BERLIN

Départ pour Berlin

Jour 1 - Dimanche 17 Novembre

Départ pour Berlin avec une escale à Munich. Nous nous sommes tous donnés rendez-vous à l’aéroport de Toulouse. Malgré la fatigue générale du groupe ainsi que les angoisses de chacun, le groupe a su rester solidaire et s’est soutenu mutuellement.

A l’arrivée nous sommes chaleureusement accueillis par des étudiantes Berlinoises. Dès le premier repas tous ensemble à l'auberge de jeunesse, nous sommes en situation d’immersion et de découverte de la culture Allemande mais aussi Polonaise.

Afin de mieux se connaitre et briser la glace, une animation linguistique est mise en place. Nous participons à plusieurs activités : se classer par prénoms, puis par jour et mois de naissance, et se placer par groupe de 2 afin de réaliser une description détaillée (et en dessin) de l’autre personne. Tout le monde joue le jeux, étudiants comme formateurs.

Tout au long de la journée, qui a duré jusqu'à 22heures les émotions étaient mélangées. Nous avons ressenti à la fois de l’euphorie et de l’appréhension, malgré tout, l’expérience semble prometteuse.


K9

Jour 2 - Lundi 18 Novembre

8h : petit déjeuner / 8h45 : rencontre avec Lina qui nous emmène à Kinzigstraße 9.

Le lieu : « K9 » ; remarques et questionnement : L’espace est très « décoré » par des affiches, des stickers, des phrases ; est-ce un foyer ? Que se passe-t-il dans ce lieu ? Quelles sont les significations des diverses choses affichées au mur ? Animation linguistique : pour apprendre les prénoms. Présentation du lieu par Julia : Il ne s’agit pas d’un lieu classique mais il n’est pas unique, il en existe plusieurs à Berlin. Ce bâtiment se nomme "k9", au début du 20e siècle c'était une usine de saucisson, il a été occupé au début des années 90. Les personnes qui ont acheté (ou racheté) ce bâtiment l'ont eu à bas prix. Il est entouré d'appartements positionnés en U. Il s'agit d'un projet de vie, c'est une coopérative, ainsi il y a une assemblée collective tous les lundis. Pour pouvoir aménager dans ce lieu, il faut passer un entretien qui permet de voir : les motivations, par rapport à l'engagement politique (contre l'extrême droite) et si politiquement, socialement et psychologiquement "ça colle" en ce qui concerne les modes de vie. Les locataires paient un loyer très modéré et l'argent n’est pas versé à un propriétaire mais plus particulièrement pour couvrir les dépenses de ce lieu. Les habitants vivent en colocation, on peut compter une trentaine d'adultes et une dizaine d'enfants (pour chaque bâtiment). Tous les 3 ans, il y a une transition, changement d'appartement pour chaque individu qui y réside pour favoriser une égalité par rapport à chacun (la lumière du jour...). Les habitants de la "maison" jouent un rôle important : politiquement, dans le quartier. Dans cet espace, il y a divers événements : culturels, politiques.

Présentation des études en travail social par les étudiantes allemandes : Elles étudient à Das Studium Der SozialenArbeit in Deutschland (EHB), c’est une université publique mais elles paient 340 euros par semestre (inclus frais de transport). Ils sont environ 1600 étudiants sachant qu’il y a 4 domaines d’étude dont le travail social. Elles sont actuellement au 5e semestre. Avec une licence, en tant qu’employé elles peuvent espérer gagner 1400€ voire 1800€ net par mois. En principe ce sont des études à temps plein sachant que ce n’est pas rémunéré, les étudiants travail à côté pour se payer le loyer etc.

Présentation de la montée de l’extrême droite et du populisme par Julia : En Allemagne à partir de 1945, ils ont toujours pensé qu’ils étaient immunisés contre l’extrême droite. En 2013, a été fondée le parti Alternatif pour l’Allemagne (ALD). Dans l’année 2016 elle accueille un certain nombre de réfugier. A partir de là, s’est créé un parti contre l'immigration, contre les étrangers. Utilisation du terme populisme de droite : mouvement étroit qui essaie de distancer entre « nous et les autres ». Il (le mouvement) essaie de créer un sentiment de nationalisme et une sorte de cohésion liée à l'idée du peuple (le peuple homogène), identité de peuple de nations. Les personnes qui y font partie se disent de ne faire partie ni de droite ni de gauche ; ils sont avec leurs discours politique, ouvrent leur porte à certaines personnes de l'extrême droite donc ouvrent la porte aux idées de l'extrême droite. Il y a plusieurs raisons qui expliquent cette montée de l'extrême droite et du populisme selon l'explication, il y a des conséquences sur le travail social. Une approche qui est aussi compliquée est que les personnes votant pour la FD sont décrites comme ayant perdu leur cadre d'orientation, ratés le développement de la société, les perdants de la modernisation "les loosers" (ex les personnes de le RDA). 1ère explication : empiriquement ça ne tiens pas forcément ce sont des gens de la classe moyenne qui vote pour la FD ; 2nd explication : excuse : ce positionnement politique, le racisme, la xénophobie.. Cette idéologie de faire la différence entre « nous et les autres » (les autres = danger). Le fait de travailler avec des généralisations, des stéréotypes, on leur attribue des caractéristiques et dire d’être meilleur que les autres faits partie de la vision européenne. Ainsi, elle se dirige vers les immigrés ou sur les personnes SDF.


