Bilan caRbone

Réaliser les trois scopes du bilan carbone de l'école, pour mettre en place un moyen de quantifier les émissions et à terme piloter les politiques visant à les réduire


L’idée en a été lancée par Laurent Bopp, directeur du département de Géosciences à l’ENS, lors du comité environnement du 15 octobre 2018. Plus précisément, il s’agissait de mettre en place « un outil de calcul du budget carbone afin de permettre à chacun (enseignants chercheurs et étudiants) d’établir un bilan individuel de ses déplacements) ». Par ailleurs, la compensation carbone des trajets dus à la recherche avait été évoquée, et le département de géosciences s’était proposé pour trouver les meilleures associations et entreprises capables de mettre en œuvre cette compensation.

Deux axes étaient privilégiés : la mise en place d’un outil calculateur du type Tyndall (https://tyndall.ac.uk/travel-strategy) permettant l’émulation entre chercheurs au sein d’un même laboratoire, la réflexion et l’engagement personnel et non-contraignant des chercheurs. Voilà le premier problème : qui prendra la responsabilité d’une telle remise en cause ?

On trouve sur ce site un arbre de décision (https://tyndall.ac.uk/sites/default/files/travel-strategy-treeofdecisions2.png) qui met en lumière trois phénomènes :

  • Le manque de réflexion sur l’intérêt du trajet, qui n’est pas sans lien avec la pression qu’exerce le modèle productiviste actuel de la recherche,
  • Le manque d’information les moyens alternatifs (visio-conférence, tweets, podcasts…), voire le défaut d’accès à de tels moyens au sein de l’université,
  • Le recours systématique à l’avion même quand le train offre une solution alternative convenable.

La page ci-dessous constitue un très bon résumé des questions autour du bilan carbone, à savoir : comment le calculer, que prendre en compte, et que faire des résultats. https://jancovici.com/changement-climatique/les-ges-et-nous/bilan-carbone/

https://www.associationbilancarbone.fr/wp-content/uploads/2018/03/bilan-carbone-v8-guide-methodologique-final.pdf

Enfin le site de l’ADEME est une référence sur le sujet.


DEROULEMENT DU PROJET


Janvier 2019

Première réunion avec Nuno Goulart, ancien responsable énergie de l'ENS. L’une de ses missions : réaliser le bilan carbone de l’ENS en 2019. La réglementation impose que les Scope 1 et 2 soient réalisés, c’est-à-dire dans le cas qui nous occupe : déchets (facile car les entreprises qui les collectent tiennent des comptes annuels), papier, électricité. Le Scope 3, incluant les déplacements des membres de l’institution liés à leur travail, n’est pas obligatoire. Cependant, dans le cas de la recherche, il s’avère que les déplacements en avion ont un impact non négligeable…

Problème : Nuno Goulart n’a pas le temps de réaliser ce troisième volet. La tâche est effectivement conséquente. Nous espérons recruter des étudiant.e.s prêt.e.s à s'impliquer dans ce projet.

Solutions envisagées :

  • L’institut Formation Carbone propose, comme son nom l’indique, des formations à la maitrise de l’outil Bilan Carbone, qui est une marque déposée. C’est le formateur officiel, vers lequel le site de l’ADEME redirige.
  • Certaines sociétés et cabinets de conseil proposent d’évaluer le bilan carbone d’une entreprise ou administration publique.

Cependant l’administration n’a pas donné suite.


Février 2019

Nous avons décidé de nous en charger nous-même. Le bilan avait plusieurs buts :

  • Récolter des données pour en faire des outils de sensibilisation
  • Instaurer une procédure pérenne de collecte des données, de sorte à ce que le Scope 3 soit facile à réaliser les fois suivantes
  • Nous permettre de proposer des objectifs chiffrés de réduction des émissions à négocier avec l’administration (dans l’optique de la charte verte), de mesurer l’impact des actions futures de sensibilisation…

Pour récolter les données, nous avions essentiellement deux pistes :

  • Un mail, envoyé par l’administration aux gestionnaires des départements, pour obtenir les ordres de mission
  • Un sondage réalisé auprès des enseignants, chercheurs, étudiants et personnels de l’ENS, envoyé par Ecocampus avec le soutien de l’administration

Nous n’avons jamais envoyé de mail commun avec l’administration. Je pense que, d’une part, les gestionnaires ont beaucoup de travail, et que l’administration ne veut pas les mécontenter, sachant qu’ils sont déjà en sous-effectif. Donc, pas de tâche supplémentaire pour les gestionnaires. D’autre part, l’administration a affirmé que les départements aimaient leur indépendance : toute initiative quelque peu dirigiste (par exemple : remplissez ce sondage avant telle date, mettez ceci à l’ordre du jour de vos conseils départementaux, collectez des données) était à proscrire.

Nous nous sommes donc retrouvé.e.s à peu près seul.e.s.

Puis Blandine Lathuillière (direction générale des services) nous a envoyé, par le biais de Dorothée Butigieg (en sa qualité de correspondante développement durable de l’ENS), une « base de données » (un tableau excel) comportant certaines informations. Celle-ci comportait cependant divers problèmes :

  • incomplète (fournit quand même une borne inférieure)
  • dure à exploiter (intitulé extrêmement imprécis, pas de classification claire en termes de durée du séjour : nous voulions faire des stats par type d’événement)
  • absence du mode de transport + zone géographique floue (notamment sur la France et l’Europe proche, où le choix entre avion et train n’est pas évident et induit une grosse différence)
  • présence de « plusieurs voyageurs sur une même ligne du tableau » sans le nombre indiqué

Nous avons tenté d’envoyer ce fichier aux gestionnaires, en nous chargeant chacun de deux ou trois départements et services divers. Nous avons eu quelques réponses (DHTA, DSA, Info), mais également imprécises : parfois les données n’existaient tout simplement plus, ou alors il était très dur de savoir précisément ce qui manquait.


