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Articles / Robinot de La Lande / Épilogue

Épilogue

À l’annonce de la vente du Maréchal, la meute des créanciers se jeta à la curée de la « maison de commerce Robinot». Non seulement les «privilégiés», mais encore les négociants et particuliers, ses anciens associés, à qui Robinot devait de l'argent depuis des années.

Les premiers furent MM Wether et Porte, d'Alicante. On voit bientôt le constructeur du navire, Guérin, le patron de sa corderie, Alexis Lorieux, le gardien de ses chantiers, Jean Le Gal, ses anciens capitaines et lieutenants de pêche, bon nombre de ses ouvriers, sa domestique de la rue Saint-Guillaume, Françoise Lamy, non payée depuis  5 ans et à qui il avait emprunté de l'argent ; quantité de marchands de détail de Saint-Brieuc, autant pour ses dépenses domestiques que pour des vivres fournis à l'armement Robinot ; des négociants de Brest, Guingamp, Lorient, Nantes, Tours, Rennes, Rouen et Arcachon ; l'administration des traites ( douane ) du Légué ( 25 000 livres ). Ses associés dans ses autres navires : Madame de Chateaubriand ( mère de l'écrivain ), Madame du Rufflet, M. le Vicomte de la Houssaye,  le président de Catuélan, etc... ; avocats et procureurs de Rennes non payés ; sa famille: le beau-frère Jean Perroud, sa tante Marion Vatar. Pour terminer la liste, sa mère : pour douaire non payé en 1773, pour location de sa maison depuis la même date, pour caution de la dot de sa bru ( 12 000 livres ), pour sommes avancées afin de rembourser les dettes criantes de son fils. Elles s'inscrivaient pour la somme de 46 000 livres.

Sauf erreur de notre part ( quelques documents ont pu se perdre ), la quarantaine de créanciers de Robinot, connus à cette date ( il en apparaîtra d’autres plus tard ), s’inscrivait « en leur âme et conscience » 190 045 livres, promettant de prouver leurs créances par acte hypothécaire ou chirographaire. Cette somme provisoire pourrait avoir été quelque peu « gonflée », même en faisant abstraction des intérêts et des charges que chacun mettait sur le dos de Robinot.

Un syndicat de créanciers fut constitué. Le 12 octobre 1787, il nomme deux syndics : Mathieu Jean Le Mée de la Salle et Charles Jean Le Nepvou de Carfort. De son côté, Robinot charge son beau-frère Le Noir de Québriac de le représenter. 

Le 28 juillet 1787, le syndicat obtient du Conseil du Roi l’annulation de la surséance obtenue par Robinot le 21 octobre 1786. Il ne lui reste d’autre possibilité que de déposer devant le Consulat de Saint-Malo, le 31 octobre 1787, le bilan de la faillite de la maison du commerce et d’armement Robinot, fondée le 1er octobre 1773.

Une première réunion des créanciers eut lieu le 12 octobre chez M. de Québriac. Celui-ci les rassura. Les actifs de Robinot s’élevaient au moins aux 150 000 livres de l’assurance. Il convenait donc de presser M. Le Chapelier d’accélérer le paiement de ladite assurance. D’autre part, son beau-frère était certainement en possession d’autres créances. Il convenait donc de faire lever les scellés apposés par l’Amirauté et d’examiner les papiers. Enfin, la flotte Robinot représentait un certain capital… Maître le Saulnier du Vauhello et maître Touzé de l’Orme, conseils des syndics paraissent plus circonspects.

En effet, pendant les années 1786 et 1787, Robinot, grâce à la surséance royale avait pu continuer d’envoyer à Terre-Neuve le Benjamin et la Dorade. Mais un nouveau coup du sort frappe notre armateur : le 6 décembre 1786, la Dorade fait naufrage devant Guernesey.

Sitôt la surséance annulée, Mathieu le Mée fit mettre en vente, par l’Amirauté de Saint-Brieuc, ce qui restait de la flotte Robinot. Le 19 septembre 1787, le Benjamin fut adjugé 12 000 livres au sieur Bernard de l’Isle qui le céda à Louis Rouxel-Maisonneuve. Le 15 décembre 1787, Claude Louis Deschien, négociant Brestois, lui-même au bord de la faillite, fait saisir la Gloire, l'Antoinette et le Sanchot, déjà immobilisés à Saint-Malo. Ces trois bateaux sont vendus le 3 novembre 1788. À maître Corbel, procureur à Châtelaudren, agissant au nom de Deschien : la Gloire, 6 650 livres et le Sanchot 2 000 livres. L'Antoinette fut bradée pour 900 livres à Toussaint Allain du Légué, qui le céda à Le Nepvou de Carfort.

