Wizārišn ī Čatrang ud Nihišn Nēw-Ardaxšīr
9ème siècle
9ème siècle
Le texte « L'explication du jeu d'échecs et l'invention du Nēw-Ardaxšīr » a été rédigé en moyen-perse (pahlavi) au 9ème siècle.
Il est aussi appelé Čatrang-nāmag (le livre des échecs).
La copie la plus ancienne date de 1322 : il s'agit du manuscrit MK (nommé en hommage à Mihrabān Kayhusraw, son scribe iranien) conservé à Bombay en Inde.
Nēw-Ardaxšīr, signifiant "le noble Ardashir", s'est contracté avec le temps en "Nardašīr" puis "Nard".
wuzurg-mihr guft kū: az dahibedān andar ēn hazārag ardaxšīr kardār-tar ud danāg-tar būd ud nēw-ardaxšīr ēd juxt pad nām ī ardaxšīr nihēm.
taxtag ī nēw-ardaxšīr ō spandarmad zamīg homānāg kunēm.
ud sīh muhrag ō sīh rōz ud šabān homānāg kunēm, pānzdah ī spēd ō rōz homānāg kunēm ud pānzdah <ī> syā ō šab homānāg kunēm.
gardānāg ēd juxt ō wardišn ī axtarān ud gardišn ī spihr homānāg kunēm.
ēk abar gardānāg-ē ōwōn homānāg kunēm kū ohrmazd ēk ast <ud> har nēkīh ōy dād.
dō ēdōn homānāg kunēm čiyōn mēnōg ud gētīg.
sē ōwōn homānāg kunēm čiyōn humat ud hūxt ud huwaršt ud menišn ud gōwišn ud kunišn.
čahār ōwōn homānāg kunēm čiyōn čahār āmēzišn kē mardōm aziš, aziš čahār sōg gētīg: xwarāsān ud xwarwarān, nēm-rōz ud abāxtar.
panj ōwōn homānāg kunēm čiyōn panj rōšnīh čiyōn xwaršēd ud māh ud stārag <ud> ātaxš ud warzag <ī> az asmān āyēd.
šaš ōwōn homānāg kunēm čiyōn dādan ī dām pad šaš gāhānbār.
nihādag ī nēw-ardaxšīr abar taxtag ēdōn homānāg kunēm čiyōn ohrmazd xwadāy ka-š dām ō gētīg dād.
wardišn ud gardišn ī muhrag pad gardānāg-ē ōwōn homānāg čiyōn mardōmān ī andar gētīg band ō mēnōgān paywast ēstēd, pad haft ud dwāzdah hamāg wardēnd <ud> wihēzēnd; ud ka ast ēk ō did zanēnd, ud abar čīnēnd čiyōn mardōmān andar gētīg ēk ō did zanēnd.
ud ka pad gardānāg-ē ēd gardišn hamāg abar čīnēnd hangōšīdag ī mardōm kē hamāg az gētīg widarišn bawēnd ud ka did-iz bē nihēnd hangōšīdag {ī} ī mardōmān kē pad rist-āxēz hamāg zīndag abāz bawēnd.
Bozorgmehr [durant le règne de Khosrow Anushirvan (531-579)] a dit ainsi : « Parmi les souverains de ce millénaire, Ardaxšīr fut le plus capable et le plus sage, et je nommerai ce jeu "Nēw-Ardaxšīr" au nom d'Ardaxšīr.
Je ferai du plateau de Nēw-Ardaxšīr une image de la terre de Spandarmad.
Et je ferai 30 pièces comme les 30 jours et nuits ; j'en ferai 15 blanches, comme le jour, et 15 noires, comme la nuit.
Je ferai du dé une représentation de la rotation des constellations et de la révolution du firmament.
Je ferai du 1 sur les dés une image d'Ohrmazd, qui est unique et par qui toute bonté fut créée.
Je ferai du 2 une image du monde spirituel et du monde matériel.
Je ferai du 3 une image des bonnes pensées, des bonnes paroles et des bonnes actions, et de la pensée, de la parole et de l'action.
Je ferai du 4 une image des quatre éléments dont les hommes sont faits, et des quatre coins du monde : nord-est et sud-ouest, sud-est et nord-ouest.
Je ferai du 5 une image des cinq lumières, telles que le soleil, la lune, les étoiles, le feu et la clarté céleste qui descend du ciel.
Je ferai du 6 une image de la création des êtres durant les six périodes des Gāhānbārs.
J'agencerai le Nēw-Ardaxšīr sur le tablier comme le Seigneur Ohrmazd a distribué les êtres dans le monde terrestre lorsqu'Il les a créés.
La rotation et le mouvement des pièces par le dé sont semblables aux hommes dans le monde matériel ; leur lien est connecté au monde spirituel, et par les 7 et 12 (planètes et constellations), ils ont tous leur existence et avancent. Et lorsqu'il semble qu'ils se heurtent les uns aux autres et se rassemblent, c'est comme les hommes dans le monde matériel, où l'un heurte l'autre.
Et lorsque, par le tour de ce dé, tous sont rassemblés, c'est à l'image des hommes qui ont tous quitté le monde matériel (morts), et lorsqu'on les dispose à nouveau, c'est à l'image des hommes qui, lors de la résurrection, reviendront tous à la vie. »