Le 28 juillet 1526, Jehan Rigaux apporta la vesture d'un muid de spelte de rente en la main un prévôt, au profit de Corbeau de My et de ses hoirs pour la somme de quinze florins (vingt paltars par florin) el les droits de justice; il est clit et conditionné que le dit Jehan Rigaulx doit livrer le dit muid au lieu de Deulain, parmy graciant au dit Jehan Rigaulx, ses hoirs et ayants cause cent ans de rachat le dit muid; le dit muid était assigné sur tout ce que Jehan Rigaulx tenait au lieu de Tohogne (Durbuy).
Source: Institut Archéologique du Luxembourg, Annales, Tome LXI, Année 1930.
N. Riga de Filot ou Rigaux, Mareschal à My,
marié avec Jehenne du Dowaire ou Jehenne le Tisserant ou encore Jehenne
d’Awan †1691,
dont
Jean Riga *14-5-1659
Jehenne Riga *1662
François Riga *1664
Rigaux Riga*1667
Marie Riga *1670
Anne Riga *1672
Marguerite Riga *1677
GEORGES DE LONGUEVILLE & MARGUERITE RIGA
Georges de Longueville
Naissance : Tohogne. Décès : avant 31 décembre 1743
Parents: Antoine III de Longueville et Marie Hubert.
Conjoint: Lucie Delva.
Conjoint: Marguerite Riga
Parents: N. Riga de Filot et Jehenne du Dowaire.
Naissance : 17 janvier 1677 à My-Ville
Mariage: 26 novembre 1699 à My-Ville
Enfant(s): François Longueville
Décès : 5 mars 1754 à My
Source: Luc Toussaint
Naissance Marguerite Riga
Le 12 Jan 1677
Margaritte fille de Riga de Filot et de Jehenne du Doüaire (..) sa femme fust baptizé par moy Curé (..) parin et marinne Martin fils Nicolas de (...) et Jehenne fille de Jean (...)
Décès Marguerite Riga
1754 le 5e mars est morte Margueritte Riga, epouse a George Longueville administrée de tous le sacremens et enterée en le cemitier de Mij
Source: Luc Toussaint
Jean Riga II, Abigail biedt koning David geschenken aan, gewassen tekening op papier, 27 x 21 cm (handtekening rechtsonder)
Extrait de: Chronique archéologique du pays de Liège, 36e année, Publication de l”Institut archéologique liégeois, 1945.
Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, Tome VII.
Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, Tome LXXXVIII.
Message, soumis par Vinciane Thiry 17-12-2006.
Eric Renette, La rénovation du symbole du pouvoir. Le Soir, Lundi 10 octobre 2005.
BULLETIN DE L’INSTITUT ARCHÉOLOGIQUE LIÉGEOIS TOME XC 1978
Édité avec l'appui du Ministère de l'Éducation Nationale et de la Culture
L'an 1723, le 30 janvier, est décédée Sœur Marie de la Résurrection, ditte Riga, âgée de 62 ans, professe de 37.
RIGA, ?; Sœur Jeanne Hélène, 15 novembre 1730. Si fille de Jean Riga et
Nicole de Robermont, elle est la sœur de Sœur Marie de la Résurrection. Si non: peut être une cousine. Baptisée: 1648. Profession: 1670.
RIGA, Jeanne: Sœur Marie de la Résurrection, t30 janvier 1723. Baptisée: Janne Théodonnie, le 2 novembre 1660, à Saint-Rcmacle-au-Pont. Fille de Jean et Nicole de Robermont (1616-1693; Saint-Remacle-au- Pont). Profession : 1686. Sœur ou cousine de Sœur Jeanne Hélène Riga. Famille de Jean Riga fils, peintre au Petit-Saint-Jacques (1711), maître de l'hôpital Saint-Jacques, t3 mai 1725. Jean Riga, peintre de l'histoire, décédé 19 février 1725 et enterré à Saint-Remacle-au-Pont.
L'an 1730, le 5 novembre, est décédée Sœur Jeanne Heleine Riga, âgée de 82 ans, professe de 60, jubilaire de 10.
ROBERMONT (Nicole de), épouse de Jean Riga,
RIGA (Jean), peintre, maître de l'hôpital Saint-Jacques, peintre d'histoire,
ROBERMONT; (Jeanne), sœur Marie de la résurrection, sépulcrine de Sainte-Elisabeth de Bons Enfants à Liège; (sœur Jeanne-Hélène), sépulcrine de Sainte-Elisabeth des Bons Enfants à Liège.
Maurice Fanon, My, le berceau d’un bon peintre, Terre de Durbuy n° 20: Décembre 1986.
Terre de Durbuy nº 20: Décembre 1986.
Par Y.-M. Renard, J. Bernard, M. Fanon, L. Marquet, A. PIckart
My, Le berceau d’un bon peintre: Riga
Si Hamoir se targue - avec raison - d’avoir été le berceau des deux Delcour: Jean-Gilles, le peintre, et Jean, le sculpteur, My peut aussi à un degré moindre mais à juste totre également se prévaloir d’avoir été le lieu natal du peintre Riga.
