Face aux dérives de la finance , la révolution de la confiance ...

Vous pouvez retrouver l'actualité de "l'écosystème BITCOIN" sur le site Bitcoin.fr, qui contient aussi de nombreuses ressources sur le sujet.

Bitcoin.fr possède aussi sa propre Chaîne Youtube, avec de nombreux reportages et interviews.

Le site CRYPTOAST , créé par un passionné, démocratise et décortique le monde des cryptomonnaies en général.

Origine du Bitcoin ?

Officiellement personne ne connait l'inventeur du bitcoin. Il disait s'appeler "Satoshi Nakamoto" sur le réseau social BitcoinTalk, un étonnant pseudo à consonance nippone (中本哲史) ... S'agit-il d'une seule personne ou d'un groupe de personnes ? Certains évoquent l'informaticien et cryptographe Nick Szabo, mais d'autres noms circulent ... Le public et les médias bloquent sur cette opacité qui nuit sans doute injustement à la réputation du bitcoin mais au final, cette interrogation sur l'identité du créateur est secondaire. L'invention est là, elle est objectivement géniale et révolutionnaire.

Après avoir lancé le protocole bitcoin en open-source (cf Son article original et Le bitcoin expliqué par son inventeur), cette personne a organisé volontairement son anonymat et a totalement disparu depuis 2010 pour ne jamais avoir à revendiquer sa paternité. Ce coup de génie autour de son identité a permis de faire du bitcoin à la fois la monnaie de personne et aussi potentiellement la monnaie de tout le monde !

Ce Mr Nakamoto (ou son équipe) a offert aux citoyens du monde un moyen de paiement alternatif rapide et accessible à tous, échappant ainsi au contrôle des banques, notamment en terme de création. La définition du bitcoin par son créateur est la suivante : "A purely peer-to-peer version of electronic cash would allow online payments to be sent directly from one party to another without going through a financial institution".

Par ailleurs, Bitcoin est volontairement déflationniste : Il n'existe qu'une quantité limitée d'unités monétaires, le but étant d'assimiler le bitcoin à une matière première précieuse épuisable ("or numérique"), d'où les 8 chiffres après la virgule. Dans cette approche, on veut éviter la création monétaire illimitée par les banques centrales (FED, BCE ...) dont on peut mesurer l'effet délétère avec l'exemple du dollar, du Yen et de l'Euro. Il n' y aura jamais plus de 21 Millions de bitcoins (BTC) en circulation, c'est écrit à l'avance dans le code qui lui a donné naissance, expliquant pourquoi les fractions de bitcoin vont jusqu'au 8 ème chiffre après la virgule. Les valeurs des sous-divisions du bitcoin Ƀ (unités ɃTC) sont : 1 Ƀ = 1000 mɃTC (millibitcoin) = 1000 000 μɃTC (microbitcoin) = 100 000 000 satoshis, 1 mɃTC = 100 000 satoshis, 1 μɃTC (microbitcoin) = 100 satoshis = 1 bit.

Il est très probable que les monnaies fiduciaires occidentales que nous connaissons actuellement traverseront tôt ou tard une crise majeure comme c'est le cas actuellement pour le Venezuela, l'Argentine ou la Turquie. Leur valeur s'effondreront par hyperinflation.

Les marchés financiers peuvent aussi subir un krack comme en Septembre 2008 et faire vaciller le système bancaire mondial qui n'a été sauvé que par un endettement public colossal des Etats.

Notez que, dans ce dernier scénario, votre banque en faillite pourra légalement, du jour au lendemain, vous bloquer l'accès à votre compte et ponctionner tout ou partie de vos économies pour se recapitaliser (votre compte courant, votre assurance-vie etc ...) grâce à la loi Sapin 2 et la directive BRRD.

=> C'est dans ce contexte de PERTE DE CONFIANCE qu'est né Bitcoin, modèle inédit et disruptif de monnaie numérique DÉCENTRALISÉE mondiale, un réseau ouvert fonctionnant de pair à pair sur internet. C'est la monnaie du "cyberespace". C'est aussi une réserve de valeur.

