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Articles / Les atterrages du Légué / Martin-plage

Martin-plage ou Port Martin

La baie de Saint-Brieuc s’ouvre en V sur la Manche, face au nord. Côté est, c’est le littoral du Penthièvre avec pour limite extrême le cap Fréhel. Côté ouest, c’est la côte du Goëlo, de l’embouchure du Gouët jusqu’à la pointe de l’Arcouest, embarcadère pour Bréhat. À son commencement, la côte du Goëlo se signale par le phare du Légué sur le rocher à l’Aigle dont le feu fut allumé pour la première fois en 1857. À suivre, la plage de Saint Laurent fut en son temps la plage privilégiée des briochins bien avant que la voiture ne supplante le petit train. Cette étendue de sable se trouve à l’abri de la pointe du Roselier. Sur cette avancée rocheuse fut construit en 1793 un four à boulets dont la fonction était de contrarier les incursions en baie des vaisseaux anglais durant la période révolutionnaire. Plus tard, un sémaphore sera érigé afin de donner de précieuses indications visuelles aux navires en approche du Légué.

Cette pointe est suivie de l’anse de Martin-Plage, laquelle se déploie sur environ un kilomètre de long.

Depuis longtemps lieu de pêche à pied très prisé, le Rocher Martin est assailli à chaque grande marée par les amateurs.

Pour le promeneur posté sur le sentier des douaniers, au plus haut de la falaise du Roselier, Martin c’est d’abord à marée basse un vaste espace sablonneux nommé Minguenet, espace terminé par un îlot rocheux distant de la côte d’environ 500 mètres et qui s’étend vers le large sur environ un demi mille nautique. Cet îlot se compose en réalité de trois parties : le rocher Martin proprement dit, le plus élevé, reconnaissable à son cône blanc surmonté d’une croix qui sert d’amer à la navigation, au-delà se situe le Petit Martin, plus étendu et séparé par une passe à fort courant d’un îlot plus éloigné appelé Gromin. Le Petit Martin a la particularité d’être recouvert juste à la mi marée. Il indique une hauteur d'eau suffisante pour les bateaux désirant embouquer le chenal du Légué.

Cette perspective du plateau de roches, vue de la pointe du Roselier, montre bien la dangerosité de Gromin, situé le plus au large.

En des temps très anciens, cet ensemble rocheux se rattachait au continent, du moins, c’est une hypothèse plus que probable. Suivant diverses sources historiques, en l’an 709, un important raz de marée se serait produit, submergeant le littoral armoricain, et notamment la baie de Saint-Brieuc. Témoins de ce cataclysme, des arbres fossilisés sont régulièrement mis à jour lors des tempêtes sur la plage voisine des Rosaires. Les vestiges d’une voie romaine, victime elle aussi du phénomène de transgression marine, furent également mis à jour. Elle reliait à l’origine Saint-Laurent à la côte Est de la baie en direction de deux cités romaines importantes : Corseul et Aleth.

Le site de Martin-plage ne devint habité qu’au début du 19e siècle. Dans la seconde moitié du 19e siècle, l’arrivée du chemin de fer (1863), et au tout début du 20e siècle, l’inauguration de ce que l’on appelait le « petit train » (train départemental), favorisèrent l’essor du tourisme. Parisiens, mais aussi citadins proches, prirent l’habitude des bains de mer. Ainsi, s’édifièrent les premières résidences secondaires et cabines de bains de Martin-Plage sur l’initiative de quelques familles briochines aisées.

À la différence de sa très chic voisine, la plage des Rosaires, Martin saura garder son caractère naturel, son côté rude et sauvage malgré quelques villas et cabines de plage aujourd’hui disparues.

De nombreux projets d'aménagement

Suite à la tempête mémorable de 1863 où de nombreux bateaux du Légué firent naufrage, le lieutenant de vaisseau Cavelier De Cuverville, commandant du cotre garde pêche le « Pluvier » stationné en baie de Saint-Brieuc, proposa en 1875 de construire un port refuge à Martin en prenant appui sur le Rocher. Son projet consistait à rehausser le rocher d’une digue de pierres sèches se prolongeant vers l’ouest d’une estacade flottante faisant office de brise-lames. Sa proposition n’aboutira pas, beaucoup préférant la construction d’un môle dans le sud de la pointe du Roselier. Son idée sera reprise quatre ans plus tard par le capitaine de frégate Petit. D'autres projets, plus récents et plus ambitieux, prévoyaient de fermer carrément la baie entre la pointe des Guettes et la pointe de Cesson. (Projet de M. Richet en 1959)

L'origine de la croix

Quelques années plutôt survint un évènement tragique sous la forme d’un drame familial qui allait laisser son empreinte dans le paysage, en l’espèce, une croix en fonte surplombant le rocher.

En ce dimanche 15 juin 1851, un notable de Saint Brieuc, Monsieur Charles Guimard, avocat, conseiller de préfecture et lieutenant de la Garde Nationale à la batterie du Roselier, recevait quelques parents et amis dans sa résidence de Martin. Dans la matinée, il se promenait sur l’estran en compagnie de sa cousine venue de Paris, Mademoiselle Gibon. Vers onze heures, par un beau soleil, il vint à celle-ci l’idée de se baigner. Elle se rendit au pied du rocher qui était presque dégagé des eaux. Après s’être déshabillée dans une anfractuosité, elle se mit à l’eau, entravée par son jupon nous précise-t-on. Melle Gibon savait parfaitement nager mais très vite, elle se trouve en difficulté, les courants étant très forts entre le rocher et la côte. Aux appels désespérés de sa cousine, Charles Guimard se porta à son secours. Mais en ce jour funeste, tous les deux se noyèrent. Six ans plus tard, Monsieur Geslin de Bourgogne, président de la société d’émulation des Côtes du Nord fit ériger en souvenir de son ami cette croix en fonte au sommet du Rocher Martin. Malgré vents et tempêtes, elle y trône encore fièrement.

D’autres drames ont endeuillé la plage de Martin, en raison d’une certaine dangerosité du site, liée à la violence des courants, en particulier à marée montante, surprenant baigneurs ou pêcheurs imprudents dont le salut consisterait tout simplement à se réfugier sur la partie haute du rocher qui n’est jamais immergé.

La mer est tout à la fois généreuse et cruelle, à Martin comme ailleurs, ce qui ne saurait faire oublier que cette anse est un lieu privilégié, un havre de paix prisé de tous, un remède à notre vie bruyante et trépidante, et plus généralement au stress ambiant.

André Guégo









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