Nous lisons dans J. Philippe: “La peinture liégeoise au XVIIe siècle”: “N.J. Riga le vieux (1653-1717), probablement le père de Jean Riga (Liège, 1680-1725), a comme celui-ci, vécu et beaucoup travaillé à Liège. Sa biographie se réduit à quelques dates.
“L’église Saint-Antoine à Liège possédait de N.J. Riga une toile peinte en 1688: Notre-Dame-aux-Anges. La coloris de ce grand tableau (détruit) n’était pas dépourvu de vigueur. Le même Riga serait l’auteur de la copie - que conserve l’église précitée - de la visite du Pape Nicolas V au tombeau de saint François d’Assise de Gérard Douffet.”
(…)
On sait que N.J. Riga a exécuté pour d’autres églises de la ville de Liège, les peintures suivantes:
Collégiale de Saint-Denis: Le seigneur tenant la Croix; il a les pénitents à ses pieds.
Sainte-Croix: l’Incredulité de Saint Thomas et une résurrection.
Saint-Jean l’Évangéliste: le Martyre du Saint, pour le retable de l’autel majeur.
Saint-Pholien: la sainte Cène.
Saint jean-Baptiste: La Charité romaine.
Saint-Servais: la Visitation.
Quant à Jean Riga “né à Liège en 1680, mort le 19 février 1725, paroisse de Saint-Remacle-en-Mont”, on sait qu’il a peint pour l’église de Saint-Nicolas, à Liège, le Noces de Cana, le Sacrement de l’Extrême-Onction et une série de tableaux pendus aux piliers de la nef et qui tous ont disparu. En outre il a fait des travaux considérables à l”Hôtel de Ville de Liège. On y voit encore, en la salle des mariages, au plafond, conservée par un cadre ovale, une peinture représentant la Ville de Liège au moyen de ses armoiries, la colonne du centre est surmontée d’un aigle indiquant du bec le mot latin “protegam”: “je te protégerai”. A droite un groupe de femmes: la Prudence, la Force, la Tempérance et la Justice, puis des Génies ailés, etc. Tout ceci dans un coloris harmonieux assez brillant et pas trop conventionnel. En la salle du Conseil, plafond orné de trois belles peintures de Jean Riga de Liège représentant les Trois vertus théologales. Pour les travaux à l’Hôtel de Ville, Jean Riga reçut en 1717-1718, 280 florins; 1718-1719, 120 florins; en 1719-1720, 800 florins + 300 fl. Le chanoine Hamal nous apprend qu’il mourut à Liège le 3-5-1725 et qu’il fut encore l’auteur, e.a., de 2 toiles: son portrait historié et “Erato, Cupidon et Bacchus”.
Au château de Bassines on voyait 2 tableaux pendants: “Le Christ en Croix” et “Le Christ” ressuscité aparaissant à sa Sainte Mère”, oeuvres attribuées au plus ancien des Riga.
Dans une vente de 1892, à Liège, fut exposé un tableau de Riga “Apothéose de saint Luc, patron de la peinture” avec l’inscription”Divo Luca Pretorium dicat. Faciebat Riga 1717”.
A l’Académie des Beaux-Arts ou à la `Bibliothèque de l’Université, on conserve quelques dessins de Riga dont “L’Extrême-Onction” et “L’Adoration des bergers”. En terminant la nomenclature partielle des oeuvres de Riga, il faut noter une “Descente de Croix” pour autel qu’on put voir, dans la région, à l’église de Melreux. (…)
Les renseignements biographiques sont tellement peu nombreux et sujets à caution qu’on ne saura jamais probablement établir s’il y a eu filiation. C’est très possible d’autant plus qu’à cette époque les fils d’artiste restaient souvent dans lan ligne tracée par leur père. Nous sommes d’accord de voir (malgré l’initiatile N.) en N.J. Riga celui qui naquit à My le 14-5-1659 (et non en 1653), fils de Rigaux de Filot (maréchal de My) et de Jeanne le Tisserand (dite aussi Jeanne d’Awan ou Jean du douaire). Premier né de la famille, Jean eut un frère, mort enfant, ainsi que 5 soeurs parmi lesquelles on trouve les épouses de Jean Delhalle de Harzé, de Servais Haid et de Georges Longueville.
La vente d’un tableau liégeois
Gerard Douffet, La visite du Pape Nicolas V au tombeau de saint François, 1627, Schloss Neuburg, Bayerische Staatsgemäldesammlungen.
ANALYSE PAR JULES HELBIG
Ce tableau a pour objet la glorification de saint François d'Assise. Son importance nous porte à en donner également la description.
La composition est divisée en deux régions et fractionnée en différents épisodes qui nuisent à l'unité de l'ensemble. Dans la partie inférieure, à droite du tableau, un escalier donne accès à un caveau voûté ; par la porte ouverte de cette crypte, on voit le pape Nicolas V prosterné devant le corps de saint François, qui, revêtu du costume de l'Ordre fondé par lui, est dressé contre le mur. Deux religieux franciscains ont accompagné le pape en l'éclairant au moyen d'une torche. Cette scène est traitée comme un épisode indépendant du reste du tableau ; les personnages y ont la dimension de figures de second plan.