VISITE : Division en 3 groupe : proposition des étudiants Allemand : Groupe 1 : visite du mur de Berlin et endroit sympa ou manger. Groupe 2 : squat Groupe 3 : visite des monuments de Berlin —> université, porte de brandebourg, frensehturm de Berlin.






LICHT-BLICKE

Jour 3 - Mardi 19 Novembre

Ce mardi matin nous avons visité une structure qui se nomme KIGA qui lutte contre l'antisémitisme. Créé par des Allemands d'origine turcs en 2011 suite au constat qu'il y avait un antisémitisme grandissant au sein de la communauté Turc Allemande, elle travail à la conservation de la mémoire du génocide juif, agît face aux situations d'antisémitisme et plus largement pour toutes les populations discriminés.

2 focus_ Travail avec les élèves des écoles (interventions)

_Formations pour les éducateurs pédagogues.

Ils ont un rôle de lobying auprès des politiques publiques, peuvent interpeler les Landers, L'Etats et sont d'ailleurs en grande partie subventionné par ces derniers ainsi que par l'Etat d'Israël.

L'axe majeur reste la lutte contre l'antisémitisme, mais depuis peu ils luttent également contre la montée du racisme anti-musulman (dif de l'islamophobie puisque dirigé directement envers la personne, la race, la religion). Une idée nouvelle émerge de l'extrême droite, seraient que l'antisémitisme est emmené par les migrants venant du moyen orient et donc naturellement contre les Arabes. En revanche la question a été posée de savoir s'il lutaient également contre le racisme anti-palestinien venant des populations Israëlite et l'intervenant à détournée la question, évité la réponse, on a senti un tabou autour de la question. Nous avons donc eu des ressentis partagés entre frustrations par rapport à cette non réponse, mais en revanche cela à ouvert à des discussions informelles que nous avons eu avec les Allemands et les Polonais sur le temps du midi.


L'après midi, nous avons visité des structures berlinoises qui luttent contre l'anti-sémitisme et la monté des pouvoirs d'extrême droite en Europe, en en Allemagne en particulier.

En 2002 naît l'association Licht-Blicke, dans le quartier Lichtbergen, ancien quartier de l'Allemagne est. Ils.elles militent contre tout type de discriminations et de racisme dans le quartier. Ils.elles ont différents projets en cours :

- « Lichtbergen Register » qui dénonce les actes racistes et discriminatoires

- « Gedenkarbeit » les habitants posent des cailloux par terre pour symboliser les violences neo-nazi dans le quartier. En effet, dans ce dernier, des mouvement d'extrême droite se sont manifestés ( 2 ans auparavant) avec des actes discriminatoires contre les habitants ( migrants, réfugiées,..) et ils.elles avaient loué une salle pour organiser leurs AG. Grâce à la résistance de la parts des citoyen.ne.s et des associations, ils ont quitté ce lieu et arrêté leurs rassemblements.



Jour 4 - Mercredi 20 Novembre


Nous avons visité l'Université De Berlin en travail social, la "Evangelische Hochschule Berlin" (EHB). Cette visite nous a permis de nous imprégner du lieu d’étude de nos camarades berlinois. Il s’agit d’un vaste campus, une église est aussi présente, tout comme une salle de café ou même une free boutique pour les vêtements.

Différentes animations nous ont permis d'apprendre des formules de politesse :

- en allemand (Halo ! Wie geht's ? Gut/ schlecht)

- en polonais (Cześć! Jak się masz ? Dobrze/ Tak dobje /Amy)

- en français (Bonjour ! Comment ça va ? Bien / Bof/ Mal)

S'en est suivi un temps de mise en commun par petits groupes des différentes visites de structures effectuées la veille, puis un temps d'échanges en grands groupes. Des questions sur la démocratie ont émergées, ainsi que sur l’union européenne qui tente de former une cohésion entre les peuples, cette cohésion est très importante et notre séjour nous le fait remarquer. Il est ressorti de nos échanges qu’il fallait redécouvrir et repenser la démocratie.

