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Articles / Portraits / Le Gualès de Mézaubran / Introduction

Introduction

Le 11 février 1933, le journal le Moniteur des Côtes-du-Nord annonce une nouvelle qui se répand, comme une traînée de poudre, dans la ville de Saint-Brieuc et fait l'effet d'une bombe. Le lendemain et jours suivants les gros titres, en pages départementales, des autres hebdomadaires se succèdent : Monsieur le vicomte Alain le Gualès de Mézaubran1 est décédé en son hôtel parisien où il s'était rendu peu de temps auparavant. Bien qu'un peu fatigué, diront plus tard quelques personnes de son entourage, il ne ménageait pas sa peine, toujours actif, toujours à l'écoute des uns et des autres, toujours plein d'énergie, toujours...

Portrait de Le Gualès - Le Moniteur des Côtes-du-Nord - 20 juillet 1912

Annonces du décès dans la presse

1 « de Mézaubran » n'apparaît pas dans les actes de l'état civil de Plérin. Le manoir du même nom est situé en Minihy-Tréguier (« Dictionnaire des communes - département des Côtes-d'Armor - Régis de Saint-Jouan - Conseil général des Côtes-d'Armor»)

Sympathie attristée des uns, inquiétude des autres, ceux dont le travail dépend de ses activités et, certainement, effervescence dans le voisinage du « château de Goalès » (villa Rohannec'h).2

Pas une note discordante dans le concert de louanges qui remplit les colonnes. On ne tarit pas d'éloges sur les actions menées, dans le passé, par M. Le Gualès. On rend hommage à l'ancien conseiller municipal de Saint-Brieuc, qui travailla sans relâche à l'amélioration du port du Légué « il intervint souvent d'heureuse façon » lors de réunions de la municipalité, nous dit le Moniteur des Côtes-du-Nord.

Hommage aussi à l'armateur qui créa de nouvelles lignes reliant Saint-Brieuc à Jersey, Saint-Malo, Le Havre... L'Électeur des Côtes-du-Nord et l'Indépendance bretonne réunis rappellent, dans leur article du 12 février, que l'armateur publia « sur les questions tendant au relèvement de notre marine marchande, quantité d'études remarquables » et rappellent qu'il était « le Président fondateur du syndicat des armateurs, capitaines et marins bretons, également membre du conseil de direction du comité des armateurs de France et de la Société des Agriculteurs de France ». Le journal La Croix des Côtes-du-Nord nous apprend qu'il se ressentit, comme beaucoup, des crises économiques qui secouèrent le pays mais ne se découragea jamais, créant de nouvelles lignes comme celle de Saint Malo/Jersey et Monaco « ...travailleur, cherchant en tout à se rendre utile à ses concitoyens et à son pays...». Quant au directeur du Réveil, le docteur Boyer, il rappelle que le vicomte, de vieille noblesse, « aimait passionnément la mer, ses bateaux, son pays. Qu'il savait allier les belles manières d'autrefois, si imposantes... » « ... Que de dévouement il a montré en toutes circonstances... ». « Cet homme de bien... dont la vie laborieuse mérite d'être portée à la connaissance des générations qui montent... ». Sa grande courtoisie, en toute circonstance, fait également l'unanimité.

Lorsque ces articles paraissent, l'ignorance est totale quant au jour et lieu de la célébration des obsèques : Saint-Brieuc, lieu de sa résidence ? Plérin d'où il est originaire ?

Ce sera Saint-Brieuc : dans l'église Saint-Michel, puisque sa famille demeure dans cette paroisse, villa « Rohannec'h », boulevard Pasteur prolongé.

2 Les langues devaient aller bon train dans l'épicerie, tenue par ma grand-mère et sa belle-fille, à l'angle des boulevards Pasteur et de Plélo.

Les funérailles

C'est le mercredi 15 février, que la célébration des obsèques a lieu, jour de marché. Le journal L'électeur des Côtes-du-Nord et l'Indépendance bretonne réunis nous apprend que la levée du corps a été faite à 9h30 à la gare, par le chanoine Crézé, curé de Saint-Michel, accompagné du clergé de la paroisse.

