2019 avril TC-BVI

St Martin

Cette fois ci, notre escale sur cette dernière île française de l’Arc Antillais est peu touristique. Nous constatons un an et demi après le passage des cyclones Irma et José que St Martin est encore loin d’avoir aussi belle allure que St Barth, même si, vue du lagon, l’eau est toujours aussi bleue.

Mouillage de Marigot Bay


Nous profitons de ces quelques jours pour parfaire notre avitaillement (dernière escale dans une île française avant le mois de septembre) et aller chez Island Water World et l’Ile Marine, les 2 shipchandlers de St Martin (magasin- spécialisés pour bateaux) pour fouiner les derniers gadgets ou fournitures utiles à Belissima.

Nous préférons le mouillage, plus au nord, de Grand Case à celui de Marigot, car moins encombré et là... Surprise :

Marie à la barre de Rewa dans la baie du Marin en 2012

Nous mouillons à l’arrière de REWA, l’ex voilier de Raoul et Marie avec qui nous avions hiverné en 2009 à Toulon et retrouvé aux Antilles en 2012. De jaune, REWA est devenue grise en changeant de propriétaires, mais la barre est restée jaune.

Elle a toujours très fière allure. Rémi et Carole reviennent de Polynésie d’une seule traite en passant par Panama. Ils s’apprêtent à rallier en ligne directe Gibraltar dans les jours qui viennent. Ils sont ravis de leur voilier léger et performant, remontant bien au vent. Ils s’étaient donnés un break de 2 ans pour profiter à fond des Tuamotu et de la Polynésie. Devant reprendre le travail, REWA est à nouveau en vente.

départ de St Martin avec en prime un festival de dauphins


5 jours plus tard, nous quittons Saint Martin de bonne heure sous voiles d’avant en « papillon » pour rejoindre les Îles Vierges Anglaises, communément appelées les BVI.

Le vent vient de l’arrière et nous arrivons à bonne allure en fin d’après-midi devant Spanish Town sur l’île de Virgin Gorda pour faire nos formalités dès la première heure le lendemain matin.

La Marina est opérationnelle mais les quelques commerces sur les quais n’ont toujours pas rouvert depuis le passage des cyclones de septembre 2017.

C’est la 4ème fois que nous visitons cet ensemble d’îles des BVI. La première fois en 2003, la dernière fois c’était pour fêter le passage de l’année 2012-2013 avec nos amis de la Réunion, Denise et Bernard. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, revenir au mêmes endroits n’est pas lassant du tout : la couleur du ciel, l’orientation du vent et l’état de la mer déterminent à chaque fois le choix de nos mouillages.

Notre première visite sera pour les Baths au sud de Virgin Gorda, le fleuron des BVI, que nous rallions en annexe depuis le mouillage de Spanish Town, le site étant déjà « surpeuplé ». Nous ne sommes qu’à deux milles de cet endroit qui est resté magique. Jugez-en !

Puis, avec BELISSIMA nous remontons vers le Sound de Virgin Gorda pour redécouvrir la vaste baie bleue au nord de l’île, siège de très beaux resorts et marinas.

Nous rencontrons peu de bateaux comparé à nos passages ici en 2012. Les cyclones ont tout rasé, seul un ensemble de bâtiments et marina a redémarré, à Leverick Bay, accueillant les bateaux charters.

Nous profitons d’une très bonne météo, ciel bleu et mer plate pour rallier sous voile et dans 20 m d’eau turquoise, l’île d’Anegada, longue bande de sable et corail située une quinzaine de milles plus au nord.

Beaucoup de bateaux, des catamarans pour la plupart occupent les bouées à l’abri au sud-ouest de l’île, devant le village. Nous préférons mouiller, plus à l’ouest au nord de Pometo point.

Les alizés d’Est sont bien établis et une légère houle contournant l’île vient nous faire doucement rouler d’un bord sur l’autre.

Nous repartons en début d’après-midi pour mouiller sous l’îlot d’Eustatia au nord de Virgin Gorda, près d’une belle plage de sable blanc déserte, du turquoise plein les yeux…

Place au snorkeling : en descendant vers le sud ouest nous prenons une bouée de journée devant Great Dog Island. Nous sommes très déçus par la faune et la flore sous marine. Il va sans doute falloir du temps avant que les coraux ne repoussent.

un magnifique Calamar

un beau Capitaine

Ici, pas de pêche à la langouste, bien que Rémi en ait vu 2,3 sous les rochers : nous sommes dans une réserve marine. C’est une tout autre pêche que Rémi pratique : la pêche aux objets perdus par les bateaux ! Aujourd’hui, ce sera une gaffe qu’il ramène après avoir plongé à 12 m de profondeur. Un catamaran français en essayant de prendre sa bouée l’a laissé tomber à l’eau et dégoutté est parti, laissant sa gaffe couler sous nos yeux. Ce sera pour nous l’occasion, 3 jours plus tard de la rendre à son propriétaire dans le très joli mouillage de Little Harbour sur Peter Island et d’être convié à un apéritif dînatoire sur leur bateau.