Dans la région supérieure, établie au moyen d'une architecture un peu théâtrale, un moine en surplis exorcise une femme enchaînée, qui se jette en arrière avec des contorsions violentes. Tandis qu'elle est tenue par deux hommes et qu'un troisième la frappe de verges, un petit démon sort de sa bouche. Devant l'exorciste, un acolyte tient un livre ; derrière cette scène se trouve un groupe de spectateurs, la plupart vêtus de costumes orientaux, parmi lesquels on remarque un petit nègre. Ce groupe est dans l'ombre, en-dessous d'une sorte de ciborium supporté par des colonnes torses.
Dans la région inférieure, au premier plan, un grand nombre de personnages viennent visiter le tombeau de saint François, lequel est gardé par un soldat armé d'une hallebarde. Au centre, un malade presque nu, soutenu par une jeune fille, vient chercher sa guérison à la tombe du Saint. Derrière lui, descendant les marches d'un escalier qui conduit de la région supérieure à la partie inférieure de la composition, apparaissent d'autres visiteurs. Un cardinal, conduit par un moine et accompagné d'un chien, descend vers la tombe du Saint ; derrière ce groupe apparaissent plusieurs figures, entre autres un homme portant une croix de procession. Plus haut, un soldat en armure empêche un blessé, dont le bras est en écharpe, d'approcher ; enfin, au sommet de l'escalier, un pèlerin indique la sépulture miraculeuse à deux femmes dont on ne voit que les tètes, le reste des figures se perdant dans le cadre. Au premier plan, à gauche du tableau, une mendiante est couchée à terre avec son nourrisson ; elle tend la main vers le cardinal pour lui demander l'aumône.
Ce tableau, aujourd'hui de forme carrée, avait dans sa forme originale les angles de la partie supérieure coupés.
Les figures sont à peu près de grandeur naturelle. La toile a une hauteur de 3 mètres 64. cent. sur une largeur de 3 mètres 7 cent.
Lorsque cette peinture ornait le chœur de l'église des Frères Mineurs, son cadre portait, les inscriptions sui vantes :
D.O.M.
Pauperumque Patriarchae Francisco hanc Seraphici Sepulchri iconem inviolati affectus indicem erga conjugem Domlam Aleidem Gabriel vitâ functam anno 1625. Septembris 24. Hon.bilis vir Carolus Caroli superstes ponebat anno 1627. qui obiit 2I Junii 1658.
Vere sVM VnICa paV pertate DIV es. (1627)
Cette toile, dont nous donnons également la reproduction, est remarquable comme harmonie. Elle est d'une couleur grise, vraie, vigoureuse sans exagération ; le style a de l'ampleur et l'exécution de la fermeté ; le dessin en est généralement correct. La composition, qui en fait une sorte de tableau d'apparat, manque d'unité, à la vérité, mais elle est agencée avec art et prouve chez le peintre une certaine abondance d'idées. Les têtes sont, en revanche, peu expressives et parfois vulgaires dans les types, notamment dans la femme couchée au premier plan.
Jules Helbig, La peinture au pays de Liège et sur les bords de la Meuse. Liège, Imprimerie liégeoise Henri Poncelet, 1903, pp. 222 et suiv.
LA VENTE DE TROIS TABLEAUX DE GÉRARD DOUFFET
Douffet était revenu d'Italie en 1623, et devait bientôt après acquérir en notre cité une renommée considérable. En 1624, Dom Charles Hardy lui commande, pour l'église de l'abbaye de Saint-Laurent, une grande composition où il représente l' «Invention de la Sainte Croix».
Peu de temps après, c'est Charles Caroli, bourgmestre de la Cité, qui lui fait exécuter une toile de grandes dimensions, pour orner la tombe de sa femme, Aïlyde Gabriel. Celle-ci était morte le 24 septembre 1625 et avait été enterrée dans la sépulture des anciens chevaliers et bannerets de Hesbaye, Charles de Limont dont Charles Caroli prétendait descendre et dont il portait les armoiries.
Ce tombeau se trouvait dans le choeur de l'église des Frères Mineurs; c'est là, au-dessus de la tombe, que fut placée en 1627 la peinture de Douffet. (...)
On y voyait le pape, Nicolas V, rendant visite au tombeau du patriarche d'Assise. Une inscription et un chronogramme rappelaient la date du placement du tableau et les noms des donateurs. (...)
Cette toile, dont la vente fait le sujet de cette note, était réellement remarquable et par les qualités que l'artiste y montrait et par les dimensions qui lui avaient été données: elle mesurait 3 m. 64 de hauteur sur 3 m. 07 de largeur. Au dire d'Abry, c'était un mémoire éclatant et qui devait rendre à jamais célèbre le nom des Caroli.
Malheureusement, pour la gloire de l'artiste liégeois, surtout, il allait, au commencement du XVIIIe siècle, disparaître de notre ville, enlevé de sa destination pieuse et funèbre, à la fois. Un fâcheux amateur des œuvres du maître, S A. E. (son altesse éminentissime) Jean-Guillaume-Joseph, prince de Bavière, duc de Neubourg et électeur palatin, l'acheta aux religieux qui n'osèrent le refuser au prince allemand; la famille, au reste, ne faisait elle-même aucune opposition au transport.
La même année, c'était en 1700, le prince électeur fit l'acquisition de «l'Invention de la Sainte Croix» à l'abbaye de Saint-Laurent et de la «Vocation de l'apôtre saint Jacques», appartenant à l'hospice du Petit Saint Jacques.