Le cortège traverse donc la ville aux pas lents des chevaux tirant le corbillard.

Quel circuit ? On peut envisager le parcours suivant : descente de la rue de la Gare, puis rue de Rohan, rue des Trois-Frères-Merlin, montée des rues Houvenagle, et Maréchal Foch 3 pour arriver enfin sur la place Saint-Michel et l'église du même nom.

C'était, certainement, un enterrement de première classe : le suisse, dans son uniforme de cérémonie, ouvrant la marche, suivi de la croix portée par un sous-diacre, encadré par des enfants de chœur, puis le curé et le clergé. Viennent les chevaux revêtus de noir, la tête surmontée d'un panache également noir, panaches aussi aux quatre coins du corbillard, des couronnes de fleurs et de perles sur le cercueil, sans doute.

3 Anciennement rue Saint-Michel, renommée rue Maréchal Foch après la guerre 14/18. Le Maréchal résidait dans une maison de cette rue chaque fois qu'il venait à Saint-Brieuc avec son épouse briochine, née Bienvenüe (une plaque est apposée sur la maison).

En haut de la rue Maréchal Foch, l’église Saint Michel

Le journaliste continue son récit : « Les cordons du poêle, sont tenus par MM. O. de Pontbriand, le commandant de Boerio, François Perrio, Martret, président du Syndicat des armateurs et marins bretons, de Brebisson, directeur de la Banque de France, J. Rioult de Largentaye. Le deuil était conduit par Mme la vicomtesse A. Le Gualès de Mézaubran, née d'Armaillé, ses petits-fils de La Morandière, le comte Le Gualès de Mézaubran, le marquis et le comte de Nicolaï, le vicomte Y. Le Gualès de Mézaubran, le vicomte A. Le Gualès de La Ville-Neuve, le marquis de Robien, conseiller général, le comte d'Indy, etc... Une assistance nombreuse suit le cortège ».

La liste des personnes qui composent ce cortège, et que le journaliste énumère, est tellement longue que nous nous contentons de citer quelques noms : « MM. Georges Charié-Marsaines, secrétaire administratif du Comité central des armateurs de France, le comte H. de Méhérenc de Saint-Pierre, Louis Cusol4, Alain Le Pomellec, le Vicomte Alain de Lorgeril, de Saint-Jouan, le comte de Couessin, Thomas ancien député, de La Messelière... Le procureur de la république, le docteur Codet... et bien d'autres notabilités » conclut-il.

À la suite du cortège, entrons dans l'église avec le journaliste de l'Électeur des Côtes Du Nord. Il décrit une église « décorée de tentures noires frangées d'argent. M. le curé chante la messe ; dans le chœur se tient Monseigneur, MM. Le vicaire général Le Petit, les chanoines Gadiou, Delangle et un nombreux clergé. La maîtrise a exécuté à la perfection la messe de Perruchot ».

C'est l'évêque, Mgr Serrand, qui donne l'absoute5. Le journal le Moniteur des Côtes-du-Nord indique que « Monseigneur voulait, par sa présence, reconnaître les services rendus par le défunt à l'église de Plérin, dont il était le conseiller paroissial, à ses concitoyens pendant son passage à la municipalité et à la France, dans les plus terribles moments de la guerre de 1914 ». Il conduit le corps jusqu'au péristyle où le président du Syndicat des Armateurs et Marins bretons, M. Martret prononce un discours : « La Bretagne maritime est en deuil, les pavillons en berne de tous les bâtiments attestent la douleur de toute une corporation dont les délégués sont venus rendre à leur président d'honneur un pieux et dernier hommage d'affection et de gratitude... ». Il rappelle que pendant 30 ans, M. Le Gualès a été à la tête du syndicat et leur a consacré une grande partie de son activité, défendu les intérêts d'une population de plus d'un millier de personnes... Les multiples démarches qui permirent aux voiliers de continuer à ravitailler le pays pendant la guerre.