Le concept est de permettre à n'importe quel citoyen du monde (bancarisé ou non) muni d'un simple smartphone de s'approprier son argent et de le dépenser ou en gagner sans avoir à rendre des comptes à son banquier. L'idée libertarienne sous-jacente est de s'affranchir de notre dépendance à un système politico-financier ultra-libéral qui, avec le laxisme voire la complicité des gouvernements, est devenu un monstre incontrôlable. Le récent mouvement de révolte des #GiletsJaunes en France et en Europe est assez révélateur de cette violence économique subie par les peuples. Le message véhiculé par l'existence du Bitcoin accompagne assez logiquement cette dynamique de contestation.

Doit-on voir dans la naissance du Bitcoin en 2009 une volonté de revanche d'un petit groupe de cryptographes anonymes du mouvement cypherpunk contre le monde de la finance jugé responsable de la crise de 2008 ? ... ou bien l'oeuvre occulte des services secrets américains (CIA, NSA) anticipant la dépréciation inéluctable du dollar-monnaie-de-réserve mondiale et soucieux d'inventer un nouveau paradigme économique ? ou encore un simple hasard du calendrier ? Le débat est ouvert !

Lancé en 2009, le réseau Bitcoin est mondial, robuste, de plus en plus vaste et constamment amélioré par sa communauté de développeurs. De nombreuses startups se développent autour de lui.

Un aperçu des transactions validées par le réseau en temps réel est disponible sur BlockChain.info.

Selon certains, désireux de conférer aux cryptomonnaies une réserve de valeur, le Bitcoin symboliserait l'or numérique et la cryptomonnaie Litecoin, son cousin germain historique, l'argent numérique.

Désormais, si l'on veut arrêter les transactions qui ont lieu sur le réseau Bitcoin, il faut fermer internet !

Des précisions sur le fonctionnement du réseau Bitcoin ...

L'intérêt du BITCOIN est avant tout lié à la TECHNOLOGIE inédite qui lui a donné naissance, qui est bien plus captivante que son cours si volatile !

Bitcoin est à la base un LOGICIEL GRATUIT, "open source", élaboré et mis à jour par une communauté de développeurs partageant le même projet, issus du mouvement Cypherpunk.

Cette monnaie électronique est un jeton numérique (token) destiné à être échangé sur internet. Elle permet de réaliser des transactions financières en ligne de pair à pair quasi-instantanément. Ces transactions sécurisées utilisent un nouveau protocole internet qui vient enrichir et compléter la liste de protocoles d'échange déjà connus (TCP/IP, DNS, SMTP, HTTP ...).

Le principe de cette nouvelle monnaie représente sans aucun doute un avant-goût de ce que vont devenir l'argent liquide et les transactions financières sécurisées dans le futur, avec la disparition annoncée des espèces. Avec bitcoin, il devient aussi simple d'envoyer de l'argent à quelqu'un que d'envoyer un email. Mais à la différence de l'envoi d'un fichier dont on garde une copie sur son ordinateur, l'envoi d'un jeton numérique est un réel transfert de propriété de l'expéditeur vers le destinataire. L'expéditeur ne le détient plus, exactement comme un transfert d'argent. Cette notion est fondamentale car de nombreuses applications peuvent en découler.

Même si ce n'est pas toujours le cas, la vocation d'une cryptomonnaie est d'être décentralisée, c'est à dire de n'être contrôlée ni par l'Etat ni par les banques centrales, ni par des serveurs informatiques "propriétaires". Elle n'appartient qu'à son propre réseau. Et sa valeur intrinsèque comme sa notoriété sont liées à la taille du réseau communautaire qui l'utilise et l'émet, et surtout à la confiance qu'accordent les utilisateurs à ce réseau.