Abry et, quelques années plus tard, les bénédictins, Martène et Durand ne font que répéter les propos plus ou moins intéressés des vendeurs, pour couvrir un acte regrettable et qui sont l'excuse ordinaire du trafic des objets d'art: la forte somme à toucher qui aidera à faire des restaurations importantes.
Le document que nous avons découvert va remettre les choses au point, pour le tableau du « Sépulchre de saint François» en même temps qu'il redressera les erreurs des historiens d'art sur ce sujet.
Un acte du protocole du notaire Henri Mouilhet, à la date du 5 avril 1704, nous apprend que c'est le 7 juin 1700, que le contrat de la vendition fut fait, mais sans désigner le nom du notaire qui le dressa. Toutefois, la vente ne fut réalisée qu'en 1704, et c'est ce qui fait l'objet de l'acte du notaire Mouilhet.
Au jour susmentionné, le bibliothécaire de S. A. S., le Sr Jean Buchels (ou de Buchei), paie aux RR. FF. gardiens et conventuels des Frères Mineurs de Liège, spécialement convoqués et capitulairement assemblés dans la chambre du P. procureur du couvent, la somme de 5000 fl. bb, faisant 1250 écus argent de permission, prix convenu, pour la peinture appelée Le Sépulchre de saint François, extante dans le chœur de l'église des dits pères.
Les pères donnent quittance de la somme et reconnaissent avoir reçu la copie de ladite peinture que leur a fait faire S. A. E. et se déclarent entièrement contents des conditions réservées au contrat de vendition. Fait le 7 juin 1700.
(...) deux jours après le paiement mentionné plus haut, le 7 avril 1704, il y avait au couvent de Liège, nouvelle assemblée capitulaire des religieux, où le même notaire Mouilhet dresse un second acte en leur faveur.
On y lit que lors du paiement fait par le Sr Jean de Buchei, pour S. A. E., celle-ci a fait savoir aux pères qu'elle serait d'intention, par pure générosité et libéralité, outre le prix convenu, de leur faire faire de nouveaux sièges dans le choeur de leur église.
Mais les pères l'avaient priée, qu'au lieu de cela, plie voulût bien leur donner quelque chose, pour fonder, dans leur église, un anniversaire pour ladite Altesse, ses prédécesseurs et successeurs de la Maison Palatine. Ce à quoi elle a acquiescé.
C'est pourquoi, au nom de S. A. E., l'avocat Henri-François de Fromenteau, commis pour la distribution des passe-ports de S. A. E., compte aux pères 500 écus que ceux-ci promettent d'appliquer à l'achat d'une bonne et valable rente de cent fl. ou environ, qui servira pour dire à perpétuité l'anniversaire. Hors quelle rente, il y aura 50 fl. bb. pour la portion des religieux, et le résidu servira à la sacristie et au couvent. Au cas où la rente serait rédimée, les pères devront chaque fois la réappliquer. Suivent les conditions de la célébration de l'anniversaire: il devra être célébré par le supérieur du couvent avec les plus beaux ornements qu'ils auront et au jour que S. A. F. voudra fixer. La veille du dit anniversaire, onchantera les vigiles. Les pères devront faire tapisser le grand autel et y mettre les armes de S. A. ; ériger un catafalque et y placer les bonnet et bâton ducaux.
Les armes, bonnet et bâton, seront fournis aux frais de S. A. Enfin, ils devront avertir la veille de l'anniversaire, le résident ou commis de S. A. S., au cas où il y en ait dans cette ville, pour y assister.
Tel est, en résumé, le contenu de ce nouvel acte que signèrent encore tous les Frères Mineurs présents et les témoins: Paul Lambert et Stas Dister.
Cette fois, le marché était définitif: la vente du tableau donné par Charles Caroli en mémoire de sa femme avait rapporté aux Frères Mineurs plus qu'ils n'espéraient: 7.000 fl. ou 1.750 écus. De plus, une copie de moindres dimensions et dont on ne connaît pas l'auteur, remplaça en leur église, où elle se trouve encore, l'original qui entra dans la galerie de l'électeur palatin.
En 1805, l'électeur Maximilien-Joseph de Bavière transporta la collection formée par son prédécesseur à Munich, et, aujourd'hui, c'est à la Pinacothèque de cette ville que se trouve le «Sépulchre de saint François» avec «l'invention de la Sainte Croix».
Le troisième tableau, la «Vocation de l'apôtre saint Jacques» a disparu de la collection de Düsseldorf, entre 1751 et 1781. (...)
Abbé J. MORET. CHRONIQUE ARCHÉOLOGIQUE du pays de Liège, 6e année, no 1. Janvier 1911
JEAN RIGA I
En 1700, à l'époque même de la vente de trois tableaux de Gérard Douffet, le peintre Louis Abry s'élevait contre l'aliénation de telles œuvres d'art qui étaient des objets d'admiration et des titres de gloire pour les Liégeois. Il ne ménageait pas ses reproches à l'égard des moines de Saint-Laurent et des Frères Mineurs.