À la fin de la cérémonie, on transporte le corps à Plérin pour son inhumation, dans le caveau familial situé dans le cimetière paroissial. Sa fille Yolande, son gendre Potier de la Morandière sont enterrés avec lui. La tombe est dans ce que certains Briochins appellent « le carré des armateurs»6, tous membres de sa famille.

Sans nous décourager, nous avons consulté Le Lien, bulletin paroissial de Plérin, à la date la plus proche de l'enterrement. Effectivement, le dimanche 19 février 1933, un avis succinct mentionne le décès de M. Le Gualès, en ces termes : « Le vicomte Alain Le Gualès de Mézaubran membre du Conseil Paroissial de Plérin, est décédé à Paris, à l’âge de 64 ans7, et inhumé le 15 à Plérin ». À la suite, figurent deux services recommandés pour le lendemain, lundi 20 février, à 6h30, de la part du baron Grivel, et de M. et Mme Henry de Villeféron.

Quelques semaines plus tard, son épouse fait paraître dans le Réveil ses remerciements envers les personnes qui se sont manifestées lors du décès.

4 Louis Cusol : président de la Fédération des sociétés hippiques de l'Ouest. Les Le Gualès de Mézaubran étaient partie prenante dans les sociétés hippiques, comme celle de Saint Brieuc dont le comte de Mézaubran, décédé en 1921, frère d'Alain était président.

5 En 1921, pour le décès de son fils Guy, c'est Mgr Morelle qui donne l'absoute

6 Dans ce même lieu on voit des Kérautem, plusieurs tombes de la famille Rouxel de la Villeféron, autres armateurs.

7 Il est décédé à 72 ans mais noté 64 ans dans le Lien

Le bassin à flot porte son nom. Qui s’en souvient ? Combien de personnes, traversant le parc de la villa Rohannec’h, savent qu’elles sont dans l’ancienne propriété d’un armateur, important en son temps ?

Cet homme, dont la réputation légendaire de courtoisie était largement reconnue, a cependant connu de solides et féroces inimitiés. La vindicte de certains le mena jusqu'à un procès retentissant. Mais cela est une autre histoire.

La documentation que nous avons trouvée aux Archives départementales de Saint-Brieuc concernant le personnage est abondante. Nous pensons, dans un prochain article, nous pencher sur les activités, les déboires aussi, qui ont jalonné la vie du vicomte. Il ne faut pas oublier qu'Alain Le Gualès a pris pendant plus de 30 ans, une part active à la vie de Saint-Brieuc et surtout de son port ; port qui, côté Plérin, fut animé par les activités d'autres armateurs, pour la plupart membres de sa famille.

À suivre...

Henriette HERLANT

Le défunt a laissé des biens. Sur le site Internet des Archives départementales, nous entamons une recherche dans la série 3Q : Tables des Successions et Absences. Pour la période 1932-1935, bureau de Saint-Brieuc, nous faisons défiler les vues jusqu'à la 86e. La première partie nous donne l'identité, l'âge, la profession, le domicile, le lieu et la date du décès et l'état marital ou non de la personne :

Le Gualès de Mézaubran Alain - armateur - domicilié à Saint-Brieuc décédé à Paris le 2 février 1933 - époux de Mme de la Forest d'Armaillé Madeleine.

La seconde partie est difficile à déchiffrer. Il en ressort que sa fille, Yolande, unique héritière depuis le décès de son frère Guy en 1920, perçoit des acomptes à partir de juillet 1933. Ceux-ci s'échelonnent pendant des années, au fur et à mesure des ventes de certains biens comme les navires, par exemple. Ainsi, le 23 novembre 1935 : 13 615,99 F, en mars 1936 : 87 620,15 F ; des sommes inférieures ou plus élevées lui sont versées périodiquement.

Le « solde définitif » a lieu le 24 janvier 1941.








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