Compagnie

Art et Mice

De l'art qui rend service

(©Photo Juliette Heymann pour Art et Mice)

L'association Art et Mice propose de contribuer au mieux-être de personnes âgées vivant en milieu hospitalier, grâce à l’art dramatique :

un art dont la pratique fait résonner la mémoire affective, intellectuelle et physique.

Par l’ensemble des ressources cognitives qu’elle sollicite, cette activité ludique représente un véritable accompagnement de soutien.

Elle crée du lien entre les résidents, leur offre de se rencontrer en tant qu'individus et surtout de recouvrer une meilleure image d’eux-mêmes.

Partage, solidarité et bonne humeur sont au rendez-vous et participent au bien-être quotidien, et à une considérable reprise de confiance. Les résultats sont visibles à chaque intervention.

(©Photo Juliette Heymann pour Art et Mice)

Un public dans l’oubli

Plus de 850 000 personnes vivent aujourd’hui avec la maladie d’Alzheimer ou une pathologie dite apparentée. Près de 6 millions de personnes ont plus de 80 ans en France en 2017 et ce chiffre est appelé à doubler d’ici 2050, avec l’arrivée du « papy-boom » et l’espérance de vie qui ne cesse d’augmenter.

En EHPAD, on peut ainsi rencontrer d’anciens architectes, médecins, sénateurs, mères au foyer, boxeurs, généraux, comtesses, psychanalystes, comptables, aviculteurs, pilotes de ligne, fournisseurs de haute couture, artistes peintre, instituteurs, commissaires de police, ingénieurs, couturières… souvent extrêmement cultivés et riches de leur grande expérience de vie.

Marginalisés par leur grand âge, ils se sont tout à coup retrouvés plongés dans un environnement social de blouses blanches, en perte des liens sociaux de leurs anciennes activités et bien souvent des liens familiaux.

Le repli sur soi est encore plus grand s’ils sont atteints de maladie dégénérative telle que la maladie d'Alzheimer, de Parkinson ou d’autres démences apparentées, qui engendrent des pertes de dignité, de coordination langagière et de repères. Or, si l’inactivité et l’oisiveté sont les conséquences de leur perte d’autonomie, elles en sont également la source.

Selon un rapport de la Fondation pour la recherche médicale publié en septembre, six facteurs peuvent prévenir la maladie : limiter le risque cardiovasculaire ; éviter le stress chronique ; pratiquer une activité physique ; avoir une bonne alimentation ; multiplier les activités de loisirs ; avoir des liens sociaux. Voir du monde, discuter, débattre, constitueraient de meilleures protections contre cette maladie.

Une partie de ces établissements disposent heureusement de services d’animation, qui s’évertuent à faire de ces lieux des lieux de vie, plus que de soin, en toute humilité, dans l’ombre du personnel soignant, bien plus vital aux yeux de tous. Mais leur budget est de loin minoritaire, limitant considérablement les moyens des animateurs spécialisés les plus compétents et la qualité des prestations extérieures ou des éventuelles sorties qui peuvent leur être proposées.

Un art complet

Parmi toutes les activités possibles, la Compagnie Art et Mice propose aux résidents de ces établissements de (re)découvrir une activité particulièrement complète : le théâtre.

En effet, grâce à la mémoire émotionnelle comme matière première - que les pathologies liées au grand âge ont presque toujours gardée intacte - cette pratique artistique, active et ludique, utilise et sollicite à elle seule un formidable ensemble de ressources cognitives : le corps, le langage, l'écoute, le lien social, l'imagination, la créativité, le courage et l'estime de soi... ...avec plaisir !!!

Un art thérapeutique en soi, qui les accueille non en « malades » mais en tant qu’individus à part entière.

« Si j’aime de plus en plus le théâtre, c’est qu’il me paraît, de tous les arts, celui qui se rapproche le plus de la Vie. C’est l’Art même de la vie. […] Si je l’aime de plus en plus, c’est peut-être même qu’il est plus « de la vie » que « de l’art ». […] J’aime le théâtre parce qu’il n’hésite pas à être un métier absurde. Parce qu’il le reconnaît, en tous cas. Or, la vie, elle aussi, a son côté absurde, et l’absurde de la vie n’est valable que reconnu comme tel. »

Jean-Louis Barrault

Extrait de Forces du Théâtre, numéro spécial de « L’Age nouveau »