Ultra nus en vos bleus

Poème homo-fréquencé écrit et lu par le poète queer ⚣ Alain Cabello-Mosnier

Synopsis : c'est un poème qui s'inscrit dans mon parcours de masseur en Massage-Français à Paris et l'évocation de ces moments, rares, lourds des muscs infernaux où l'homme se fait glisseur de chair.


ULTRA NUS EN VOS BLEUS

Écrivain public en massage sur papier de vous

Je vous ai bien souvent écrit de mes encriers d'huiles sans même que vous n'en sachiez rien

Et seuls et nus vous étiez

Et seuls et nus vous vous vouliez

Tous allongés comme ces figurines inertes dans une collection privée


Ultra nus en vos bleus

Imperceptiblement offerts à qui s’emparerait de vous


Vous la sentiez mon ombre n'est-ce pas ?

Cette nuit incertaine d'hommes gelés qui suit nos vies

Cette bise stannifère d’une bien douloureuse histoire, hurleuse des charmes de ceux qui n’adviennent jamais ?

Je l’enroulais tout au-dessus de vous

La procréais en nuit féroce

Comme le voile de vos oignions noirs et tétons roses

Puis je l’effaçais comme on un brise un sceau

Je finissais ce qui devait être rompu

Et vous, las de ces fins

Renonciez à vos projets de candeur éternelle

Vous vous souleviez de vos cairns

L’obsidienne partout et la cornaline menue

Toujours dans son manteau défait

Mouillée d’orages

Ou d’oranges si beaux sur vos glands retroussés

Confits et sombrement rouges et mangés en cabochons des vérités pesantes comme des crânes d’agates posés dedans l'ossuaire intime, le poil semblable à ces suaires effilochés sur des catacombes closes, des loculus ouverts sur des cercueils vides


je parle de ce que je sais de vous, mais je n’en ramassais jamais que vos orles de peau ourlaient par de sombres retours


Comment aurais-je pu enfermer baisés en lune, y poser le griffon de mes origines, ce rustre manège aux outres comblées de terre


Je devais donc vous masser en triste manière

Massé plus sublimement que personne jamais ne vous re-massera

Parce que lorsque vos Êtres s’effacent de mes horizons vides

Vous me laissez plus chargé qu’une africaine

des colliers de vos élégances, des grigris de vos aisselles, des rognures d’ongles carbonisées tous en tas rassemblaient sur vos pubis éparts, abandonnée à ses voix de bantous


Alors bien sûr que parfois il m’arriva de basculer dans vos automnes

de combler dans votre bouche la place qui manquait dans la mienne

de respirer vos neiges fromagères encloses dans vos plis de romains à la vertu soudoyée, voluptueuse cisel pendulaire

de laisser couler sur vous mes urines comme les sucs d’un soleil rendu terrible par la mort

de rompre à la décence et de vous sentir m’amener tout seul le bran de vos tarières lorsque mes doigts fouillaient lubriques vos pépins de craies noires et que cédait ce bien mauvais œil sous les incantations chambrières de mon pousseur d’oncolithes


Puis vous vous balancez pareil à des déments exorcisés, perclus et reptile d’aventure comme enfermés dans le livres d’un voyageur exsangue




⚣ Alain Cabello-Mosnier

jeudi 19 octobre 2017

Paris


Historicité : ce sera le premier poème à aborder la sexualité en massage que je de tout temps soigneusement tenue à l'écart de ma pratique à part avec certaines bêtes qui m'atteignirent jusque dans ma réserve.