18 mars 2019

Après quelques échanges, nous nous orientons vers un projet en trois parties pour ce semestre : amélioration de la procédure de collecte des données relatives au transport (en vue d'un "Scope 3" plus régulier et surtout faisable, tous les deux ans, pertinent si il y a des objectifs de réduction), enquête qualitative sur l'état du transport-recherche à l'ENS (questionnaires et entretiens avec les directeurs/trices des départements), production d'un rapport avec des préconisations précises (peut-être à faire voter par un CA ?).

Début de la rédaction du questionnaire. Nous nous orientons donc vers un questionnaire large, avec peu de questions, qualitatif. Nous espérons ainsi maximiser le taux de réponse et faire réfléchir.

A la demande de l’administration, nous cherchons à créer notre « tableau idéal de collecte » pour le présenter au comité environnement. Faute de volontaire dans nos rangs, l’idée reste lettre morte.


Fin mars 2019

Laurent Bopp : « J'aimerais pouvoir lancer une étude similaire pour l'ENS - à partir de la liste des missions effectuées par les personnels des labos. Aglaé Jézéquel (chercheuse au Laboratoire de Météorologie Dynamique) serait prête à encadrer un stage, ou un projet, réalisé par des élèves de l'école sur cette thématique (beaucoup de stats, traitement de données, ...). Si Ecocampus peut aider, identifier des étudiant.e.s intéressé.e.s, ça serait super. » Notre projet semble donc intéresser des gens.


4 avril 2019

Comité environnement. Nous apprenons, et le reste du comité environnement avec nous, par Chloé Simon du pôle marchés publics, qu’il existe un logiciel que les gestionnaires sont censés remplir pour les réservations de trajets. De fait, l’école possède un prestataire attitré, FCM Travel. L’ennui est que certains gestionnaires effectuent leurs réservations par d’autres moyens (téléphone…). L’entretien est trop court pour que l’on puisse vraiment comprendre comment y remédier. Pour plus de détails, cf. le CR de ce comité. Je pense qu’il s’agit là d’une des pistes les plus intéressantes pour la collecte des données.


Avril-mai-juin 2019

A partir du comité environnement, c’est le point mort. Le questionnaire est prêt grâce à un étudiant, recruté pour le projet, mais vu les semaines difficiles que nous venons de traverser en termes de relation avec l’administration, la fatigue et la perte de motivation se font sentir. Pas de relance de la part de Nuno Goulart et de Dorothée Butigieg qui font l’autruche sur ce sujet, attendant que nous revenions à la charge.

Nous découvrons l’existence de l’initiative « Labo 1,5 ».


25 septembre 2019

Le projet est relancé. Après réunion entre Adrien Baysse-Laine (nouvel ATER au CERES), et Ecocampus, le CERES va réaliser son propre bilan carbone de manière semestrielle, le publier sur sa page, et appuyer Ecocampus sur la rédaction d’un questionnaire et son envoi aux directeurs des départements et aux élèves, immédiatement après le comité environnement suivant, qui aura lieu fin octobre.


Octobre 2019

Par le courriel d’infos internes d’octobre, la direction générale des services communique, pour la première fois à notre connaissance, des statistiques concernant les déplacements professionnels à l’ENS. Celles-ci résultent d’une première exploitation rapide des données fournies par FCM Travel.

Par le même courriel, nous apprenons le départ de Nuno Goulart, notre interlocuteur privilégié sur le bilan carbone. Son remplacement par un « économe des flux » est prévu. Malgré demande à l’administration, nous ne savons pas ce qu’il advient du bilan carbone de l’ENS.

Au département de Géosciences, les choses bougent. Un projet se monte pour réaliser le bilan carbone du département. Cette initiative est partagée par un nombre croissants de laboratoires formant le collectif « Climaction » ; lequel s’inscrit dans le collectif plus large de « Labos 1.5°C » dont l’objectif est de respecter les engagements pris lors des accords de Paris afin de limiter le réchauffement global à 1.5°C. Ce bilan carbone sera réalisé par des étudiant.e.s du département, et par le personnel. Cet exercice sera réalisé chaque année afin de juger les progrès réalisés. Le département de Géosciences s'est donné comme objectif de faire office de département pilote, au sens où, une fois que le protocole sera maîtrisé, il formera les autres départements de l’ENS à cet exercice. Enfin, le département s’est engagé à réaliser une conférence destinée aux services administratifs et au service du patrimoine afin d’expliquer plus en détail les raisons scientifiques et sociétales qui ont motivé cette initiative.


Novembre 2019

Suite au comité environnement et à la proposition de Blandine Lathuillière, nous cherchons à nous impliquer dans l’exploitation des données fournies par FCM Travel. Ecocampus a transmis, dans un courriel détaillé, nos propositions de statistiques à réaliser, pour mieux comprendre et peut-être réduire l’impact environnemental de la recherche lié aux déplacements.