Mai 2022 : Ecosse

Le 10 mai : après notre arrêt en Ulster près de Bangor, nous pensions trouver un abri sur la côte nord à Ballycastle avant de traverser vers l’Ecosse : c’était en oubliant que nous quittions la mer d’Irlande pour retrouver l’Océan… et la houle !

Nous avons donc juste pris le temps d’un déjeuner, rouleur au mouillage de Ballycastle et avons décidé de monter au nord sur Islay et sa baie abritée de Port Ellen. Le projet d'arriver à Bowmore est abandonné, tant pis pour la Distillerie !!!

Nous passons près de l’île Rathlin refuge d’oiseaux qui sont par centaines autour de nous.


Nous avons mouillé dans la baie bien protégée de Port Ellen, car il n’y avait plus de place pour nous dans le port (en fait la marina ne dispose que d’une place en bout de ponton pour notre taille et un bateau français arrivé avant nous l’avait occupée) .


Le long des quais réservés aux ferries un trois mâts hollandais « Thalassa » était bien présent.

Pas de problème pour nous d’autant que nous souhaitions faire du gasoil et la marina n’en disposait pas. Donc Rémi ayant repéré la station de carburant près de la plage nous sommes venus mouiller tout près et avons « bidonné » (remplissage de 4 bidons de 20L en aller-retour avec le dinghy.

Le vent est monté à plus de 20 noeuds et le voyage a été épique et mouillé !


Le vent étant établi pour plusieurs jours de secteur Ouest-Sud-Ouest (force 5-7, 40-50km/h avec rafales à 70km/h) nous sommes partis faire la tournée des fameuses distilleries d’Islay…


en bateau !

Et pour cela nous longeons la côte sud d’Islay puis empruntons le sound entre Jura et Islay.

Et il y en a des distilleries : Port-Ellen, Laphroaig, Lagavulin, Ardberg, Caol Ila, et Bunnahabhain devant laquelle nous trouvons notre abri pour deux jours. Tant pis pour Bowmore sur la côte Ouest et Kilchoman à l’intérieur des terres à l’Ouest aussi…

Le sound entre Islay et Jura est magnifique sous une lumière incroyable.

Nous débarquons à Bunnahabhain bay le jeudi 12 avec le dinghy histoire de parcourir le paysage magnifique que nous avons aperçu sous le soleil en arrivant. Et puis deux jours sans telephone ni internet, c’est dur (!!!). Alors il nous faut bien grimper sur les hauteurs pour retrouver de la connexion…

En chemin nous apercevons un troupeau de biches au dessus de nous.

Les Pap’s de Jura au sud : 3 monts culminant à plus de 700 m d’altitude.

Les paysages sont très secs et nous font penser aux reliefs des Cornati en Croatie. En fait les tâches brunes que nous apercevons sur les reliefs s’avèrent être les fameuses tourbières d’Islay qui vont donner ce célèbre parfum des scotchs single malts d’Islay.

En Ecosse on prend un scotch whisky et pas un whisky… Les scotchs sont obtenus par distillation d’un liquide fermenté à base d’orge germée : le malt, qui fermente de 48 à 55h selon les fabricants. Et la tourbe alors ?

Elle sert à chauffer l’orge germée pour lui donner ce goût si particulier : tous les amateurs de whisky n’apprécient pas toujours !

Pour vous immerger dans ce monde nous vous recommandons cette vidéo :


Revenons à notre balade : nous grimpons mais le sol est spongieux et formé depuis longtemps par ces végétaux formant la tourbe : les sphaignes (genre de mousse). Nous avons de bonnes chaussures mais nos chaussettes s’en souviendront !




Toujours plus haut sur les collines : un arrêt pique-nique s’impose, mais la pluie nous rattrape bientôt.


Nous redescendons dos à la pluie mais bientôt trempés quand même. Sylvie me dit « Quand je pense à nos amis en Corse avec 28°C, je me demande ce qu’on fait ici ? »



En revenant sur la plage le dinghy était toujours là bien gardé par les phoques gris qui le surveillaient. A l’arrivée, Sylvie qui n’avait pas ses lunettes les avait pris pour des pares-battages ou des bouées !

De retour sur Belissima nous sommes bien contents de retrouver notre chauffage et une bonne chaleur pour tout faire sécher…

Pour couronner la journée Sylvie nous prépare une recette de nos amis Gilles et Sylvie : des Cailles au Coca et la soupe à l'oignon en sachet... Ne riez pas ! c'est délicieux (on peut remplacer les Cailles par des blancs de poulet pour ceux qui n'aiment pas les Cailles)

Le vendredi 13 on nous promet du vent du sud et nous décidons de partir avec les courants favorables qui vont nous accompagner jusqu'au nord-est de l'île Mull. Nous quittons Bunnahabhainn à plus de 10 noeuds sous génois tangonné (voile d'avant tenue bien en place par un tangon) et artimon bien débordé.

Il fait gris, brumeux, la côte de l'île de Jura sur notre tribord (à droite) est à peine visible. Au nord de l'île se situe un passage étroit avec lîle Scarba : c'est l'endroit au monde où les courants de marée sont les plus forts, les plus impressionnants et lorsque le vent est contre le courant les plus dangereux ! son nom : le Corryvreckan maelstrom.

Aujourd'hui le vent est contre le courant et nous passons 10 km au large de ce passage : la mer est une vraie bouilloire et Belissima tangue et roule comme jamais. Nous sommes bienheureux d'avoir laissé suffisamment d'espace entre nous et ce terrible passage.

Nous abandonnons l'idée de venir à Oban pour nous arrêter dans le sound de Mull plus à l'Ouest. Nous stopons à Craignure juste à l'entrée du Sound (passage entre Mull et l'Ecossse) après avoir vu le fameux chateau de Duart.

Le lendemain samedi 14 pas de vent de prévu... et pourtant nous en aurons suffisamment pour rallier d'un bord Tobermory, charmant port de pêche situé presque à la sortie du Sound de Mull.