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Articles / Portraits / Le Gualès de Mézaubran / Ses bateaux / Décorations

Remise de décorations au Légué

La guerre ravage l’Europe depuis trois ans déjà, apportant son lot de sacrifices humains et de destructions sans précédent. Le conflit est également présent sur les mers. D’un côté, la marine anglaise exerce un blocus sur la mer du Nord dans le but d’affaiblir la puissance continentale ennemie en la privant d’approvisionnements extérieurs. De l’autre, l’Allemagne met en place une guerre sous-marine aux abords des côtes françaises et anglaises. Pour cela, elle utilise les fameux U-boots dont la mission première est de s’attaquer aux bateaux de commerce, cibles plus faciles que les flottes de guerre. Dans un premier temps, ils les arraisonnent en surface et les coulent au canon, laissant le temps aux équipages d’évacuer le navire. Mais très vite, la technique des U-Boots change: le torpillage en plongée devient la règle, empêchant toute riposte, mais en contrepartie, ne laisse aucune chance aux équipages.

Deux bateaux de l’armement Le Gualès de Mézaubran de St-Brieuc, les vapeurs « Du Guesclin » et « Hirondelle »,  auront la mauvaise fortune de se retrouver sur la route de ces U-boots, une première fois en février 1917 pour le « Du Guesclin » (transport de houille et de boulons) et le mois suivant pour l’« Hirondelle » accompagné du même « Du Guesclin ». Par chance, ils pourront regagner leur port d’attache sans encombre après avoir fait face à leur agresseur.  

Cette photo fait référence à ces événements et illustrent la cérémonie organisée au port de commerce par les autorités civiles, militaires et religieuses en l’honneur des équipages des deux vapeurs. Dans ce contexte guerrier, toutes les occasions sont bonnes pour glorifier les combattants et flatter l’orgueil national. Au vu de la foule qui se presse sur les quais, on comprend que cette manifestation a été minutieusement préparée. On remarque le canon de 90 mm à l'avant du vapeur.

Au centre, le général Prual, à sa droite, l'armateur des deux bateaux, Alain Le Gualès de Mézaubran. A la droite de l'évêque de St-Brieuc Mgr Morelle, le maire de St-Brieuc Henri Servain.

Au matin du vingt et un février 1917, le « Du Guesclin » se trouve à dix huit milles dans le S.E. d’Eddystone et fait route sur Portland afin de rejoindre un convoi. Acheté l’année précédente par Alain Le Gualès de Mézaubran, armateur à St-Brieuc, ce vapeur long de cinquante cinq mètres a été construit  vingt six ans plus tôt au chantier Mc Ilwain de Belfast sous le nom de « Pioneer ». Il est commandé ce jour-là par Auguste Josselin, voici le rapport qu’il adresse à son armateur:

« Vers 10h00 du matin, aperçu un sous-marin en surface par le travers tribord. Ne voyant aucun convoyeur, j'ai aussitôt pensé à un sous-marin ennemi. Mis à gauche toute pour présenter l'arrière. Le sous-marin a tiré un coup de canon et l'obus est tombé à 30 m. J'ai fait hisser le pavillon français et ouvert le feu avec la pièce de 90 mm, le 47 ne pouvant tirer car les haubans empêchaient de pointer la pièce.

Premier coup trop long. Deuxième coup, avec hausse à 4500 m paraît au but. Tiré encore deux coups avec le 90 et 1 coup avec le 47. Le sous-marin a disparu au moment où le 47 se trouvait dégagé.

Le sous-marin avait tiré un 2e coup qui était tombé à 100 m, puis il s'est enfoncé. Un fusilier et un matelot prétendent qu'à notre 2e coup il n'y a pas eu de gerbe d'eau, mais de la fumée sur le sous-marin. N'ayant pas vu tomber le projectile, je ne peux me prononcer à ce sujet. 

Pendant le combat, le sous-marin s'est toujours tenu à côté d'un petit voilier afin de gêner notre tir. Tout le monde a fait son devoir, en particulier le quartier-maître canonnier Pierre NICOL, qui s'est montré plein d'entrain. »

Les aventures du « Du Guesclin »  ne s’arrêtent pas là. Trois semaines plus tard, le bateau croisera de nouveau la route d’un sous-marin, mais cette fois-ci c’est un bateau de la même compagnie qui subira la première attaque.  L’ « Hirondelle » , vapeur  lancé le trois juin 1886 au chantier Workman, Clark & Co de Belfast sous le nom de « Broughshane », quitte le port du Légué le treize mars au matin en direction de Swansea (houille). Après avoir mouillé sur rade pour attendre le  « Du Guesclin », ils font route de conserve  en direction de la Horaine. La traversée de la Manche s’effectue  sans problème dans des conditions météorologiques pourtant difficiles. Au matin, les deux bateaux se trouvent non loin du cap Lizard. Voici le récit du capitaine Pierre Huet à bord de l’ « Hirondelle » :

« Je vous rend compte de ma rencontre avec un sous-marin allemand lors de la traversée Saint Brieuc – Swansea. 

