Sans titre : Atmosphère

Avertissement - Ce texte a été écrit lors d’un atelier de 30 minutes (dont la thématique était la création d'atmosphère) et n’a pas été retouché. Il a seulement été tapé tel qu’il a été écrit.

Sans titre

Les fenêtres givrées vibraient dans leurs cadres, laissant croire qu’elles casseraient d’un moment à l’autre, pendant que les clous se tortillaient en laissant échapper des cris de douleur dans les murs. Le vent semblait prendre plaisir à tenter ainsi d’arracher tout ce qui n’était pas solidement fixé.

Eugène Prémont ne se souciait aucunement de toutes ces attaques, car sa maison, c’est lui qui l’a bâtie. Les clous étaient en double quantité, les fenêtres épaisses et solidement arrimées, les bardeaux soigneusement cloués, collés et enduits d’une matière imperméable, et les murs de pierre bien plantés dans le sol, celui faisant face au nordet étant une fois et demie plus épais que les autres.

Le poêle à trois ponts, dévorant les pièces d’érable, laissait entendre chaque mordée dans l’écorce; des dizaines de petites dents voraces grignotaient le bois, remontant les années de plus en plus, vers le centre de la bûche.

La maison était chaude, bien qu’à l’extérieur on pouvait entendre geler les morts, tellement il faisait froid.

Eugène aime cette chaleur, et il l’apprécie davantage lorsque le vent, prisonnier des gouttières, se met à jouer au fantôme. Dans ces moments-là, Eugène jette un coup d’œil à l’extérieur, regarde le vent rendu visible par la neige, traversant les champs et tourbillonnants de fureur devant la porte, cherchant vainement une fissure pour déranger l’heureux bonhomme.

Tout ceci n’aurait aucun sens si Eugène ne pouvait s’envoyer un rye whisky lui picoter la gorge. C’est un moment privilégié, où un homme seul au milieu de la tempête réussit à atteindre le bonheur, une larme s’échappant en souvenir de sa bourgeoise avec qui il aurait aimé partager ce moment.