Autour de la table, une coalition d'acteurs engagés : Mme Chantal LEWIS de l'ONG Catalyst+, la direction de GRS, ainsi que Mme Ida SOMBO, chargée de communication de la Mairie d'Adzopé, ont analysé les résultats d'une enquête de terrain inédite menée depuis six mois.
Un Diagnostic sans Appel : L'Atomisation des Productrices
Cette rencontre a permis la restitution des travaux de trois étudiants de l'Institut Privé d'Agriculture Tropicale de Miadzin (Adzopé). Durant un semestre, ces jeunes enquêteurs ont sillonné les villages et les institutions agricoles pour comprendre le quotidien des femmes productrices de manioc.
Le constat dressé est clair et pose un défi majeur :
Un modèle traditionnel : La production reste largement artisanale et manuelle.
L'individualisme : Les femmes évoluent de manière isolée, sans structure collective.
Le scepticisme : L'enquête révèle une forte méfiance de ces productrices envers la notion de coopérative, freinant considérablement l'accès aux aides et aux investissements lourds.
La Stratégie GRS : "Fédérer pour Mécaniser"
Face au Directeur Général de GRS et à la Responsable Marketing et Ventes, les discussions ont porté sur la meilleure approche pour briser ce plafond de verre.
L'objectif de GLOBAL RURAL SOLUTIONS n'est pas d'imposer la technologie, mais de l'utiliser comme un levier d'incitation. La mécanisation (labour, broyage, pressage) ne pourra être introduite efficacement que lorsque ces femmes auront accepté de se constituer en groupements d'intérêt économique.
L'enjeu est donc de taille : il s'agit d'abord de changer les mentalités pour ensuite faciliter les cultures. La mécanisation viendra récompenser et soutenir l'effort collectif, permettant de réduire la pénibilité du travail une fois les groupes formés.
Une Synergie pour Convaincre
La présence de Mme Ida SOMBO de la Mairie d'Adzopé et l'expertise internationale de Catalyst+ sont des atouts majeurs pour cette phase de sensibilisation. Ensemble, aux côtés de GRS, ils réfléchissent aux moyens de rassurer les productrices et de leur démontrer, par la preuve, que l'union fait non seulement la force, mais ouvre aussi la porte à la modernité agricole.
Cette réunion du 2 décembre marque donc le point de départ d'une nouvelle approche : accompagner humainement les productrices vers le modèle collaboratif, condition sine qua non pour déployer les solutions techniques de GRS.