Le bitcoin est une monnaie programmable. Cette technologie innovante se nomme "La Blockchain". C'est une "couche applicative" élaborée à partir d'un algorithme mathématique et d'un code informatique libre qui se basent sur les principes de la cryptographie asymétrique et la preuve de travail à la fois pour valider et sécuriser les transactions au sein du réseau, mais aussi pour "miner" (c'est à dire générer) les unités de cette cryptomonnaie. La sécurisation des transactions est extraordinairement puissante. Les ordinateurs des mineurs font des calculs complexes, coûteux en éléctricité, ayant pour effet d'augmenter la sécurité des transactions sur le réseau Bitcoin. Les mineurs sont ensuite récompensés en fractions de bitcoin par le réseau, mais aussi un peu à chaque transaction. C'est ainsi que se fait la création monétaire des bitcoins, dont la difficulté augmente avec le temps.

=> Le Bitcoin n'est pas la seule CryptoMonnaie. Les cryptomonnaies alternatives au bitcoin sont nommées "altcoins". Elles sont différentes du bitcoin, mais pas complètement : elles ne sont que des variantes, des copies, des "cousines germaines" du bitcoin, conçues sur des modifications plus ou moins pertinentes du code-source initial, sur des modes d'encryptage différents ou sur des vocations d'utilisation différentes : Par exemple Ethereum a plutôt vocation d'aider des développeurs à construire des applications décentralisées plutôt que de servir de moyen de paiement.

De nombreuses cryptomonnaies ont été développées car il suffit d'une poignée de développeurs informatiques (parfois mal intentionnés) pour copier le code source et en lancer une. Leurs notoriétés individuelles sont variables. Certaines présentent des projets fantaisistes ou alléchants, et incitent à des financements hasardeux via des appels de fonds spécifiques aux cryptomonnaies : les ICO (Initial Coin Offering) ; d'autres sont "pré-minées" et destinées à générer une arnaque de type Pyramide de Ponzi ("scams").

La méfiance est recommandée à ceux qui seraient tentés d'investir sans se renseigner ! ++++

D'où vient la valeur des Bitcoins ?

On peut lire sur le Blog de Pierre Noizat : "La valeur des bitcoins naît du consensus d’une communauté pour accepter les bitcoins comme valeur d’échange. C’est exactement le même cas pour les monnaies étatiques comme le dollar puisque, depuis 1973, elles ne sont plus adossées à un étalon or : la communauté nationale s’accorde donc pour reconnaître la valeur de billets sans attendre en échange la moindre possibilité de les convertir en or au guichet d’une banque, fut elle une banque centrale."

Bien que la valeur des bitcoins puisse être constituée par la preuve de calcul et l'énergie électrique qu'il a fallu consommer pour les engendrer, on peut malgré tout parler de création ex nihilo pour les bitcoins, mais tout comme pour les euros ou les dollars créés ex nihilo par les banques lorsqu'elles accordent un crédit.

Les Bitcoins et autres actifs cryptographiques s'échangent et se revendent sur des places de marchés spéculatifs, mais cette activité de trading est risquée, d'une part par le risque boursier mais aussi de vol des cryptomonnaies exposées par piratage informatique de la plateforme...

L'un des meilleurs défenseurs du BITCOIN parcourt le monde et fait de multiples conférences pour expliquer et promouvoir cette révolution dans les transactions financières : Il s'agit d'Andreas Antonopoulos. On peut retrouver toutes ses vidéos sur Youtube/Aantonop

(Twitter = @aantonop)

"The "Internet of Money" was launched on January 2009" (Andreas Antonopoulos)

Ce qui suit est un article de Yorick de Mombynes(@ydemombynes), magistrat à la cour des comptes.

"Andreas Antonopoulos nous invite à prendre le bitcoin pour ce qu’il est : une révolution copernicienne de la monnaie.

À l’heure où les médias qui se risquent à parler du bitcoin ont toutes les peines du monde à dépasser les habituels lieux communs sur la « monnaie virtuelle », la « monnaie de la spéculation » ou « la monnaie d’internet », Andreas Antonopoulos, nous rappelle que le bitcoin est avant tout « l’internet de la monnaie ». C’est bien à une véritable révolution copernicienne qu’il nous invite, prolongeant, avec ce deuxième recueil de conférences, la stimulante réflexion engagée en 2016 (que j’avais évoquée ici).