Nous pouvons dire que ce troisième jour nous a permis d’évaluer cette première moitié de séjour.

L'après-midi fut libre, consacrée à la préparation des repas pour le dîner des spécialités. A cette occasion, des allemandes ont mis à disposition leur cuisine pour accueillir les français.e.s et polonais.e.s.

Enfin, la soirée des spécialités a permis à chacun.e de présenter les plats traditionnels de nos pays respectifs, mais aussi d'écouter et danser sur les chansons emblématiques de nos cultures.


Jour 5 -Jeudi 21 Novembre



Nous faisons le trajet à pied pour nous rendre au K9.

Sur la route nous avons eu la chance de voir des « pavés dorés ». Hier nous avons appris par Magdalena qu’il s’agissait d’une œuvre artistique de Gunter Deming. Des « Stolpersteine » scellée dans le pavé en hommage aux déportés placée juste devant leur dernière habitation. Pour nous rappeler de ne pas oublier…


Nous avons eu la chance d’assister à l’intervention de Mme Esrher Lenhert professeur à l’université ASH (Alice Salomon Hochsluch Berlin université of applied sciences). Elle enseigne la théorie, l'histoire et la pratique du travail social. C’est une professeure émérite spécialisée dans la recherche et l’étude du phénomène de l’extrême droite et plus précisément dans la question de genre dans ce parti politique.

Que vous dire à part que nous nous sommes retrouvés face à une multitude de similitudes concernant la vision de la femme et de l’homme dans le parti extrémiste de droite français.

La vision de la femme laisse paraître un renouveau en étant belle et active mais il ne s’agit là qu’une question d’image… la femme reste un objet de fragilité et de faiblesse que seul l’homme fort et viril peut protéger. Lui laisser croire une certaine liberté pour mieux la rendre docile…

Le genre déjà défini dès la naissance pour être sûr que les futures générations portent haut et fort la voix de leur parti..

Bref un essai d’ouverture d’esprit mais dont personne n’est dupe. Comme quoi nos pays ont aussi beaucoup de ressemblances.


Pour continuer cette journée déjà riche en émotions nous voilà partis au Judisches muséum Berlin. 2 millénaires de l’histoire juives y sont consignés.

Le bâtiment est l’ancien palais de justice de Berlin. Il a été modernisé par l’architecte Daniel Libeskind. Une architecture aussi importante dans ce musée que les objets à découvrir. Quand nous rentrons nous pouvons ressentir une oppression, une déstabilisation physique avec ces murs penchés et ces plafonds bas.

Ce malaise se poursuit au fil de la visite notamment avec la tour de l'holocauste ou bien encore le fameux bruit de rail ou de chaînes que nous pouvions entendre quand nous nous déplacions sur l’œuvre aux visages de fer… les objets significatifs que possèdent le musée jouent encore plus avec notre sensibilité. Heureusement qu’une note de beauté est apportée avec la partie du musée sur la population juive de nos jours et leur vision de la vie si emprunt d’optimisme et de joie.

Pour finir la journée certains sont parti voir l’exposition Urban Nation sur le street art. Que dire à part wahouu !

Jour 6- vendredi 22 Novembre

Nous avons commencé la journée avec des animations linguistiques. Nous étions en petit groupe de 3 tri-nationaux avec lequel nous devions écrire des noms d'objets présents dans la pièce en Allemand, Français et Polonais. Ensuite nous avons poursuivi la matinée avec une méthode interculturelle nommée «le citron». Nous étions par groupes tri-nationaux également et nous devions observer et être en capacité de retrouver «notre» citron parmi les autres. Cet exercice nous permettant de nous rendre compte de la pluralité de chacun en partant du postulat que nous sommes tous des Hommes. Pour clore l'échange nous avons fait un bilan final de notre séjour en échangeant sur ce que nous avions aimé, ce qui nous avez touché, ce que nous n'avions pas aimé, ce qui était trop court...

L'après-midi était libre, nous en avons profité pour faire quelques visites culturelles avec un petit groupe. Nous sommes allés découvrir l'église du souvenir un lieu symbolique de Berlin-Ouest. Le clocher a été conservé dans son état consécutif au bombardement de Berlin pendant la seconde guerre mondiale et complété par un nouveau bâtiment en mémorial des destructions dues au conflit. Nous avons flâné le long d'une des plus célèbres avenues de Berlin «Kurfürstendamm» afin d'arriver au C/O museum étant le musée de design, film et photographie. Nous avons eu l'occasion de découvrir l'exposition temporaire «NO PHOTOS ON THE DANCE FLOOR Berlin de 1989 à aujourd'hui». Ce projet d'exposition présente des photographies, des vidéos et des films et offre un aperçu du développement de la culture des clubs berlinois des 30 dernières années. Et donne ainsi vie à l'histoire de la scène des clubs depuis la chute du mur.