Une notice consacrée au même objet parut en 1911 dans cette Chronique. L'auteur, M. l'abbé J. Moret, nous communiquait la quittance d'une somme de 5000 fl. bb. faisant 1250 écus «argent de permission», prix convenu pour la vente d'un tableau de Gérard Douffet représentant «le sépulchre de saint François».
Charles Caroli, ancien bourgmestre de la cité, avait offert cette peinture au couvent des Frères Mineurs conventuels en 1627 pour orner la tombe de sa femme Ailyde Gabriel.
Le 7 juin 1700, la toile était vendue par les religieux à Jean Buchels, bibliothécaire du prince électeur palatin Jean-Guillaume, prince de Bavière et duc de Neubourg.
Mais pourquoi la vente ne fut-elle réalisée que le 5 avril 1704, date de la quittance, alors que le contrat est daté du 7 juin 1700? Nous nous proposons d'élucider ce petit problème d'histoire anecdotique.
Au mois de mai 1700, Jean Buchels se présentait au couvent des Frères Mineurs et se déclarait acheteur du tableau de Douffet. Les religieux, séduits par la forte somme, décidèrent, le 6 juin, de vendre l'œuvre du grand peintre liégeois. Ils appréciaient les avantages de cette transaction à savoir que le prix de la vente pourrait servir à l'achat d'une rente annuelle ou d'un bien productif et ainsi compenser la charge qu'avait la communauté de chanter une messe solennelle tous les vendredis à la mémoire du donateur défunt. Ainsi le contrat fut conclu le lendemain par devant le notaire Jean-Pierre Patron. Outre la somme de 5000 francs, Jean Buchels se chargeait de faire faire une copie du tableau de Douffet par le peintre Riga. Il fournirait également un rideau de «toile marquée» destiné à protéger le tableau avant de l'enlever.
La copie et le rideau resteraient la propriété de l'église du couvent, mais les frais et les risques étaient à charge de l'acheteur. Celui-ci s'engageait à verser 3000 francs immédiatement et à solder le restant avant d'emporter l'original, ce qu'il promettait de faire avant le 1er novembre.
Faisons remarquer que, d'après le contrat, Jean Buchels achetait pour son compte et non pas au nom du prince électeur palatin. Ce document fait donc connaître le nom du peintre de la copie qui se trouve encore aujourd'hui à l'église Saint-Antoine. Une autre pièce de la même farde prouve qu'il s'agit de Riga N. J..
(La copie d'une supplique au nonce du mois de février 1701, porte au dos la note suivante «Copia supplicae cutn apostilla in N. Riga pictorem.» Ceci paraît plausible puisque celui-ci avait déjà exécuté en 1688 le grand tableau du maître-autel de la même église représentant « Notre-Dame aux Anges ».)
C'était l'acte initial de la vente, mais ici commence une polémique qui fut, semble-t-il, très ardente dans le monde des religieux et des artistes de l'époque.
Lors de la signature du contrat, les Frères Mineurs ignoraient que, peu auparavant, le prince électeur avait acheté pour une somme plus élevée les tableaux de Douffet se trouvant à l'abbaye de Saint-Laurent et à l'hospice du Petit Saint-Jacques. Ceci, une lettre du mois de septembre adressée par le couvent au prince électeur nous le révèle. Dans celle-ci, les religieux se plaignaient de ce que la vente de leur tableau, menée habilement par Jean Buchels, avait soulevé des critiques en ville, notamment de la part des héritiers du donateur et des religieux qui n'étaient pas intervenus au contrat. Celui-ci devait donc être considéré comme nul. Mais puisque Jean Buchels avait par la suite avoué qu'il avait acheté au nom de Son Altesse Electorale, les Frères Mineurs, flattés de traiter avec un personnage aussi éminent, priaient celui-ci de bien vouloir augmenter le prix de la vente en gratifiant leur église de quelque réparation ou d'un ornement.
Le prince palatin répondit le 12 septembre qu'il ferait verser la somme exacte suivant les conditions acceptées par les contractants. Quant au reste, il priait le père gardien Walthère de Loncin de s'en rapporter à ce que Buchels lui dirait de sa part.
En effet, ce dernier fit savoir que S. A. E. offrirait en plus du prix de la vente, un lustre d'argent d'une valeur de 400 impériaux. Puis, suite à la demande des religieux, le prince consentit à remplacer le lustre par la construction de nouvelles stalles dans le chœur de l'église à la condition que cette dépense ne dépasse pas les 400 impériaux. Or cette somme représentait 3000 fi. bb. environ. Ainsi le prix de la vente s'élevait à près de 8000 fl. bb. et davantage si l'on y ajoutait le prix de la copie et des autres frais.
Nous puisons ces renseignements dans un mémoire qui relate toute l'affaire de la vente du tableau de Douffet jusqu'à la fin de l'année 1701. Nous avons trouvé de ce factum deux minutes qui diffèrent légèrement l'une de l'autre, ce qui s'explique par le fait que l'une était destinée au vicaire général G. B. de Hinnisdael et l'autre à la Sacrée Congrégation.
Une autre pièce intitulée « Pensée du père Loncin touchant la relation à faire à la Sacrée Congrégation » nous éclaire également sur le prix de vente de cette toile. Ici, le père gardien évalue la somme accordée par le contrat à 1000 écus de monnaie romaine et il compte encore 1000 écus pour les stalles, la copie et les autres frais. Ainsi le prix global de la vente était bien de 2000 écus de monnaie romaine, soit environ 10.000 fl. bb.
