Les cloches du Doubs ne sont pas venues comme ça, par magie en haut de nos clochers. Saviez-vous qu'il y a des dizaines voire des vingtaines qui ont contribué à couler des voix pour nos clochers ? C'est parti pour les découvrir !
François HUMBERT (le père), est né le 27 octobre 1753 à Bern, dans la capitale suisse.
Le maître-saintier a ouvert sa fonderie avant la Révolution et a coulé des cloches notamment pour les églises d'Amathay-Vésigneux, Frambouhans, etc... .
Il s'est marié une première fois à Morteau avec Jeanne-Charlotte TOUTE, mais décède quelques années plus tard, sans donner naissance à un enfant.
Il se marie une seconde fois avec Anne-François BALLANCHE et donne naissance à François-Joseph HUMBERT.
François débute son trépas, à Morteau le 22 décembre 1830, léguant sa fonderie à son fils.
François HUMBERT fils est né le 13 août 1813 à Morteau.
Dès son adolescence, François-Nicolas, son père, lui apprend le métier et fondent ensemble, à seulement 14 ans, la grosse cloche de Remonot (Cne des Combes), par exemple. Nicolas a signé "François HUMBERT Père & Fils".
Son père rend son âme en 1830 et Joseph succède donc à l'industrie campanaire de son père. Il s'installe au 98, Rue de la Chaussée, qui est aujourd'hui, une école primaire.
François fond une cloche pour l'église de Pont-les-Moulins en 1836, et deux ans plus tard, il s'y marie avec Jeanne-Marguerite NICOLET.
Elle donna naissance à 7 enfants, dont 2 enfants morts prématurément ; Hortense, morte à 4 mois et Victor, à 5 jours ;
François coule jusqu'en 1860. Sa fonderie prend feu et François se réfugie à Cernier, en Suisse. Rappelons-le, son père était d'origine suisse et il a par conséquent, hérité de cette origine.
Il revient sur Morteau pour fondre à nouveau, mais malheureusement sa fonderie est détruite encore une fois en 1870.
Il ne reconstruit plus, ne fond plus de cloches, et décède sans fonderie, le 22 octobre 1892. On rappelle aussi le trépas de sa femme le 18 décembre 1850, à seulement 34 ans.
Le décès de François-Joseph HUMBERT tourne une page, celle de l'histoire économique de Morteau. Elle est succédée par la fonderie BOURNEZ, dont on va parler juste après.
François-Joseph naît le 5 juillet 1758 à Montlebon. Il est le fils de son homonyme, François-Joseph BOURNEZ qui lui-même est fils d'un certain Pierre-Joseph BOURNEL.
Le nom BOURNEL a été modifié en tribunal.
Ce fondeur est parti en Suisse, ou du moins... fui.
Pourquoi fui ? François-Joseph BOURNEZ a égorgé son voisin et l'a cuisiné dans ses fours à couler le bronze. Il est parti se réfugier non loin de La-Chaux-de-Fond en Suisse et lui-même non loin de Morteau.
Ce n'est que quelques années plus tard que l'Etat lui promet de ne pas l'attraper et de continuer son activité de fondeur à Morteau.
Pendant son exil en Suisse, François-Joseph a coulé énormément de cloches dans le pays, comme notamment dans la commune de Châtel-Saint-Denis ou encore à Neuchâtel. Il a fondu aussi la cloche 2 de Servin (25 / Doubs, aujourd'hui re-refondue par PACCARD (cf. Article ci-contre : Servin).
Sa femme, Jeanne-Pierrette BEZ qu'il a marié 25 novembr 1782 à Morteau, née en 1762 et décédée en 1841, a donné naissance à Marie-Rosalie (1783 - 1847), Marie-Florentine (1785), Marie-François-Joseph (1787), Jean-Baptiste BOURNEZ (1788 - 1788), Adélaïde-Françoise (1789) et Généreux-Constant BOURNEZ (1792).
François-Joseph s'éteint aux Fins le 19 mai 1831 à l'âge de 72 ans.
Généreux-Constant est le fils de François-Joseph BOURNEZ. Il nait le 14 janvier 1792 et sa date de décès est méconnue.
Il apprit le métier de fondeur de cloches avec son père, dont ils signerons les cloches "Généreux-Constant et François-Joseph BOURNEZ" (cf. Evillers).
Au décès de son père, il coula des cloches avec ses fils Emile et Pierre-Alexis dont ils signerons les cloches "Généreux-Constant et Charles-Emiles BOURNEZ" ou "Généreux-Constant et Pierre-Alexis BOURNEZ".
Il se maria 2 fois : une première fois à Morteau en 1813 avec Marie-Constance BOBILLIER-CHAUMONT (1786 - 1817) dont ils aurons François-Alexis (1814 - 1814), François-Julien (1815 - 1862) qui ne coula aucune cloche et devenut banquier, et Josette-Honorine BOURNEZ (1817 - 1817).
Au décès de sa femme en 1817 (à 31 ans sans doute d'une hémorragie post-partum de la naissance de Josette), il se remarie aussitôt en 1818 toujours à Morteau avec Marie-Marthe CHOPARD (1792 - 1852).
Ils mettrons au monde deux des plus gros fondeurs de cloches de la dynastie. Sont né(e)s Pierre-Alexis(1819 - 1872), Josette-Honorine (1820 - 1848), Charles-Joseph (1822 - 1822), Jean-Victor I (1823 - 1832), Charles-Emile (ou Emile) (1829 - 1866), Josèphte-Adélaïde (1831), Jean-Victor II (1832 - 1854) et François-Joseph BOURNEZ (1834 - 1895).
Charles-Emile naît le 27 juillet (à 2 jours près et on serait né le même jour...) 1829 à Morteau.
Il succéda à son père Généreux-Constant BOURNEZ après son trépas. Il se fera succéder par son frère François-Joseph BOURNEZ à son décès. Ce ne fut pas Pierre-Alexis et je n'ai aucune explication par rapport à ceci.
Ce fondeur réalisera les cloches de Saint-Hippolyte, Accolans,