Le soir, nous avons dîné au Café Grenzenlos. Il s'agit d'un café de quartier convivial pour toutes les générations. C'est un lieu de discussion, de lecture, de jeux et de rire. Ce café est un projet de l'association «Psychosozialen Verbundes Treptow», qui donne aux personnes ayant une déficience psychosociale la possibilité de participer au cycle de vie professionnel. Un personnel de service spécialement formé et des chefs formés guident les clients. Au café Grenzenlos, les personnes peuvent se former sur des compétences acquises, développer un intérêt pour de nouvelles choses et tester de nouvelles compétences. La coopération étant une étape supplémentaire dans une vie autodéterminée et responsable.

Pour clôturer l'échange, une grande partie d'entre nous sommes partis avec les Allemands et Polonais écouter un concert de Punk dans une salle de concert engagée dans la lutte féministe.







Jour 7- Samedi 23 Novembre

La dernière journée fut consacrée au voyage du retour. Nous sommes parti.e.s en avion de l'aéroport de Berlin pour arriver chez nous à Toulouse.

Aucune photo n’a été prise durant cette journée de retour, ce facteur est surement dû à un niveau de fatigue important de l’ensemble des troupes. (On n’était pas tous bien réveillés) Le rendez-vous était fixé à 11h dans le hall de l’auberge afin de rendre les cartes des chambres et ranger nos valises dans la bagagerie, mais il manquait deux cartes, ce n’est pas très bien de perdre sa carte quand même.

Ensuite chacun à vaqué à ses occupations avant de nous réunir à nouveau pour 13h. Nous avons pris tous nos gros bagages et même qu’ils étaient lourds les bagages, et après on s’est dépêchés parce qu’il fallait prendre le train, mais heureusement tout le monde a pu prendre le train et même qu’on a oubliés personne parce que on s’est comptés comme il faut (14 avec Hélène, en début de semaine c’était 14 avec Nadine).

Après on est allés au bus et on a pris le bus et il y avait des bagages partout dans le bus et ça prenait beaucoup de places et les gens ils ne pouvaient même pas passer ni s’installer dans le bus.

Après on est arrivés à l’aéroport, il est grand l’aéroport !

Après on a dû imprimer les billets mais ça marchait pas très bien à la machine.

Du coup il y avait un guichet, le Monsieur du guichet il parlait fort même qu’on avait l’impression qu’il n’était pas très gentil (les apparences sont parfois trompeuses)

Finalement, il nous a aidé à imprimer les billets, c’était un vrai soulagement pour tout le monde.

Mais après il a fallut enregistrer les bagages et là le Monsieur on aurait dit qu’il était énervé !

Les bagages étaient trop lourds ou trop grands on a cru qu’on allait devoir payer pleins de sous mais le Monsieur il était gentil il a dit qu’il voyait rien apparemment, il a fermé les yeux certains on dit (mais c’est logique qu’il voyait rien si il fermait les yeux).

Après on a tous pris le premier avion jusqu’à Francfort, à Francfort on a dû prendre un bus pour aller prendre un avion loin sur les pistes, mais il y a des filles qui ont trainé un peu. (On a eu peur qu'elles ratent le bus et du coup l’avion). Finalement tout le monde a pris l’avion et nous sommes tous rentrés à bon port.

Ce voyage fût une expérience riche en enseignements théoriques, sociologiques, linguistiques. L’OFAJ et les divers moments de discussions ont permis un aperçu du fonctionnement social Polonais et Allemand, et surtout un échange fructueux sur les diverses pratiques de ces trois pays.

L’animation linguistique a brisé la glace et engagé des conversations entre les étudiants tout au long du séjour.

Les « projects vists » proposés par Julia, nous ont donné un aperçu de la lutte en Allemagne contre la montée de l’extrême droite. Un renforcement des liens entre étudiants s’est opéré par l’échange culinaire tripartite.

Après cette semaine riche en émotion, nous sommes à présent, impatients, de recevoir nos ami(e)s Polonais et Allemands chez nous !

Nous souhaitons remercier l’ensemble de l’équipe pédagogique d’Erasme (Nadine, Hélène), les formateurs Allemands, Polonais (Julia, Hubert), les deux traductrices (Magdalena, Olga) et l’ensemble des étudiants.