Quant à la Comtesse de Maillé, le dernier bateau de Robinot, il sera acquis en 1789 par le syndic des créanciers de Deschien, désormais failli, représenté à Saint-Brieuc par Leuduger-Fortmorel père qui le revend au même Le Nepvou de Carfort …

….Après la mort de sa femme, décédée à Rennes le 27 janvier 1805, il lui fallait liquider les restes de son patrimoine, en obtenir une rente viagère qui lui permettrait de subsister à Paris.

Le 6 novembre 1805, il vend pour 25 000 francs la Ville-Guyomard. L’acquéreur n’est autre que Jean-Georges Droguet, négociant briochin qui avait fait fortune dans des achats judicieusement conduits de biens nationaux.

Sur les 25 000 francs, 16 000 furent versés aux derniers créanciers. 1000 à la veuve L’Hopitau, 717 à une certaine veuve Fouché de Paris ( chez qui il logeait ? ). Il reste à François environ 7 000 francs.

Le 9 novembre 1805, il vend sa corderie et les terrains avoisinants, y compris l’Ile-aux-Lapins et ce qu’il pouvait rester de son chantier naval, le four à chaux abandonné, à son gendre, Jean-Marie Jouannin, commerçant à Saint-Brieuc.  Celui-ci avait en effet épousé sa seconde fille, Pélagie, le 8 décembre 1801. Il n'en retire qu'une rente viagère de 600 francs. Le reste représentait la part d'héritage de Pélagie et d'Augustin dans la succession de leur mère.

Robinot repartit aussitôt pour Paris. Il n’assista pas au mariage de sa fille aînée, Marie-Thérèse, marchande d’étoffes, habitant la maison de la rue Saint-Guillaume, depuis la mort de sa mère, avec un capitaine de navire, originaire de Sedan, Jean Gérard Dorcq, le 15 décembre 1805.

Le 17 novembre 1805, il avait donné procuration à son cousin, Bonaventure Le Saulnier du Vauhello, alors avocat à Saint-Brieuc, pour régler ses dernières affaires. Les besoins d’argent se faisant sentir, celui-ci vend le 1er décembre 1806 la maison de la rue Saint-Guillaume au jeune ménage Dorcq pour 4 500 francs, dont une rente viagère de 150 francs. Le reste représentait la part de madame Dorcq dans la succession de sa mère. 

Le 28 avril 1807, il vend l’hôtel Robinot de la rue Jouallan ( alors loué à M. du Bois-Berthelot ), ex-hôtel de Saint Ilan. L’acquéreur n’est autre que le général de brigade Jean-André Valletaux, ancien commandeur des troupes à Saint-Brieuc, alors membre du Corps Législatif, et son épouse Marie-Thérèse Rouxel-Maisonneuve, fille de Louis Rouxel-Maisonneuve. Valletaux, qui avait acquis le 31 août 1791 le château de Bien-Assis en Erquy, résidait, lorsqu'il était à Saint-Brieuc, dans sa belle-famille au Légué. Il cherchait un hôtel en ville. Le prix de la vente fut de 22 000 francs, dont une rente viagère de 960 francs et un capital de 3 500 francs pour le jeune Emmanuel Robinot, alors marin et prisonnier de guerre à Plymouth, où il décédera en 1809. Cette somme représentait la part d'Emmanuel dans la succession de sa mère.

Le général Valletaux n’eut pas le loisir de jouir de sa résidence briochine. Ayant repris du service lors de la Guerre d’Espagne, il y mourut le 23 juin 1811. Sa fille, Thérèse Valletaux, héritera de l’hôtel Robinot. Son mari, François Le Pomellec, maire de Saint-Brieuc de 1835 à 1848, construira à sa place un bel hôtel, digne de l'armateur qu'il était. Ce fut le commissariat central de Saint-Brieuc.

De son patrimoine briochin, dont les revenus sont estimés en 1804 à 1 530 francs de revenu annuel, Robinot retira 9 000 francs en capital et 1 710 francs de rente viagère, revenu tout juste suffisant pour vivre à Paris à cette époque. Il ne laissait pas un sou à ses enfants.

François Robinot de La Lande mourut à Paris le 6 mai 1812. Il avait eu la douleur d’apprendre que son fils Emmanuel était mort en 1809, prisonnier sur les pontons anglais, à Plymouth. Il eut cependant la consolation de revoir son fils Augustin, capturé au cours du combat naval du 2 mars 1806, où son bateau, Le Marengo, avait dû baisser pavillon devant la division de l'amiral Warren. Il ramenait de sa captivité anglaise ( il fut libéré le 25 janvier 1811 ), une blessure à la cuisse mal soignée, une jeune épouse anglaise, Judith Andrews, épousée le 30 mai 1807 à Montgomery, alors qu’il était prisonnier sur parole, et un jeune enfant dont nous ignorons la destinée.


Anne LE PECHON

Jean-Pierre LE GAL LA SALLE







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