A 19h00, mis le cap sur Lizard. Forte brise de Sud. Mer très forte. Baromètre bas.

Le 14 au matin, à 20 milles dans le S.E. de Lizard, par 49°45 N et 07°09W, aperçu ce qui semble être une embarcation. Aux jumelles, j'ai tout d'abord cru qu'il s'agissait d'un patrouilleur avec une voile. Hissé le pavillon français et aperçu alors une fumée ; c'était un sous-marin qui tirait son premier coup de canon d'une distance d'environ 3200 m. Le projectile tombe à 50 m sur bâbord. Mis la barre toute à droite pour présenter l'arrière et réglé la hausse de notre unique pièce de 47 mm à cette distance. Le sous-marin continue à tirer et nous répondons. Au 4e coup, le sous-marin disparaît complètement. Mis alors à demi vitesse en route vers le point où il a disparu pour attendre le DUGUESCLIN. J'espérais revoir le sous-marin en surface et pouvoir le couler en manœuvrant avec les deux bateaux. 

Sous-marin d'environ 45 m de longueur, sans antenne T.S.F. et peint de couleur chocolat. Vitesse de 10 à 12 nœuds avec cap au NNE. Armé d'un canon d'au moins 100 mm vu les gerbes d'eau énormes que nous avons constatées. 

Très bonne tenue de l'équipage qui avait espoir de pouvoir couler le sous-marin. Si Monsieur le Ministre de la Marine pouvait nous confier un canon de 90 mm, quelques fusils et même une mitrailleuse, je réponds que mon équipage et moi ferions tout notre possible pour rechercher les sous-marins pendant nos voyages en Manche, de Bristol à Saint Brieuc. Je serais très heureux si vous pouviez obtenir du Ministre un complément d'armement » .

Ces deux rapports confirment le fait que beaucoup de combats avec les sous-marins s’effectuaient en surface, laissant la possibilité aux « chassés » de se défendre avec leurs armes embarquées. Pour « avoir fait preuve d’énergie et de sang-froid lors de l’attaque de leur bâtiment », le capitaine Huet et deux membres de l’équipage, Albert Bellec et François-Marie Lescouët, recevront une décoration au cours de cette cérémonie ainsi que« le témoignage officiel de satisfaction du Ministre » !!. 

Malheureusement pour l’ « Hirondelle » la chance va tourner. Le douze octobre de la même année, lors d'un voyage du Havre à Saint  Brieuc avec une escale prévue à Saint Malo, le bateau fait naufrage  à trois heures du matin sur les roches de Lecq au Nord de Jersey avec un chargement de pétrole. Trois marins disparaissent dans le naufrage : Marcel Le Quenne, de Saint-Pierre-Quilbignon (Brest), quartier-maître canonnier ; Charles Rosec-Despres également de Saint-Pierre-Quilbignon, matelot de 2e classe fusilier et Robert Teisseire de Cannes, Matelot de 2e classe canonnier.

En cette fin de 19 ème siècle à Belfast, deux grands chantiers navals se partagent l’essentiel des commandes de bateaux neufs. Le plus grand, Harland & Wolff , surnommé « big yard », construira entre autres le « Titanic », le second, créé en  1880 par Frank Workman et George Clark aura jusqu’à 3500 employés, et sera considéré comme le « wee yard », le petit chantier. En 1895, il était malgré tout le quatrième plus grand constructeur naval du Royaume-Uni et en 1900, il construisait des paquebots transatlantiques pour des clients aussi importants que la Cunard Line. 

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L’Hirondelle ex "Broughshane", lancé en 1886 pour le compte de "Antrim Iron Ore", le bateau sera francisé au Légué le 16/11/1906. (46 mètres de long, 7 mètres de large, 3 mètres 58 de tirant d’eau)

Le Duguesclin ex "Pionner", construit en 1891 au chantier McIlwain de Belfast, francisé en 1916, il sera dépecé pour cause de vétusté en 1929. Il fait 55 mètres de long. Il est en copropriété entre l'armement Le Gualès de Mézaubran et la société des Forges et Laminoirs. 

Capitaine Auguste Josselin, second Mathurin Marie Urvoy








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