Il est arbitraire donc de dire qu'Abry et ses contemporains étaient dans l'erreur.
Toutefois, cette somme paraissait insuffisante encore à quelques religieux. Aussi, cette affaire provoqua-t-elle une lamentable querelle entre les Frères Mineurs conventuels.
En février 1701, trois religieux adressèrent une supplique au nonce apostolique de Cologne Horace Philippe Spada pour protester contre la mévente du tableau de Douffet.
Le nonce suspendit la vente jusqu'à ce que l'autorisation soit accordée par la Sacrée Congrégation du Concile suivant les prescriptions du décret d'Urbain VIII ; il permit cependant que la copie de l'original soit achevée avec le consentement du père gardien.
Dans une seconde supplique, les opposants s'élevèrent contre le droit accordé à l'acheteur de faire achever la copie.
Ils réprouvaient également le choix du peintre Riga comme copiste et ils contestaient la valeur du décret étant donné leur non-comparution devant le nonce. C'est pourquoi, ils faisaient appel à l'autorité du Saint-Siège.
De son côté, Jean Buchels s'adressa également au nonce pour réfuter les allégations des adversaires. Quant au choix du peintre Riga, il a été approuvé, dit-il, par la majorité des conventuels et même par les auteurs de la requête.
Informé du litige, le cardinal Gaspard Carpegna, dataire du pape, chargea le 15 avril 1701 Guillaume Bernard de Hinnisdael, vicaire général de Liège, de faire l'instruction du procès. Il lui recommandait de ne rien nnover sans consulter la Sacrée Congrégation des évêques et des réguliers.
Ceci explique la présence dans le dossier des archives du diocèse des différents documents et des attestations que le père gardien des Frères Mineurs fit rassembler afin d'informer la Sacrée Congrégation sur la véracité des faits.
Ainsi, le 14 juin 1701, vingt-quatre religieux tant prêtres que laïcs désapprouvèrent la supplique adressée à la Sacrée Congrégation par les adversaires du père gardien.
Cet acte fut rédigé par le notaire Jean-Pierre Patron, en présence du chapitre réuni et de deux témoins.
En fait, cinq religieux seulement refusaient de donner leur consentement pour l'homologation du contrat. Cette petite minorité maintenait sa position malgré tout et protestait une fois de plus auprès du vicaire général de Hinnisdael accusant le père gardien d'activer l'achèvement de la copie en dépit de l'ordre donné par le cardinal Carpegna.
A partir de ce moment, les documents deviennent rares. Peut-être faut-il l'attribuer au fait que la guerre était aux portes de la ville. Les troupes françaises occupèrent Liège en novembre 1701 et les troupes alliées y entraient l'année suivante le 13 octobre.
On conçoit que le moment n'était guère choisi pour poursuivre des pourparlers ni pour emporter une œuvre d'art d'une telle valeur.
Vers le mois de juillet 1701, le prince palatin n'avait pas encore l'autorisation d'enlever le tableau puisqu'il s'adressait à la Sacrée Congrégation à cet effet. Il avait donné l'ordre également de commencer, soit la construction des stalles, soit d'autres réparations nécessaires à l'église des Frères Mineurs.
Il s'ensuit que la copie était probablement terminée dès cette époque et elle l'était certainement lors du siège de la ville au mois d'octobre 1702, puisqu'un acte du notaire Mouilhet nous apprend que l'original et la copie se trouvaient alors dans une chambre du couvent dont l'avocat Henri François de Fromenteau, commis de S. A. E. détenait la clef.
Le 20 juillet 1703, ce dernier refusait de donner la clef au nouveau P. gardien Louis Boullienne, qui, sur l'ordre du provincial Lambert Lombard, avait l'intention d'enlever le tableau de Douffet de la chambre où il était enfermé.
Ce fait seul suffirait à nous convaincre que la querelle des religieux, loin de s'être apaisée, avait pris au contraire plus d'ampleur. Heureusement, d'autres circonstances viennent confirmer notre manière de voir. Ainsi, malgré les nouvelles élections du chapitre de la province conventuelle de Liège, où le P. Boullienne avait été élu gardien, le ministre généra! de l'Ordre, Vincent Coronelli, avait maintenu dans ses fonctions le P. Walthère de Loncin. Nous avons relevé de nombreux actes qui dévoilent comment celui-ci fut l'objet de persécutions et de calomnies de la part de ses adversaires.
Il est certain que les religieux ne voulaient pas se dessaisir de la peinture de Douffet avant que toutes les clauses du contrat ne soient exécutées. L'exécution des stalles ou des réparations à l'église du couvent était, semble-t-il, la principale question qui maintenait la vente du tableau en suspens. C'est pourquoi les parties intéressées cherchèrent une autre solution.
Le 16 août 1703, Jean Buchels revint à Liège chargé de traiter avec le vicaire général de Hinnisdael au sujet de cette vente.