Une des particularités des BVI est que partout où il y a des points d’intérêt, les autorités ont installés un système de bouées de couleurs (rouge pour les bateaux, jaune pour les professionnels, bleues pour les annexes), gratuites et utilisables pendant 90 mn. Cela nous permet d’être au plus près de l’endroit convoité et limite le nombre de personnes sur le site.

Des bouées blanches, celles ci pour s’amarrer de jour comme de nuit sont installées dans tous les endroits abrités et sont payantes (30$/nuit). Les BVI ne vivant exclusivement que du tourisme, ces bouées ont été remises en place très rapidement et partout, pour permettre aux navigateurs de revenir jouir de cet archipel d’îles.


Seuls quelques rares mouillages sont restés naturels, sans bouées. Là, nous pouvons ancrer sans avoir la hantise d’avoir la bouée qui cogne sur la coque en pleine nuit lorsque le vent s’arrête de souffler !

Nous découvrons ou redécouvrons tous les beaux mouillages :

- White Bay sous le vent de Guana ou nous assistons, juste avant le coucher du soleil, à un ballet de dizaines de pélicans bruns.

  • le mouillage devant Salt Island que nous n’avons jamais pratiqué pour cause de houle, nous ravit. La lumière, en cette fin d’après midi est particulièrement belle et nous donne envie d’aller à terre.
  • Au mouillage de Salt Island, nous sommes tout proche de l’épave du RMS ( Royal Mail Steamer naufragé du 29/10/1867), réputé comme étant l’une des plus belles plongées des BVI. Nous partons redécouvrir cette épave en palmes masques et tubas : l’eau est d’une clarté incroyable ! (photos prises entre 12 et 15 m). Aucun corail et peu de poissons autour de l’épave. Ils sont à l’intérieur me confirme Rémi qui plonge à plus de 10 m en apnée.

L’arbre d’hélice du Steamer avec l’énorme boîtier inverseur.

Rémi en plongée vers l’hélice et le gouvernail.

  • Le mouillage de Little Harbour, sur Peter Island, nous rappelle les mouillages de Grèce et Turquie : les bateaux après avoir ancré s’amarrent par l’arrière à un rocher, permettant ainsi à un plus grand nombre de bateaux de profiter de cette crique aux couleurs émeraude et turquoise. En plongeant sous notre bateau, nous avons la surprise de trouver un gros barracuda et avons compté jusqu’à 16 tarpons placides, profitant de l’ombre du bateau.

Tarpon (>1m50)

et Barracuda (>1m)

  • le mouillage de Benures sur Norman Island, proche des sites de snorkeling des Indiens et des Caves est une bonne alternative si l’on ne veut pas prendre une des 120 bouées payantes de la baie bien protégée de The Bight.

« Les Indiens »

« The Caves » et les « Poissons Hachette Cuivrée »

  • Au sud-ouest de l’île principale de Tortola, nous retrouvons avec autant de plaisir les sites de Sandy Cay et Sandy Spit, proches de l’île de Little Jost Van Dyke

Sandy Spit.

Au passage nous constatons les énormes dégâts laissés par les cyclones Irma et José de septembre 2017.

  • la marina de Bitter End dans le Gorda Sound commence à peine à revivre et celle de Saba Rock est encore en reconstruction.

Saba Rock en 2012 et en 2019, avec des palmiers tout neufs


  • si la Marina de Scrub a retrouvé toute sa superbe, l’île de Marina Cay, elle, semble laissée à l’abandon tant les dégâts sont importants. Les voiliers sont quand même nombreux à prendre les bouées dans ce lagon magnifique.


Scrub Marina et Marina Cay


  • Le mouillage de Trellis Bay, très prisé des plaisanciers car près de l’aéroport est presque désert, malgré la possibilité de s’amarrer aux bouées. À terre, c’est la désolation : c’est le seul endroit où nous voyons encore beaucoup d’épaves de voiliers sur le rivage. La petite supérette a repris du service et tout est est opérationnel pour fêter comme traditionnellement, la « full moon » (la pleine Lune), mais les blessures sont très présentes. L’aéroport, quand à lui est tout à fait opérationnel.

Pâques approche et nous découvrons que nous pouvons faire nos formalités de sortie n’importe quel jour à Great Harbour sur Jost Van Dyke (JVD) pour poursuivre notre remontée vers le sud des Bahamas.

Nous profitons de ces derniers moments pour goûter le plaisir du calme de JVD et de ses eaux magiques.

Nous partons samedi 20/4 pour les Turks et Caïcos 400 milles dans l’ouest, vent arrière dans l’alizé.

C’est sans doute la présence importante de ces cactus avec bonnet rouge sur la tête, rappelant l’ancien chapeau turc qui a prêté son nom

aux Turks et Caïcos !

Les Turks et Caïcos puis les Bahamas feront l’objet de notre prochaine page…


Joyeuses Pâques !