Antonopoulos est un des meilleurs spécialistes mondiaux de ce sujet. Il a publié le manuel technique de référence sur le bitcoin. Vulgarisateur surdoué, il parcourt le monde devant des auditoires de plus en plus nombreux. Il a même fait escale au Sénat canadien pour une audition historique en 2014 devant des parlementaires visiblement plus curieux et modernes qu’en France.

Voici un aperçu des idées qu’il développe dans cet ouvrage qui foisonne d’analyses stimulantes sur l’une des principales révolutions technologiques, économiques et culturelles de notre époque.

La révolution de la monnaie réseau

Depuis plusieurs dizaines de milliers d’années, la monnaie a évolué, en empruntant notamment plusieurs formes successives, des coquillages, noix et autres cailloux des temps anciens aux cartes bancaires contemporaines, en passant par les métaux précieux et la monnaie papier.

Elle connaît aujourd’hui une nouvelle révolution en devenant « monnaie réseau ». Bitcoin est une plateforme sur laquelle il est possible de faire fonctionner une monnaie comme une application, sur un réseau dépourvu de tout point de contrôle central. C’est un système totalement décentralisé, comme Internet.

Mais la monnaie est aussi un langage, une manière de communiquer de la valeur. À cet égard, Bitcoin fait à la monnaie ce qu’Internet a fait à la communication. De même qu’Internet a soustrait l’information aux médias, Bitcoin soustrait la monnaie aux institutions et l’intègre dans un réseau.

Une explosion d’innovation

De même qu’internet a unifié des systèmes de communication distincts (photos, lettres, communication de courte ou longue distance, etc.), Bitcoin unifie des systèmes de paiement jusqu’ici différents selon les montants échangés ou les acteurs impliqués.

Et le fait que cette monnaie soit programmable sans aucune autorisation préalable ouvre le champ à une explosion d’innovation insoupçonnable. Se focaliser sur la monnaie est d’ailleurs une erreur : la révolution dont il s’agit concerne avant tout la valeur. Cette dernière s’incarne déjà sur différents supports (jetons, points de fidélité, récompenses, etc.) mais les possibilités d’innovation ouvertes par Bitcoin vont donner naissance à des milliers de cryptomonnaies.

Avec l’émergence de systèmes de transactions décentralisés qui rendent l’individu totalement maître de ses avoirs et de ses décisions, l’industrie de la banque est ainsi confrontée à un des défis les plus radicaux de son histoire.

Un rythme d’innovation exponentiel

Même si ce défi semble encore négligeable aux yeux de certains, il ne cesse de se renforcer. En 1989, envoyer un e-mail était une opération complexe et fastidieuse, comme faire une transaction en bitcoin aujourd’hui.

Ce qui compte, relève l’auteur, c’est le rythme de l’innovation qui fait progresser cette technologie : or il est exponentiel. Antonopoulos rappelle qu’en 1997, pendant que certains journalistes annonçaient l’effondrement prochain d’internet parce qu’il était difficile d’y trouver ce qu’on cherchait, Larry Page et Sergey Brin préparaient Google.

L’auteur critique férocement les dérives suscitées par le buzzword « blockchain ». Cette notion à la mode sert trop souvent de paravent à toutes sortes d’arnaques, schémas de Ponzi ou dispositifs qui ne sont que de classiques bases de données vaguement relookées.

Il est d’ailleurs erroné de répéter que la blockchain est « la technologie derrière bitcoin ». En réalité, elle n’est qu’une des quatre technologies fondamentales qui fondent Bitcoin, avec la preuve de travail, le réseau pair à pair et la cryptographie. On retrouve aussi ces utiles mises au point dans le récent ouvrage de Jacques Favier et Adli Bataille, Bitcoin, la monnaie acéphale.