Enfin, le 5 avril 1704, la somme entière des 5000 francs fut versée aux Frères Mineurs et le surlendemain, l'avocat Henri-François de Fromenteau, au nom de S. A. E., paya 500 écus, argent de permission, destinés à l'achat pour le couvent, d'une rente de cent florins ou environ. Cette rente devait servir en partie à fonder un anniversaire pour S. A. E., ses prédécesseurs et successeurs de la maison palatine.
Une fois de plus, les religieux avaient changé d'avis et au lieu des stalles à construire dans le chœur de leur église, ils avaient préféré de la monnaie sonnante.
Ainsi la vente du tableau avait rapporté au couvent la somme de 7000 fl. bb. ou 1750 écus. Mais à cette somme, il faut joindre la valeur de la copie et des autres frais.
Il nous reste à dire un mot au sujet de cette copie que nous savons à présent exécutée par N. J. Riga. Celle-ci est malheureusement fortement poussée au noir comme beaucoup des tableaux de nos peintres liégeois. Elle se trouvait placée dans la nef latérale de gauche au fond de l'église de Saint-Antoine, mais elle a été enlevée de cet endroit en vue des travaux qu'on effectue actuellement dans l'église; ceci nous a permis de l'examiner de plus près.
Nous croyons devoir rectifier ici l'appréciation de M. J. Helbig au sujet de cette copie du fameux tableau de Douffet. Celui-ci la qualifie de très médiocre et de proportions réduites. Au contraire, à la suite des deux savants bénédictins Martène et Durand, dont on ne peut sous-estimer la valeur du jugement, nous trouvons celle-ci très fidèle. Quant aux dimensions, cette toile a sur sa plus grande hauteur, 4 m. et 3 m. 50 de large. Cela dépasse donc les mesures de l'original mentionnées par Helbig. Bien à propos, celui-ci nous dit que «la toile de Douffet, aujourd'hui de forme carrée, avait dans sa forme originale, les angles de la partie supérieure coupés ». On peut croire par conséquent que la copie devait avoir sensiblement les mêmes dimensions que celles de l'original.
En conclusion, nous savons à présent qu'Abry ne fut pas le seul à s'élever contre la vente des toiles de Douffet. Malgré la rareté des textes, nous pouvons imaginer combien fut violente la querelle entre les Frères Mineurs. Peut-être la vente des tableaux de Saint-Laurent et de l'hospice du Petit Saint-Jacques ne se fit-elle pas non plus sans contestation? Car la pensée d'Abry, lorsqu'il protestait avec véhémence contre l'aliénation de ces peintures, devait refléter, sans nul doute, l'état d'esprit d'un grand nombre de ses contemporains.
René BRAGARD.
ANNEXE
Le contrat de vente
Nous les soubsignés par ce présent chirographe, déclarons d'estre tombés d'accord avec Monsieur Jean Buchels que moyennant la somme qu'il nous comptera de cincque mille francs et donnera une fois tant seulement, nous serons obligés de luy laisser suivre la grande peinture qui est dans notre chœur appellée « Le sépulchre de saint François » soubs les conditions suivantes, faite par le sieur Douffet, peintre liégeois.
Premièrement que le susdit Monsieur sera obligé, devant de l'avoir hors de nostre couvent, de nous en laisser une copie qui sera tirée et faite à ses fraix par Monsieur Riga, la plus parfaite qu'il se poura, laquelle sera estante achevée remise en la place de l'originelle pareillement à ses fraix.
Secondement que devant de l'oster de la place où elle est pour le présent, pour la mettre où il sera nécessaire pour la copier, le susdit Monsieur comptera trois mille francs et en cas que les ouvriers, qu'il mettra en œuvre à ses fraix, en l'ostant vinsent à la gatter ou corrompre ou altérer de quel manière que ce soit, il n'aura aucun lieu ny droit de résilier du présent contract ou de demander raisons d'iceluy ou dimunition quelconque.
Troisièmement, il sera obligé dèz la stipulation ou signature du présent chirographe de faire faire à ses fraix un rideau de toille marquée pour couvrir la ditte peinture devant qu'on l'oste avec ses ferailles et cordons nécessaires tant pour l'ouvrir que pour le fermer, lequel rideau et ses apartenances demeureront pour toujours à l'église.
Quatrièmement que devant de pouvoir la porter hors du couvent, il sera obligé de compter les deux austres milles francs, sans quoy il n'aura aucun droit de pouvoir prétendre à la susdite translation.
Cinquièmement que les soubsignez ny leurs conventuels ne seront responsable ou recherchables d'aucun accident qui pourait arriver pendant qu'on la copiera ou qu'on la transportera d'un lieu à l'autre, mais le tout sera au risque, fraix et dommages du susdit Monsieur.
Faite en nostre couvent des Frères Mineurs conventuels de Liège, le 7me juin 1700.
Signé : Fr. Wathy de Loncin, guardien, frère Antoine Ghinotte, frère Pierre du Château, fr. Joseph Delavalle, frère Nicolas Desfosses,..., frère Herman Lombard, frère Gille Crahay, vicaire.
Ce que moy pareillement soubsigné, je déclare d'avoir accepté sous touttes les conditions ci-dessus spéciffiées l'an et jour que dessus, promettant de la pouvoir retirer devant la feste du Toussaint et estoit signé Jean Buchels.
J. P. Patron, notaire en la cour de Liège, par le Souverain Conseil de Brabant admis, par copie conforme concorde à l'original.
