Articles / Goélette Surprise
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A bord de la goélette Surprise de Paimpol.
L’équipage de la SURPRISE en 1919 : Capitaine : Yves Le Creff de Plouézec; Alain Le Carvorzin (Plouézec); François Serviget (Plouézec); Yves Le Pollès (Plouézec); Jean Quéromès (Pléhédel); Jean KERMAREC (Ploubazlanec); ; Guillaume Le Broudic (Plouézec); Guillaume Cauret (Kérity); Joseph Le Troquer (Kérity); Jacques Thomas (Kérity); Arsène Ollivier (Pléguien); Yves Gagne (Plouézec); François Le Bolloc’h (Kérity); Alexis Bescon (Plouézec); Louis Bernard (Ploubazlanec); Vincent Lidou (Ploubazlanec); Joseph Le Calvez (Ploubazlanec); Mathurin Minier (Plérin); François Quémard (Plérin); Yves Le Serviget (Plouézec); Pierre Le Hégarat(Plouézec); Jean Guilcher (Plouézec); Célestin Quéromès (Pléhédel); Robert Le Carvorzin (Plouézec); Pierre Mainguy (Plouha);Yves Le Gagne (Plouézec) plus Mathurin Monfort et Jean Marie Hamon
Nous sommes à bord de la goélette islandaise SURPRISE, construite à Nantes en 1904 pour le compte de l’armateur Dufilhol de Paimpol. Elle effectue ici sa campagne de pêche à la morue de l’année 1919. Partie le premier mars de Paimpol, elle sera de retour à son port d’attache cinq mois plus tard, la cale pleine de 62 763 morue salées. La saison précédente s’était prolongée plus de six mois avec 69 691 morues débarquées. En moyenne, un voyage durait de huit à douze jours avant d’aborder la côte est de l’île, un peu moins quand le capitaine s’aventurait par le canal St-Georges. Cette traversée était mise à profit pour préparer le matériel de pêche. Une fois sur place, le travail commençait de suite à raison de quinze heures par jour et le capitaine notait de manière laconique sur son livre de bord « Commencé ma pêche ». Ici, le bateau est mouillé en baie de Reykjavik pour son escale annuelle et une partie de l’équipage, profitant de cette courte période de repos, pose au soleil devant l’objectif d’un photographe local. Rares sont les documents qui nous permettent d’appréhender ce que fut la vie à bord d’une goélette. On distingue à gauche quelques détails de la côte toute proche. Tous les hommes portent un couvre-chef , béret ou casquette. Chaque marin possède dans son paquetage une paire de sabots de bois, et deux paires de sabots-bottes qui sont prolongés de gaines de cuir afin de garder les pieds au sec. Au premier plan, un solide gaillard porte le ciré, veste et pantalon, confectionné dans une toile de coton épais enduite de plusieurs couches d’huile de lin chaude nécessaires pour rendre le tissu imperméable. Tous les équipements sont à la charge du marin et l’armateur lui octroie une avance sur salaire avant le départ. On remarque également deux fûts, dont un marqué España, probablement du vin, disposés sur le pont. Le sel embarqué, de même provenance, faisait également parti des produits importés pour les besoins du bord. Quatre Plérinais participent à cette campagne, dont deux identifiables. Mathurin Monfort, à l’ombre du linge qui sèche dans le gréement et Jean-Marie Hamon, son beau-frère, à sa gauche près de la bôme de grand voile, naviguent ensemble pour la première fois. Mathurin Monfort effectue cette année-là son septième et dernier voyage en Islande à l’âge de trente six ans. Il va couper la langue de 4248 morues, moyen utilisé pour comptabiliser sa pêche, ce qui va lui rapporter 4687,67 francs de salaire. Malgré une vie très difficile sur ces bateaux, il va garder encore longtemps une certaine tentation à rembarquer, sans doute la perspective de salaires meilleurs le pousseront dans ce sens. Il faudra toute la persuasion de sa famille pour qu’il reste naviguer en baie de St-Brieuc!
Philippe SAUDREAU
Quelques années plus tard, en 1926, au cours d'un voyage entre Lisbonne et Saint-Malo, la goélette fera naufrage à la pointe Bretagne avec à son bord dix hommes d'équipage. Voici le récit des évènements: lochprimelin.canalblog.com/archives/2015/03/23/26715922.html