La révolution de la confiance

L’essence de Bitcoin, nous rappelle Antonopoulos, c’est une révolution de la confiance : c’est la possibilité de réaliser des opérations de manière décentralisée, sans avoir besoin de faire confiance à qui que ce soit. C’est un système de sécurité fait d’incitations et de sanctions, reposant entièrement sur les forces du marché et sur la théorie des jeux.

C’est la possibilité de faire confiance à la plateforme elle-même, cette dernière n’étant contrôlée par aucun tiers ni intermédiaire. Au-delà de Bitcoin, ces particularités dessinent les contours du seul type de blockchain qui vaille, la « blockchain ouverte », système de confiance sans frontière, transnational, neutre, et résistant à toute censure. Les « blockchains fermées » et autres « registres distribués » à la mode ne sont bien souvent, selon les termes fleuris d’Antonopoulos, que du « bullshit ».

Dans la nature, peu de choses sont vraiment immuables, immutables, inaltérables. Voilà pourquoi la technologie de la « preuve de travail » à l’œuvre dans Bitcoin est si déroutante. Elle rend ce système aussi massif, robuste, symbolique et, en un sens, admirable que les plus grands monuments des civilisations humaines comme les pyramides d’Égypte ou la cathédrale Notre Dame de Paris.

Le minage du bitcoin

Le minage du bitcoin, en engloutissant une gigantesque quantité d’énergie dans le processus de validation des transactions, permet un ancrage définitif dans la blockchain. L’auteur déploie des trésors de pédagogie pour expliquer cette technologie clé et sa différence avec celle de la « preuve d’enjeu » (proof of stake).

Il rappelle que, si la dépense d’énergie de la preuve de travail peut paraître coûteuse, il faut bien comprendre qu’elle offre à l’humanité un service d’une valeur inestimable : loin de n’être qu’un système comptable, Bitcoin est surtout le premier système de l’histoire à fournir une immutabilité digitale complète : c’est « un système d’immutabilité d’échelle planétaire, transparent et garanti de manière thermodynamique ». Ce qu’il appelle « immutability as a service » aura, dans de nombreuses activités industrielles, des implications économiques incalculables.

À cet égard, les tentatives de certains consultants branchés pour construire des blockchains « éditables » constituent un contresens frappant. Le fait que les transactions sur Bitcoin soient non réversibles et que le registre soit non modifiable n’est pas un défaut mais au contraire un des apports majeurs de cette révolution.

Un ordre sans autorité ni hiérarchie

L’intérêt est justement de bénéficier d’un système fondé sur un réseau qui n’est soumis à aucune autorité et dans lequel les résultats sont prédictibles. C’est de construire un ordre qui n’est pas fondé sur l’autorité et la hiérarchie mais sur l’autonomie des acteurs.

La première application du bitcoin n’est probablement pas la remittance (transferts internationaux entre particuliers) mais la protection de l’épargne des individus : protection contre la guerre contre le cash, qui se dessine partout dans le monde malgré ses conséquences catastrophiques en Inde ; protection, également, contre les manipulations monétaires, instruments de rééquilibrage des balances commerciales et d’allègement des dettes souveraines, qui érodent le pouvoir d’achat des classes moyennes et des retraités.

Selon Antonopoulos, l’aggravation de ces maux ne pourra que profiter à Bitcoin, en stimulant sa technologie et en accélérant son essor comme valeur refuge.

L’avenir est aux nouveaux types de monnaie

Comment vont évoluer les cryptomonnaies et que vont devenir les banques ? Pour Antonopoulos, le bitcoin n’est même pas en concurrence avec le système bancaire et les banques centrales : ces institutions appartiennent déjà au passé. L’arrivée de Bitcoin ouvre une période où plusieurs types nouveaux de monnaies vont se développer.

