Les Alliés
Eglise Sainte-Foy
Eglise Sainte-Foy
...Une sonnerie très intéressante au Pays de Pontarlier...
Le Village :
Le villages des Alliés est situé en contrebas des Etraches, lieu-dit de Pontarlier.
Elle est peuplée de 172 habitants et sont entêtés par Monsieur MILLON qui a succédé à Madame BILLEREY.
Cette commune est le fruit d'une des histoires les plus intéressante de tout mon site. Cette page risque d'être très longue.
Les Alliés était, antan, une terre du Saugeais appartenant à l'Abbaye de Montbenoît, la capitale dudit Saugeais.
Un seigneur de Joux, Henri, a fait passer des colonies suisse allemande (car oui, le territoire actuel jouxte la frontière suisse) dans le territoire qui - on le rappelle - appartenait à l'Abbaye de Montbenoît et nullement à Henri.
L'Abbaye, très mécontente du procédé qui ne rentrait pas dans les valeurs saugeoises, a poursuivi Henri en justice et a pu récupérer ses terres ainsi que les gens qui habitaient dans ce lieu.
Elle s'excuse solennement et promet à ces gens d'être écarté de la mainmorte (la mainmorte est une taxte qu'il faut payer si on veut léguer ses biens, son héritage à son décès - ancêtre du testament qu'on écrit chez le notaire) et de pouvoir transmettre la culture et les traditions suisses dans les terres françaises, ainsi que d'installer la communauté comme les habitants du Saugeais.
Le lieu est appelé "Les Allemands", dû aux Suisses Allemands occupant les terres et hébergés par l'Abbé de Montbenoît.
Au XVIIe siècle, un procès est engagé avec l'Abbé Chevroton de l'Abbaye de Montbenoît afin de prouver que les Allemands sont mainmortables.
En 1609, ils sont jugés mainmortables MAIS de franche condition.
En 1612, les familles DONIER, GUYON, FEBVRE, VOUILLE, GAGNON, SANTON, SYMON et CUNE sont affranchis de la mainmorte imposée au village.
Les Allemands attrappent la totale des drames de l'époque ; Guerre de Dix Ans, peste de 1637 et grande famine de l'année suivante). De plus, comme si ce n'était pas assez, le village a bénéficié d'une fourniture de soldats, chevaux et hébergement de plusieurs hommes du colonel MAILLARD, qui entraîna une dépense de 1 350 francs, vidant les poches du village.
Rien ne se passe aux Allemands jusqu'à la Grande Guerre.
En 1914, la France déclare la guerre à l'Allemagne mais un problème de grande ampleur est déjà là : le nom du village.
Les habitants choisissent Bellerive ou Les Alliés et le curé du village, Sainte-Foy, le nom de l'église et donc la patronne de la paroisse.
La séance de décembre 1914 définit le nom de la commune, symboliquement, Les Alliés.
Ce nom ne change pas... jusqu'en 1939. Patatra, la France est occupée le 18 juin 1940 et le village est rebaptisé "Les Allemands" par les nazis ayant pris en possession le village. Ils ont appris le passé du village et ont jugé bon de modifier le nom en leur honneur.
Le jour de la Libération - et c'est ainsi que se conclut glorieusement cette section, le village est rebaptisé "Les Alliés". Je trouve cette action très chaleureuse de part cette action qui panse une grosse plaie dans l'histoire française et nous rappelle qu'après la tempête, vient le beau temps.
L'église :
L'église Sainte-Foy des Alliés, actuelle, est une église construite en 1879. Son style est néo-roman.
Petits flashbacks de la section précédente : le village faisait partie du Saugeais donc de l'Abbaye de Montbenoît. Les Alliés allait à la messe à l'abbaye.
L'archevêque leur autorise à construire une chapelle en 1655.
En 1682, un vicaire est hébergé aux Allemands et construisirent la chapelle et son presbytère.
En 1762, les habitants demandent l'autorisation à la communauté de Montbenoît de faire une église à la place de la chapelle primitive. Ces derniers refusent mais le curé de Doubs réalisa une enquête dans le village et alla demander à l'archevêque de construire une église. Il accepte et les travaux débutent en 1778.
L'église des Allemands est détruite en 1874, le 8 juin, brûlée entièrement. Etienne-Bernard SAINT-GINEST, architecte, réalisa les planches de l'église et reconstruit une église en 1879. Une nouvelle cloche est coulée pour l'occasion, toujours vivante aujourd'hui.
L'église possède un porche spacieux. A l'intérieur, c'est simple mais très élégant !
Dans les transepts, les retables nappé de jaune doré, avec des statues et des grands cadres.
Le maître-autel est assez petit mais est jaune d'or que je trouve très charmant. De plus, le nappage turquoise des murs se marie extrêmement bien avec cet alliage de couleurs !
La porte à gauche vers le choeur rejoint une chapelle avec retable et des chaises empilées. La pièce est extrêmement dégradée mais elle sert maintenant de local et est fermée au public.
Les chemins de Croix sont des cadres de taille moyenne entre les piliers des murs de la nef.
Les vitraux sont dépeints mais on voit clairement ce qui est représenté dessus.
Nous sortons maintenant de l'église et nous pouvons remarquer un coin lecture à gauche de l'église. C'est, je trouve, un très bel aménagement de la commune pour les amoureux de lecture, nature et silence !
L'accès au clocher :
Pour monter voir les cloches, il faut entrer dans le porche à droite.
