Nicole Lartigue-Sabrou


Marguerite, bleuet sont rares au printemps

Qu’importe l’habitat, le destin du mulot !

Le gain et le progrès n’ont pas de sentiment.

Reviens fleurir nos blés, gentil coquelicot.


Nicole Lartigue-Sabrou

Née à Angoulême, Nicole LARTIGUE a partagé sa jeunesse entre la Charente et le Périgord, deux régions contrastées qui ont certainement influencé sa personnalité : l’une offrant des paysages reposants et verdoyants, l’autre plus chaude et plus solaire, dont Nicole reflète le parfait mélange. Mais lorsqu’elle s’installe en Touraine, en 1974, elle ne manque pas d’être séduite par sa lumière, ses châteaux, ses jardins et la Loire… une autre terre, un autre art de vivre, qui ne manqueront pas de lui apporter une nouvelle inspiration dans la pratique de la poésie et de la peinture. La Touraine, elle le dit elle-même, « c’est ma troisième patrie ! ».

Elle adhère donc à l’association « Art et Poésie de Touraine » en 1992. En 1999, elle en devient Vice-Présidente et prend en main l’organisation de l’exposition d’arts plastiques à la demande de la Présidente de l’époque, Jacqueline DELPY. En février 2012, elle devient à son tour Présidente de l’association, à la suite de Catherine BANKHEAD qui assurait cette fonction depuis 2003 et avec laquelle elle avait continué à collaborer.

Parallèlement à son engagement au sein d’Art et Poésie de Touraine, Nicole LARTIGUE expose ses peintures (huiles et pastels), en général une fois par an, autant en Touraine que dans d’autres régions, et aime participer à des joutes poétiques en compagnie d’autres poètes, toujours heureuse de ces rencontres et de ces partages avec les auteurs ou le public. Lors des expositions, ses tableaux sont agrémentés de textes littéraires ou de poèmes et souvent un récital ou une conférence est donné(e) à cette occasion.

Enfin, il faut préciser que Nicole LARTIGUE a été récompensée de nombreuses fois, autant pour ses textes poétiques que pour ses œuvres picturales : pour ses récompenses les moins anciennes, « Essor Poétique de la Roche-sur-Yon en 2009 et 2012, « Lettres et Arts Septimaniens » de la Ville de Narbonne en 2011 et 2012, Prix de la Ville de Châtellerault en 2012 pour deux portraits au pastel sur le thème de l’Egypte.

S’éloigner se mettre en chemin

Assumer ses choix, son destin

Connaître le doute et l’espoir

Changer l’adieu en au-revoir


Nicole Lartigue-Sabrou


Ma vie est vide de votre présence

Mais tellement remplie de votre absence

Rien n’efface les trésors de mémoire

Qui deviennent une nouvelle histoire


Nicole Lartigue

La Bibliothèque


(Souvenir d'un séjour chez la famille MICHAU, en BELGIQUE)

« Moi, Monsieur, si j'avais un tel nez,

Il faudrait sur le champ que je me l'amputasse !»


L'endroit était ombreux, peu sonore, isolé

Au dedans de ses murs vivait un autre monde

Mon regard de dix ans était émerveillé


Je frissonnais d'émoi, d'une gaieté profonde

Découvrant des valeurs, un immense savoir

Que je voulais saisir, gourmande, vagabonde


Sur la pointe des pieds je me hissais pour voir

Un titre ou même un nom, sans attente précise

Il régnait une odeur vieillotte de boudoir


Mes mains d'enfant frôlaient une jaquette grise,

Respectueux devant un feuillet jaunissant

Goûtaient les mots du doigt comme une friandise


Ces livres précieux, au choix plus qu'exigeant

Classés par écrivain, chacun bien à sa place

Attendaient d'éblouir un lecteur obligeant


Trouver un compagnon me donnait de l'audace

Et je le découvris, dormant dans un recoin

Sous son habit usé se cachait de la grâce


Cet inconnu muet, je le pris avec soin

Une poussière d'or s'envola de ses pages

D'un certain abandon, impalpable témoin


Imagé, son récit valait tous les langages.


Nicole Lartigue

Beauté musicale


Mon entendement était bien las d'infortune,

Lorsque Tchaïkovski s'invita dans mon salon,

Guidé par les voies de la télévision.

C'était à l'heure où s'éveille la lune.


Typiquement russes des accords romantiques

Emplissent l'espace m'offrant joie, félicité.

J'ai fermé les yeux pour écouter une beauté

Surprenante de créations mélodiques.


La magie de l'orchestre à Noël fait l'aubade.

Clara reçoit de son oncle un casse- noisettes.

Son frère et des amis jaloux de la fillette

L’abîment. Elle le soigne tel un malade.


Minuit sonne, ses pensées vont vers l'infortuné.

Au son des cuivres et des cordes il s'anime,

Se bat contre les souris, fait une victime,

Brise le sort qui lui avait été jeté.


Le jouet en prince charmant se métamorphose.

Il emmène Clara dans un palais inusité.

Alors, s’enchaînent les plus belles festivités,

Dans un épanouissement, une apothéose.


Les costumes flattent la grâce des danseurs.

Ce ballet représente la magnificence.

Il me fait revivre des souvenirs d'enfance,

Les petites angoisses et les grands bonheurs.


Le célesta n'est qu'éclosion d'harmonies,

Qui me plongent dans une agréable atmosphère.

Un plaisir bref, mais un de ceux que je préfère

Chassant de mon cœur lassitude, mélancolie.


Nicole LARTIGUE -SABROU