Créer toutes sortes de monnaies reposant sur des caractéristiques et des paramètres différents est devenu techniquement un jeu d’enfant (au sens propre : des enfants le feront bientôt). Par le passé, les conditions institutionnelles et techniques ne le permettaient pas. C’est désormais le cas. Antonopoulos rappelle qu’en biologie de l’évolution, les changements majeurs ne sont pas linéaires : ils interviennent par des ruptures qui brisent des équilibres figés sur de longues périodes.

La révolution technologique de Bitcoin est comparable à ce type de rupture. Et le caractère inédit de l’environnement monétaire mondial actuel, avec l’aberration historique des taux d’intérêts durablement nuls, fournit un stimulus majeur pour cette évolution.

Vers des dizaines de milliers de cryptomonnaies ?

Ainsi n’est-il pas impossible que l’on assiste à l’essor de milliers, voire de dizaines de milliers de cryptomonnaies. Elles ne serviront pas toutes à véhiculer de la valeur économique au sens traditionnel. Certaines pourront, par exemple, représenter la loyauté envers un artiste, une équipe sportive, un ami. D’autres pourront être assises sur des denrées, marchandises ou actifs divers. Parmi elles, certaines serviront de moyen d’échange ou de réserve de valeur, comme des monnaies traditionnelles.

Pour Antonoulos, le bitcoin et les monnaies étatiques n’évoluent pas sur le même terrain de jeux. Bitcoin crée en réalité son propre environnement, qui est totalement nouveau. Et une part croissante de l’économie va basculer dans l’espace ainsi ouvert. Pour de plus en plus de gens, la question du change par rapport aux monnaies nationales (et donc de la volatilité) ne se posera même plus. Dans deux générations, les monnaies papier nationales paraîtront aussi périmées que la VHS et le fax aujourd’hui.

Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’évolution technologique étourdissante en cours dans l’écosystème bitcoin. Le bitcoin d’aujourd’hui n’est déjà plus celui de 2009. Antonopoulos explique de manière claire que des innovations comme la fonction de programmation temporelle ajoutée en 2015 (CheckLockTimeVerify) et le Lightning Network en préparation vont permettre des flux de paiements comparables à des « cascades » et révolutionner la notion même de paiement.

Monnaie en streaming

Par exemple, les salaires pourront être payés en continu, milliseconde après milliseconde, et non une fois par mois. La notion de cash flow prendra tout son sens, avec ce qui sera une véritable « monnaie en streaming ». Même si cette évolution met 15 ans à survenir, il n’y a aucun doute, pour l’auteur, que les conditions sont réunies pour qu’elle ait lieu.

Antonopoulos aborde enfin l’une des plus vigoureuses controverses animant la communauté blockchain mondiale : les mérites respectifs de Bitcoin et Ethereum. Tout comme le lion et le requin sont, chacun dans son environnement, le roi des animaux, Bitcoin et Ethereum ne sont pas réellement rivaux. Ils sont complémentaires.

Bitcoin fournit avant tout de la sécurité, au prix d’une limitation réelle de ses possibilités de programmation ; l’une de ses principales killer apps est la disruption des paiements internationaux. Ethereum, de son côté, offre une flexibilité supérieure, grâce à son langage « Turing complete », au prix d’une complexité plus grande et d’une sécurité moindre ; et sa killer app est, non pas les decentralized applications (dApp) mais les smart contracts et les decentralized autonomous organizations (DAO).

Bitcoin et Ethereum ont donc des fonctions différentes, mais « tous deux peuvent faire quelque chose de miraculeux : ré-arranger des structures fondamentales de la société autour de systèmes d’organisations fondés sur des réseaux et non des institutions ». L’explosion exponentielle d’innovation qu’ils sont en train de faciliter va remettre en question des institutions qui n’ont pas évolué depuis des siècles.

Ce livre court, dense et passionnant se termine par un chapitre fournissant des réponses originales aux principales questions qu’Antonopoulos reçoit dans ses conférences, par exemple sur la source de la valeur du bitcoin, ses règles de gouvernance, l’identité de son inventeur, le problème de la criminalité, la mode des initial coin offerings (ICO), etc.