Louis Urvoy ( 1876 - 1946 )
Fils de Jean Mathurin Urvoy et de Marie Bougeard, Louis naît à la Pougonnière (Plérin) le 09 novembre 1876.
Il devient marin très tôt. Inscrit maritime le 17 mars 1888, il embarque au Légué à bord du « Jean Louis » pour la pêche locale. Il fait deux saisons. En 1891, il part à Saint Pierre et Miquelon à bord du vapeur « Électrique » du Havre rejoindre son oncle Maurice Bougeard, le frère de sa mère, qui vit à Saint Pierre et y exerce le métier de charpentier marine. Louis va apprendre le métier avec lui. Sur place, il embarque également sur le sloop « Galilée » de Saint Malo. Il devient gravier. Il fait sécher les morues sur les graves, les galets du rivage*.
Ensuite, les voyages se suivent. Il quitte la France en mars et y revient en octobre ou novembre. En règle générale, il fait l’un des deux voyages sur un vapeur transport de passagers, l’autre sur une goélette de la compagnie Alphonse Jacquet de Granville qui arme pour la grande pêche. À Saint Pierre, au fond du Barachois (Saint Pierre et Miquelon) il dispose d’un atelier dans lequel il répare les doris des goélettes.
Il devient inscrit maritime définitif sur sa demande le 23 juillet 1895.
En 1919, il embarque sur le lougre à vapeur « Sainte Cécile » (S.B. 16 ci-dessous). Construit à Boulogne en 1905, il prend son service en 1911 au Légué pour assurer le service de remorquage jusqu'à lors effectué à la main. Le propriétaire, Yves Marie Gueguen, capitaine au longs cours domicilié rue du Légué, le revend le neuf avril 1920 à deux armateurs de Bordeaux, mais pendant le convoyage, le bateau s'échoue sous le sémaphore de La Chaume près des Sables d'Olonne, tout l'équipage sera sauvé.
Caractéristiques : L : 17m46, l : 5 m 58
*Sous la responsabilité du maître de graves, les jeunes graviers ont en charge d'assurer le séchage des morues. Par temps humide, ils les empilent et les recouvrent d'une bâche, dès le retour d'un temps plus sec, ils les étalent sur les galets. Répétée autant de fois que nécessaire, cette opération est primordiale pour assurer une bonne conservation du poisson. Avant le départ, le produit de la pêche sera mis en tonneaux.
En novembre 1920, il revient en métropole sur la goélette « Gardénia » de Binic mais il fait naufrage le 29 novembre sur les roches de la Horaine. Il est recueilli par Mathurin Rouault, douanier originaire de Sous la Tour. En 1922, Louis a 46 ans. Après avoir été sur les bancs jusqu’à cette date il tombe gravement malade. D’une bonne constitution physique, il se rétablit et apprend alors à monter à vélo. Ne pouvant plus naviguer, il est embauché comme charpentier dans l’entreprise de bâtiment Travadel puis à « La Silicine », fabrique de briques située en bas de la côte de Cesson. Il y répare les bateaux de la compagnie et les caisses à poisson. Il reprend l’atelier de Bernard Morvan à Sous la Tour. C’est le début de la motorisation de tous les bateaux. Il perce de nombreux tubes d’étambot avec une tarière à main. Son atelier est situé en bas de la côte du Sion près du café Sangan. Il est remplacé par Auguste Henry en 1939.
Il décède le 01 septembre 1946.
Le naufrage de la goélette "Gardénia":
Au cours d'un voyage retour de Saint Pierre et Miquelon avec son chargement de morues, la goélette "Gardénia"*, armateur Chauvel de Binic, fait naufrage le lundi 29 novembre 1920 à 4 heures du matin après avoir talonné sur les récifs de la Horaine. Les doris furent mis à l'eau rapidement embarquant les huit hommes d'équipage et les dix neuf passagers. Le bateau coule en cinq minutes. Malheureusement, deux passagers seront portés disparus. Les naufragés vont rester quatre heures en mer à essayer de rejoindre la côte avant d'être secourus par un thonier qui, par chance, passait à proximité. La responsabilité du capitaine Carpier d'Étables sera engagée.
Position du naufrage:
Latitude : 48 ° 54 ' 2 N
Longitude : 002 ° 54 ' 5 W
*Construite en 1905 au chantier E. Bonne de Kérity
Ses embarquements:
d'après les recherches de M. René Rouault