On continue tout droit et nous avons une porte à pousser et des escalier en colimaçon allongés en bois pour arriver dans une première salle qui me semble être la chambre des sonneurs et au fond, l'horloge qui n'est plus là. Un planétaire montre l'heure à travers un cadran dans la nef et à l'extérieur.
On continue l'ascencion dans la nef et nous avons une dernière pièce asse intéressante. Il y a les anciens battants des cloches, les tableaux de distribution électrique et l'accès à la charpente de la nef.
Une échelle métallique nous guide vers les cloches.
Les cloches :
Les cloches sont très serrées dans ce petit clocher.
Elles sont au nombre de deux.
Les deux cloches sont intéressantes de par pleins de points.
On commence par la plus ancienne qui a payé l'histoire de l'église.
Elle se nomme Marie-Marthe-Françoise, et elle chante le MI3 d'un poil haut.
Cette cloche porte le nom des Allemands dans ses inscriptions. Tout comme la petite, elle est née d'une souscription paroissiale.
Le vase dégage un ton très très métallique semblable... à François-Joseph BOURNEZ ! Elle fut fondue par François-Joseph en 1880.
Son battant est neuf (presque pas usé) et semble taper sur la partie basse des abat-sons. Comme en témoigne ma GoPro fixée sur l'abat-son, elle le frappe légèrement.
Elle est entraînée par un moteur "L'Angélus Electrique" by MAMIAS de Gagny (93 / Seine-Saint-Denis).
Son tintement est provoqué par un marteau de tintement de marque espagnole dont j'ai oublié le nom.
On va inspecter sa voisine, très intéressante.
Elle fut fondue à Douai, dans le Nord, par la fonderie WAUTHY en juin 1921.
Cette cloche possède un battant très très abîmé malgré sa jeunesse : elle a deux anneaux de râpures et deux points de frappes enfoncés sur la chasse et sur la deuxième râpure du côté des points de frappe sur la boule. Le battant a du taper dans quelque chose semblable aux abat-sons. Pour les râpures en anneau, je n'ai aucune explication logique... !
Cette cloche se nomme Anne-Françoise tel est marqué son nom sur le bronze gris de cette cloche, et chante le LA3 de basse nuance.
La cloche a été sonnée en même temps que la grande cloche, par son moteur "L'Angélus Electrique"... mais est tombé en panne. Lors de ma première visite, il n'y avait pas de moteur, alors Martial, le campaniste de che Prêtre & Fils, a installé un Movotron, les moteurs Clock-O'Matic dernier cri. Ces moteurs ne fonctionnent pas avec des contacteurs mais des modules.
L'ancien moteur est déposé en dessous de la grande cloche.
De plus, je tenais à préciser que la cloche n'est pas très droite sur son joug, car elle penche plus d'un côté que de l'autre. Cela n'a pas l'air de tant impacter le rythme des coups de battant car ils sont plutôt réguliers même si parfois, des manqués se présentent durant le milieu de la sonnerie.
Le joug n'est pas d'origine et les paliers, aussi. C'est un détail subtil mais le joug a l'air d'avoir été changé déjà depuis quelques années.
Le beffroi est en métal et c'est un bon choix. Le clocher étant très serré, un joug en bois avec des poutres larges ne ferait pas passer les cloches lors de leur volée. Le beffroi en métal, étant fin, fait énormément de place. De contre, dès la volée d'Anne-Françoise, le beffroi se plie sur son centre et "glisse" ou se déplace. C'est pas bien grave tant que le beffroi ne tape ou le frotte pas les murs...
Nous pouvons remarquer que depuis l'intérieur, sur les arêtes des baies d'abat-sons, la forme de passage de la grande cloche est creusé. La cloche frise les murs de 5 à 10cm, et c'est un FA3 - on le rappelle !
On remarque, une fois de plus, qu'il n'y a aucun système anti-ragage de corde. On distingue bien la forme triangulaire creuse que la corde a réalisé dû à son passage d'aller en retour. Il est très reconnaissable depuis l'ancien passage de corde de la grande cloche.
Pour limiter les sons forts, des passages de cordes sont réalisés à l'endroit du palier sous les cloches, pour les sonner au palier de l'horloge mécanique. Aucun passage de corde ne sort depuis le porche.
On a assez parlé, on passe aux descriptifs :
Cloche 1 : "Marie-Marthe-Françoise", Diamètre 109,0cm, Epaisseur 7,5cm, Poids 740kgs, Fondue par François-Joseph BOURNEZ, à Morteau, en 1880, Emet le FA3 (Basses Nuances) ;
Cloche 2 : "Anne-Françoise", Diamètre 88,6cm, Epaisseur 6,1cm, Poids 397kgs, Fondue par Charles WAUTHY, à Douai, en 1921, Emet le LA3 (Basses Nuances) ;
La Vidéo :
Sort le 1er Avril 2027 à 10h
Les Remerciements :
Je remercie énooormément la municipalité alliée, de m'avoir autorisé à monter dans le clocher, l'avoir fait sonner et de m'avoir guidé dans le clocher, notamment à Pierre MILLON le Maire et Clothaire LOONIS, son 1er Adjoint !
Je les remercie pour l'importance qu'il porte à leur patrimoine et à leur grande gentillesse. La gentillesse est l'additif afin de rendre l'expérience et la visite plus agréable, et ils ont coché la case.
Autre remerciement, merci beaucoup à l'EARL Frelet des Adroits afin de m'avoir donné les coordonnées des Adjoints de la commune.
Beaucoup de soutien de la part de la mairie des Alliés