JEAN RIGA II
Riga Jean 1680-1725. Peignit des tableaux pour les églises de Liège et travailla à l'hôtel-de-ville.
Jean Riga fils de Jean Riga I, décédé 19 février 1725 et enterré à Saint- Remacle-au-Pont. Saint-Remacle-au-Pont, située dans le quartier d'Amercœur, est une des églises paroissiales les plus anciennes de Liège.
Hôtel de ville de Liège. Salle 8 : plafond avec toile peinte par Jean Riga.
Une allégorie peinte par J. Riga au plafond de la salle 7 montrait la Justice assise entre un génie et des vertus identifiées par des inscriptions. ces vertus, figurait la Prudence sous les traits d'une femme armée d'un bouclier.
Quatre peintures de Jean Riga, exécutées en 1720, complétaient la décoration du vestibule: malheureusement, il n'est pas possible d'en déterminer la situation exacte. Du même artiste, un tableau allégorique représentant la Ville de Liège agrémentait le centre du plafond : admirée par Saumery, cette toile fort abîmée a été déposée au Musée des Beaux-Arts de Liège.
Le solde dû à Riga pour les travaux qu'il exécuta, tant dans la salle 8 que dans le vestibule 7, lui fut versé en 1722.
Au Sr Jean Riga, peintre, pour les peintures du plat fond de la grande salle, 280 fls.
Jean Riga, pour reste des 3 peintures optiques du plat fond de la grande salle, 120 fls.
Au Sr Riga, pour peinture du plat fond du vestibule d'en haut, 800 fls. et
Au Sr Riga, peintre, à compte de quatre peintures du vestibule d'en haut, 300 fls.
La toile allégorique de Jean Riga retrouvée.
On la croyait perdue, elle ne l'est plus. Elle, c'est la toile allégorique de Jean Riga, qui ornait jadis le plafond de la salle des mariages de l'Hôtel de Ville de Liège. Récemment, une historienne de l'art s'est intéressée à cette oeuvre datant de 1715, qu'elle a pu localiser dans les réserves du Musée d'Art wallon. En fort mauvais état malheureusement.
La rénovation du symbole du pouvoir.
C'est pour elle que les partis politiques liégeois vont se battre durant un an! Pour en occuper les meilleures places, pour y maîtriser les débats, pour y exercer le pouvoir. Dans un an, en effet, on connaîtra le résultat du scrutin électoral du 8 octobre 2006 et la répartition des troupes qui occuperont la salle du conseil communal de Liège.
Symbole pour symbole, la vénérable salle est actuellement en pleine restauration. Et si les enjeux politiques semblent courus d'avance avec une reconduction de la majorité PS-CDH, l'occasion est belle de décrypter le message délivré par son décor.
L'hôtel de Ville actuel, dont les prédécesseurs étaient déjà surnommés « La Violette », a été construit entre 1714 et 1718. La salle du conseil communal est considérée comme la plus imposante. Depuis, des modifications ont été apportées dans la disposition des portes d'accès mais le plafond, lui, est resté dans son état premier. Combien d'yeux se sont tournés vers lui, pour échapper à la lassitude d'un débat qui s'éternise?
Pour y découvrir, notamment, les atlantes situés aux quatre coins et qui semblent le soutenir. Ou plus certainement pour contempler les «Trois vertus théologales» peintes par Jean Riga. Trois vertus qui sont la foi (symbolisée par le livre), l'espérance (l'ancre) et la charité (enfants accueillis bras ouverts). Ces trois vertus doivent conférer à l'homme la capacité de vivre le message de Dieu. Elles sont généralement associées aux vertus cardinales (prudence, tempérance, force et justice) plus bassement humaines. Mais pas dans ce cas-ici.
Au-dessus des six portes actuelles, on trouve encore des illustrations. La symbolique des cinq premières est évidente : la Religion, l'Histoire, l'Abondance, la Science et la Paix peintes par Jean-Louis Counet. La sixième, une «Pomone», attribuée à l'« école liégeoise », remplace une scène religieuse de l'école de Caravage (léguée au musée des beaux arts en 1955) quand on a dû aménager une cloison mobile.
Pomone est une nymphe solitaire, qui se passionne pour les vergers et les fruits. Elle rejetait Vertumne, pourtant désespérément amoureux d'elle, l'obligeant à se déguiser pour pouvoir l'approcher. Travesti en vieille femme, un jour, il lui raconta une histoire d'amour et lui dit beaucoup de bien de Vertumne. Pomone regretta aussitôt de l'avoir éconduit et tomba dans ses bras une fois qu'il enleva son déguisement. On laissera aux politologues le soin de découvrir des analogies potentielles.
Où promener son regard encore? Vers la tapisserie de Bruxelles (XVIIIe) qui fait dos au collège, ou vers le bas-relief représentant la Justice et sculpté dans du chêne qui orne le dessus de la cheminée en marbre de Saint-Remy ? À moins d'être séduit par les stucs des Italiens Vasalli et Termonia ou par les panneaux moulurés des portes que les historiens de l'art décrivent « avec palmettes et culots ».
Ici encore, on laissera aux amateurs le soin de traduire de quelle manière ce dernier élément a pu influencer la vie politique liégeoise.