromée, fin XVème- début XVIème siècle Eglise Saint Jean-Baptiste, Commune de Saubusse (Landes) Protection : classement monument historique le 1957/07/23

Constat d’état sommaire :

La sculpture de Saint Michel est constituée de deux blocs principaux de pierre (assemblage au niveau de la taille du Saint). La main gauche et possiblement d’autres éléments étaient originellement assemblés à l’ensemble par goujonnage. La figure repose sur une console portant un écusson armorié. Dès l’origine, la sculpture était polychromée. La surface est recouverte d’un bouche-pores orangé sur lequel des couches colorées ont été appliquées. Structurellement l’œuvre est dans un état moyen de conservation. Si la structure de la pierre semble saine, des manques, éclats et épaufrures ont été observés. Notons que la main gauche de Saint Michel a été retrouvée au pied de la sculpture. Des interventions anciennes ont été effectuées sur la sculpture : bouchages et restitutions comme par exemple le pied, le mollet et l’avant-bras gauche du démon. Des traces de corrosion nous ont permis de déduire que des collages avec goujonnages avaient été réalisés. La surface est empoussiérée et modérément encrassée. La dernière intervention sur la surface a consisté en l’application d’un badigeon monochrome blanc bleuté destiné à masquer les lacunes de polychromies anciennes et à donner à la sculpture un aspect pierre « nue » Visuellement la surface présente aujourd’hui un aspect chaotique. En effet, apparaissent conjointement sur la surface, la pierre (dans les lacunes de polychromie), le bouche-pores orangé (dans les lacunes ou usures de couches colorées), la ou les polychromies originales ou anciennes (dans les lacunes du badigeon blanc bleuté) et le badigeon fortement lacunaire. Par ailleurs, les polychromies présentent des soulèvements.

Description technique de l’instrument :

Meuble en bois plaqué, clavier à abattant, soufflerie à deux pédales, quatre poignées latérales de préhension en bronze, buffet décoré de panneaux en relief, celui du centre à décor découpé et ajouré, touches de clavier plaquées d’ivoire, pastilles des tirants de registres en porcelaine blanche. Clavier de 18 registres : flûte, contrebasse, flûte 16, bourdon 16, prestant, jeu doux, cor anglais, expression, trémolo, flageolet, haut-bois, flûte 8, accouplement, clarinette, trompette, voix célestes,forte.

Matériaux :

Chêne, bois fruitier taillé, placage, décor dans la masse, tourné, découpé, ajouré, ciré, ivoire, bronze.

Mesures :

h=140,5 , la=129


Harmonium de Saubusse

Trois harmoniums comme celui de l’église Saint-Jean-Baptiste de Saubusse sont répertoriés en France (inventaire FFAH Fédération Française des Amis de l’Harmonium). Les deux autres instruments sont dans les Pyrénées atlantiques à Roquiague et à Saussède.

Nous savons grâce à un musicologue italien, qui nous a signalé l'existence de l'association, fort rare, des facteurs d’orgues Noirel et Dewingle que la date de fabrication de notre harmonium se situe entre 1856 et 1859 car ensuite Dewingle s'est retrouvé seul.

Cet harmonium est dans un état de conservation remarquable. Il se caractérise par le positionnement des anches traditionnellement implantés horizontalement et qui sont ici en position verticale.

Nous détenons là un patrimoine musical hors exceptionnel du plus ancien harmonium recensé dans les Landes.

Représentation :

Balustres à console de part et d’autre de la caisse, sur la face du buffet, grand panneau horizontal avec trophée liturgique (tiare, croix et crosse en sautoir dans les rinceaux) entouré de panneaux verticaux jumelés à sommet cintré en éventail, le tout calé par deux pilastres cannelés. L’ouverture du pédalier est découpée en accolade et couronnée d’un petit balustre en demi relief.



Ex-Voto de Saubusse

Un ex-voto représentant la galupe "Bayoune" attaché au port de Saubusse est accroché dans l’église Saint-Jean-Baptiste.


Deux chapelles latérales de dimensions différentes s’ouvrent l’une en face de l’autre sur la troisième travée. Le clocher massif avec son toit en bâtière est identique à celui de Pey et de plusieurs édifices du pays d’Orthe. Il est percé au nord et au sud de deux petites portes en arc brisé. Il s’élevait sur quatre étages (trois actuellement par suppression du plancher entre le rez-de-chaussée et le premier). D’étroites ouvertures à chaque étage indiquent une fonction défensive. A l’intérieur, un escalier à vis s’appuie sur la face sud. Un portail en arc brisé de la fin du XIIIème ou du début du XIVème siècle donne accès à l’église. Les trois baies de l’abside sont fermées de vitraux de Dagrand pouvant datés des années 1880. Hauts et étroits, ils représentent un réseau de médaillons en liaison avec l’histoire de Saint-Jean-Baptiste (palmier, plat, couteau, oriflamme, coquille). Dans le sanctuaire, deux scènes signées « Dagrand 1893 » représentent sur deux registres : une Assomption de la Vierge et un Martyre de Saint-Eugène (don de Marie et Eugène Fialon, maire de l’époque). La chapelle sud présente une des dernières compositions de l’atelier Mauméjean, vers 1970. Parmi le mobilier, la chapelle nord garde un petit retable du début du XIXème siècle avec une copie de Guido Reni représentant Saint-Michel, Saint-Laurent, et Saint-Martin. Un Christ en crois entouré de Saint-Jean et des Saintes-Femmes, œuvre du peintre oloronnais Montaud, occupe le fond de la tribune. Mais la pièce la plus remarquable est un Saint-Michel terrassant le démon, en pierre (avec traces de polychromie) d’une qualité exceptionnelle, attribué au XVème siècle. L’œuvre a été classée en 1957. Sur son socle, on distingue un blason sculpté et peint difficilement lisible : ce pourrait être celui de la famille Ducros de Belpeyre. Cette église a été restaurée dès les années 1960-70. Cette restauration, bien que parmi les plus anciennes dans cette région, ne manque pas de surprendre par sa qualité.

Malgré la suppression regrettable d’enduits ornés d’un faux appareil ancien, l’ensemble a gardé une belle homogénéité et un caractère exceptionnellement monumental pour une simple église de village.

Ainsi cette restauration qui a gardé l’authenticité du bâtiment peut apparaître comme un exemple pour toute commune désireuse de sauvegarder son patrimoine.